A PROPOS DES DECHETS DITS  « HISTORIQUES » SOUS L’EPR de FLAMANVILLE

COMMUNIQUE (21/08/17)

Des déchets datant des années 80, provenant de l’après construction et du début d’exploitation des réacteurs 1&2 de Flamanville, dont des centaines de combinaisons légèrement contaminées au cobalt 60, ont été découverts, début août 2017, lors de la construction d’un parking destiné aux travailleurs de l’EPR…

Ce stockage de déchets par les exploitants du nucléaire ne devrait pas vraiment nous étonner : n’ a-t-on pas vu par le passé des terres contaminées sous une école maternelle dans la Région parisienne, ou utiliser des résidus contaminés dans les soubassements des routes et même dans un stade comme à Gueugnon ? Et en Cotentin-même, des tôles contaminées sur une décharge en bordure de Valognes ? Et Ici, maintenant, des déchets de l’industrie nucléaire et autres dans une décharge, au nord des marais du Cotentin, drainés par la rivière … « le Merderet ».

Plus ça change et moins ça change…

Ce n’est pas la première fois que le CRILAN s’est inquiété de la création et de l’extension de décharges dans cette zone.

A la fin des années 70, nous nous étions opposés avec succès au projet de stockage de déchets ménagers et industriels dans une carrière inondée à Fresville. Il était envisagé d’y déposer des déchets d’amiante en provenance d’une usine de Condé-sur-Noireau. Une partie de ceux-ci avait déjà été mise de nuit à la décharge de la Feuillie, près de Lessay.

Dans les années 80, la décharge dite du HAM a eu l’autorisation de recevoir, malgré notre opposition, sans succès cette fois-ci , des déchets dits « inertes » d’amiante.

Maintenant, nous apprenons qu’il y a sur le site même de Flamanville et possiblement au HAM des déchets dits de très faible activité radioactive, dont l’entrée est contrôlée par l’exploitant.
Il n’est pas tolérable qu’en démocratie, on soit juge et partie prenante.
Ce qui nous inquiète le plus, en l’état, c’est l’entreposage des tenues même légèrement contaminées au cobalt 60. Celui-ci, très toxique, a une période de plus de 5 ans et perd la totalité de sa radioactivité en 50 ans. Même si l’apport séparé de ces tenues restait d’une contamination éventuellement modérée, son accumulation répétée dans le temps peut induire des conséquences nuisibles à l’environnement et à la vie humaine.

Il est nécessaire d’interrompre une gestion secrète des déchets nucléaires parce qu’on ne sait qu’en faire.

L’impasse de la gestion des déchets nucléaires …

Il est plus difficile aujourd’hui de cacher les choses mais le scénario officiel de classement des types de déchets nucléaires et leur gestion ne correspondent pas à la réalité.

1° Pas de solution effective au stockage des déchets dits de haute activité à vie longue si ce n’est leur doublement en attente à la Hague.

2° Saturation des sites de stockage des déchets de faible et moyenne activité.

3° Pas de site autre que temporaire pour la gestion des déchets issus du démantèlement.

4° Tentative de réintégration de déchets dits de très faible activité dans des aciers et des bétons…

5° Abandon de mines d’uranium à l’air libre en Bretagne et dans le Massif Central et utilisation des trous laissés par les mines souterraines pour des stockage non avoués de déchets en provenance de l’armement nucléaire …

La meilleure solution reste … de ne pas en produire !

Drôle de jeu de drônes sur la Hague

Pendant la visite du Ministre de l’Intérieur, venu se “ressourcer “à Cherbourg , le 14 novembre, alors que ce dernier  offrait un concert de la Garde Républicaine aux Cherbourgeois, l’usine de retraitement-extraction de plutonium de la Hague a été une nouvelle fois survolée par un drone. Les auteurs de ce survol, heureusement pacifique, ont  mis en évidence, une fois de plus, la vulnérabilité des installations nucléaires de base (INB) et le ridicule des moyens de surveillance et de défense. Inutile pour des “fous de Dieu“ et des terroristes de posséder la bombe : les INB sont des cibles.


