Michel Fernex nous a quittés

Les obsèques du Pr Michel Fernex ont eu lieu aujourd’hui. C’est l’occasion de rappeler son oeuvre et de souligner les témoignages de reconnaissance qui lui sont adressés. Il est de ceux qui depuis Tchernobyl n’ ont cessé de chercher, comprendre et lutter contre le nucléaire et ses effets néfastes pour l’homme et le milieu.

Peut être une image de 2 personnes et texte qui dit ’< Ne jamais baisser les bras. Ne jamais accepter l'inacceptable.» Michel et Solange FERNEX La grande famille des anti-nucléaires vous dit merci.’

De Michel Gueritte: Nous avons appris le décès de Michel FERNEX . Né à Genève en 1929 il est décédé à Biederthal (68480) le samedi 2 octobre 2021 à l’âge de 92 ans.

C’était un chercheur de vérité, engagé, il aimait chacun de nous. Son amour de la nature partagé nous a nourris.

C’est un grand Monsieur qui, avec Solange son épouse, a fait un énorme travail pour lutter contre le nucléaire.

Michel et Solange ne sont pas mort, leur œuvre vit ! En pensée avec sa famille et ses amis
À nous, maintenant, de poursuivre cet engagement dont Michel nous a tracé les perspectives. »
Michel Guéritte

Le message de Youri BANDAJEVSKYKiev, le 07/10/2021 A la mémoire de Michel Fernex

J’ai rencontré Solange et Michel Fernex pour la première fois à Gomel en 1999. Ils sont venus me voir dans le bureau du recteur de l’Institut médical d’État de Gomel et voulaient connaître les résultats de nos recherches scientifiques sur les effets des éléments radioactifs incorporés sur l’organisme humain. Je leur en ai parlé et leur ai montré l’énorme collection de fœtus humains atteints de malformations congénitales du département de pathologie. J’ai vu combien ces gens étaient impressionnés par ce qu’ils voyaient. Solange et Michel Fernex en ont alors parlé en Europe. Aurais-je pu deviner alors que notre rencontre allait se poursuivre ? Quelques mois plus tard, j’ai été arrêté, et ces personnes frappaient aux plus hauts bureaux de l’Union européenne, demandant ma libération. Ils ont beaucoup fait pour me libérer afin que je puisse poursuivre mes recherches scientifiques au sujet de l’exposition aux rayonnements. Michel Fernex a contribué à la diffusion des résultats de nos recherches sous la forme de publications dans des revues scientifiques réputées et lors de ses conférences dans différents pays. Je me souviendrai toujours de cela. Lui et moi étions des camarades dans la lutte pour la vie humaine. Merci beaucoup Michel pour ton travail humanitaire. Yury Bandajevski.

