A PROPOS DES DECHETS DITS  « HISTORIQUES » SOUS L’EPR de FLAMANVILLE

COMMUNIQUE (21/08/17)

Des déchets datant des années 80, provenant de l’après construction et du début d’exploitation des réacteurs 1&2 de Flamanville, dont des centaines de combinaisons légèrement contaminées au cobalt 60, ont été découverts, début août 2017, lors de la construction d’un parking destiné aux travailleurs de l’EPR…

Ce stockage de déchets par les exploitants du nucléaire ne devrait pas vraiment nous étonner : n’ a-t-on pas vu par le passé des terres contaminées sous une école maternelle dans la Région parisienne, ou utiliser des résidus contaminés dans les soubassements des routes et même dans un stade comme à Gueugnon ? Et en Cotentin-même, des tôles contaminées sur une décharge en bordure de Valognes ? Et Ici, maintenant, des déchets de l’industrie nucléaire et autres dans une décharge, au nord des marais du Cotentin, drainés par la rivière … « le Merderet ».

Plus ça change et moins ça change…

Ce n’est pas la première fois que le CRILAN s’est inquiété de la création et de l’extension de décharges dans cette zone.

A la fin des années 70, nous nous étions opposés avec succès au projet de stockage de déchets ménagers et industriels dans une carrière inondée à Fresville. Il était envisagé d’y déposer des déchets d’amiante en provenance d’une usine de Condé-sur-Noireau. Une partie de ceux-ci avait déjà été mise de nuit à la décharge de la Feuillie, près de Lessay.

Dans les années 80, la décharge dite du HAM a eu l’autorisation de recevoir, malgré notre opposition, sans succès cette fois-ci , des déchets dits « inertes » d’amiante.

Maintenant, nous apprenons qu’il y a sur le site même de Flamanville et possiblement au HAM des déchets dits de très faible activité radioactive, dont l’entrée est contrôlée par l’exploitant.
Il n’est pas tolérable qu’en démocratie, on soit juge et partie prenante.
Ce qui nous inquiète le plus, en l’état, c’est l’entreposage des tenues même légèrement contaminées au cobalt 60. Celui-ci, très toxique, a une période de plus de 5 ans et perd la totalité de sa radioactivité en 50 ans. Même si l’apport séparé de ces tenues restait d’une contamination éventuellement modérée, son accumulation répétée dans le temps peut induire des conséquences nuisibles à l’environnement et à la vie humaine.

Il est nécessaire d’interrompre une gestion secrète des déchets nucléaires parce qu’on ne sait qu’en faire.

L’impasse de la gestion des déchets nucléaires …

Il est plus difficile aujourd’hui de cacher les choses mais le scénario officiel de classement des types de déchets nucléaires et leur gestion ne correspondent pas à la réalité.

1° Pas de solution effective au stockage des déchets dits de haute activité à vie longue si ce n’est leur doublement en attente à la Hague.

2° Saturation des sites de stockage des déchets de faible et moyenne activité.

3° Pas de site autre que temporaire pour la gestion des déchets issus du démantèlement.

4° Tentative de réintégration de déchets dits de très faible activité dans des aciers et des bétons…

5° Abandon de mines d’uranium à l’air libre en Bretagne et dans le Massif Central et utilisation des trous laissés par les mines souterraines pour des stockage non avoués de déchets en provenance de l’armement nucléaire …

La meilleure solution reste … de ne pas en produire !

A propos de l’annonce de la fermeture progressive éventuelle de 17 réacteurs nucléaires : Questions au Ministre de la transition écologique…

COMMUNIQUE (10/07/17)

Le Ministre de la transition écologique et solidaire a repris les décisions déjà prises sous le quinquennat de François Hollande :

  • La réduction de 75 à 50 % du pourcentage de la production de l’électricité françaises par des installations nucléaires de base d’ici 2025.
  • Le maintien de cette même production au niveau actuel . ( En 2016, elle a même dépassé 80%).
  • La fermeture de Fessenheim conditionnée par la mise en marche de l’EPR de Flamanville, malgré ses malfaçons, en 2018. Durée de vie de ce réacteur prévue à l’origine : 60 ans.
  • «La transition énergétique pour une croissance verte» grâce au recours aux énergies renouvelables.

Flou non artistique ? Contradictions ? Incohérences ? ou même arnaque aux effets d’annonce ?…

Parmi les questions qui restent posées, citons :

  • Les projets de suppression progressive des voitures à essence ou diesel et la transition vers les véhicules électriques, d’une part, et d’autre part le développement des nouvelles technologies susciteront-elles une croissance d’électricité qui pourrait être fournie par les énergies renouvelables dont le développement est déjà très en retard par rapport aux engagements européens ?
  • La fermeture imprécise dans le temps de 17 réacteurs serait-elle compensée par le remplacement d’autres réacteurs nucléaires appelés EPR NM (nouveau modèle low cost), envisagée par le PDG d’EDF d’ici la fin des années 2020, et sans réserves financières ( plus de 37 milliards d’endettement officiel).

Apparemment, l’accord Gouvernement-EDF sur le maintien de la production globale nucléaire (et non en pourcentage) n’est pas à ce jour remis en cause. En l’état, le flou des annonces du Ministre n’empêche pas les risques majeurs du nucléaire vieillissant et nouveau, comme ceux liés à la cuve de l ’EPR que le pouvoir s’apprête à mettre en marche coûte que coûte… La première mesure significative serait de l’arrêter !

Résistivité de la cuve de l’EPR : l’Etat juge et partie … la démocratie à la française est en marche !