  • En 2001, après le 11 septembre, la population s’est inquiétée du survol du Nord Cotentin par des avions de lignes, lourdement chargés en kérosène vers les Etats-Unis. Des radars ont alors été basés à Flottemanville-Hague, entre l’arsenal de Cherbourg, la centrale nucléaire de Flamanville et l’usine d’extraction de plutonium d’AREVA- La HAGUE. Un camion lance-missiles se déplaçait au nord Ouest du Cotentin pour contrer toute tentative d’attentat venu des airs. Puis, sa présence se révélant incompatible avec le développement du tourisme, le camion disparut et les radars furent déplacés sur le petit aérodrome de  Maupertus, à l’est de Cherbourg. Moyen de défense envisagé : intervention d’avions de chasse depuis Rennes. Ridicule : à sa vitesse, un avion de ligne qui se détourne a grandement le temps de s’en prendre aux installations pendant que les chasseurs prennent leur envol et gagnent le Nord Cotentin.
  • Mais pourquoi les problèmes de l’attentat se posent-ils?

-A l’arsenal de Cherbourg, des combustibles irradiés des réacteurs des sous-marins nucléaires sont stockés dans le secteur du HOMET.
-A Flamanville, les combustibles usés des réacteurs, après leur déchargement et avant de gagner la Hague restent en piscine de refroidissement.
– A l’usine de la Hague, plus d’une centaine de coeurs de réacteurs sont stockés en piscine avant ou sans retraitement (MOX). Les piscines sont couvertes comme des hangars. Ce n’est pas le seul endroit vulnérable de ces INB, mais le plus évident.

  • Après l’accident de FUKUSHIMA, le Groupe de travail InterCLI a fait un bilan des risques des installations du Nord Cotentin . Il a évoqué le dénoyage des piscines de refroidissement et le risque d’incendie nourri par le kérosène qui pourrait s’étendre dans les ateliers voisins. Pro et anti-nucléaires sont tombés d’accord sur certains constats, sinon sur les solutions. Les uns ont demandé la “bunkerisation” des piscines, d’autres, la diminution des apports de coeurs de réacteurs à la Hague.

RIEN N’A CHANGE DEPUIS !
Il est apparu que le renforcement des moyens de police, de surveillance et d’intervention depuis Rennes, frôlaient le ridicule, et en l’occurrence renforçaient l’Etat policier.
Le CRILAN a alors rappelé que le premier moyen de réduire les risques  était de sortir au plus vite du nucléaire, par le recours aux économies d’énergie, aux énergies renouvelables. S’inquiéterait-on en effet du survol de drones au-dessus de ces alternatives?

Le pouvoir politique, militaro-industriel du nucléaire continue de se voiler la face dans sa prise de risques autruchienne.

Flamanville: Les réacteurs nucléaires ne sont pas à l’abri des atteintes extérieures

Le cargo “Kini KERSTEN”, une nuit de Saint Sylvestre, sans doute très festive, s’était planté, le 1er janvier 1987, dans les dunes du ROZEL… à 3km du site nucléaire de Flamanville.
Plus tard, Il est arrivé que des militants pacifiques y pénètrent et même qu’un objet volant non identifié le survole…

Et maintenant, voilà qu’une barge de dragage chargée de ses milliers de litres de fuel vient de chavirer le 5 octobre, à l’entrée du port de Diélette (Flamanvile), voisin de moins de 2 km. Utilisée pour désensabler l’entrée du bassin de tranquillisation des eaux de mer nécessaires au refroidissement des réacteurs, elle s’était mise à l’abri du mauvais temps dans le port. Que serait-il advenu si cela s’était produit dans le bassin de tranquillisation?
Les risques étaient si peu envisagés que des élus locaux avaient même pensé à pouvoir utiliser ce bassin pour des activités portuaires, sans suites données par EDF… Ces derniers événements devraient rappeler au pouvoir nucléaire et aux élus et autres “autruchiens” qui  se cachent la tête dans le sable que cette industrie n’est pas à l’abri de pollutions et risques venus de l’extérieur.

Quatre associations de protection de l’environnement se retirent des CLI du Nord-Cotentin

Communiqué de presse commun à l’ACRO, au CREPAN-FNE, au CRILAN, à Greenpeace

Cherbourg 25 septembre 2014

  • Les trois Commissions Locales du Nord-Cotentin (CLIs-NC) traversent, depuis mi 2013, une crise interne liée au non-respect du pluralisme en leur sein. Il y a un an, l’ACRO, le CREPAN-FNE, le CRILAN et Greenpeace avaient suspendu leur participation mais maintenu un dialogue avec les dirigeants afin de trouver une issue favorable. Après un an de discussions, force est de constater que les CLI du Nord-Cotentin ne sont pas prêtes à accepter l’expression publique de la pluralité des points de vue qui devrait pourtant faire leur force et leur intérêt.
  • Nous avions demandé que les publications de la CLI traduisent la pluralité des points de vue de ses membres quand il n’y a pas consensus sur un sujet. De même, les personnes mandatées par la CLI pour s’exprimer en son nom doivent rapporter cette diversité comme le pratiquent de nombreuses instances pluralistes.
  • Cela a été refusé et nous en tirons les conséquences : l’ACRO, le CREPAN-FNE, le CRILAN et Greenpeace décident donc, conjointement, de se retirer des CLIs du Nord-Cotentin.
  • Nous maintenons notre vigilance sur le fonctionnement et l’impact des installations nucléaires du Nord-Cotentin et, pour ceux qui y siègent, demeurons impliqués dans d’autres groupes et commissions pluralistes où un véritable dialogue est possible.

