2010-2019 De Fukushima à Flamanville, la décennie noire du nucléaire

LE BILAN DE LA DECENNIE L’accident de Fukushima a fait momentanément vaciller la filière nucléaire. Mais ses vraies difficultés sont avant tout économiques et industrielles.

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L’EPR de Flamanville coûtera entre trois et quatre fois plus que ce qui était initialement prévu.

Les Echos ABACAPar Hortense GOULARD Publié le 25 déc. 2019 à 9h00

On n’a pas fini d’entendre parler de Fukushima. Près de neuf ans après l’accident, qui a eu lieu le 11 mars 2011, le gouvernement japonais tente de convaincre les personnes qui habitaient jadis dans la zone contaminée d’y revenir. La décontamination de la zone, qui a déjà coûté 24 milliards d’euros, se poursuit. Le pays, qui disposait de 54 réacteurs nucléaires, les a tous arrêtés dans l’année qui a suivi l’accident. Il en a désormais redémarré sept, le sort des autres reste incertain.

L’accident de Fukushima a précipité la sortie du nucléaire en Allemagne, prévu avant 2022. Il a conduit à un gel, pendant plusieurs années, des autorisations pour la construction de nouvelles centrales en Chine. Et d’autres pays, dont la France, ont annoncé qu’ils mettraient en place de nouvelles mesures de sûreté. Dans l’Hexagone, celles-ci n’ont pas encore été toutes installées.

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Un choix « très compliqué »

Quasiment partout, le renforcement des normes de sûreté a nécessité des investissements dans des centrales existantes, qui ont pu contribuer à renchérir le prix de l’électricité nucléaire, explique Peter Fraser de l’Agence internationale de l’énergie. Mais la catastrophe de Fukushima n’a fait que renforcer des tendances existantes. Et les années 2010 furent bien celle de la mise à mal du nucléaire.

« Le principal facteur est économique, avance-t-il. Dans des économies avancées, l’équation est devenue très compliquée ». Les énergies renouvelables constituent désormais « une façon plus économique de produire de l’électricité ». De surcroît, dans les pays occidentaux, « cela a été très difficile de construire à temps et en respectant les budgets », que ce soit en France, en Finlande ou aux Etats-Unis.

2010-2019 La décennie qui a tout changé pour l’éolien et le solaire

Construction lente et difficile

Les retards continuent en effet à s’accumuler pour la technologie franco-allemande de l’EPR. Le 19 décembre, la mise en service du réacteur Olkiluoto 3 en Finlande a de nouveau été retardée : ce dernier ne commencera à produire qu’en 2021. C’est le sixième retard pour le réacteur, dont la mise en service était initialement prévue pour 2009.

Lancé en 2004, ce chantier devait constituer la vitrine du savoir-faire franco-allemand en matière de chantiers nucléaires, le premier d’une longue série de constructions pour cette technologie conçue pour améliorer la sûreté et la performance économique des centrales. Mais sur les cinq réacteurs de ce type en construction dans le monde, seuls les deux réacteurs de Taishan en Chine  ont commencé à produire de l’électricité  – après quatre années de retard. En France, le  réacteur de Flamanville  affiche dix ans de retard et un coût multiplié par trois ou quatre, tandis que la facture d’ Hinkley Point C au Royaume-Uni  est passée de 16 milliards de livres à 22 milliards environ.

Manque de compétitivité

Mais les difficultés de la filière ne se résument pas aux problèmes de l’EPR. Aux Etats-Unis par exemple, de nombreux réacteurs, peu efficaces, ont dû fermer, écrasés par les prix bas de l’électricité. Ces derniers s’expliquent par l’explosion de la production de gaz de schiste bon marché, ainsi que par l’essor des éoliennes, qui bénéficient d’un accès privilégié au réseau.

La même raison a conduit à  l’abandon du projet de construction de deux réacteurs en Caroline du Sud , finalement jugés trop chers. La situation est néanmoins différente en Europe, où des prix de l’électricité plus élevés et l’existence d’un marché du carbone rendent l’énergie nucléaire plus compétitive, note Peter Fraser.

10 % de la production d’électricité

Résultat de cette accumulation de problèmes ? Malgré la mise en service d’une soixante de nouvelles centrales pendant les dix dernières années, dont la majorité en Chine, la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité diminue. En 1996, celle-ci atteignait 17,6 %. Elle dépasse à peine les 10 % aujourd’hui.

« Qu’il s’agisse de la mise en construction ou de la mise en service de nouvelles centrales, la Chine domine tout », note l’expert Mycle Schneider, auteur d’un  rapport annuel sur l’industrie nucléaire . Malgré le raccordement d’une trentaine de centrales pendant les dix dernières années, le nucléaire n’y assure cependant que 4 % de la production d’électricité, moins que l’éolien.

Hortense Goulard

Fukushima: L’évacuation durable des populations coûtait trop cher, selon les autorités

Urbaniste française parfaitement bilingue, Cécile Asanuma-Brice va coordonner au Japon un projet de recherche CNRS qui sera lancé en 2020.

« Encouragements à Cécile sociologue urbaniste dont l’intervention devant les Clis de la Manche au Japon en 2017 fut maltraitée par le Conseil départemental et boycottée par des élus et syndicats… AJ »

De fait, c’est la première fois au monde qu’une zone d’évacuation sera rouverte après un accident de cette envergure, et c’est la raison pour laquelle il est important d’y consacrer l’attention qu’il convient.

Cécile Asanuma Brice

LE FIGARO. – Qui a décidé de décontaminer les sols de Fukushima ?