COMMUNIQUE ( 26/06/2017)

Sans surprise, l’IRSN, partie prenante de l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) vient de remettre à cette dernière l’alibi technique qu’elle attendait pour justifier la validation de la cuve défectueuse du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, susceptible de ne pas résister à de fortes pressions et d’occasionner un accident majeur. Le contrôle des aciers rendus vulnérables par des excès de carbone a été effectué par… AREVA.
Récemment, la construction des installations nucléaires produisant de l’électricité en France a été transférée d’AREVA à EDF. Ceci ne signifie nullement qu’AREVA, à l’origine du projet EPR, a de ce fait obtenu la neutralité nécessaire pour contrôler la ténacité des aciers. Cependant, c’est AREVA qui a été chargée des expertises en cas de pression trop forte susceptible de créer un accident majeur, et ce, sur des pièces dites« sacrificielles » (1) autres que celles concernées.
Il n’est pas possible en démocratie et dans un Etat qui se dit de droit, dans lequel on prétend respecter la séparation des pouvoirs, que l’on admette que l’Etat industriel AREVA soit contrôlé par lui-même, que la validation de ce contrôle bénéficie à …l’Etat industriel (majoritaire à EDF), que l’avis de l’ Autorité sur la Sûreté nucléaire dont les directions sont nommées par le Gouvernement, le Président de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat soit transmise à … l’Etat , institution politique.
Une fois de plus, avec le nucléaire, l’Etat montre ses tentations totalisantes. Rappelons que le président Macron avait annoncé avant son élection que Fessenheim ne serait arrêté en 2018 qu’après la mise en marche de l’EPR de Flamanville. Après ces faux semblants de consultations diverses, en cas d’accident, qui sera responsable, qui sera coupable, les directions de l’IRSN ? de l’ASN ? d’AREVA ? d’EDF ? le ministre de l’Environnement ? Les divers présidents concernés y compris celui de la République ?  Le lampiste sous pression ou le « big chief » ?

Résistons et organisons-nous.

PARUTION: CRILAN, 40 ans de luttes antinucléaires et ce n’est pas fini !

Lors de son assemblée générale  du 26 avril 2015, le CRILAN a décidé d’éditer une brochure relatant ses 40 ans d’existence.

Mission accomplie. Cette dernière est sortie de l’imprimerie toute fin décembre 2015.

Rapporter en 48 pages les luttes qui ont émaillé l’histoire du CRILAN, depuis sa naissance en 1975, a été une gageure, tant elle a été riche en évènements. En s’appuyant sur des documents photographiques, elle rappelle ou fait connaître les moments les plus forts des luttes passées pour mieux affirmer la légitimité de celles à venir.

Nous vous invitons à la découvrir et à la faire connaître… On peut toujours l’offrir à ses amis.

On peut déjà  la trouver en librairie  au prix de 10 euros: à Cherbourg, à la librairie RYST , dans le rayon librairie de LECLERC à Tourlaville, mais aussi à la librairie Branlard, aux Pieux, à la maison de la Presse à Valognes, et bientôt dans d’autres villes.

Elle peut aussi être commandée au siège de l’association : 10 Route d’Etang-Val, 50340 Les PIEUX (  chèque de 13 euros : 10 euros + 3 euros de port)

Que penser de l’efficacité du renouvellement des pastilles d’iode autour de Flamanville (et des autres centrales françaises…)?

  • Les pilules d’iode vont être renouvelées dans un rayon de 12 Km autour des réacteurs nucléaires  de Flamanville, les précédentes étant périmées. Il s’agit de saturer les thyroïdes susceptibles de concentrer l’iode131 radioactif, des personnes et des enfants surtout, plus sensibles, exposées à un accident nucléaire.

Le meilleur moyen d’éviter les risques du nucléaire réside-t-il dans les soins à apporter après l’accident ou de  l’empêcher avant ?

  • L’empêcher, ce n’est pas rafistoler les anciens réacteurs, prévus à l’origine en 1986, pour durer 30 ans et prolonger ainsi leur durée de vie, mais  les arrêter.
  • L’empêcher, ce n’est pas pratiquer des essais sur le réacteur EPR , au couvercle et au fond de cuve non conformes, non seulement aux nouvelles réglementations de 2005, mais encore à celles de 1974, exigées pour les 2 anciens réacteurs (!).

Le meilleur moyen  pour la sûreté , c’est d’arrêter les frais pour l’EPR !


D’ailleurs, quelle serait l’efficacité de la mise en place du Plan Particulier d’Intervention ( PPI), l’accident s’étant produit ?
Depuis 1986, les limites du PPI n’ont pas changé.
Pourtant, à Tchernobyl, on a évacué les populations sur 30 km, à Fukushima, sur un rayon de 20km et ce, en augmentant de 20 fois les doses dites admissibles, et sans tenir compte des vents et  des pluies de la période.
Évacuer sur 5 km et confiner jusqu’à 10-12 km de Flamanville, c’est volontairement minimiser et cacher les risques pour les populations de toute la Région.
Qui plus est, même si l’on arrivait, grâce aux pastilles d’iode, à préserver l’état sanitaire des thyroïdes, ceci n’aurait aucune efficacité contre la contamination par inhalation de plutonium hautement toxique, l’ingestion de strontium cancérigène pour les os et le sang, de césium pour les muscles et les risques cardiaques, etc…
D’un côté, le pouvoir nucléaire reconnaît le risque de l’accident ( et de l’attentat, ne l’oublions pas), mais de l’autre, il le réduit pour tenter de le rendre un peu plus acceptable aux populations.
Ceux qui font pression pour mettre en place  le grand rafistolage des  vieilles installations  et pour mettre en marche un EPR, qui ne respecterait pas, pour des raisons marchandes, les règles de sécurité, seraient considérés comme co-responsables en cas d’accident majeur.

Le 2 avril 2016, au Rafiot de Flamanville,  le CRILAN, avec le collectif antinucléaire Ouest,  organisera une conférence grand public sur la question des effets  sanitaires des faibles doses radioactives lors de laquelle des scientifiques et des chercheurs indépendants,  des militants, présenteront des exemples concrets et signifiants des enjeux de la préservation de notre santé au regard du nucléaire civil et militaire.

Communiqué du 11 janvier 2016

Confirmation : l’EPR d’AREVA est bien le réacteur nucléaire le moins sûr du Monde !

  • De semaine en semaine, les révélations à son propos continuent d’effrayer et  de défrayer la chronique !
  • Le CRILAN demande une enquête à propos de la dissimulation de ces anomalies cachées  et exige l’arrêt de la construction de l’EPR.
  • Dans ce but,  il prépare, d’ores et déjà, avec la coordination antinucléaire Ouest (CANO) un rassemblement  les 1& 2 octobre 2016, à Flamanville avant son démarrage prévu .

En septembre 2010, Le CRILAN après ses révélations sur l’abandon du gainage M5  et du combustible à haut taux de combustion s’interrogeait publiquement quant à la “sûreté inégalée”de l’EPR de Flamanville, vantée et vendue par la com d’AREVA/EDF, et posait alors la question : l’EPR est-il le réacteur le moins sûr du monde?( 1)

Aujourd’hui, coup sur coup, ce sont les annonces de la non conformité des aciers du fond  et du couvercle de la cuve par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), et la révélation  de graves défaillances  sur les soupapes, pièces maîtresses de la sûreté, qui doivent s’ouvrir pour laisser partir la vapeur et faire ainsi baisser la pression pour éviter les fuites et l’explosion.(2)
Nous connaissons maintenant la réponse à notre question : l’EPR est bien le réacteur le moins sûr du monde, moins sûr que les 58 autres réacteurs français !

