Soudures défectueuses de l’EPR: Le CRILAN porte plainte près du Procureur de la République de Cherbourg

COMMUNIQUE (20/07/2018)

Après Greenpeace et Sortir du Nucléaire, le CRILAN porte plainte auprès du Procureur de la République de Cherbourg à propos des soudures défectueuses du circuit secondaire de l’EPR.

Il s’agit d’une plainte au pénal contre EDF, Framatome et contre X en raison de graves manquements à la sûreté nucléaire.

Cette plainte prend un relief particulier après la récente consultation flash de l’ASN en vue d’autoriser des tests à chaud avec de la vapeur polluée au tritium issue des réacteurs 1 et 2 sur ce circuit secondaire situé en zone « non nucléaire » de l’EPR.

Programmation Pluriannuelle de l’Énergie-Nous sommes à un tournant!

Le 24 mai 2018, à l’initiative du Maire de Flamanville, commune d’implantation de la centrale nucléaire EDF, un débat public était organisé à la Salle du Rafiot.

Comme plusieurs associations environnementales, le CRILAN alerte constamment les autorités et la population sur la situation préoccupante de la politique énergétique française.

  • Soit nous prolongeons le système énergétique français tel qu’il existe actuellement, au risque de le mettre durablement sous perfusion, notamment avec l’argent du contribuable.
  • Soit nous actons un changement de modèle, qui s’appuie sur une baisse de la consommation d’énergie (tendance européenne actuelle) et le développement des énergies renouvelables.

La nouvelle Feuille de route énergétique de la France à 2023 et 2028 – la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) – actuellement en préparation, devrait aller clairement dans cette seconde voie.

Le débat public sur la PPE, organisé par la Commission nationale du débat public du 19 mars à fin juin 2018, devrait être l’occasion de mettre tous les sujets sur la table, qu’il s’agisse des risques et des déchets nucléaires, mais aussi des grands enjeux d’évolution de la mobilité ou encore de la massification de la rénovation performante des logements.

De même, l’implication des territoires et des acteurs locaux, la création de valeur et d’emplois, la lutte contre la précarité énergétique, la solidarité entre territoires, les transitions professionnelles ou la qualité de l’air sont des sujets qui ne devraient pas être mis de côté.

Pourtant, le Ministère de la Transition énergétique et solidaire, maître d’ouvrage du débat public sur la PPE, voudrait que ce débat soit circonscrit à seulement certains scénarios énergétiques.

Face aux résistances de l’ancien monde, les précurseurs d’un nouveau modèle énergétique pour la France montrent la voie : collectivités territoriales, entreprises, citoyens, associations ; leurs réalisations préfigurent notre futur paysage énergétique si nous le voulons.

Le gouvernement, dans le cadre de la PPE, fera un choix pour les 10 ans à venir, ce qui devrait nécessiter un débat public sans zone d’ombre.

C’est l’occasion pour le CRILAN de développer ses positions sur ce débat faussé et de rappeler quelques enjeux de cette PPE pour notre région.

En novembre 2017 RTE le gestionnaire de transport d’électricité, a publié cinq scénarios de prospective électrique. Seulement deux d’entre eux ont été retenus pour la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie en raison de leur plus faible impact supposé sur le climat.

La SFEN, association pro-nucléaire mise en avant dans le débat public, se réjouit donc que les 2 scénarios préférés par RTE soient ceux avec le moins de fermetures de réacteurs nucléaires :

  • Le Scénario Volt prévoit la fermeture de 9 réacteurs de 900 MW (hors Fessenheim) à l’horizon 2035.
  • Le Scénario Ampère prévoit la fermeture de 16 réacteurs.

Ces deux scénarios témoignent d’un manque d’ambition concernant la réduction de la part du nucléaire, sont trop conservateurs et frileux en matière d’efficacité énergétique, visent des niveaux d’exportation d’électricité irréalistes au regard des tendances actuelles de nos voisins. Ils ignorent volontairement :

  • Le scénario Watt qui prend comme hypothèse la fermeture de chaque réacteur après quarante ans de fonctionnement
  • Le scénario Hertz qui table sur la fermeture de vingt-cinq réacteurs nucléaires pour que l’atome ne représente plus que 50 % du mix énergétique d’ici 2025, conformément à l’objectif de la Loi de Transition Energétique.

Le débat sur la PPE est donc tronqué, la question climatique servant d’alibi à la promotion du nucléaire sous couvert d’un mix énergétique et d’une transition écologique de l’énergie en trompe l’œil.

Le ministre Hulot a rejeté la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique, sine die, reportant la transition énergétique à une portion congrue.

Chaque jour, de nouveaux incidents sont signalés sur nos installations nucléaires vieillissantes qu’un grand programme de « rafistolage » doit prolonger.
Nous sommes donc tous informés des risques industriels, sanitaires et sociaux du nucléaire qui pèsent sur les populations. N’aurions-nous rien vu ni à Mayak, ni à Tchernobyl, ni à Fukushima ?

Pire, nous sommes témoins des malfaçons, voire des malversations relatives à la construction et à la fabrication des réacteurs nucléaires dont l’EPR. Allons-nous laisser faire quitte à modifier les règlements pour mieux nous en accommoder comme l’industrie du nucléaire l’a déjà fait en catimini de multiples fois sans aucun débat démocratique ?
L’EPR, inutile, coûteux, dangereux, finit longuement sa construction, Fessenheim (ce grand mourant) ne devant être arrêté qu’à la mise en marche de l’EPR au terme d’un contrat léonin au profit d’EDF.

