Résistivité de la cuve de l’EPR : l’Etat juge et partie … la démocratie à la française est en marche !

COMMUNIQUE ( 26/06/2017)

Sans surprise, l’IRSN, partie prenante de l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) vient de remettre à cette dernière l’alibi technique qu’elle attendait pour justifier la validation de la cuve défectueuse du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, susceptible de ne pas résister à de fortes pressions et d’occasionner un accident majeur. Le contrôle des aciers rendus vulnérables par des excès de carbone a été effectué par… AREVA.
Récemment, la construction des installations nucléaires produisant de l’électricité en France a été transférée d’AREVA à EDF. Ceci ne signifie nullement qu’AREVA, à l’origine du projet EPR, a de ce fait obtenu la neutralité nécessaire pour contrôler la ténacité des aciers. Cependant, c’est AREVA qui a été chargée des expertises en cas de pression trop forte susceptible de créer un accident majeur, et ce, sur des pièces dites« sacrificielles » (1) autres que celles concernées.
Il n’est pas possible en démocratie et dans un Etat qui se dit de droit, dans lequel on prétend respecter la séparation des pouvoirs, que l’on admette que l’Etat industriel AREVA soit contrôlé par lui-même, que la validation de ce contrôle bénéficie à …l’Etat industriel (majoritaire à EDF), que l’avis de l’ Autorité sur la Sûreté nucléaire dont les directions sont nommées par le Gouvernement, le Président de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat soit transmise à … l’Etat , institution politique.
Une fois de plus, avec le nucléaire, l’Etat montre ses tentations totalisantes. Rappelons que le président Macron avait annoncé avant son élection que Fessenheim ne serait arrêté en 2018 qu’après la mise en marche de l’EPR de Flamanville. Après ces faux semblants de consultations diverses, en cas d’accident, qui sera responsable, qui sera coupable, les directions de l’IRSN ? de l’ASN ? d’AREVA ? d’EDF ? le ministre de l’Environnement ? Les divers présidents concernés y compris celui de la République ?  Le lampiste sous pression ou le « big chief » ?

Résistons et organisons-nous.

« Notre affaire tous » et le CRILAN ont déposé un recours devant le CONSEIL D’ETAT.

Un décret compromet la sûreté des installations nucléaires et la santé des populations concernées . L’association « Notre affaire tous » et le CRILAN ont déposé un recours devant le CONSEIL D’ETAT.

  • Sorti le 30/12/2015, publié le 3/1/2016, en pleine trêve des confiseurs, un décret (1) autorise, en catimini, les fabricants d’équipements sous pression nucléaire à déroger à leurs obligations essentielles de sécurité, réglementaires et légales.
  • En même temps que sa direction reconnaît à nouveau la possibilité d’un accident  nucléaire majeur en Europe ( donc statistiquement en France, pays le plus nucléarisé), peu après avoir organisé une nouvelle distribution de pastilles d’iode dans un périmètre abstrait et ridiculement réduit, l’Autorité de Sûreté Nucléaire, elle-même sous pression, a validé ce décret.

Ce dernier est, certes, à vocation générale, mais sa sortie quelques semaines avant l’arrivée du couvercle défectueux de la cuve de l’EPR, sous protection policière à Diélette-Flamanville, laisse à  penser qu’elle n’est pas le fait du hasard.

Rappelons que les excès de carbone dans les aciers de la cuve, et du couvercle, fragilisent l’installation en cas de surpression. Le réacteur EPR pourrait ainsi bénéficier d’une dérogation au respect des nouvelles réglementations de 2005, mais aussi de celles de 1974. Avec de telles dérogations, le réacteur EPR serait le moins sûr de France, contrairement aux propos de propagande de ses promoteurs.
Le CRILAN, contacté par l’association nationale « Notre affaire à tous »(2) a décidé de déposer avec cette dernière, un recours en annulation devant le Conseil d’Etat, de ce décret scélérat, et ce, avant la limite réglementaire du 03/03/2016.
L’intérêt national et marchand ne peut être invoqué en l’occurrence, comme il nous est parfois objecté. Il en va , non seulement du respect de l’Etat de Droit qui s’impose à  tous, à l’Etat lui-même comme à chaque individu, mais aussi de la protection des travailleurs  et des populations aux effets des faibles ou fortes doses de radioactivité sur la santé.