Un scandale : les problèmes et anomalies étaient  déjà connus mais cachés par son promoteur AREVA.
Rappelons-nous la demande de moratoire de l’ancien président de l’ASN, A.C.LACOSTE afin de faire un point quant à la construction de ce réacteur, demande “retoquée”par Nicolas SARKOZY, et non reprise depuis par François HOLLANDE qui vient de nommer l’un de ses amis à la tête d’EDF. L’A.S.N. et L’ IRSN confirment par leurs constats EXPLOSIFS, les manques multiples de sécurité de ce prototype, connus semble-t-il  de leur promoteur. Une enquête à ce sujet  s’avère plus que nécessaire.

Ne reproduisons pas les erreurs commises à propos de Super Phénix, voulu par le CEA, six fois plus coûteux qu’un réacteur classique,  improductif ( 3 à 5 % de ses capacités théoriques à force d’arrêts)  dangereux, pour en définitive devoir l’arrêter et le démanteler, avec les difficultés financières et technologiques que l’on sait.
Le CRILAN réitère son exigence d’arrêt de la construction de l’EPR avant le chargement du combustible, ce qui, en cas d’arrêt prévisible, augmenterait encore énormément les coûts déjà supérieurs de 300% aux prévisions.

Il en va de l’indépendance de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de la responsabilité, en cas de poursuite du projet EPR, des anciens Présidents et du Président actuel, véritables “Ponce-pilatomiques”, d’une République dépendante du Pouvoir nucléaire.

Article de Mediapart, www.mediapart.fr   EPR Flamanville: de nouvelles et graves anomalies au cœur du réacteur

Communiqué (9 juin 2015)

EPR : Et une « anomalie » de plus !

Les déboires ne cessent de s’accumuler pour EDF et AREVA à propos de l’EPR de Flamanville et on ne compte plus les problèmes techniques mis à jour depuis 2007 .

  • Hier, c’était le dôme du réacteur et les soudures du premier générateur de vapeur qui posaient problème,
  • Aujourd’hui, voilà l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui communique à propos d’une “anomalie”décelée  cette fois sur la cuve du réacteur en construction…

Rappelons que cette dernière est un élément primordial quant à la sûreté ; or le problème mis à jour concerne l’hétérogénéité de l’acier dans certaines zones du fond  et du couvercle mettant en cause la sûreté et accroissant les risques d’accident majeur.

Le CRILAN ne peut se satisfaire qu’AREVA , sous contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’IRSN, ses amis du Grand Corps des Mines, soit chargée d’entreprendre une nouvelle campagne d’essais. Une fois de plus, il est inadmissible qu’elle soit juge et partie pour sauver la vitrine commerciale internationale du nucléaire français.

Il est plus que temps d’arrêter les frais et les risques de ce chantier pharaonique, aux retards et aléas techniques à répétition, dont les coûts de construction se sont accrus de plus de 300 %.

Communiqué : ( mardi 7 avril 2015)

Intervention de Didier Anger

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2015/04/08/epr-les-verts-et-le-crilan-demandent-l-arret-du-chantier-epr-700503.html

Le temps de rire aux assassins

(…)
Les canons d’acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu’ils me laissent le temps

Une abeille de cuivre chaud
L’a foudroyé sur l’autre rive
Le sang et l’eau se sont mêlés
Il avait eu le temps de voir
(…)
Le temps de rire aux assassins
Il avait eu le temps de vivre.
Boris VIAN

L’impensable nous a d’abord laissés en état de sidération, submergés : certains assassinés pour avoir dessiné “Dieu” !..D’autres blessés grièvement. Insupportable…

Certains d’entre eux avaient croisé la route du CRILAN :  les souvenirs ont afflué.

  • CABU, venu à Flamanville, en avril 1975, pour soutenir la mobilisation contre le projet de centrale nucléaire et le CRILAN naissant : une bande dessinée était née, reprise ensuite dans “la France des Beaufs”; puis revu en 1978, au local de Charlie Hebdo, alors que j’étais invité par l’équipe lors de la sortie de mon premier bouquin “Chronique d’une lutte”, à la bouffe du mercredi midi : c’était la fête avec les Choron, Coluche, Wolinsky…
  • En 1980, le CRILAN de Saint-Lô avait pu publier “ 100 dessins contre le nucléaire” grâce aux dons des dessinateurs . Parmi les signataires : Cabu, Honoré et quelques autres dont Plantu…
  • Nous sommes restés en contact avec Fabrice Nicolino, responsable du numéro Hors série de Charlie “ L’escroquerie nucléaire”. Il est sorti blessé de ce traquenard d’un autre âge.

A l’appel des journalistes locaux, nous nous sommes retrouvés à Cherbourg, place de la République, dès le mercredi soir du 7 janvier. Autour de nous, beaucoup d’authentiques défenseurs de la liberté d’expression mais aussi quelques autres, qui dans un passé récent , dans ce Cotentin nucléaire, manifestaient leur volonté de nous empêcher de nous exprimer, nous menaçaient et molestaient même certains de nos amis… ” Je suis Charlie” ont-ils brandi…
Malaise de voir ce dernier être réduit à la seule dénonciation des sectarismes et fanatismes religieux. Sa rédaction était dans la lignée des Daumier, Steinlein, de l’Assiette au beurre d’avant 14, du Crapouillot d’origine, et du Canard enchaîné (parce que censuré) pendant la Grande guerre, des Ferjac, Siné, Escaro, Kerleroux…, dans la lignée de tous ceux, qui, ici et là dans le Monde, se sont engagés contre les totalitarismes durs ou apparemment doux des idées dominantes.

Après le temps des “Nous sommes tous des Charlie”, il faudra bien que vienne celui de savoir  comment notre société qui s’érige en modèle de la liberté  de conscience a-t-elle pu fabriquer de  pareils fanatiques en son sein et remonter aux causes…Alors viendra le temps où nous manqueront encore davantage la clairvoyance et l’impertinence de nos amis disparus.
Continuons de rire aux conformistes, aux liberticides et aux assassins.

