PROJET RTE FAB : Une nouvelle ligne 320 000 volts entre le COTENTIN et le DEVON(G.B.) ( Menuel et Exter) !

  • Une cinquantaine de militants se sont rassemblés, en urgence, devant les grilles de la Préfecture de la Manche, à STLô, le 19 décembre 2014, pour protester contre le projet de RTE,  FAB ( Pour France-Aurigny-Grande Bretagne) d’une nouvelle ligne, sous marine et souterraine, de 320 000 volts entre le Cotentin et le DEVON
  • Pourquoi ce rassemblement contre les nouvelles lignes THT Menuel-EXETER, à l’appel du CRILAN et d’autres antinucléaires?

Rappelons d’abord que le CRILAN a été invité, en ce début décembre, à une réunion dite de concertation,  prévue le vendredi 19 décembre  par la Préfecture de la Manche à propos d’une présentation par RTE “d’un début de concertation du projet FAB, d’interconnexion électrique sous marine et souterraine entre la France et la G.B via Aurigny.” Y étaient également conviés, sur invitation, divers institutionnels, (services de l’Etat,élus et industriels) ainsi que quelques autres associations agréées .
Dès réception et après étude du dossier de présentation http://www.rte-france.com/sites/default/files/2014_11_18_dossier-presentation_fab_v2.4.pdfnous avons jugé utile d’ informer les membres du collectif antinucléaire et après divers échanges, avons appelé à un rassemblement devant la Préfecture.

  • Cette concertation n’est qu’une mauvaise caricature de démocratie !

1° RTE fait état d’un fuseau de moindre impact  partant de Menuel  et qui va de Sciotot au sud, jusqu’à Siouville au nord dans sa plaquette de présentation.

2° Mais en fait, un dépliant RTE, invitant le public à des réunions de concertation déjà prévues entre le 19 janvier et le 10 février 2015 , déjà dans les cartons, montre un fuseau subitement amenuisé de Menuel vers la plage du  Platé (Tréauville),à quelques encablures au nord du port de Diélette, certainement l’ heureuse élue, pour hériter  d’un raccordement entre les câbles souterrains et sous marins.“qui pourrait être réalisé sous un parking”.
http://www.rte-france.com/sites/default/files/2014_12_08_rte_fab_depliant-v3.pdf

3° Ce que les antinucléaires et antiTHT dénonçaient déjà lors du débat public à propos de la ligne Cotentin-Maine : “on décide d’abord, on discute après” se reproduit donc, en pire…

Quels que soient les projets, pour nous, la démocratie reste un combat de tous les jours… 

  • De l’importance de lire complètement ( et même entre les lignes) les dossiers officiels :

 Le dossier de présentation  du projet et de son aire d’étude joint à la lettre d’invitation de la Préfecture ne pose pas les questions de fond quant à sa véritable fonction.
2°Le projet s’inscrit clairement dans l’interconnexion européenne ( validation par l’U.E le 14/10/2013), prévue pour le grand marché, plus que pour la sécurité de l’approvisionnement.
3°Il a déjà été accepté par le Ministère de l’écologie et de l’énergie (15/07/2014) sans débat.
4°Dans le dossier, fourni par la Préfecture, on reconnaît que Menuel a été choisi parce que “ c’est un point d’entrée vers la Bretagne” qui subit durement le manque d’électricité aux pointes de la soirée,surtout autour de 19 heures, notamment en hiver.
5°En clair,  on comprend que l’objectif principal est bien de remédier à l’incohérence du quasi tout nucléaire joint au quasi tout électrique . 
EDF produit trop d’électricité en base fourni par le nucléaire ( environ 12%) Pas assez pour la pointe fournie par les renouvelables plus  modulables mais peu développées (à l’exception des barrages que l’on veut araser sur la Sélune) et le thermique classique que l’on tend à éliminer en France. La mise en marche de l’EPR, à partir de 2017/2018 d’un côté, et de l’autre, le développement des besoins en pointe envisagé ( voiture électrique, électronique…) accentuent l’incohérence française.
Le projet est prévu en double pour exporter la surproduction en base, nucléaire, et importer l’électricité de pointe, fournie par le thermique classique anglais, producteur de gaz à effet de serre. British Energy, filiale d’EDF en Grande Bretagne est le commanditaire qui envisage une autre ligne entre les îles britanniques et la Bretagne. (Projet FR-IR)

  • Qu’on n’appelle pas cela transition énergétique nécessitée par l’approvisionnement de l’électricité hydrolienne !