Historique de la crise interne qui secoue les Commissions locales d’information du Nord-Cotentin (CLIs-NC)
1 – les raisons de la suspension
Dès le 2ème semestre de l’année 2013, des tensions se sont fait ressentir dans les CLIs du Nord-Cotentin. L’étude réalisée par l’ACRO pour la CLI sur les nappes phréatiques situées sous le CSM a remis en cause le suivi effectué par l’exploitant. Cela aurait dû donner lieu à un débat sérieux et à une profonde réflexion sur la stratégie de surveillance des eaux souterraines. On a plutôt assisté à une série de propos agressifs à l’égard de l’ACRO qui n’avaient pour objet que de masquer ce débat de fond. Les associations ont été choquées par des propos insultants tenus à leur encontre lors de bureaux et par la non-prise en compte de la pluralité des points de vue… Ce fut le cas, par exemple, lorsqu’un membre mandaté par le Président de la CLI du Centre de Stockage de la Manche a présenté, dans une instance nationale, son point de vue personnel comme étant celui de la CLI.
La crise a éclaté le 17 octobre 2013 à la suite de la manipulation du vote de la désignation du représentant des associations au bureau de la CLI de Flamanville, conduisant à la suspension de la participation de l’ACRO, du CREPAN, du CRILAN et de Greenpeace.
2 – la volonté de ne pas rompre le dialogue
Pour autant, les associations ont tout mis en œuvre pour ne pas rompre le dialogue. Plusieurs courriers ont été adressés au Président du Conseil général de la Manche. Elles ont aussi sollicité une rencontre avec le Président des 3 CLIs-NC qui a eu lieu le 5 avril 2013 au cours de laquelle ce dernier a souligné son attachement à la présence des associations. Celles-ci ont manifesté leur souci de rester au sein des CLIs-NC mais aussi d’obtenir des garanties sur le respect du pluralisme, notamment lors de la révision des statuts.
3  – les propositions constructives des associations
Suite à cette réunion du 5 avril, les associations, dans une démarche constructive, ont alors eu le souci de faire des propositions en amont du vote des nouveaux statuts des 3 CLIs-NC, en demandant que leurs propositions d’amendements soient transmises à l’ensemble des membres des CLIs. Cela n’a pas été fait contrairement à des amendements proposés par d’autres.
4  – le refus d’intégrer des amendements garantissant le pluralisme
Le refus de prendre en compte un texte minimaliste qui se voulait consensuel, le jour des assemblées générales (AG), sous prétexte que ces amendements seraient arrivés trop tard, a indéniablement traduit la volonté de certains d’écarter les associations.
Il est pour le moins paradoxal, compte-tenu de l’objet même des CLI, que les AG aient refusé d’intégrer la simple phrase ainsi amendée (phrase soulignée) : « La CLI assure une large diffusion des résultats de ses travaux sous une forme accessible au plus grand nombre. Les publications de la CLI se doivent de traduire la pluralité des points de vue de ses membres quand il n’y a pas consensus sur un sujet. Les personnes mandatées par la CLI pour s’exprimer en son nom doivent rapporter la diversité des points de vue. »
5  – le constat dressé par les associations
Depuis la rencontre du 5 avril, nous avions espéré que les leçons de la crise que nous venions de traverser seraient tirées et que les principes de fonctionnement démocratiques, ainsi que le respect de l’esprit pluraliste et du débat contradictoire seraient à nouveau la règle du fonctionnement des CLIs-NC.
Réunies à Cherbourg le 20 sept 2014, les quatre associations de protection de l’environnement (Greenpeace, ACRO, CREPAN-FNE, CRILAN) sont finalement arrivées à un constat partagé : les dysfonctionnements à l’origine de la crise interne aux CLIs-NC ne sont pas de simples « bavures » conjoncturelles mais une volonté délibérée pour certains d’écarter les associations jugées trop critiques.
Les quatre associations expriment leur lassitude de devoir se battre sur des transcriptions statutaires (ce qui n’est pourtant pas dans leur habitudes) afin d’obtenir des garanties quant à l’expression et au respect du pluralisme au sein des CLIs-NC. Elles préfèrent donc désormais, pour les associations qui y sont impliquées, s’investir dans les structures nationales qui respectent cette pluralité (ANCCLI, HCTISN, PNGMDR….).
Les représentants associatifs, qui ont une très longue expérience de participation au sein des CLIs, constatent avec regret l’évolution des CLIs-NC depuis l’époque de la CSPI. Dans ce « laboratoire du débat contradictoire », quelle que soit la couleur politique des présidents, les débats étaient certes animés mais toujours respectueux de cette expression plurielle avec une représentativité des acteurs plus équilibrée et la présence de scientifiques indépendants dans le collège des personnes qualifiées. La CSPI en était devenue une référence nationale. Ce n’est, malheureusement, plus le cas.
6  – la décision adoptée par les associations
Les associations de protection de l’environnement prennent acte de l’opposition forte aux amendements consensuels qu’elles proposaient, ce qui souligne une profonde incompréhension de l’objet même des CLIs – créées par la loi Transparence et sécurité nucléaire – et le refus du pluralisme qui devrait les caractériser.
Si les CLIs-NC doivent ne devenir qu’un simple relais de la communication des exploitants, nous n’y avons évidement pas notre place et nous ne saurions le cautionner par notre présence.
A partir de ce constat partagé, les associations considèrent que les conditions ne sont pas réunies pour permettre leur retour au sein des CLIs-NC.
En conséquence, les associations de protection de l’environnement ont pris la décision, ce 20 septembre 2014, de se retirer des CLIs-NC et de se donner le temps de l’expliquer à nos concitoyens
.