Enfin la stratégie de gestion des déchets nucléaires atteint ses limites, elle est uniquement orientée vers le retraitement-extraction du plutonium pour la production du MOX et pouvant servir à la prolifération militaire. L’enfouissement des déchets à Bure, bien que retardé, reste programmé, la Hague doublant son entreposage pour satisfaire aux besoins. Pour le CRILAN, la gestion des déchets nucléaires doit être réorientée vers le stockage à sec des combustibles usés et vers la neutralisation du plutonium.

Pendant ce temps, les lanceurs d’alerte qui mettent en évidence les défauts de sûreté et de sécurité des installations nucléaires sont trainés en justice et sévèrement condamnés. Ils devraient plutôt être félicités pour service rendu.

Ici, dans le Cotentin nous sommes témoins de la valse-hésitation du Gouvernement sur la promotion des énergies renouvelables :

Où en sont les hydroliennes promises à Cherbourg ?

Où seront implantées les premières éoliennes en mer que l’on promet de construire à Cherbourg ?

Autant de questions qui interrogent sur la volonté des Pouvoirs Publics depuis trop longtemps soumis au lobby nucléaire … pour que rien ne change !

JUSTICE D’ETAT …ET SENS DES MOTS

COMMUNIQUE (07/04/2018)

 

Le CRILAN et « Notre Affaire à tous » (1) avaient déposé une requête au CONSEIL D’ETAT demandant l’annulation du décret du 23 mars 2017, portant à 13 ans le délai de construction du réacteur EPR de Flamanville, et ce, sans procédure nouvelle.
Par jugement du 28 mars 2018, les requêtes des 2 associations ont été rejetées. Elles  sont condamnées à verser chacune à EDF une somme de 2000 euros au titre des frais d’avocat de cette dernière.
 
La loi exigeait pourtant que lors de modifications substantielles d’un projet de cette nature, les procédures d’autorisation ( Débat public, enquête publique,…) soient recommencées, en cas de nouveau décret.

Le Conseil d’Etat a considéré  que n’étaient substantielles, notamment, ni les modifications de la conduite de rejets, ni l’abandon prévu à l’origine du combustible MOX au plutonium au profit de l’uranium enrichi, ni la validation d’une cuve aux fond et couvercle fragilisés par des aciers aux excès de carbone, non conformes aux lois et règlements en vigueur quant à la sécurité des installations. 
« Il n’est pas impossible que ces anomalies ne soient surmontées au cours des trois prochaines années » (2)  a estimé pour sa part le rapporteur public, lors de l’audience du 8 mars. Argument imparable et qui laisse sans voix…
 
Ainsi le Conseil d’Etat s’appuie-t-il sur des nouvelles définitions, « légales », pour modifier le vocabulaire commun. Le Monde du nucléaire nous avait déjà habitué au sien, en rebaptisant les conteneurs de déchets en colis, des cadeaux en quelque sorte pour l’immédiat  et les nombreux siècles à venir, et l’accident majeur, en « excursion nucléaire »: le grand voyage.
Grand héritier Napoléonien, il vous l’affirme : Dangerosité potentielle ou avérée du couvercle du  réacteur EPR , prototype relevant déjà d’un archaïque passé,   qui ne fonctionne toujours pas en dépit d’une addition de dépenses qui s’accroît honteusement : à dégager et SILENCE ! Gardons-foi en l’ASN!… Réjouissons-nous! l’EPR finira bien par fonctionner un jour : 
C’est la fable de l’Etat , de l’argent , de l’atome et  du juge!
Didier ANGER ( Pour le CRILAN)
1 « Notre affaire à tous »https://notreaffaireatous.org
2 Ouest-France- site internet 8/4/2018, modifié le 12 mars

A qui le « Pinocchio d’or » ? 

COMMUNIQUE (09/02/2018)

Qui ne connaît Pinocchio, ce personnage légendaire dont le nez s’allongeait  lorsqu’il mentait ?
Des personnalités étaient en marche en Cotentin en ce début de février 2018
A laquelle attribuer un « Pinocchio d’or »? 
 
Est-ce à Monsieur Sébastien LECORNU, secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la transition écologique, qui, par voie de presse a évoqué un recyclage quasi complet des combustibles irradiés des centrales nucléaires à ORANO-La Hague ( ex AREVA) ou à Madame Barbara POMPILI, ex EELV, députée et rapporteuse de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires qui l’accompagnait dans cette visite ?
 
1° Le premier a omis que la réalité des opérations du CEA, d’abord, d’AREVA NC ensuite, et maintenant d’ORANO, a été et reste l’extraction du plutonium à des fins  militaires et/ou civiles :
  • c’est à dire 1% des combustibles. 
  • 4% de ces combustibles usés dits de Haute activité à vie longue ( HAVL), vitrifiés, sont entreposés à la Hague, pour certains depuis des dizaines d’années et encore pour longtemps, avant d’être, éventuellement transférés à Bure ( scénario officiel );
  • Les 95% d’uranium issus du retraitement, dits « recyclables », ne sont pas « recyclés » ( malgré des essais à Cruas-Meysse );
  • Le combustible MOX n’est pas …retraité .
  • Une partie du plutonium (de 50 à 60 tonnes), vieux de plus de 5 ans, n’est pas moxable, « en magasin » sous terre et sous protection armée ;
  • Et les opérations des travaux de l’ex-AREVA produisent eux-mêmes des déchets. 

