L’usine de La Hague au défi de sa sécurité

Communiqué ACRO, CRILAN, Greenpeace et CREPAN FNE

organisations antinucléaires et critiques

membres de la CLI Orano La Hague

17 octobre 2021

Nous apprenons qu’un mur de 5 kms de long et 5m de hauteur va être construit autour de l’usine Orano pour des raisons de sécurité anti-intrusion. Ce mur ne risque t’il pas d’être perçu comme un repère pour les aéronefs afin de mieux cibler les bâtiments les plus sensibles dont les piscines ?

Ce mur anti-intrusion va coûter quelques dizaines de millions d’euros. On se demande quelles sont les priorités dans l’état actuel des moyens de sûreté et de sécurité ?

On peut lire dans un rapport d’inspection de l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) du 12 octobre 2020 concernant l’INB 117 (Installation Nucléaire de Base), où est situé l’atelier R7 dédié à la vitrification de produits de fission, et suite à la demande inopinée d’exercice d’incendie par l’ASN, qu’ Orano a considéré  « ne pas avoir les moyens nécessaires et prévus pour cet exercice ».

Dans ce même rapport, on peut lire que parmi les moyens d’interventions pour faire face à un incendie, il y a 3 surpresseurs prévus pour le balayage de l’air des locaux. Or ils sont tous les 3 dans le même local, alors qu’ils devraient être dans des locaux séparés sans communication pour éviter une perte simultanée des appareils au cours de l’incendie. La protection de ces surpresseurs n’est pas du tout aux normes.

Cette anomalie a été signalée lors d’un réexamen de sûreté en 2018, et les travaux de remise aux normes sont programmés pour 2026, voir 2027.

On apprend également que le 5 octobre 2021 un incendie s’est déclaré dans cet atelier R7 ; heureusement l’incendie a été maîtrisé rapidement.

Dans les conditions actuelles du matériel prévu contre un incendie, un incident peut basculer très vite en accident.

La situation actuelle est particulièrement préoccupante pour la population.

On peut craindre à la fois l’accident (incendie, entre autres) par défaut de moyens de sûreté, mais aussi le risque d’attentat dorénavant reconnu par les exploitants qui vont construire ce mur d’enceinte au nom de la sécurité.

En 2017 une délégation des CLI de la Manche était à Fukushima pour le sixième anniversaire de la catastrophe

Début mars2017 , une délégation représentant les trois commissions locales d’information du Nord-Cotentin s’est rendue au Japon. Ce voyage, le second depuis 2013, intervenait alors qu’on commémorait le sixième anniversaire de la catastrophe de Fukushima. 

Article FR3 du 27/03/2017 publié par le CRILAN avec autorisation , le Crilan y était.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/manche/feuilleton-six-ans-apres-catastrophe-manchois-fukushima-1222173.html

Durant une semaine, une délégation du Cotentin s'est rendue au Japon pour étudier les conséquences de la catastrophe de Fukushima
Durant une semaine, une délégation du Cotentin s’est rendue au Japon pour étudier les conséquences de la catastrophe de Fukushima

On dit souvent du Cotentin qu’il sagit de la région la plus nucléarisée de France, avec son centre de retraitement des déchets à Beaumont-Hague et sa centrale à Flamanville. En attendant son futur EPR dont la mise en service est pour l’instant annoncée pour fin 2018.

Comme les autres régions abritant des sites nucléaires, le Cotentin dispose de commissions locales d’information (une pour chaque instalation), des commissions regroupant des élus locaux, des représentants syndicaux, des associations et chargées, selo l’ASN, d’une mission “de suivi, d’information et de concertation en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et d’impact des activités nucléaires sur les personnes et l’environnement pour ce qui concerne les installations du site”.

En 2013, une délégation représentant les trois CLI du Cotentin s’était rendue au Japon pour étudier les conséquences de la catastrophe de Fukushima (survenue deux ans plus tôt). Ce voyage avait donné lieu à la publication d’un livre blanc et contribué à la mise en place d’un certain nombre de mesures, notamment à Flamanville: création d’une force rapide d’intervention, diesels de secours ou voies d’accès supplémentaires.