L’hommage de Thierry MEYER, Président-fondateur des « Enfants de Tchernobyl » – Directeur de publication du « Dniepr »
Les Enfants de Tchernobyl et de Fukushima sont orphelins. L’émotion est immense, notre ami et membre le Professeur Michel Fernex est décédé ce samedi 2 octobre 2021. Connaissant Solange Fernex, j’avais sollicité son mari Michel en 1996 pour diverses analyses critiques de publications scientifiques sur la catastrophe de Tchernobyl. Ainsi, aux côtés de Bella Belbéoch, de Monique Sené puis d’André Paris, Michel Fernex nous a fait l’honneur de devenir puis de demeurer l’un de nos consultants-experts durant une dizaine d’années. Je l’ai souvent mis à contribution. Il était toujours disponible, prévenant et admirable pour répondre à nos interrogations, même après la fondation en 2001 de l’association homonyme à la nôtre (« Les Enfants de Tchernobyl Bélarus »). Né en 1929 à Genève, Michel Fernex était professeur émérite de la faculté de médecine de Bâle. En 1957, il épouse la Strasbourgeoise Solange de Turckheim avec laquelle il passera douze ans au Sénégal puis en Tanzanie, exerçant sa spécialité, la médecine tropicale. Il sera d’ailleurs membre du comité directeur de recherche pour les maladies tropicales à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Après le retour du couple à Biederthal, dans le Jura alsacien, son épouse Solange (décédée en 2006) deviendra l’une des figures de proue du mouvement écologiste naissant en Alsace et en France. Passionné dès l’enfance par la nature sauvage, ses rencontres avec Robert Hainard, sculpteur naturaliste et philosophe, et Paul Géroudet, ornithologue, l’aideront pour la connaissance et la protection de la Nature. Il fonde le Comité des sciences de la nature à Mulhouse, puis avec son épouse, ils travailleront à travers différentes associations pour sensibiliser le public au respect de la nature : lâcher du hibou grand-duc et du lynx en Alsace, création du Conservatoire des sites alsaciens avec Alsace Nature, création du Centre d’initiation à la nature et l’environnement de la Porte d’Alsace à Altenach, puis de la Petite Camargue Alsacienne. Il a aussi porté avec succès la campagne de vaccination des renards contre la rage, en alternative à leur destruction aveugle. Naturaliste reconnu, notamment en matière d’ornithologie, Michel Fernex a présidé pendant trente ans le « Comité des sciences de la nature » de la Société industrielle de Mulhouse (SIM). Présent et actif dans de nombreuses associations alsaciennes, il a été administrateur d’ « Alsace Nature » entre les années 1970 et 2000, apportant ses connaissances, son regard critique et ses visions innovantes. Michel et Solange s’intéressent tous deux également au nucléaire, et militent pour le désarmement. Ils s’engagent avec « l’association des Médecins pour une responsabilité sociale » (« Physicians for Social Responsibility») et l’association « Médecins pour la prévention de la guerre nucléaire » (« IPPNW ») pour tenter d’arrêter les essais atomiques soviétiques et américains, au détriment des populations locales. Le Kazakhstan met fin à ses essais, mais ceux du Nevada continuent… Solange, adepte de la non-violence et de la désobéissance civile, inspirée par Gandhi et Lanza del Vasto, entame en 1983, un jeûne de 38 jours pour réclamer la suppression des missiles atomiques à moyenne portée implantés en face à face le long de la frontière des deux Allemagnes. Elle est également directrice de la section française de la « Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté ». Michel sera toujours à ses côtés. Après l’accident de Tchernobyl, Michel et Solange se rapprochent des scientifiques biélorusses, dont Vassily Nesterenko et Yury Bandazhevsky, qui travaillent sur le territoire biélorusse fortement touché par les retombées radioactives de l’explosion du réacteur nucléaire.Les participations de Michel Fernex aux conférences de l’AIEA (Agence Internationale de l’Enegie Atomique) en 1991 et ne en 1996 l’ont fait fortement réagir. Il dénonce la liaison entre l’OMS et l’AIEA en 1959, sous les termes d’un accord qui “stipule que les programmes de recherches de l’OMS doivent au préalable faire l’objet d’une concertation, afin que ces études ne débouchent pas sur des résultats qui risqueraient de nuire à l’AIEA” alors que l’objectif de l’AIEA est “d’accélerer et d’accroître la contribution de l’énergie atomique pour la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier”. Il regrette la liberté de l’OMS qui, en 1956, avait publié un rapport d’experts (dont le prix Nobel J.M.Muller) mettant en garde et affirmant que “la santé des générations futures est menacée par le développement croissant de l’industrie atomique et des sources de rayonnements”.En 1995, il participe à un congrès sur les conséquences de Tchernobyl, Hiroshima et Nagasaki. Les actes ne sont pas publiés. Pourquoi s’interroge-t-il ?. Son enquête commence au sein de l’OMS. Finalement, un ancien directeur général de l’agence de santé lui confiera que c’est l’AIEA qui a bloqué la publication, grâce à l’accord WHA 12-40 qui lie les deux institutions. Un accord inacceptable d’après lui, puisque l’OMS a pour but la santé publique dans le monde, et l’AIEA le développement du nucléaire civil.Michel s’appuie aussi sur les travaux de Vassili Nesterenko et de ses collègues concernant les retombées de césium 137 et de strontium 90, qui prennent “le relais pour altérer les fonctions des organes, coeur, rein, système nerveux et immunitaire, ainsi que le bagage génétique de toutes les cellules”. Il approuve les travaux du professeur Bandajevsky sur l’accumulation du Césium 137 chez les enfants et dans le placenta chez les femmes enceintes. L’institut biélorusse de protection radiologique Belrad confirme cette accumulation de radioactivité chez un grand nombre d’enfants (de 200 à 400 Bq/kg), contamination pouvant aller jusqu’à plus de 2000 Bq/kg. Cette accumulation de radioactivité est de plus non uniforme : elle se situerait au niveau du coeur, des glandes à sécrétion interne et au niveau du système immunitaire. Les maladies correspondant à ces radiations seraient donc la cardiomyopathie, des troubles hormonaux et des maladies auto-immunes et allergiques.Il note enfin les effets mutagènes et tératogènes de Tchernobyl, c’est à dire qu’il attribue l’origine de l’augmentation des malformations congénitales à des modifications génétiques en rapport avec la toxicité des radionucléides et leurs rayonnements.Il estime que les zones contaminées sont beaucoup plus étendues que ce que suggère l’AIEA : c’est pour cela qu’il juge que suite à un accident, ce n’est pas dans un rayon de 5, ni de 50 km qu’il faudrait distribuer immédiatement de l’iode, mais plutôt dans un rayon de 500 km.En 2001, avec Solange et le physicien biélorusse Vassili Nesterenko, il est l’un des membres fondateurs de l’association « Enfants Tchernobyl Belarus », qu’il présidera par la suite. Spécialiste des effets de la radioactivité sur la santé, il n’aura de cesse d’alerter l’opinion publique et les institutions sur les conséquences des accidents nucléaires, notamment l’influence du césium 137 sur diverses pathologies.Il a animé la campagne pour l’indépendance de l’OMS (Independent WHO) par rapport à l’Agence internationale de l’énergie atomique.En 2012, à 83 ans, il reprendra son bâton de pèlerin, se rendant à Fukushima à la rencontre des populations touchées par l’accident nucléaire, déplorant alors que « les leçons de Tchernobyl [eurent été] ignorées ».