Au total, après « retraitement », il y a plus de déchets nucléaires que « sans retraitement »…
 
2°La seconde fait sienne la propagande nucléaire en déclarant :«Il y a avec l’EPR des progrès indéniables en matière de sûreté. C’est le premier réacteur doté d’un récupérateur de Corium. Il faut reconnaître les compétences rassemblées ici, dont ont peut être fiers. » .
Mais elle ment par omission : pas un mot sur les défections de la cuve dont on parle de changer le couvercle en 2024 et qui ont pourtant défrayé la chronique et pourraient occasionner un accident majeur, en atmosphère et en mer de la Manche. 
 
La réalité est que la cuve  de l’EPR de Flamanville aurait dû être « retoquée » si l’Etat n’avait pas prévu de déroger à ses  propres lois et réglementations (décret du 30/12/2015) en ce qui concerne les installations nucléaires sous pression.
A vous de choisir qui  mérite  un « Pinocchio d’or ». Qui a le nez le plus long ?

Didier ANGER, pour le CRILAN

A propos de l’annonce de la fermeture progressive éventuelle de 17 réacteurs nucléaires : Questions au Ministre de la transition écologique…

COMMUNIQUE (10/07/2017)

Le Ministre de la transition écologique et solidaire a repris les décisions déjà prises sous le quinquennat de François Hollande :

  • La réduction de 75 à 50 % du pourcentage de la production de l’électricité françaises par des installations nucléaires de base d’ici 2025.
  • Le maintien de cette même production au niveau actuel . ( En 2016, elle a même dépassé 80%).
  • La fermeture de Fessenheim conditionnée par la mise en marche de l’EPR de Flamanville, malgré ses malfaçons, en 2018. Durée de vie de ce réacteur prévue à l’origine : 60 ans.
  • «La transition énergétique pour une croissance verte» grâce au recours aux énergies renouvelables.

Flou non artistique ? Contradictions ? Incohérences ? ou même arnaque aux effets d’annonce ?…

Parmi les questions qui restent posées, citons :

  • Les projets de suppression progressive des voitures à essence ou diesel et la transition vers les véhicules électriques, d’une part, et d’autre part le développement des nouvelles technologies susciteront-elles une croissance d’électricité qui pourrait être fournie par les énergies renouvelables dont le développement est déjà très en retard par rapport aux engagements européens ?
  • La fermeture imprécise dans le temps de 17 réacteurs serait-elle compensée par le remplacement d’autres réacteurs nucléaires appelés EPR NM (nouveau modèle low cost), envisagée par le PDG d’EDF d’ici la fin des années 2020, et sans réserves financières ( plus de 37 milliards d’endettement officiel).

Apparemment, l’accord Gouvernement-EDF sur le maintien de la production globale nucléaire (et non en pourcentage) n’est pas à ce jour remis en cause. En l’état, le flou des annonces du Ministre n’empêche pas les risques majeurs du nucléaire vieillissant et nouveau, comme ceux liés à la cuve de l ’EPR que le pouvoir s’apprête à mettre en marche coûte que coûte… La première mesure significative serait de l’arrêter !

TOUS à FLAMANVILLE, LES 1 & 2 octobre 2016 !

Un collectif d’organisations s’est créé le 17 janvier 2015 à ST Lô, à l’appel du CRILAN et  du «Collectif STOP EPR  NI à PENLY, ni ailleurs» et s’est rapidement élargi sous l’appellation :«Collectif antinucléaire Ouest» désigné par l’acronyme «CANO»

Lors de cette assemblée constitutive, il a été  notamment décidé la création d’un collectif d’associations, d’organisations et de particuliers de l’Ouest (Bretagne, Pays de Loire et Normandie) ouvert à tous ceux et celles qui partagent les valeurs, les buts et les méthodes du mouvement antinucléaire pour garantir le succès d’une mobilisation en 2016 dans la Manche.

Ce collectif:

  • a vocation à rassembler tous ceux et celles qui se reconnaissent dans le slogan adopté précédemment et qui veulent contribuer au succès collectif du projet à savoir: ARRÊT DU NUCLÉAIRE, ENERGIE DE DESTRUCTION MASSIVE ! NON à l’EPR ! NON AU RAFISTOLAGE DES VIEILLES CENTRALES !
  • repose sur l’action et l’autonomie des associations et des particuliers qui le constituent, en aucun cas il ne saurait se substituer à eux
  • a vocation à agir de manière collégiale, transparente et démocratique. Des assemblées générales seront organisées, au moins une fois par trimestre, pour poursuivre le travail de mobilisation et prendre les décisions nécessaires à l’organisation du rassemblement et d’événements en amont. (…)

http://www.can-ouest.org/

Arrivée du couvercle défectueux de la cuve de l’EPR

Parti de Châlons-sur-Saône, le 8 février, le lourd convoi transportant le couvercle jugé défectueux de la cuve de l’EPR et son  impressionnante escorte policière  devaient arriver à Flamanville le vendredi 12 entre 12 et 14 heuresC’était sans compter sur la détermination de Greenpeace qui entendait dénoncer l’absurdité de cette politique du fait accompli ; treize de ses militants, trompant la vigilance policière ont réussi à s’enchaîner aux essieux du camion, sur un parking, au sud de Caen, entraînant un retard de plus de six heures au convoi.

Celui-ci arrivait finalement à la nuit tombée vers 20H30 à Dielette, où l’attendaient une trentaine de militants.