Didier &  Paulette ANGER

Voir en ligne Reporterre

Arsenal de Cherbourg : information désinformation

Le vendredi 3 octobre 2014, la commission d’Information du Port militaire de Cherbourg a tenu sa réunion annuelle à la Sous-Préfecture.
Le fonctionnement de cette commission est encore moins démocratique que celui des CLIs du Nord Cotentin :


  1. Celle-ci est sous la direction de la Préfecture civile de la Manche et de la Préfecture maritime, non ouverte au Public et aux journalistes .
  2. Sa composition se réduit aux représentants de l’Etat, quelques élus et à 3 associations (ACRO, CREPAN-FNE et CRILAN).
  3. Les représentants de l’Etat contrôlent réflexion, information et… désinformation :
  • Les stress-tests, après FUKUSHIMA, en cas d’accident ou d’attentat, ont été envisagés,  sans discussion  au sein de la commission.
  • Le plan particulier ARSENAL (PPI), prévu en 1991 sur 5 Km (évacuation) et 10 Km (confinement) a été réduit à 2 Km, mais incohérence : l’évacuation pourrait se faire jusqu’à Carentan, Coutances etc… A mes questions, il a été répondu, que selon la météo du jour et l’ampleur des problèmes, c’est-à-dire selon les nécessités, le PPI pourrait être étendu. De même pour la mer, selon la dispersion due aux courants de marée et au Gulf-Stream en Mer de la Manche. Pourquoi alors ne pas alors dire toute la vérité aux populations?
  • Lors de la précédente réunion, il m’avait été affirmé que le projet FLEXBLUE (Petites centrales nucléaires sur fonds marins sur les bases d’un réacteur PWR de sous marin) était abandonné depuis l’accident de Fukushima. Or, selon des sources internes diverses, entre 150 et 200 personnes continuent d’étudier le projet. Si l’information n’est pas plurielle et contradictoire au sein de la Commission, la désinformation officielle peut viser, on le voit, la manipulation. Reconnaissant l’existence du projet, il a été dit que cela ne concernait pas la mer de la Manche pour des raisons évidentes de dispersion en cas d’accident sur côtes, mais des régions plus lointaines, sans que l’on sache exactement lesquelles : les îles que l’on dit françaises, les petits états riches du Golfe qui peuvent être intéressés par des techniques et matières nucléaires, dites civiles, pouvant servir, à terme, à des fins militaires? Espère-t-on les remerciements des populations lointaines concernées?

Le commerce de DCNS ne dépendant pas du port militaire de Cherbourg, n’est pas sans problèmes environnementaux, sanitaires et moraux.
Cohérence oblige : il est peu probable que le CRILAN continue de siéger dans cette commission, mais c’est la prochaine assemblée générale de 2015 qui en décidera.

Didier ANGER représentant le CRILAN

REJETS DE FLAMANVILLE 1&2 et EPR DEVANT LE CONSEIL d’ETAT… LE CRILAN CONDAMNE à PAYER 3000 euros à EDF!

COMMUNIQUE  (21/10/14)

Le recours du CRILAN contre le décret autorisant les rejets des réacteurs nucléaires 1&2 et de l’EPR de Flamanville a été rejeté par le Conseil d’Etat le 17 octobre 2014.   Ce dernier condamne l’association  à payer 3000 euros à EDF (Frais de justice).

Historique : 
ou
Comment les autorisations de rejets radioactifs et chimiques se donnent  plus rapidement que ne se construit un réacteur nucléaire EPR !

  • En 2006, depuis plusieurs années en difficulté pour respecter ses autorisations de rejets liquides de tritium en mer pour sa centrale de Flamanville, EDF avait demandé leur presque doublement ( De 60 000 Gbq à 110 000) pour les réacteurs 1 et 2 et leur triplement ( De 60 000 à 180 000 Gbq avec le réacteur EPR ). Quatre associations de défense de l’environnement, siégeant alors à la commission locale d’Information( CLI) avaient lancé un appel à s’opposer à l’augmentation de ces rejets.
  • Septembre 2010 : Trois ans et demi après l’enquête publique, alors que bien des incertitudes à propos de la sûreté du réacteur EPR ont été relevées, le décret sort, décret que le CRILAN attaque en mars 2011 devant le Tribunal administratif de CAEN, après avoir vainement attendu une réponse au recours gracieux envoyé au Ministère de l’Industrie…
  • En juillet 2012, le Tribunal administratif de Caen passe finalement  la “patate chaude” au Conseil d’Etat…
  • Septembre 2014  : jugement du Conseil d’Etat

Des autorisations qui continuent de poser pourtant beaucoup d’interrogations:

– elles ouvrent la porte à deux gestions possibles de combustible : On ne connaît toujours pas officiellement le combustible utilisé dans L’EPR, dont la mise en service devait être opérationnelle primitivement en 2012, puis en 2014, repoussée  en 2016 ( essais puis montée en puissance jusqu’en 2018 (!)  :  soit à l’uranium enrichi ou  soit à l’uranium enrichi “dopé” (HTC) sur lequel continuent de peser beaucoup d’incertitudes alors que le MOX était annoncé à l’enquête publique pour la création de l’EPR.
 les augmentations de rejets, notamment en tritium et en carbone 14, que ce soit pour les réacteurs 1&2 de 1300 mégawatts ou pour l’EPR, ne peuvent être justifiées par leur fonctionnement  réel, actuel, si ce n’est pour autoriser des droits à polluer dans la prévision d’une situation accidentelle.
Ainsi  pour les réacteurs 1&2, pour les rejets de carbone 14, ne figure-t-il aucun justificatif d’ autorisations 3 à 6 fois supérieures aux rejets maximaux envisageables. A propos du tritium, le droit à polluer est 2 (rejets liquides) à 18 fois (rejets gazeux) supérieur aux rejets 2010 et 1,4 (rejets liquides) à 2,4 fois (rejets gazeux) supérieur au plus fort rejet historique enregistré sur le parc des réacteurs 1300 MW.  Des droits à polluer que n‘expliquent donc pas des retours d’expérience…

Quant aux autorisations accordées au futur  réacteur EPR, les droits à polluer accordés par l’ASN en 2010 en comparaison des rejets potentiels de ce réacteur, calculés à partir des rejets des réacteurs 1&2 du CNPE Flamanville sont respectivement multipliés par 2,9 pour le tritium liquide,  par 11,5 pour les rejets de tritium gazeux, plus de 8 pour les iodes gazeux, près de 3 pour les iodes liquides, entre  5,9 et 7,5  pour le carbone 14 et entre 2,5 fois et 5,4 pour les autres éléments beta, gamma.