Antinucléaire de la première heure convaincu, il a contribué à la force de ce mouvement en Alsace, et aura pu constater la fermeture de la centrale de Fessenheim de son vivant.Juste avant son décès le 11 septembre 2006, Solange avait demandé à mon équipe de bien vouloir assurer l’intérim de la gestion comptable et administrative des « Enfants de Tchernobyl Bélarus » dont elle avait la charge car, me disait-elle « si Michel est un brillant scientifique avec énormément de qualités humaines, il ne sera pas capable de s’occuper de la trésorerie et de la gestion des fichiers des membres et donateurs… ».Je me rappelle de notre dernière rencontre lors d’une fête organisée en Alsace (Geispolsheim) avec plusieurs dizaines de gamins ukrainiens originaires des villages contaminés et de leurs familles d’accueil françaises. Il avait de la bienveillance et un sourire à offrir à chacun, tout en profitant de la présence de la presse pour marteler le scandale que constitue le déni de la catastrophe sanitaire.À tous points de vue, scientifique, écologique, militant et humain, Michel aura, à travers un engagement éclectique et constant, profondément marqué toutes celles et ceux qui ont eu la chance, le bonheur et l’honneur de croiser sa route et celle de Solange. Aujourd’hui tous les Enfants de Tchernobyl et de Fukushima sont orphelins. En leurs noms, j’adresse nos sincères condoléances à ses enfants et sa famille.

L’Hommage du Réseau SORTIR DU NUCLEAIRE

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&ved=2ahUKEwjq4emiqbvzAhWiz4UKHYyfDlQQFnoECAUQAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.sortirdunucleaire.org%2Fspip.php%3Fpage%3Dspipdf%26spipdf%3Dspipdf_article%26id_article%3D57258%26nom_fichier%3DReseau-Sortir-du-nucleaire_article57258&usg=AOvVaw1XRFiOA88pldlaJZSAc1or

L’hommage du CRILAN https://www.facebook.com/113882287016480/posts/396847895386583/

J’ai rencontré Michel Fernex en 2012 à Genève lors du premier colloque “Independent WHO”   en 2012. Aux lendemains de l’accident de Fukushima , ce colloque fut l’occasion de rencontrer celles et ceux qui ont oeuvré près de populations de Tchernobyl. une occasion exceptionnelle de m’informer et de comprendre les conséquences de la radioactivité. C’est à cette occasion que je l’ai écouté sa brillante intervention ci dessous . André JACQUES

Scientifiques indépendants et mouvement citoyen au "Forum sur la  Radioprotection" - IndependentWHO - Santé et Nucléaire
Source Independent Who

Voir : http://independentwho.org/fr/documents-divers/

Source: lesenfantsdetchernobyl

Pour aller plus loin:

Le Professeur Michel Fernex s’est battu pour l’indépendance de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS – WHO en anglais) face à l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AEIA) dans le dossier des conséquences sanitaires des catastrophes nucléaires.

Alors qu’il était pourtant un ancien membre du comité directeur sur les maladies tropicales au sein de l’Organisation mondiale de la Santé, il n’hésitait pas à manifester devant le siège de l’OMS à Genève.

En 1996, Solange et Michel Fernex participèrent à la réalisation, à la publication, au financement et à la diffusion du premier ouvrage collectif sur les conséquences sur l’environnement, la santé et les droits de la personne de la catastrophe de Tchernobyl.

https://www.lesenfantsdetchernobyl.fr/…/Cardiomyopathie…

Cet ouvrage de référence fut traduit dans de nombreuses langues.