L’actualité de ces derniers jours montre une fois encore l’incohérence de l’Etat en matière de sécurité nucléaire :

  • Les Préfectures renouvellent en ce moment des pilules d’iode aux habitants dans un périmètre restreint autour des centrales nucléaires pour saturer les thyroïdes en cas d’accident ou d’attentat.
  • En même temps, par décret du 3 janvier 2016, l’Etat permet qu’EDF ne respecte pas les normes de sécurité en vigueur depuis 2005, mais également celles de 1974 : Ainsi EDF amène -t- elle à travers la France , le couvercle de la cuve du réacteur EPR  de Flamanville dont les aciers défectueux , fragilisés par un excès de carbone,  accentuent les risques .

Questions : 
1° Ne vaut-il pas mieux prévenir l’accident , empêcher qu’il ne survienne, que d’intervenir après coup pour essayer d’en minimiser les  conséquences ?

2° L’insécurité n’est-elle pas entretenue par l’Etat nucléaire lui-même ?

3° Où en est donc l’indépendance de l’Autorité de Sûreté Nucléaire soumise aux pressions incessantes des Grands corps de l’Etat?

Pitoyable : C‘est le moment choisi par quelques « leaders » de l’écologie politique pour rentrer dans ce Gouvernement. Un comble !

Le combat continue. Le CRILAN était  présent à Dielette à l’arrivée du convoi.  Avec la Coordination Antinucléaire Ouest, il appelle plus que jamais à se rassembler les 1er et 2 octobre 2016 contre les risques inhérents au démarrage du réacteur EPR et à la prolongation de la durée de vie des réacteurs anciens.

Seuls les combats qu’on ne mène pas engendrent les échecs.

Nouveaux retard et surcoût pour L’EPR de Flamanville . Le PDG d’EDF annonce le plus sérieusement du Monde…. l’optimisation du chantier.

Avec la morgue technocratique habituelle aux hauts dirigeants d’EDF, la nouvelle direction persiste dans son incurie et sur un ton très détaché  annonce aujourd’hui de nouveaux retards et surcoûts pour le réacteur EPR de Flamanville  !

Quoi que semble en penser le PDG d’EDF, les retards pour la mise en marche n’améliorent pas la situation de la “ vitrine commerciale” dont le pouvoir nucléaire et Sarkozy avaient autorisé travaux et essais par décret jusque la date limite du 10 avril 2017. Que  va-t-il  maintenant se produire sur le plan législatif si le chargement et la mise en marche de l’EPR ne deviennent effectives qu’à la fin 2018 ?
– Va-t-on passer outre à la légalité comme EDF l’a déjà fait à Flamanville lors de la construction des premiers réacteurs?
– Va-t-on promulguer un nouveau décret, en prolongation du premier, attaquable en justice?

De 3 milliards en 2005, le coût estimé par EDF passe maintenant à 10, 5 milliards en 2015, soit 350 %  d’augmentation ! Ce qui n’est pas pour nous surprendre puisque cela fait trois ans que nous avions annoncé le même chiffre sur la foi d’informations internes à EDF. Et si les travaux continuent, le coût va encore s’alourdir. Quel sera son montant fin 2018?  Et en conséquence, quelle augmentation du coût de l’électricité nucléaire?

Arrêtons les frais et le totalitarisme nucléaire !


L’exemple du surgénérateur Super Phénix n’a pas à l’évidence servi de leçon : 6 fois plus coûteux qu’un réacteur classique, mis en marche, arrêté, puis remis en marche, plusieurs fois  pour une production d’électricité de 3 à 5 % de ses capacités théoriques, il ne fut  abandonné définitivement  qu’en 1997… Et si on s‘acheminait vers la même situation ?
Si le chantier devait être arrêté, ce n’est ni aux travailleurs, exécutants, ni aux consommateurs mais aux décideurs de payer leur incurie. Rappelons que dans les années 80, lorsque la construction des couloirs de lignes THT vers Rennes et Caen avait été interrompue par décision de justice, les lignards avaient continué à percevoir leur salaire.

Il est urgent d’arrêter le réacteur le moins sûr du monde et ses multiples avatars technologiques, le plus coûteux et le plus inutile, dont on veut exporter les surplus de production nucléaire vers la Grande Bretagne et British Energy…filiale d’EDF. Nous n’avons pas à prendre de tels risques pour des décideurs apprentis sorciers.

Confirmation : l’EPR d’AREVA est bien le réacteur nucléaire le moins sûr du Monde !

  • De semaine en semaine, les révélations à son propos continuent d’effrayer et  de défrayer la chronique !
  • Le CRILAN demande une enquête à propos de la dissimulation de ces anomalies cachées  et exige l’arrêt de la construction de l’EPR.
  • Dans ce but,  il prépare, d’ores et déjà, avec la coordination antinucléaire Ouest (CANO) un rassemblement  les 1& 2 octobre 2016, à Flamanville avant son démarrage prévu .

En septembre 2010, Le CRILAN après ses révélations sur l’abandon du gainage M5  et du combustible à haut taux de combustion s’interrogeait publiquement quant à la “sûreté inégalée”de l’EPR de Flamanville, vantée et vendue par la com d’AREVA/EDF, et posait alors la question : l’EPR est-il le réacteur le moins sûr du monde?( 1)

Aujourd’hui, coup sur coup, ce sont les annonces de la non conformité des aciers du fond  et du couvercle de la cuve par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), et la révélation  de graves défaillances  sur les soupapes, pièces maîtresses de la sûreté, qui doivent s’ouvrir pour laisser partir la vapeur et faire ainsi baisser la pression pour éviter les fuites et l’explosion.(2)
Nous connaissons maintenant la réponse à notre question : l’EPR est bien le réacteur le moins sûr du monde, moins sûr que les 58 autres réacteurs français !