COMMUNIQUE DU 3 mars 2016

1. https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2015/12/30/DEVP1429850A/jo/texte
Arrêté du 30 décembre 2015 relatif aux équipements sous pression nucléaires
2. Notre Affaire à Tous  http://www.notreaffaireatous.org

Arrivée du couvercle défectueux de la cuve de l’EPR

Parti de Châlons-sur-Saône, le 8 février, le lourd convoi transportant le couvercle jugé défectueux de la cuve de l’EPR et son  impressionnante escorte policière  devaient arriver à Flamanville le vendredi 12 entre 12 et 14 heuresC’était sans compter sur la détermination de Greenpeace qui entendait dénoncer l’absurdité de cette politique du fait accompli ; treize de ses militants, trompant la vigilance policière ont réussi à s’enchaîner aux essieux du camion, sur un parking, au sud de Caen, entraînant un retard de plus de six heures au convoi.

Celui-ci arrivait finalement à la nuit tombée vers 20H30 à Dielette, où l’attendaient une trentaine de militants.

L’actualité de ces derniers jours montre une fois encore l’incohérence de l’Etat en matière de sécurité nucléaire :

  • Les Préfectures renouvellent en ce moment des pilules d’iode aux habitants dans un périmètre restreint autour des centrales nucléaires pour saturer les thyroïdes en cas d’accident ou d’attentat.
  • En même temps, par décret du 3 janvier 2016, l’Etat permet qu’EDF ne respecte pas les normes de sécurité en vigueur depuis 2005, mais également celles de 1974 : Ainsi EDF amène -t- elle à travers la France , le couvercle de la cuve du réacteur EPR  de Flamanville dont les aciers défectueux , fragilisés par un excès de carbone,  accentuent les risques .

Questions : 
1° Ne vaut-il pas mieux prévenir l’accident , empêcher qu’il ne survienne, que d’intervenir après coup pour essayer d’en minimiser les  conséquences ?
2° L’insécurité n’est-elle pas entretenue par l’Etat nucléaire lui-même ?
3° Où en est donc l’indépendance de l’Autorité de Sûreté Nucléaire soumise aux pressions incessantes des Grands corps de l’Etat?

Pitoyable : C‘est le moment choisi par quelques « leaders » de l’écologie politique pour rentrer dans ce Gouvernement. Un comble !

Le combat continue. Le CRILAN était  présent à Dielette à l’arrivée du convoi.  Avec la Coordination Antinucléaire Ouest, il appelle plus que jamais à se rassembler les 1er et 2 octobre 2016 contre les risques inhérents au démarrage du réacteur EPR et à la prolongation de la durée de vie des réacteurs anciens.

Seuls les combats qu’on ne mène pas engendrent les échecs.

Que penser de l’efficacité du renouvellement des pastilles d’iode autour de Flamanville (et des autres centrales françaises…)?

  • Les pilules d’iode vont être renouvelées dans un rayon de 12 Km autour des réacteurs nucléaires  de Flamanville, les précédentes étant périmées. Il s’agit de saturer les thyroïdes susceptibles de concentrer l’iode131 radioactif, des personnes et des enfants surtout, plus sensibles, exposées à un accident nucléaire.

Le meilleur moyen d’éviter les risques du nucléaire réside-t-il dans les soins à apporter après l’accident ou de  l’empêcher avant ?

  • L’empêcher, ce n’est pas rafistoler les anciens réacteurs, prévus à l’origine en 1986, pour durer 30 ans et prolonger ainsi leur durée de vie, mais  les arrêter.
  • L’empêcher, ce n’est pas pratiquer des essais sur le réacteur EPR , au couvercle et au fond de cuve non conformes, non seulement aux nouvelles réglementations de 2005, mais encore à celles de 1974, exigées pour les 2 anciens réacteurs (!).