Fort de sa double nationalité franco-suisse, le Professeur Michel Fernex et son épouse Solange avaient remis en mains propres ce livre aux délégations internationales présentes lors de la réunion annuelle des Nations Unies qui s’était déroulée au siège de l’ONU en 1996 à New York.

Selon Michel Fernex, …, à propos de l’appréciation des conséquences de Tchernobyl et Fukushima : « Pour fournir des chiffres, il faut faire des travaux et l’OMS n’en a pas fait. L’OMS ne peut que répéter les chiffres que lui donne l’AIEA. »

“Dès 2003, le Professeur Michel Fernex avait utilisé toutes ses compétences, son énergie et ses relations pour faire publier dans une revue scientifique médicale internationale (Cardinale), les premiers résultats du couple de scientifiques Yuri et Galina Bandazevsky sur une possible corrélation entre une charge corporelle au césium 137 et des problèmes cardiaques:, une pathologie intitulée “la cardiomyopathie du césium 137”.

Il avait accordé un entretien à Michel Gueritte  sur le cumul des faibles doses Conférence Tcherno23 du 23 avril 2016. (22 minutes). Lire de 1.12.45 à 1.34.50. Michel déclare notamment à 1.30.00 : “Les faibles doses répétées dans la durée sont plus cancérigènes que les doses élevées de courte durée”.

Il a également accordé un Interview à Kolin Kobayashi:

Rappel: Independent WHO – Santé et Nucléaire » est un collectif créé en 2006, qui n’a cesse de réclamer la révision de l’accord de 1959 entre l’Organisation mondiale de la santé (OMS, en anglais WHO) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cet accord lie les deux organisations concernant leurs programmes de travail et leurs publications.

Tchernobyl +35: la voix d’Elena en écoute sur le web

La Supplication - Livre de Svetlana Alexievitch

Svetlana ALEXIEVITCH a recueilli la parole de survivants de la catastrophe .

De ce travail de journaliste, elle a fait une oeuvre d’écrivain: La SUPPLICATION qui a obtenu le  prix Nobel de littérature 2015  pour son œuvre liée à la catastrophe de Tchernobyl.

Elle donne à entendre la maladie, l’abandon, la mort, mais aussi l’amour, la vie.



Comment vivre et penser après Tchernobyl ? C’est la question que pose Svetlana Alexievitch. L’ouvrage en russe avait pour sous-titre Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse (titre original : La Prière de Tchernobyl, chronique du futur).

Ces 25 et 26 avril 2021, dans plusieurs villes et suite à un appel national, des groupes de femmes vont déclamer en public le prologue  de « La supplication ». Il s’agit du monologue d’Elena, jeune femme de 23 ans qui voit partir cette nuit-là son mari, pompier. Elle parle ensuite de l’hôpital, décrit le corps de son mari jour après jour, et sa mort; et les sacs en plastique, le cercueil en zinc, le cimetière de “déchets radioactifs” …Et sous les mots terribles, c’est l’amour fou exprimé par Hélena.

https://april26appeal.noblogs.org/post/2021/04/

En raison du confinement et de ses limitations pouvant empêcher de participer aux déclamations en public du prologue, le CRILAN propose ci-dessous un lien pour l’écoute documentée du préambule sur Soundcloud.

https://soundcloud.com/lamireau-thierry/des-vies-irradiees-la-supplication-prologue-a-une-voix-solitaire-de-svetlana-alexievitch

Un rappel historique

Tchernobyl est située en Ukraine, à 40 kilomètres de la frontière sud de la Biélorussie, à 135 kilomètres de Gomel (Biélorussie), à 150 kilomètres de Kiev (Ukraine), à 600 kilomètres de Moscou (Russie) et à 2 000 kilomètres de Paris. Le 26 avril 1986, lorsque le réacteur de la quatrième tranche de la centrale nucléaire explose, les vents soufflent vers le nord. En Biélorussie, 2,1 millions de personnes sont contaminées, dont 700 000 enfants. Mais, « selon les observations, un haut niveau de radiation fut enregistré le 29 avril 1986 en Pologne, en Allemagne, en Autriche et en Roumanie ; le 30 avril, en Suisse et en Italie du Nord ; les 1er et 2 mai, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et dans le nord de la Grèce ; le 3 mai, en Israël, au Koweït, en Turquie… ». En moins d’une semaine, Tchernobyl était devenu un problème pour le monde entier.

Pour aller plus loin sur La Supplication.