Un scandale : les problèmes et anomalies étaient  déjà connus mais cachés par son promoteur AREVA.
Rappelons-nous la demande de moratoire de l’ancien président de l’ASN, A.C.LACOSTE afin de faire un point quant à la construction de ce réacteur, demande “retoquée”par Nicolas SARKOZY, et non reprise depuis par François HOLLANDE qui vient de nommer l’un de ses amis à la tête d’EDF. L’A.S.N. et L’ IRSN confirment par leurs constats EXPLOSIFS, les manques multiples de sécurité de ce prototype, connus semble-t-il  de leur promoteur. Une enquête à ce sujet  s’avère plus que nécessaire.

Ne reproduisons pas les erreurs commises à propos de Super Phénix, voulu par le CEA, six fois plus coûteux qu’un réacteur classique,  improductif ( 3 à 5 % de ses capacités théoriques à force d’arrêts)  dangereux, pour en définitive devoir l’arrêter et le démanteler, avec les difficultés financières et technologiques que l’on sait.
Le CRILAN réitère son exigence d’arrêt de la construction de l’EPR avant le chargement du combustible, ce qui, en cas d’arrêt prévisible, augmenterait encore énormément les coûts déjà supérieurs de 300% aux prévisions.

Il en va de l’indépendance de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de la responsabilité, en cas de poursuite du projet EPR, des anciens Présidents et du Président actuel, véritables “Ponce-pilatomiques”, d’une République dépendante du Pouvoir nucléaire.

Article de Mediapart, www.mediapart.fr   EPR Flamanville: de nouvelles et graves anomalies au cœur du réacteur

Communiqué (9 juin 2015)

Les aciers de l’EPR de Flamanville : Démocratie à la française ou “ Démocrasseuse”?

Le ministère chinois de l’Environnement (NNSA), sur son site (1), se permet d’éclairer notre lanterne à propos des aciers de la cuve ( couvercle et fond ) de l’EPR de Flamanville (2) :
“ Les pièces forgées sous pression ont été forgées par Creusot Loire, filiale d’AREVA  (…)Ces pièces ont été fabriquées entre fin 2006 et le début 2007”

En démocratie, les lois s’appliquent-paraît-il- à tous, de la même façon. En réalité, pas aux industriels du nucléaire d’Etat puisque les fabrications de ces dites pièces ont été entreprises avant même la fin des procédures légales (Décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville  11 avril 2007) !  “Certains sont plus égaux que d’autres” aurait  dit Coluche reprenant Georges Orwell et sa “République des animaux”.
Ces fabrications de cuves se sont poursuivies en série dans les années suivantes ( Et de 2 pour les Chinois,à Taishan, et de 1 pour les USA (3), et de 1 au moins pour Hinkley Point en Angleterre ...et ce, avant toute certitude de la faisabilité de ces projets !)

  • Une fois de plus l’Etat nucléaire et AREVA se sont précipités, dans une politique du fait accompli  et ont anticipé, trop sûrs d’eux-mêmes !

En décembre 2005, conformément à la législation de l’Union européenne, l’ASN française a publié un décret relatif aux équipement nucléaires sous pression. En 2008, l’ASN a défini les exigences spécifiques relatives à l’évolution des pièces forgées”
De 2010 à 2014, en conformité avec ces dernières un examen rétrospectif des pièces forgées des calottes du couvercle, du fond de cuve a été entrepris. Il a fallu attendre la fin de 2014 pour que les résultats des essais mettent en évidence une teneur en carbone supérieure à celle attendue  et des valeurs de résilience inférieures à la limite réglementaire.”
 expliquent les Chinois.

Le problème , bien que connu partiellement depuis 2011(4) n’a été révélé publiquement  qu’en ce début d’avril 2015 ! Cela n’a pas empêché l’arrivée de la cuve sur le site de Flamanville, le 8 octobre 2013, à grand renfort de gendarmerie et son introduction dans le réacteur en janvier 2014 !!!

  • JUGES ET PARTIES ?

Qui va devoir décider ou non de la conformité et de la résistance aux accidents de ces pièces ultra sensibles? AREVA ET L’ASN , issus du même Grand Corps des Mines y travaillent  et les résultats seront connus à l’automne 2015. Mais où se situe réellement l’indépendance de ces expertises ? 
Madame ROYAL, Ministre de l’environnement ne vient-elle pas de déclarer ce 19 avril ”Que l’EPR n’est pas condamné, qu’il s’agit de simples ajustements de travaux et que selon EDF, l’ouverture serait sans doute retardée d’une année.”
Faut-il rappeler à la Ministre qu’elle fut jadis plus critique, en 1987 lorsqu’elle était solidaire des opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires en granit à Neuvy-Bouin (Deux Sèvres) où surfant sur la vague antinucléaire locale elle avait été élue, pour la première fois, députée. Ou encore en 2007, alors que candidate à la Présidence de la République, elle avait déclaré publiquement son opposition à la construction de l’EPR?
Aujourd’hui, elle est Ministre. Mais que décident réellement les ministres de Gauche comme de Droite, dans une France qui se donne en modèle démocratique au Monde entier ?
La démocratie à la française ne serait-elle  pas devenue “Démocrasseuse” ?