1°Les hydroliennes en Raz Blanchard n’en sont qu’au stade du choix de la technologie et des grands opérateurs( DCNS, ALSTOM…) Rien ne prouve qu’elles seront opérationnelles et ce, massivement en 2022.
http://www.rte-france.com/sites/default/files/etude-hydrolien-2013.pdf
2° Leur production reste aujourd’hui hypothétique en 2022 et la référence à celle-ci n’est qu’un artifice pour faire avaler la potion amère.
3° L’objectif est bien la continuation des incohérences actuelles en France et de fournir de l’électricité à la Grande Bretagne, tout en nous laissant la plus grande partie des risques ( accidents, attentats, gestion des déchets).
Le CRILAN rappelle qu’il est favorable aux énergies renouvelables mais pas comme moyen centralisé et autoritaire pour corriger quelque peu les incohérences de l’état nucléaire français et d’EDF.

  • Nous avons besoin d’une autre politique énergétique et non de l’aménagement et de  la normalisation de cette dernière.

Le nucléaire dans l’IMPASSE…

Le réacteur nucléaire finlandais n’est pas le seul à voir sa mise en service retardée : c’est aussi le cas de l’EPR français en construction à Flamanville qui devait initialement fournir de l’électricité en 2012. 
Réseau de Transport d’électricité ( RTE) vient de préciser, 
comme nous l’avions prévu, qu’après une mise aux essais en 2016 ( pour  pouvoir entrer dans les limites d’autorisation du décret de construction-avril 2017), l’EPR aurait une disponibilité réduite pendant deux ans . Il  n’atteindrait son plein régime qu’en …2018, soit 11 ans après le début des travaux, et avec 6 ans de retard ! Coûts à la construction, 9 à 10 milliards  d’euros au lieu des 3 annoncés à l’enquête publique !
Sera-t-il vraiment opérationnel ou sera-t-on obligé de l’arrêter tel SuperPhénix, après avoir démontré, arrêt après arrêt qu’il ne produisait bon an, mal an que 3 à 5% de ses capacités théoriques ?

Dans le même temps, se poursuit sur le site d’AREVA la Hague, le stockage des déchets nucléaires et leur extension (construction d’un quatrième hall d’entreposage), en quantité et en surface. Pourquoi ?
Le pouvoir nucléaire ne trouve plus de nouveaux sites pour construire des installations nucléaires et utilise les places restantes sur les sites qu’il possède.
Ainsi en est-il pour l’EPR de Flamanville ou pour le stockage  des résidus du démantèlement au BUGEY et pour les déchets.
Le site de BURE pour l’enfouissement profond controversé des déchets de haute activité à vie longue est loin d’être prêt.

Ainsi se trouve confirmé ce que nous affirmons depuis des dizaines d’années. L’usine dite de retraitement, pour lui donner une image plus écologiquement acceptable, n’est pas seulement le supermarché mondial du plutonium civil et militaire mais également une poubelle à risques. 
Et pendant ce temps, le pouvoir nucléaire s’apprête pour la première fois à organiser à la mi-octobre au Bourget un super marché nucléaire international au risque de la prolifération “Word Nuclear Exhibition” pour faire du “business” (sic), dans un monde redevenu instable.
L’acharnement français n’est pas thérapeutique …
Quand on n’a pas de solution raisonnable à la gestion du cycle, on arrête chez soi et l’on ne propose pas de commerce à risques.

Le problème posé n’est pas qu’environnemental, sanitaire, sociétal mais aussi moral : comment laisser un tel héritage aux jeunes générations actuelles et à venir !

COMMUNIQUÉ du 17 septembre 2014

Didier ANGER
http://www.reporterre.net/spip.php?article5981 
https://www.world-nuclear-exhibition.com/