Pourtant:

  • La toxicité du tritium radioactif est l’objet de controverses : selon des scientifiques indépendants, il faudrait réduire l’exposition au tritium de plusieurs centaines de fois. L’importance de l’augmentation de ces rejets n’a pas échappé aux commissaires enquêteurs  lors de l’enquête publique: ils recommandaient la mise en place de réservoirs de stockage du tritium, sur le site de la centrale, pendant au moins une période (presque 12 ans) avant tout rejet en mer, recommandation non suivie d’effet…
  • Les rejets envisagés font l’impasse de leur ajout, à ceux, énormes, de l’usine de la Hague, située à proximité ;
  • La convention OSPAR, signée par la France, et visant à réduire vers zéro les rejets chimiques et radioactifs dans les mers de l’Atlantique nord, dont la Manche, d’ici 2018, n’est pas respectée en ce qui concerne ces deux éléments.

La valeur des autorisations de rejets tient davantage compte du type d’installations Nucléaires de Base et de leur nombre sur un même site que de la protection de l’environnement et du vivant.
“On vous aura au fric !” nous avait déjà déclaré, à Flamanville, dans les années 70, le représentant du Ministère de l’Industrie. Encore une fois, la raison de l’Etat nucléaire l’emporte. Celui-ci, en nous condamnant à payer 3000 euros à EDF, continue, sans succès depuis 40 ans,  ses tentatives de nous faire taire.

Quatre associations de protection de l’environnement se retirent des CLI du Nord-Cotentin

Communiqué de presse commun à l’ACRO, au CREPAN-FNE, au CRILAN, à Greenpeace

Cherbourg 25 septembre 2014

  • Les trois Commissions Locales du Nord-Cotentin (CLIs-NC) traversent, depuis mi 2013, une crise interne liée au non-respect du pluralisme en leur sein. Il y a un an, l’ACRO, le CREPAN-FNE, le CRILAN et Greenpeace avaient suspendu leur participation mais maintenu un dialogue avec les dirigeants afin de trouver une issue favorable. Après un an de discussions, force est de constater que les CLI du Nord-Cotentin ne sont pas prêtes à accepter l’expression publique de la pluralité des points de vue qui devrait pourtant faire leur force et leur intérêt.
  • Nous avions demandé que les publications de la CLI traduisent la pluralité des points de vue de ses membres quand il n’y a pas consensus sur un sujet. De même, les personnes mandatées par la CLI pour s’exprimer en son nom doivent rapporter cette diversité comme le pratiquent de nombreuses instances pluralistes.
  • Cela a été refusé et nous en tirons les conséquences : l’ACRO, le CREPAN-FNE, le CRILAN et Greenpeace décident donc, conjointement, de se retirer des CLIs du Nord-Cotentin.
  • Nous maintenons notre vigilance sur le fonctionnement et l’impact des installations nucléaires du Nord-Cotentin et, pour ceux qui y siègent, demeurons impliqués dans d’autres groupes et commissions pluralistes où un véritable dialogue est possible.

Historique de la crise interne qui secoue les Commissions locales d’information du Nord-Cotentin (CLIs-NC)
1 – les raisons de la suspension
Dès le 2ème semestre de l’année 2013, des tensions se sont fait ressentir dans les CLIs du Nord-Cotentin. L’étude réalisée par l’ACRO pour la CLI sur les nappes phréatiques situées sous le CSM a remis en cause le suivi effectué par l’exploitant. Cela aurait dû donner lieu à un débat sérieux et à une profonde réflexion sur la stratégie de surveillance des eaux souterraines. On a plutôt assisté à une série de propos agressifs à l’égard de l’ACRO qui n’avaient pour objet que de masquer ce débat de fond. Les associations ont été choquées par des propos insultants tenus à leur encontre lors de bureaux et par la non-prise en compte de la pluralité des points de vue… Ce fut le cas, par exemple, lorsqu’un membre mandaté par le Président de la CLI du Centre de Stockage de la Manche a présenté, dans une instance nationale, son point de vue personnel comme étant celui de la CLI.
La crise a éclaté le 17 octobre 2013 à la suite de la manipulation du vote de la désignation du représentant des associations au bureau de la CLI de Flamanville, conduisant à la suspension de la participation de l’ACRO, du CREPAN, du CRILAN et de Greenpeace.
2 – la volonté de ne pas rompre le dialogue
Pour autant, les associations ont tout mis en œuvre pour ne pas rompre le dialogue. Plusieurs courriers ont été adressés au Président du Conseil général de la Manche. Elles ont aussi sollicité une rencontre avec le Président des 3 CLIs-NC qui a eu lieu le 5 avril 2013 au cours de laquelle ce dernier a souligné son attachement à la présence des associations. Celles-ci ont manifesté leur souci de rester au sein des CLIs-NC mais aussi d’obtenir des garanties sur le respect du pluralisme, notamment lors de la révision des statuts.
3  – les propositions constructives des associations
Suite à cette réunion du 5 avril, les associations, dans une démarche constructive, ont alors eu le souci de faire des propositions en amont du vote des nouveaux statuts des 3 CLIs-NC, en demandant que leurs propositions d’amendements soient transmises à l’ensemble des membres des CLIs. Cela n’a pas été fait contrairement à des amendements proposés par d’autres.
4  – le refus d’intégrer des amendements garantissant le pluralisme
Le refus de prendre en compte un texte minimaliste qui se voulait consensuel, le jour des assemblées générales (AG), sous prétexte que ces amendements seraient arrivés trop tard, a indéniablement traduit la volonté de certains d’écarter les associations.
Il est pour le moins paradoxal, compte-tenu de l’objet même des CLI, que les AG aient refusé d’intégrer la simple phrase ainsi amendée (phrase soulignée) : « La CLI assure une large diffusion des résultats de ses travaux sous une forme accessible au plus grand nombre. Les publications de la CLI se doivent de traduire la pluralité des points de vue de ses membres quand il n’y a pas consensus sur un sujet. Les personnes mandatées par la CLI pour s’exprimer en son nom doivent rapporter la diversité des points de vue. »
5  – le constat dressé par les associations
Depuis la rencontre du 5 avril, nous avions espéré que les leçons de la crise que nous venions de traverser seraient tirées et que les principes de fonctionnement démocratiques, ainsi que le respect de l’esprit pluraliste et du débat contradictoire seraient à nouveau la règle du fonctionnement des CLIs-NC.
Réunies à Cherbourg le 20 sept 2014, les quatre associations de protection de l’environnement (Greenpeace, ACRO, CREPAN-FNE, CRILAN) sont finalement arrivées à un constat partagé : les dysfonctionnements à l’origine de la crise interne aux CLIs-NC ne sont pas de simples « bavures » conjoncturelles mais une volonté délibérée pour certains d’écarter les associations jugées trop critiques.
Les quatre associations expriment leur lassitude de devoir se battre sur des transcriptions statutaires (ce qui n’est pourtant pas dans leur habitudes) afin d’obtenir des garanties quant à l’expression et au respect du pluralisme au sein des CLIs-NC. Elles préfèrent donc désormais, pour les associations qui y sont impliquées, s’investir dans les structures nationales qui respectent cette pluralité (ANCCLI, HCTISN, PNGMDR….).
Les représentants associatifs, qui ont une très longue expérience de participation au sein des CLIs, constatent avec regret l’évolution des CLIs-NC depuis l’époque de la CSPI. Dans ce « laboratoire du débat contradictoire », quelle que soit la couleur politique des présidents, les débats étaient certes animés mais toujours respectueux de cette expression plurielle avec une représentativité des acteurs plus équilibrée et la présence de scientifiques indépendants dans le collège des personnes qualifiées. La CSPI en était devenue une référence nationale. Ce n’est, malheureusement, plus le cas.
6  – la décision adoptée par les associations
Les associations de protection de l’environnement prennent acte de l’opposition forte aux amendements consensuels qu’elles proposaient, ce qui souligne une profonde incompréhension de l’objet même des CLIs – créées par la loi Transparence et sécurité nucléaire – et le refus du pluralisme qui devrait les caractériser.
Si les CLIs-NC doivent ne devenir qu’un simple relais de la communication des exploitants, nous n’y avons évidement pas notre place et nous ne saurions le cautionner par notre présence.
A partir de ce constat partagé, les associations considèrent que les conditions ne sont pas réunies pour permettre leur retour au sein des CLIs-NC.
En conséquence, les associations de protection de l’environnement ont pris la décision, ce 20 septembre 2014, de se retirer des CLIs-NC et de se donner le temps de l’expliquer à nos concitoyens
.