1 http://www.zhb.gov.cn
2 http://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve
3 Projet abandonné depuis…
4 http://observ.nucleaire.free.fr/cuve-epr-depuis-aout-2011.htm?hc_location=ufi

EPR : Et une « anomalie » de plus !

Les déboires ne cessent de s’accumuler pour EDF et AREVA à propos de l’EPR de Flamanville et on ne compte plus les problèmes techniques mis à jour depuis 2007 .

Hier, c’était le dôme du réacteur et les soudures du premier générateur de vapeur qui posaient problème,

Aujourd’hui, voilà l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui communique à propos d’une “anomalie”décelée  cette fois sur la cuve du réacteur en construction…

Rappelons que cette dernière est un élément primordial quant à la sûreté ; or le problème mis à jour concerne l’hétérogénéité de l’acier dans certaines zones du fond  et du couvercle mettant en cause la sûreté et accroissant les risques d’accident majeur.

Le CRILAN ne peut se satisfaire qu’AREVA , sous contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’IRSN, ses amis du Grand Corps des Mines, soit chargée d’entreprendre une nouvelle campagne d’essais. Une fois de plus, il est inadmissible qu’elle soit juge et partie pour sauver la vitrine commerciale internationale du nucléaire français.

Il est plus que temps d’arrêter les frais et les risques de ce chantier pharaonique, aux retards et aléas techniques à répétition, dont les coûts de construction se sont accrus de plus de 300 %.

Communiqué : ( mardi 7 avril 2015)

Intervention de Didier Anger

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2015/04/08/epr-les-verts-et-le-crilan-demandent-l-arret-du-chantier-epr-700503.html

Le nucléaire dans l’IMPASSE…

Le réacteur nucléaire finlandais n’est pas le seul à voir sa mise en service retardée : c’est aussi le cas de l’EPR français en construction à Flamanville qui devait initialement fournir de l’électricité en 2012. 
Réseau de Transport d’électricité ( RTE) vient de préciser, 
comme nous l’avions prévu, qu’après une mise aux essais en 2016 ( pour  pouvoir entrer dans les limites d’autorisation du décret de construction-avril 2017), l’EPR aurait une disponibilité réduite pendant deux ans . Il  n’atteindrait son plein régime qu’en …2018, soit 11 ans après le début des travaux, et avec 6 ans de retard ! Coûts à la construction, 9 à 10 milliards  d’euros au lieu des 3 annoncés à l’enquête publique !
Sera-t-il vraiment opérationnel ou sera-t-on obligé de l’arrêter tel SuperPhénix, après avoir démontré, arrêt après arrêt qu’il ne produisait bon an, mal an que 3 à 5% de ses capacités théoriques ?

Dans le même temps, se poursuit sur le site d’AREVA la Hague, le stockage des déchets nucléaires et leur extension (construction d’un quatrième hall d’entreposage), en quantité et en surface. Pourquoi ?
Le pouvoir nucléaire ne trouve plus de nouveaux sites pour construire des installations nucléaires et utilise les places restantes sur les sites qu’il possède.
Ainsi en est-il pour l’EPR de Flamanville ou pour le stockage  des résidus du démantèlement au BUGEY et pour les déchets.
Le site de BURE pour l’enfouissement profond controversé des déchets de haute activité à vie longue est loin d’être prêt.

Ainsi se trouve confirmé ce que nous affirmons depuis des dizaines d’années. L’usine dite de retraitement, pour lui donner une image plus écologiquement acceptable, n’est pas seulement le supermarché mondial du plutonium civil et militaire mais également une poubelle à risques. 
Et pendant ce temps, le pouvoir nucléaire s’apprête pour la première fois à organiser à la mi-octobre au Bourget un super marché nucléaire international au risque de la prolifération “Word Nuclear Exhibition” pour faire du “business” (sic), dans un monde redevenu instable.
L’acharnement français n’est pas thérapeutique …
Quand on n’a pas de solution raisonnable à la gestion du cycle, on arrête chez soi et l’on ne propose pas de commerce à risques.

Le problème posé n’est pas qu’environnemental, sanitaire, sociétal mais aussi moral : comment laisser un tel héritage aux jeunes générations actuelles et à venir !

COMMUNIQUÉ du 17 septembre 2014

Didier ANGER
http://www.reporterre.net/spip.php?article5981 
https://www.world-nuclear-exhibition.com/

EPR: Arrivée des générateurs de vapeur

Les générateurs de vapeur pour l’EPR, entreposés provisoirement après bien des vicissitudes de transport sur le port de Cherbourg, vont quitter ce dernier pour Diélette-Flamanville, en fonction de la marée. Le premier d’entre eux a été transféré ce matin 15 mars, vers Diélette, par la barge arrivée depuis quelques jours déjà.

A l’appel des antinucléaires locaux, dans un épais brouillard, un  premier rassemblement a eu lieu Le jeudi 13 MARS sur le port de Cherbourg, à l’entrée du terre-plein des Mielles, en face du hangar où sont actuellement entreposées les pièces de l’ EPR.

http://leblogdejeudi.fr/cherbourg-les-antinucleaires-rappellent-leur-opposition-lepr/

Il a été suivi par un second, sur le port de Diélette, ce samedi matin 15 mars. Après avoir quitté Cherbourg à 18 heures,  la barge, tirée par un remorqueur, est arrivée à Diélette à 6 heures. Le lourd chargement a pu alors s’ébranler lentement par transport routier vers le chantier de l’EPR…

Des photos de « l’évènement », comme si vous y étiez…( Merci à Michel et aux riverains pour l’accueil)


https://picasaweb.google.com/100075382605522343074/TransportDuGenerateurVapeur?noredirect=1#slideshow/5990957237611426370

Cocorico : la cuve de l’EPR de Flamanville forgée à 80% au Japon

Voici une dépêche de l’AFP qui n’aura pas encore fait la une des quotidiens locaux du Nord Cotentin! Merci aux militants de Stop EPR Penly pour leur travail d’investigation et à REPORTERRE,  qui ont obligé AREVA à sortir l’information… Un mensonge par omission, en quelque sorte!