Cécile ASANUMA-BRICE. – Le Japon n’est pas le seul impliqué. L’Agence internationale de l’énergie atomique, la Commission internationale de protection radiologique, le Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants et l’Organisation mondiale de la santé ont organisé de nombreuses conférences à Fukushima pour aboutir essentiellement au message suivant : « Le refuge des populations évacuées coûte trop cher. » La politique de décontamination a donc précédé celle du retour. Le gouvernement japonais a « proposé » aux habitants, de façon plus ou moins musclée, avec des incitations fortes comme la coupure des subventions au refuge et des avantages financiers pour ceux qui revenaient (comme la réfection des habitations), de retourner et d’apprendre à vivre dans un territoire encore inégalement contaminé.

Que peut-on dire du projet du CNRS pour étudier le retour des populations ?

L’Institut national des sciences de l’univers du CNRS lance, à partir de janvier 2020, pour une première période de cinq ans, le programme Mitate Lab. En japonais, mitate signifie « construire par le regard », et c’est l’acronyme français de « Mesure Irradiation Tolérance humaine viA Tolérance Environnementale ». Il s’agit d’une coopération bilatérale franco-japonaise que je codirigerai avec Olivier Évrard, du CEA, et Kôji Itonaga, professeur à la Nihon University de Tokyo.

En quoi consistera ce travail ?

La trentaine de chercheurs qui composent ce groupe aura pour but d’évaluer la situation environnementale et sociale dans les territoires de l’ancienne zone d’évacuation, rouverts à l’habitat autour de la centrale. Il permettra une approche pluridisciplinaire en sciences dures, en sciences humaines et sociales.

”Nous travaillerons sur les aspects physiques de la contamination et de la décontamination de l’environnement (évaluation des politiques, la répartition des nucléides et leurs déplacements dans les sols et les végétaux) et sur les conséquences du retour à la vie dans ces territoires, en proposant une évaluation quantitative démographique des mouvements de population, mais également qualitative avec un travail de suivi de terrain approfondi auprès des populations locales. D’autres chercheurs travailleront sur l’histoire environnementale de ces zones afin de mesurer le niveau d’évaluation de l’acceptabilité du risque à travers le temps.

https://www.lefigaro.fr/sciences/fukushima-l-evacuation-durable-des-populations-coutait-trop-cher-selon-les-autorites-20191217?fbclid=IwAR3pCj5pELxS_6xZX4DRJfEhkjkszcBtkmMlUriXtg9dfoRWEckfUxjFqVg

Soirée dédicace le jeudi 21 novembre à Cherbourg avec Michel Lebonnois auteur de la nouvelle «Coupés du Monde »

Une fiction bientôt rattrapée par la réalité: une carte de la montée des eaux pour 2050. Hypothèse + 3-4 degrés
( source: https://coastal.climatecentral.org/map/10/-1.5123/49.3105/?theme=sea_level_rise&map_type=coastal_dem_comparison&elevation_model=coastal_dem&forecast_year=2050&pathway=rcp85&percentile=p95&return_level=return_level_1&slr_model=kopp_2014
)
La Centrale de Flamanville et Dielette entourés par les eaux….

Flamanville jeudi 15 mars : Naoto Kan, premier ministre du Japon au moment de la catastrophe de Fukushima, témoignera.

COMMUNIQUE (16/02/2018)

 

Le CRILAN et le Can-Ouest accueilleront jeudi 15 mars Naoto Kan, premier ministre du Japon au moment de la catastrophe de Fukushima qui a débuté il y a 7 ans. Il nous dira sa profonde aspiration à un monde libéré du nucléaire, et cela à proximité du chantier de Flamanville où les nucléocrates s’acharnent à vouloir mettre le nouveau réacteur EPR en service malgré une cuve qu’ils ont reconnue non conforme, pour laquelle désormais, la rupture ne peut être exclue et par conséquent la catastrophe.

Naoto Kan s’adressera à 20 h au public dans la salle du Rafiot à Flamanville. Puis suivra la projection du film « le couvercle du soleil » qui retrace l’indicible tragédie vécue par les équipes gouvernementales impuissantes et paralysées dans leur capacité à agir. Or cette catastrophe risque d’arriver sous le quinquennat du président Macron et du gouvernement Philippe. Nous les avons mis en garde dans notre lettre adressée le 5 janvier 2018 s’ils accordent la dérogation pour la cuve défectueuse .

Nous attendons toujours une réponse suite à nos deux courriers du 30 septembre 2017 et du 5 janvier 2018 adressés au président et à ses ministres.

Refusons d’être acculés à être les réfugiés du nucléaire et les prochains migrants, soyons nombreux jeudi 15 mars à 20 h à la conférence de Naoto KAN à la salle du Rafiot à Flamanville et continuons à exiger l’arrêt du nucléaire, énergie de destruction massive.

AfficheNaoto

CONFERENCE de K. KOBAYASHI : FUKUSHIMA, 3 ans après…

F   U   K   U   S   H   I   M   A
t r o i s   a n s   a p r è s…

CONFERENCE
Samedi 19 AVRIL

15 heures

Auditorium Ecole de musique, Rue des écoles,

LES PIEUX

avec KOLIN KOBAYASHI
JOURNALISTE INDEPENDANT, écrivain et vidéaste
Secrétaire général de «Echo-Echanges ONG France-Japon»
Conseiller de la Greencoop (coopérative de consommateurs au Japon, depuis 2001), Correspondant du Days Japan à Paris.

A l’issue de la conférence, nous nous sommes rendus devant la stèle aux irradiés connus et inconnus face au port de Diélette (Flamanville)