LES COMMEMORATIONS OUBLIEES :HIROSHIMA et NAGASAKI- 6 & 9 août 1945

Les Français ont toujours tendance à ne voir, dans l’International que les événements qui les concernent directement…
La seconde guerre mondiale n’a pas vraiment commencé en septembre 1939 : le massacre de quelques milliers de civils par l’aviation nazie avait déjà été commis à GUERNICA, au Pays Basque, ainsi qu’à NANKIN, par les Japonais , en Chine.
La seconde guerre mondiale ne s’est pas terminée le 8 mai 1945 mais à la mi-août, après que les bombes à l’uranium à HIROSHIMA et au plutonium à NAGASAKI ont été expérimentées le 6 et le 9 août 1945 par les Etats-Unis et ont massacré immédiatement et à long terme quelques centaines de milliers de civils.


Les progrès techniques aboutissaient à un formidable bond en arrière, non seulement à l’holocauste, mais aussi à ce qu’Hitler avait appelé “la guerre totale”. Il était mort, mais il avait…gagné : alors que depuis des décennies, on cherchait à réglementer et à humaniser la guerre ( pour les civils, les blessés, les prisonniers…), on retournait à la barbarie. Depuis cette période, le Monde n’a cessé d’être en guerre, ici et là, et aujourd’hui au Sahel, en passant  par la Syrie, Gaza et Israël. Ce sont les civils qui sont les victimes des militaires officiels ou non, des massacres et des épurations, avec ou sans la bombe atomique.
Que signifie d’autre le mépris témoigné aux victimes des essais atomiques, le mépris à venir des civils que la bombe française, si elle était un jour utilisée, supprimerait brutalement, brûlerait, contaminerait à mort lente…

En cette période de commémorations tout azimut, nous avons un devoir de mémoire à propos de Nagasaki et d’Hiroshima. Nous avons un devoir de dénonciation envers ceux qui pratiquent la barbarie aujourd’hui mais aussi envers ceux qui la préparent pour demain. Arrêtons la production d’armes de destruction massive, nucléaires et autres au lieu de les développer et de permettre leur prolifération car l’espoir ne peut être perdu de changer le cours des choses, de changer le Monde. 

Le nucléaire dans l’IMPASSE…

Le réacteur nucléaire finlandais n’est pas le seul à voir sa mise en service retardée : c’est aussi le cas de l’EPR français en construction à Flamanville qui devait initialement fournir de l’électricité en 2012. 
Réseau de Transport d’électricité ( RTE) vient de préciser, 
comme nous l’avions prévu, qu’après une mise aux essais en 2016 ( pour  pouvoir entrer dans les limites d’autorisation du décret de construction-avril 2017), l’EPR aurait une disponibilité réduite pendant deux ans . Il  n’atteindrait son plein régime qu’en …2018, soit 11 ans après le début des travaux, et avec 6 ans de retard ! Coûts à la construction, 9 à 10 milliards  d’euros au lieu des 3 annoncés à l’enquête publique !
Sera-t-il vraiment opérationnel ou sera-t-on obligé de l’arrêter tel SuperPhénix, après avoir démontré, arrêt après arrêt qu’il ne produisait bon an, mal an que 3 à 5% de ses capacités théoriques ?

Dans le même temps, se poursuit sur le site d’AREVA la Hague, le stockage des déchets nucléaires et leur extension (construction d’un quatrième hall d’entreposage), en quantité et en surface. Pourquoi ?
Le pouvoir nucléaire ne trouve plus de nouveaux sites pour construire des installations nucléaires et utilise les places restantes sur les sites qu’il possède.
Ainsi en est-il pour l’EPR de Flamanville ou pour le stockage  des résidus du démantèlement au BUGEY et pour les déchets.
Le site de BURE pour l’enfouissement profond controversé des déchets de haute activité à vie longue est loin d’être prêt.

Ainsi se trouve confirmé ce que nous affirmons depuis des dizaines d’années. L’usine dite de retraitement, pour lui donner une image plus écologiquement acceptable, n’est pas seulement le supermarché mondial du plutonium civil et militaire mais également une poubelle à risques. 
Et pendant ce temps, le pouvoir nucléaire s’apprête pour la première fois à organiser à la mi-octobre au Bourget un super marché nucléaire international au risque de la prolifération “Word Nuclear Exhibition” pour faire du “business” (sic), dans un monde redevenu instable.
L’acharnement français n’est pas thérapeutique …
Quand on n’a pas de solution raisonnable à la gestion du cycle, on arrête chez soi et l’on ne propose pas de commerce à risques.