Source : Romandie News
http://www.romandie.com/news/n/_Nucleaire_la_cuve_de_l_EPR_de_Flamanville_forgee_a_80_au_Japon19300120141656.asp


PARIS – La cuve du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche), fournie par Areva, a été à 80% forgée au Japon, a indiqué jeudi à l’AFP le groupe nucléaire français après des informations de presse.

L’essentiel du forgeage de la pièce cruciale du réacteur (425 tonnes, 11 mètres de haut), qui vient d’être posée sur l’énorme chantier normand, a été réalisé par un fournisseur au Japon, selon un porte-parole.

20% des pièces de la cuve ont été forgées chez Areva au Creusot (Saône-et-Loire), le restant chez Japan Steelworks (JSW), a indiqué le groupe dans un courriel à l’AFP.


Pour les approvisionnements en pièces forgées des générateurs de vapeur, les autres immenses pièces métalliques d’un réacteur, 70% proviennent du Creusot et 30% de JSW, selon Areva.

En revanche, 100% de la fabrication (assemblage, chaudronnerie, soudage, usinage, contrôles) a été réalisée en France sur le site de Chalon-Saint-Marcel, également en Saône-et-Loire, souligne le groupe.

Le site d’actualité sur l’écologie Reporterre avait rapporté mercredi, citant le collectif Stop-EPR, que la cuve de l’EPR de Flamanville, un chantier d’un coût total de plus de 8 milliards d’euros devant aboutir à une mise en service en 2016 après d’importants retards, avait été forgée au Japon, à l’exception du couvercle.

Le site soulignait que la cuve ne pouvait donc être estampillée Made in France, à l’heure où le nucléaire est salué comme un pilier du redressement productif de la France.

Nul ne peut réfuter que l’essentiel d’un EPR est aujourd’hui construit en France, a répliqué Areva jeudi.

Au total, la conception et fabrication des composants lourds du réacteur EPR de Flamanville a représenté plusieurs centaines de milliers d’heures de travail dans les usines d’Areva en Bourgogne, à Chalon-Saint-Marcel et au Creusot, soit une part importante de la charge de ces usines qui emploient respectivement 850 et 300 personnes, a souligné le groupe.

La cuve du réacteur finlandais d’Olkiluoto, le premier exemplaire en chantier du nouveau réacteur d’Areva, avait été fabriquée par un autre fournisseur japonais, Mitsubishi Heavy Industries.

(©AFP / 30 janvier 2014 16h53)

POSE DU DÔME DE L’EPR de FLAMANVILLE : le CRILAN NE CAUTIONNERA PAS L’OPERATION de COM D’EDF !

Le CRILAN vient de recevoir ce lundi 15 juillet une invitation d’EDF Flamanville à la pose du dôme de l’EPR  programmée le 16 juillet à partir de 7 heures. EDF a soigneusement  préparé  pour cet événement, à grands frais, une opération de communication d’envergure qui ne saurait masquer les réalités.


L’EPR n’a été engagé,  que pour servir de vitrine commerciale à AREVA NC et à EDF pour le vendre à l’étranger avec le peu de succès que l’on sait: jusqu’à aujourd’hui plus d’effets d’annonce que d’engagements tangibles !

  • Coûteux :  1,8 milliard en 1998 quand EDF envisageait d’installer un EPR près de Nantes, chez Ayrault.

Aujourd’hui, 8,5 milliards ! Un énorme surcoût  dû notamment aux diverses malfaçons et erreurs techniques (de la canalisation de rejets à l’affaire des consoles, acier “low cost” acheté en Russie, en passant par les ferraillages , soudures,  bétons défectueux et le système Bouygues de sous-traitance en cascades) largement évoquées par la presse.

Combien en 2016? Combien devra-t-on payer le kWh produit par ce réacteur?

  • Dangereux : les risques sont les mêmes que pour les autres réacteurs de même type : accidents dus à un manque de refroidissement, explosion d’hydrogène, chute d’avion, attentats etc.

Le 17 janvier 2013, Hervé Machenaud, Directeur exécutif d’EDF déclarait à Flamanville :
“L’EPR est en passe d’être un succès industriel. Le risque d’un nouveau dérapage des coûts ou des délais est désormais « infiniment faible (..) »  L’EPR entrera en service en 2016 et le budget sera tenu.” (1)
Fermez le ban et félicitations  pour une parfaite maîtrise de la langue de bois.

OUBLIÉS tous les aléas techniques, le retard de quatre ans sur le planning prévu, la dérive colossale des coûts, les conditions de travail plus que contestables (sous-traitance, conditions salariales douteuses, entorses au Droit du travail  notamment pour les travailleurs polonais et roumains).