Le meilleur moyen  pour la sûreté , c’est d’arrêter les frais pour l’EPR !


D’ailleurs, quelle serait l’efficacité de la mise en place du Plan Particulier d’Intervention ( PPI), l’accident s’étant produit ?
Depuis 1986, les limites du PPI n’ont pas changé.
Pourtant, à Tchernobyl, on a évacué les populations sur 30 km, à Fukushima, sur un rayon de 20km et ce, en augmentant de 20 fois les doses dites admissibles, et sans tenir compte des vents et  des pluies de la période.
Évacuer sur 5 km et confiner jusqu’à 10-12 km de Flamanville, c’est volontairement minimiser et cacher les risques pour les populations de toute la Région.
Qui plus est, même si l’on arrivait, grâce aux pastilles d’iode, à préserver l’état sanitaire des thyroïdes, ceci n’aurait aucune efficacité contre la contamination par inhalation de plutonium hautement toxique, l’ingestion de strontium cancérigène pour les os et le sang, de césium pour les muscles et les risques cardiaques, etc…
D’un côté, le pouvoir nucléaire reconnaît le risque de l’accident ( et de l’attentat, ne l’oublions pas), mais de l’autre, il le réduit pour tenter de le rendre un peu plus acceptable aux populations.
Ceux qui font pression pour mettre en place  le grand rafistolage des  vieilles installations  et pour mettre en marche un EPR, qui ne respecterait pas, pour des raisons marchandes, les règles de sécurité, seraient considérés comme co-responsables en cas d’accident majeur.

Le 2 avril 2016, au Rafiot de Flamanville,  le CRILAN, avec le collectif antinucléaire Ouest,  organisera une conférence grand public sur la question des effets  sanitaires des faibles doses radioactives lors de laquelle des scientifiques et des chercheurs indépendants,  des militants, présenteront des exemples concrets et signifiants des enjeux de la préservation de notre santé au regard du nucléaire civil et militaire.

Communiqué du 11 janvier 2016

Les aciers de l’EPR de Flamanville : Démocratie à la française ou “ Démocrasseuse”?

Le ministère chinois de l’Environnement (NNSA), sur son site (1), se permet d’éclairer notre lanterne à propos des aciers de la cuve ( couvercle et fond ) de l’EPR de Flamanville (2) :
“ Les pièces forgées sous pression ont été forgées par Creusot Loire, filiale d’AREVA  (…)Ces pièces ont été fabriquées entre fin 2006 et le début 2007”

En démocratie, les lois s’appliquent-paraît-il- à tous, de la même façon. En réalité, pas aux industriels du nucléaire d’Etat puisque les fabrications de ces dites pièces ont été entreprises avant même la fin des procédures légales (Décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville  11 avril 2007) !  “Certains sont plus égaux que d’autres” aurait  dit Coluche reprenant Georges Orwell et sa “République des animaux”.
Ces fabrications de cuves se sont poursuivies en série dans les années suivantes ( Et de 2 pour les Chinois,à Taishan, et de 1 pour les USA (3), et de 1 au moins pour Hinkley Point en Angleterre ...et ce, avant toute certitude de la faisabilité de ces projets !)

  • Une fois de plus l’Etat nucléaire et AREVA se sont précipités, dans une politique du fait accompli  et ont anticipé, trop sûrs d’eux-mêmes !

En décembre 2005, conformément à la législation de l’Union européenne, l’ASN française a publié un décret relatif aux équipement nucléaires sous pression. En 2008, l’ASN a défini les exigences spécifiques relatives à l’évolution des pièces forgées”
De 2010 à 2014, en conformité avec ces dernières un examen rétrospectif des pièces forgées des calottes du couvercle, du fond de cuve a été entrepris. Il a fallu attendre la fin de 2014 pour que les résultats des essais mettent en évidence une teneur en carbone supérieure à celle attendue  et des valeurs de résilience inférieures à la limite réglementaire.”
 expliquent les Chinois.