Six ans, quasimment jour pour jour, après la catastrophe, une délagation des trois CLI s’est de nouveau rendue au Japon. L’objetcif reste le même: tirer les enseignements de la catastrophe, notamment sur le plan de la sûreté et amender nos propres installations et protocoles d’évacuation notamment. Une de nos équipes a accompagné cette délégation durant ce second voyage.

Un feuilleton réalisé par Sylvain Rouil, Matthieu Bellinghen, Marc Michel et Xavier Gérard

Episode 1: Un triste anniversaire

Ce second voyage de la délégation du Cotentin débute par un moment de recueillement, Minamisoma, ville martyre proche de la centrale accidentée. En ce 11 mars 2017, le Japon commémore le sixième anniversaire de la catastrophe, une catastrophe qui a fait volé en éclat certaines certitudes. Jusqu’au sein de la commission locale d’information. “Je pense que l’impossible peut arriver, dans tous les domaines, quels qu’ils soient. Dans l’industrie, dans l’automobile, l’aviation…dans le nucléaire aussi. Peut-être plus là qu’ailleurs.“, explique Michel Laurent, retraité d’Areva et ancien maire de Beaumont-Hague (de 1987 à 2014), une commune où est installée le site Areva de retraitement des déchets.

Intervenants:
– Katsunobu Sakurai, maire de Minamisoma
– Toshiko Watanabe, native de Minamisoma
– Michel Laurent, maire de Beaumont-Hague de 1987 à 2014 – Ancien salarié d’Areva
– Valérie Nouvel, présidente de la commission locale d’information de la centrale nucléaire de Flamanville.

Episode 2: Voyage en zone rouge

Pour la première fois, la délégation normande entre dans l’enceinte de la tristement célèbre centrale de Fukushima, une visite extrêmement sensible sous l’étroite surveillance de l’exploitant du site Tepco. Avant d’arriver à destination, les Manchois ont traversé plusieurs kilomètres de no man’s land. Et le dosimètre de n’a cessé de grimper à mesure que le bus de la délégation se rapprochait de la zone rouge. Sur place, cette visite apportera plus de questions que de réponses.

Intervenants:
– Michel Laurent, ancien maire de Beaumont-Hague et retraité d’Areva
– Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire Greenpeace France
– Didier Peralta, conseiller régional UDI de Normandie
– Jean-Paul Vaultier, délégué syndical CGT Areva-la Hague

Episode 3: L’impossible retour “à la maison” ?

En 2013, la délégation normande avait traversé des territoires encore très marqués par le Tsunami et la radioactivité, des villes fantômes comme Odaka, totalement vidées de leurs habitants. Quatre ans aprè, de retour sur place, les Français découvrent un quartier en grande partie reconstruit. L’eau courante est revenue. Mais pas la vie. Malgré la levée de l’ordre d’évacuation, seuls 10% des habitants sont revenus.

Intervenants:
– Jean-Paul Vaultier, délégué CGT Areva-La Hague
– docteur Seiji Endo, fondateur de la clinique des liens
– Cécile Asanuma-Brice, chercheur en sociologie urbaine
– Yann Perrotte, secrétaire général  du syndicat Force ouvrière de la Manche

Episode 4: Le défi de la décontamination

Six ans après la catastophe, la décontamination reste un défi majeur à Fukushima. Les rizières abandonnées ont laissé la place à des panneaux solaires, une nouvelle source de revenus pour des agriculteurs privés de récoltes. Certains d’entre eux tentent pourtant de renouer avec leur métier. A 40 km de la centrale accidentée, 250 agriculteurs fournissent en légumes et en riz la coopérative de Nomado. Reste à regagner la confiance des consommateurs. Autre secteur sinistré, la pêche, une activité vitale pour le Japon.

Intervenants:
– Valérie Nouvel, présidente de la commission locale d’information de la centrale de Flamanville
– Hiroshi Miura, président de l’association Nomado
– Jacques Hamelin, maire d’Herqueville et vice-président de la commission locale d’information de la Hague
– Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire greenpeace France