Un article sur Wikipedia

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Supplication

L’émotion de Michel Polac à propos du livre de Svetlana Alexievitch

https://www.ina.fr/audio/P14008638?gclid=CjwKCAjw9r-DBhBxEiwA9qYUpW7o5mGMSkkxhltMwb6w2xkkPPjrhvmVQRaJ7ugmSZKYWXPcUh7MrhoCsSMQAvD_BwE

Tchernobyl: 35 ans déjà et encore..

Communiqué de Presse CRILAN du 22 avril  2021

Il y a 35 ans se produisait à Tchernobyl en Ukraine soviétique, sans doute le plus grave accident nucléaire connu. Le réacteur toujours en fusion sous son sarcophage de béton maintient la radioactivité sous le boisseau, pour combien de temps encore ?

On n’en a pas terminé de comptabiliser les survivants(es) de l’époque qui développent les maladies aujourd’hui et les enfants nés malades cardiaques après la catastrophe.

Cet événement de 1986 et le dixième anniversaire de Fukushima du mois dernier, sont pour nous habitants du Cotentin le rappel que de telles catastrophes sont possibles pour nous aussi.

Les réacteurs vieillissants de Flamanville 1 et 2 qui peinent à redémarrer après leur récent rafistolage. L’EPR qui n’en finit pas d’allonger la liste des dysfonctionnements et malfaçons, le centre de la Hague dont les piscines contiennent environ l’équivalent d’une centaine de réacteurs ne sont pas protégées contre la chute accidentelle ou volontaire d’un avion de ligne.

N’excluant plus la possibilité d’un accident majeur, les autorités « responsables » plaident pour la « résilience » et le retour d’expérience post Fukushima démontre leur volonté d’ insuffler la « culture du risque » dans la population. Cela veut dire : « soyez responsable de votre propre sécurité en adoptant des gestes et en ayant des comportements adaptés, vous pourrez vivre en zone contaminée comme on demande aux japonais de le faire aujourd’hui ».

Pour le CRILAN comme pour la plupart des habitants du Cotentin, nous refusons cette perspective post accidentelle.

La vraie culture du risque, c’est la suppression du risque. Arrêtons les réacteurs 1 et 2 de Flamanville devenus obsolètes, ne démarrons pas l’EPR hors service et dangereux avant d’avoir produit le moindre kilowatt heure, bunkérisons les piscines de la Hague et arrêtons la production de plutonium par le retraitement des combustibles usés.

Pour le 35 ème anniversaire de cette catastrophe de Tchernobyl, nos pensées vont vers les victimes, les malades et notamment les enfants.

Le CRILAN qui a reçu Yves Lenoir, le Président de l’association « Enfants de Tchernobyl Bélarus » en 2019, invite la population à soutenir les associations qui leur viennent en aide car les besoins sanitaires sont très importants.

http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php

Ci dessous une video annonce de Tchernobyl le monde d’après un film de Yves Lenoir et Marc Petijean sur Tchernobyl aujourdhui:

32ème anniversaire de Tchernobyl, le CRILAN se souvient et alerte

A l’occasion du 32ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, le CRILAN se souvient et alerte sur les dangers de l ‘industrie éléctro-nucléaire.
Malgré les apparences trompeuses, la catastrophe de Tchernobyl n’est pas finie: aux morts et malades, aux évacuations et au désastre écologique s’ajoutent des coûts colossaux.
Cette catastrophe démontre que des scientifiques ont cédé face à l’orgueil du pouvoir électronucléaire jusqu’auboutiste, comme en France…
Pour le CRILAN, c’est une leçon à la veille d’un hypothétique démarrage de l’EPR. Vu les nombreux défauts et malfaçons couverts par des dérogations scandaleuses, notre région et notre pays ne pourraient se relever d’un tel accident nucléaire.

Continuer la lecture de « 32ème anniversaire de Tchernobyl, le CRILAN se souvient et alerte »

Enfants de TCHERNOBYL BELARUS

9 ans après la catastrophe de Tchernobyl, à l’invitation du CRILAN, Yves LENOIR, président de l’association“Enfants de TCHERNOBYL BELARUS” a donné une  conférence passionnante à  Flamanville, le dimanche 26 avril 2015 devant une centaine de personnes,démontrant que la catastrophe n’était malheureusement pas derrière nous..

Tchernobyl, for ever …

http://enfants-tchernobyl-belarus.org

A l’issue de la conférence, un hommage  a été rendu devant la stèle au irradiés connus et inconnus, devant le port de Diélette-Flamanville.

Pour aller plus loin :

http://leblogdejeudi.fr/tchernobyl-le-26-avril-2015-le-crilan-se-souvient/

http://leblogdejeudi.fr/le-crilan-sur-tous-les-fronts/