Le problème posé n’est pas qu’environnemental, sanitaire, sociétal mais aussi moral : comment laisser un tel héritage aux jeunes générations actuelles et à venir !

COMMUNIQUÉ du 17 septembre 2014

Didier ANGER
http://www.reporterre.net/spip.php?article5981 
https://www.world-nuclear-exhibition.com/

La transition énergétique avec le nucléaire une escroquerie politique

COMMUNIQUE DU 21 JUIN 2014
L’annonce, le 18 juin, de Ségolène Royal, dans la présentation de la loi sur la transition énergétique, retouchée ensuite par l’Elysée(1), a confirmé sur la question du nucléaire :

  • La valse hésitation à propos de l’enfouissement des déchets nucléaires à BURE (projet CIGEO)(2)
  • L’arrêt de Fessenheim non acté dans la loi,
  • Le maintien de la production nucléaire à son niveau actuel.
  • Le comble, ce sont le cynisme et l’escroquerie d’Etat mis en place par l’équipe hollandaise : promettre que l’on passerait la production d’électricité nucléaire de 75 (80%) à 50 % en 2025 a pour but de laisser croire au bon peuple et aux écolos naïfs ou intéressés par postes et mandats qu’il s’agit à terme de la fermeture d’une vingtaine de réacteurs… En fait, il s’agirait avec…la croissance revenue (?!!) et notamment celle de la consommation d’électricité, de maintenir en place le nombre de réacteurs en fonctionnement avec les risques accrus de leur vieillissement et de leur rafistolage et même d’y ajouter un EPR, inutile, coûteux, dangereux ! Les économies d’énergie et les renouvelables permettant de subvenir aux besoins nouveaux internes de l’Hexagone ( voitures électriques notamment…) et de l’étranger ( lignes vers la Grande Bretagne, l’Italie, la Catalogne…) A nous les déchets et les plus gros risques, à ces régions de l’Europe, l’usage de la fée électricité!

Dans sa campagne présidentielle de 2007, l’actuelle Ministre de l’Ecologie avait  promis d’arrêter la construction de l’EPR de FLAMANVILLE. Promesse réitérée en 2011. 
A la fin des années 80, faut-il rappeler pourtant  que j’ai manifesté avec le mouvement antinucléaire à Neuvy-Bouin ( Deux Sèvres) à ses côtés. Portée par la lutte contre l’enfouissement des déchets nucléaires, elle avait alors été élue députée, pour la première fois.
A la même époque, je manifestais aux côtés de Roselyne Bachelot à Angers contre un projet de stockage  profond de déchets nucléaires à Segré.
Fin 1996, Corinne LEPAGE, ancienne avocate du CRILAN contre le stockage illégal de déchets nucléaires étrangers et les pollutions des rivières Ste Hélène et Grand Bel à la HAGUE, devenue Ministre, finissait par accepter qu’on n’ aille pas rechercher et reconditionner les sources de pollution . Stockage irréversible donc à quelques mètres sous terre. Au moins avait-elle eu l’honnêté de dénoncer par la suite son manque de pouvoir face au lobby nucléaire! (3)
Devenue Ministre en 1997, Dominique Voynet acceptait l’oukase de Lionel Jospin sur l’ouverture d’un laboratoire à BURE (Cela faisait plus propre qu’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires de haute activité à vie longue…) sous la condition qu’il soit “réversible”, malgré l’expérience du Centre de Stockage Manche de la Hague.
Quand les choses se répètent, il ne s’agit plus seulement du reniement des promesses de telle ou telle personnalité mais d’un système. Qui gouverne en FRANCE ? Les politiques élus par le peuple comme on tente de nous le faire croire ou les lobbies, en l’occurence , la caste des nucléocrates d’Etat d’une industrie encore en quasi totalité propriété de l’Etat ? En FRANCE, le nucléaire n’est pas un état dans l’état mais c’est l’ETAT lui-même sur lequel les politiques n’ont aucun pouvoir.  Quand donc comprendra-t-on que l’on ne peut pas plus compter sur la Gauche de Gouvernement que sur la Droite et qu’il nous faut reconstituer, en dehors d’elles, un autre rapport de forces  face à l’Etat nucléaire.
Didier ANGER, Président du CRILAN,
Ancien Parlementaire européen, vice Président de la commission Energie, Recherche et technologie et animateur de l’inter-groupe des énergies renouvelables et décentralisées.

1  http://www.reporterre.net/spip.php?article6034
 http://www.romandie.com/news/Transition-energetique-retrait-de-larticle-autorisant-les-decrets/489952.rom
3 On ne peut rien faire, madame le Ministre, Éditions Albin Michel 1998

EPR de Flamanville : LA VITRINE COMMERCIALE CONTINUE DE SE FISSURER !

La cuve du réacteur nucléaire EPR, amenée de Châlons jusqu’à Flamanville par la Saône, le Rhône, la Méditerranée, l’Atlantique, la Manche puis Cherbourg et Diélette-Flamanville avec déploiement policier, ne peut être  finalement mise en place… Le générateur de vapeur, arrivé par la même voie maritime est resté, lui,  sur le port de Cherbourg. Le pont polaire en charge d’effectuer les travaux de portage et de pose ne s’avère pas en mesure de le faire : une pièce de 4 kilos s’en était déjà désolidarisée et avait détérioré le dôme du réacteur et l’Autorité de sûreté aurait trouvé 15 non-conformités!(1)
L’arrêt des travaux s’impose pour la sécurité des travailleurs du chantier et à terme pour celle des populations si l’on se contente, une fois de plus de rafistoler les défectuosités et les malfaçons. Trois recours sont toujours devant la justice : accidents du travail non déclarés, accident mortel d’un travailleur, et emplois des travailleurs déplacés.
EDF a fini par céder aux injonctions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et à la mise en  demeure du Ministère du travail.
Arrêtons les frais ! 
On le reconnaît aujourd’hui : ce réacteur n’a été mis en construction à Flamanville que pour servir de vitrine commerciale pour AREVA, son promoteur, afin de le vendre à l’étranger : Chine, Inde et maintenant Grande-Bretagne par l’intermédiaire de British Energy, acheté par… EDF.
Coût d’un réacteur EPR en Grande Bretagne: environ 10 milliards d’euros, alors qu’en 2006, celui de Flamanville était estimé à 3,3 milliards et fin 2011 à  8,5 milliards par EDF elle-même. Combien en 2016, date prévue de sa mise en service avec 4 ans de retard !
Avec un coût du kWh EPR doublé, la vitrine commerciale s’est retournée contre elle-même.