Cocorico : la cuve de l’EPR de Flamanville forgée à 80% au Japon

Voici une dépêche de l’AFP qui n’aura pas encore fait la une des quotidiens locaux du Nord Cotentin! Merci aux militants de Stop EPR Penly pour leur travail d’investigation et à REPORTERRE,  qui ont obligé AREVA à sortir l’information… Un mensonge par omission, en quelque sorte!

Source : Romandie News

http://www.romandie.com/news/n/_Nucleaire_la_cuve_de_l_EPR_de_Flamanville_forgee_a_80_au_Japon19300120141656.asp

PARIS – La cuve du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche), fournie par Areva, a été à 80% forgée au Japon, a indiqué jeudi à l’AFP le groupe nucléaire français après des informations de presse.

L’essentiel du forgeage de la pièce cruciale du réacteur (425 tonnes, 11 mètres de haut), qui vient d’être posée sur l’énorme chantier normand, a été réalisé par un fournisseur au Japon, selon un porte-parole.

20% des pièces de la cuve ont été forgées chez Areva au Creusot (Saône-et-Loire), le restant chez Japan Steelworks (JSW), a indiqué le groupe dans un courriel à l’AFP.


Pour les approvisionnements en pièces forgées des générateurs de vapeur, les autres immenses pièces métalliques d’un réacteur, 70% proviennent du Creusot et 30% de JSW, selon Areva.

En revanche, 100% de la fabrication (assemblage, chaudronnerie, soudage, usinage, contrôles) a été réalisée en France sur le site de Chalon-Saint-Marcel, également en Saône-et-Loire, souligne le groupe.

Le site d’actualité sur l’écologie Reporterre avait rapporté mercredi, citant le collectif Stop-EPR, que la cuve de l’EPR de Flamanville, un chantier d’un coût total de plus de 8 milliards d’euros devant aboutir à une mise en service en 2016 après d’importants retards, avait été forgée au Japon, à l’exception du couvercle.

Le site soulignait que la cuve ne pouvait donc être estampillée Made in France, à l’heure où le nucléaire est salué comme un pilier du redressement productif de la France.

Nul ne peut réfuter que l’essentiel d’un EPR est aujourd’hui construit en France, a répliqué Areva jeudi.

Au total, la conception et fabrication des composants lourds du réacteur EPR de Flamanville a représenté plusieurs centaines de milliers d’heures de travail dans les usines d’Areva en Bourgogne, à Chalon-Saint-Marcel et au Creusot, soit une part importante de la charge de ces usines qui emploient respectivement 850 et 300 personnes, a souligné le groupe.

La cuve du réacteur finlandais d’Olkiluoto, le premier exemplaire en chantier du nouveau réacteur d’Areva, avait été fabriquée par un autre fournisseur japonais, Mitsubishi Heavy Industries.

(©AFP / 30 janvier 2014 16h53)