Que cachent ces déclarations ? Sûrement un gros mensonge par omission. 
On sait que tout sera fait pour que l’ EPR entre en service coûte que coûte en 2016 et au plus tard dans les 3 premiers mois de 2017.
En effet, le décret de création du réacteur EPR de Flamanville(2), date du 10 avril 2007 et précise  dans son article 3, “Le délai pour réaliser le premier chargement en combustible nucléaire du réacteur est fixé à dix ans à compter de la publication du présent décret au Journal officiel de la République française. Ce délai constitue le délai de mise en service”.
En clair, au moment de la publication du décret, EDF pensait qu’un délai de 10 ans pour construire et mettre en service le réacteur serait plus que suffisant. Mais si la date du 11 avril 2017 venait à être dépassée, le décret de création ne serait plus valable et il faudrait sans doute refaire toute la procédure administrative ( Débat public, enquête publique etc,  avec toutes les conséquences que l’on imagine en terme de coûts et de retards) (3).
Prenons le pari : en bon état de marche ou non, le réacteur démarrera avant la date butoir du 11 avril 2017, quitte à l’arrêter quelques jours après.
Avec quel combustible ? On ne le sait toujours pas clairement :
À l’origine était prévu du MOX à plus forte teneur de plutonium ( 11 à 13 % au lieu de 7%) et, qui plus est, pour 100% du combustible au lieu  de 30% dans 21 réacteurs de 900 MW.
Or EDF, toujours aussi peu favorable à la filière plutonium a étudié un uranium  plus enrichi avec un renforcement des gainages “dopés” au chrome, peu probant aux essais. EDF aurait donc choisi,pour le moment, un démarrage à l’uranium enrichi classique, comme en Finlande à OLKILUOTO.

Fukushima aurait dû provoquer une révision de la politique énergétique française . Malheureusement, le gouvernement socialiste perpétue la politique nucléaire de Sarkozy même s’il a déclaré qu’il réduirait la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 À 50 % d’ici 2025. Actuellement, aucun signe n’est donné dans ce sens.

En 2006 à Cherbourg, 25 à 30 000 opposants estimaient eux, cet EPR, inutile, dangereux et coûteux. Les faits leur donnent raison. C’est pourquoi, le CRILAN ne saurait cautionner l’opération de COM programmée par EDF, ce mardi 16 juillet. 

Pour le CRILAN, Didier ANGER

1 cf articles Presse de la Manche, Ouest France, les échos du 17 janvier 2013
2 http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=20070411&numTexte=6
http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Quand la sûreté nucléaire entre en carénage… (Ou “Quand les mouettes ont pied, il est temps de virer “-Dicton marin breton)

Les réacteurs 1&2 de Flamanville , autorisés à fonctionner en 1986-1987 pour 30 ans, pourraient voir leur fonctionnement prolongé jusqu’à 60 ans!


EDF reste dans deux logiques :

  • Celle du capitalisme qu’il soit privé ou d’État, en l’occurrence. Quand l’endettement atteint environ 50 milliards d’euros, on réduit les investissements nouveaux “a minima” en se satisfaisant de “mettre des cautères sur des jambes de bois” ( Changement des générateurs de vapeur et de leurs réseaux tubulaires par exemple, prévus à Flamanville en 2017) et en reportant les coûts du démantèlement et de la gestion des déchets et résidus sur les générations à venir.
  • Celle du centralisme et de la mono-industrie  nucléaire malgré les risques mis en évidence par les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima     ( coût maximal, selon l’IRSN d’une catastrophe nucléaire en France: 5800 milliards d’euros!)

Au même moment, le Gouvernement a lancé  la réflexion à propos de la transition énergétique. Alors, transition ou continuité? 

Ses amis du Conseil Régional de Basse Normandie contribuent à la continuité en soutenant politiquement et financièrement “Nucléopolis” qui s’associe à l’opération “ Grand Carénage“ d’EDF à L’Espace Culturel des PIEUX ce 28 mars 2013.
Pendant qu’on cause, ailleurs, de transition énergétique, ici, aux Pieux, on “s’affaire” à préparer la continuité de toutes les centrales françaises jusqu’à 60 ans !

“ Le Grand Carénage est une opération de maintenance nationale et décennale sur toutes les centrales françaises. Il consiste d’une part à remplacer les composants clés dans la perspective du fonctionnement de toutes les centrales françaises à 60 ans, d’autre part à apporter des améliorations pour renforcer la prévention et le robustesse face aux accidents graves et aux agressions externes…Le Grand Carénage arrivera à Flamanville à l’horizon 2017.” (http://www.nucleopolis.fr)

ON SE FOUT DE NOUS !

Il y quelques jours se tenait dans cette même salle, à l’invitation du CRILAN, l’excellent spectacle de Nicolas LAMBERT “Avenir Radieux, une fission française”, une fresque sur la manière dont a été imposé le nucléaire au pays. On voudrait nous faire croire que les choses ont changé, on nous parle de “transparence” mais…
Qui gouverne en France? Qui  détient le pouvoir? Qui est sous la tutelle de l’autre? Les élus ou la pieuvre nucléaire et ses séides sous traitants?
Sortir de la mono-industrie tentaculaire et aux tentations totalitaires est pourtant un impératif pour la presqu’île au nucléaire, comme pour le Pays , sa survie économique et sociale. Prenons des initiatives pour les alternatives.

POUR FAIRE CONNAÎTRE CE NOUVEAU DÉNI DÉMOCRATIQUE ET DÉNONCER DES PRATIQUES INDUSTRIELLES ET POLITIQUES QUI CONDAMNENT L’AVENIR, LE CRILAN ÉTAIT PRÉSENT DEVANT L’ESPACE CULTUREL DES PIEUX (Chef lieu da canton de Flamanville),  JEUDI 28   MARS .

Dossier de presse : 
carénage