Arrêtons les frais et les risques à venir !

Le décret de création de l’EPR (2) qui  date du 10 avril 2007 ( quelques jours avant l’élection présidentielle de Sarkozy) donne … 10 ans  à EDF pour effectuer son premier chargement en combustible. Ce que l’on peut craindre aujourd’hui, c’est que coûte que coûte, cette dernière ne veuille donc le mettre en marche avant … le 11 avril 2017  !

COMMUNIQUÉ du 17  décembre 2013

(1) http://www.mediapart.fr/journal/international/161213/epr-flamanville-edf-se-voit-ordonner-darreter-le-chantier

http://observ.nucleaire.free.fr/epr-flam-couperet.htm

SORTIE PUBLIQUE de la SYNTHESE DU LIVRE BLANC – InterCLI de la MANCHE

En participant à mettre en évidence les faiblesses et les risques inhérents aux installations nucléaires du Nord Cotentin dans le groupe inter CLI créé après la catastrophe de FUKUSHIMA, le CRILAN a répondu à sa fonction d’information.
Mais il n’a pas avalisé et participé aux travaux concernant la gestion du post-accidentel.  Il ne participera donc pas à la suite des travaux du groupe inter-CLI, axés sur cette question
.

Bien qu’invité à assister à la conférence de presse du Président  des Commissions locales d’information de la Manche ( CLIs), Michel Laurent, qui présentera la synthèse du livre blanc interCLI, je n’y serai pas présent, en tant que représentant du CRILAN,  ce 5 décembre, à Cherbourg .

Dès la création du groupe interCLI post Fukushima, au lendemain de la catastrophe, nous avons annoncé que fidèles à notre mission d’information  nous contribuerions à mettre en évidence les risques inhérents aux installations nucléaires du Nord Cotentin, ce qui a été fait de manière pluraliste, dans de bonnes conditions, lors de la première partie de ces travaux. Pour notre part, nous avons regretté qu’à la demande de la France et du Royaume Uni, les installations nucléaires militaires (ici, en Cotentin, l’arsenal de Cherbourg(1)) en aient été exclues, ainsi que les menaces d’attentats. Le Conseil général de la Manche s’est plié à ce “secret défense” incompatible avec la transparence et la démocratie affichées, même s’il s’est résolu à évoquer les risques d’attentats. Mais, au moment où le nucléaire va faire salon au BOURGET(2) en 2014 et compte vendre à l’étranger, et ses centrales et son service après vente post-accidentel, il est hors de question, pour le CRILAN de travailler à des mesures post accidentelles comme celles du CODIRPA(3) (partie 5 du Livre Blanc) ou comme celles que la délégation inter-CLI a pu voir à l’oeuvre au JAPON(4) et qui sous prétexte de faire “revivre” des zones gravement contaminées  ne visent qu’à banaliser l’accident et à faire accepter l’inacceptable.

Fidèle à nos engagements antinucléaires et à notre position par rapport au CODIRPA(5), nous ne cautionnerons pas de tels objectifs et ne participerons donc pas à la suite des travaux du groupe interCLI post FUKUSHIMA.

  1. DCNS ( Arsenal) construit des sous marins à propulsion nucléaire, équipés de réacteurs à eau pressurisée du même type que ceux des centrales civiles. Leurs combustibles irradiés sont entreposés sur le port, près de la digue du Homet, en attente de transfert à Cadarache.
  2. http://www.usinenouvelle.com/article/d-apres-gerard-kottmann-le-bourget-du-nucleaire-attirera-en-france-les-clients-etrangers.N220133
  3. Le CODIRPA : (Comité Directeur pour la gestion des la phase post accidentelle) a pour objectif de préparer des dispositions visant à répondre aux problèmes complexes de la gestion post-accidentelle, en particulier ceux portant sur la gestion sanitaire des populations, les conséquences économiques ou la réhabilitation des conditions de vie dans les zones contaminées.
    Gestion-post-accidentelle-d-un-accident-nucleaire
  4. Le voyage de la délégation interCLI au Japon, en avril 2013, auquel j’ai participé, s’est révélé ambigu voire orienté. La réception du groupe interCLI par le conseiller nucléaire de l’Ambassade de France au Japon, ancien responsable… d’AREVA pour les transports nucléaires avait du sens. Il est apparu que la multiplication par 20 des doses admissibles pour la population avait réduit l’évacuation et rendu le retour plus facile. Un représentant du Ministère de l’environnement nous affirmait même qu’on aurait pu les augmenter de 100 fois!
  5. Le CRILAN avait déjà décliné, en son temps, l’invitation de MUTADIS  sur cette question.

Vendredi 6 septembre 2013 : FUKUSHIMA, l’interminable catastrophe – une soirée CRILAN avec Janick MAGNE

« Fukushima: l’interminable catastrophe »

Réussite de la conférence de Janick Magne, invitée du CRILAN

Janick MAGNE, Française expatriée au Japon depuis 35 ans est professeure d’université à Tokyo. Très impliquée depuis la catastrophe de Fukushima, elle a été candidate EELV aux législatives pour les Français vivant à l’étranger. Actuellement en France, elle en profite pour témoigner de la situation japonaise et fait notamment une tournée en Bretagne; elle a accepté de revenir dans le Cotentin qu’elle avait déjà arpenté en 2012.

Infatigable observatrice de la situation à Fukushima et au Japon et en appui sur son exposition photo, elle a porté témoignage sur le vécu des refugiés de la zone interdite. Prenant le contrepied de ceux qui voudraient nous faire croire que « les incidents de Fukushima » ne sont qu’un aléa dans l’aventure nucléaire, Janick a montré que la catastrophe de Fukushima est toujours en cours. Contrairement aux affirmations officielles, cette catastrophe ne connait pas de fin: la contamination des airs et des mers s’étend. Les futures victimes ne sont pas nées, et les effets ne sont pas encore connus.

Janick Magne mène une analyse politique sur le lobby nucléaire qui est aux commandes au Japon et en France. Ce lobby conduit tout simplement le monde à de terribles catastrophes écologiques, humaines et sociétales. Beaucoup d’attention et d’émotion chez les 150 personnes présentes ce vendredi 6 septembre dans la salle Paul Nicolle des PIEUX . Le débat  qui s’est poursuivi fort tard a témoigné de l’intérêt du public.

DANS LA PRESSE :