CRIIRAD: démission du groupe de travail de la CLIGEET du Tricastin

Il n’y a pas qu’ au bureau de la CLI de Flamanville qu’une expertise indépendante est refusée. A la CLI du Tricastin, la CRIIRAD subit le même traitement, en totale contradiction avec les dispositions de l’ASN et de l’ANCCLI.

Communiqué de la CRIIRAD du 12 janvier face à impossibilité d’obtenir une expertise externe :

Démission de la CRIIRAD du groupe de travail de la CLIGEET consacré à la prolongation du fonctionnement du réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin

« Valence, le 12 janvier 2022
Suite à la 4ième visite décennale, après un avis favorable de l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) sur la prolongation générique des réacteurs de 900 MW, à plusieurs expertises de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire) – en particulier sur le risque sismique – et avant une enquête publique prévue ce mois de janvier, la CLIGEET (Commission Locale d’Information des Grands Equipements Energétiques du Tricastin) doit formuler un avis sur le dossier déposé par EDF relatif au réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin.

Il a été décidé que cet avis serait élaboré par un Groupe de Travail (GT), avalisé ensuite par le bureau de la CLIGEET. Une dizaine de membres se sont portés volontaires pour participer à ce GT, dont la CRIIRAD, en la personne de son représentant, Mr Roland Desbordes. Deux réunions formelles du GT se sont déroulées à l’automne 2021, dans le but de définir la méthode de travail.

La CRIIRAD a exprimé plusieurs fois en réunion la demande que le GT ait la possibilité d’inviter et de consulter, lors de ses sessions de travail, des experts externes et compétents sur plusieurs problématiques importantes à Tricastin : le risque sismique, l’état de la cuve ainsi que celui de l’enceinte de confinement. Cette demande a d’abord été exprimée en GT, puis, lors de la réunion plénière du 25 novembre dernier.

A chaque fois un refus lui a été opposé en réunion. La convocation à la prochaine réunion du Groupe de Travail entérine clairement cette décision : ne seront invités à participer que les experts « officiels », l’ASN, EDF, l’IRSN … tous parties prenantes (à différents titres) du dossier.

La CRIIRAD estime que le manque de pluralisme des sources d’information, en particuliers indépendantes, ne permet pas de garantir un travail approfondi du GT. De plus, cette décision est contraire au statut des CLI, qui encourage au recours à des expertises plurielles, comme le rappelle d’ailleurs l’ASN (https://www.asn.fr/tout-sur-l-asn/cli) : « Dans le même esprit, l’ASN considère que le développement d’une offre diversifiée d’expertise dans le domaine nucléaire est indispensable pour que les CLI puissent, en tant que de besoin, s’appuyer dans leurs avis sur des expertises distinctes de celles réalisées pour le compte de l’exploitant ou de l’ASN ».

Dans le cas présent, c’était d’autant plus nécessaire que l’enjeu est très important car Tricastin 1 est la « tête de série » des dossiers qui seront déposés et discutés pour une trentaine d’autres réacteurs dans les années qui viennent.

Cette décision constitue un très mauvais message vis-à-vis de la transparence pourtant revendiquée par la CLIGEET elle-même.

Face à cette situation, la CRIIRAD a décidé de démissionner du GT, ne souhaitant pas être, par sa seule présence, caution d’un fonctionnement qui ne permet pas un travail approfondi.« 

GT: Groupe technique.

Le Procès du Nucléaire

34 activistes de Greenpeace France seront prochainement en procès à Valence pour avoir alerté sur le vieillissement des centrales nucléaires françaises.
Le 15 novembre, de 14h à 17h, une conférence en ligne, accessible à toutes et tous était proposée: voir détail ci dessous.

Au programme, 3 thèmes pour faire le procès du nucléaire et déconstruire cette fausse solution :

* Face à l’urgence climatique, peut-on encore condamner le nucléaire?
Intervenant-es :
Henri Waisman, membre du GIEC, chercheur au sein de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDRI) en charge des activités de recherche sur les trajectoires de développement bas-carbone
Mathilde Szuba, maître de conférence en sciences politiques, spécialiste de la justice énergétique et de la décroissance
Bernard Laponche, physicien nucléaire, docteur en économie de l’énergie

* Déchets, risques d’accident, explosion des coûts : de quoi le nucléaire est-il accusé?
Intervenant-es :
Fleur Gorre, co-autrice du podcast Le Nuage, spécialiste en gestion de crise et risques nucléaires
Eric Guéret, réalisateur des documentaires « Sécurité nucléaire : le grand mensonge » et « Déchets, le cauchemar du nucléaire »
Thierry Gadault, journaliste indépendant, auteur de “Nucléaire : danger immédiat”

* Industrie nucléaire ou activistes : qui devrait-on juger?
Intervenant-es :
Etienne Ambroselli, avocat en droit de l’environnement, avocat des opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaires Cigéo
Jon Palais, militant climat à Bizi, Alternatiba, ANV-COP21, Faucheurs de chaises
Un-e des 34 activistes de Greenpeace en procès prochainement à Valence pour avoir alerté sur le vieillissement de la centrale nucléaire du Tricastin en février 2020

Retour sur le live Facebook du 28 mai sur la centrale du Tricastin

https://www.facebook.com/greenpeacefrance/videos/251108799529524/?v=251108799529524

Avec la participation de Bernard Laponche et de Roland Desbordes

Le dimanche 31 mai, le réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) atteindra officiellement les 40 ans de fonctionnement. Mais EDF souhaite prolonger sa durée de vie jusqu’à 50 voire 60 ans. Pourtant, la centrale nucléaire composée de 4 réacteurs a connu de multiples incidents depuis sa mise en service en 1980, et de nombreux équipements comportent des défauts. Quel est l’impact de cette centrale nucléaire sur l’environnement et quels sont les risques en matière de sûreté en cas de prolongation ?

http://www.sortirdunucleaire.org/CONFERENCE-LIVE-FACEBOOK-Prolongation-de-la

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