Le problème , bien que connu partiellement depuis 2011(4) n’a été révélé publiquement  qu’en ce début d’avril 2015 ! Cela n’a pas empêché l’arrivée de la cuve sur le site de Flamanville, le 8 octobre 2013, à grand renfort de gendarmerie et son introduction dans le réacteur en janvier 2014 !!!

  • JUGES ET PARTIES ?

Qui va devoir décider ou non de la conformité et de la résistance aux accidents de ces pièces ultra sensibles? AREVA ET L’ASN , issus du même Grand Corps des Mines y travaillent  et les résultats seront connus à l’automne 2015. Mais où se situe réellement l’indépendance de ces expertises ? 
Madame ROYAL, Ministre de l’environnement ne vient-elle pas de déclarer ce 19 avril ”Que l’EPR n’est pas condamné, qu’il s’agit de simples ajustements de travaux et que selon EDF, l’ouverture serait sans doute retardée d’une année.”
Faut-il rappeler à la Ministre qu’elle fut jadis plus critique, en 1987 lorsqu’elle était solidaire des opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires en granit à Neuvy-Bouin (Deux Sèvres) où surfant sur la vague antinucléaire locale elle avait été élue, pour la première fois, députée. Ou encore en 2007, alors que candidate à la Présidence de la République, elle avait déclaré publiquement son opposition à la construction de l’EPR?
Aujourd’hui, elle est Ministre. Mais que décident réellement les ministres de Gauche comme de Droite, dans une France qui se donne en modèle démocratique au Monde entier ?
La démocratie à la française ne serait-elle  pas devenue “Démocrasseuse” ?

1 http://www.zhb.gov.cn
2 http://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve
3 Projet abandonné depuis…
4 http://observ.nucleaire.free.fr/cuve-epr-depuis-aout-2011.htm?hc_location=ufi

EPR : Et une « anomalie » de plus !

Les déboires ne cessent de s’accumuler pour EDF et AREVA à propos de l’EPR de Flamanville et on ne compte plus les problèmes techniques mis à jour depuis 2007 .

  • Hier, c’était le dôme du réacteur et les soudures du premier générateur de vapeur qui posaient problème,
  • Aujourd’hui, voilà l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui communique à propos d’une “anomalie”décelée  cette fois sur la cuve du réacteur en construction…

Rappelons que cette dernière est un élément primordial quant à la sûreté ; or le problème mis à jour concerne l’hétérogénéité de l’acier dans certaines zones du fond  et du couvercle mettant en cause la sûreté et accroissant les risques d’accident majeur.

Le CRILAN ne peut se satisfaire qu’AREVA , sous contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’IRSN, ses amis du Grand Corps des Mines, soit chargée d’entreprendre une nouvelle campagne d’essais. Une fois de plus, il est inadmissible qu’elle soit juge et partie pour sauver la vitrine commerciale internationale du nucléaire français.

Il est plus que temps d’arrêter les frais et les risques de ce chantier pharaonique, aux retards et aléas techniques à répétition, dont les coûts de construction se sont accrus de plus de 300 %.

Communiqué : ( mardi 7 avril 2015)

Intervention de Didier Anger

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2015/04/08/epr-les-verts-et-le-crilan-demandent-l-arret-du-chantier-epr-700503.html

EPR de Flamanville : LA VITRINE COMMERCIALE CONTINUE DE SE FISSURER !

La cuve du réacteur nucléaire EPR, amenée de Châlons jusqu’à Flamanville par la Saône, le Rhône, la Méditerranée, l’Atlantique, la Manche puis Cherbourg et Diélette-Flamanville avec déploiement policier, ne peut être  finalement mise en place… Le générateur de vapeur, arrivé par la même voie maritime est resté, lui,  sur le port de Cherbourg. Le pont polaire en charge d’effectuer les travaux de portage et de pose ne s’avère pas en mesure de le faire : une pièce de 4 kilos s’en était déjà désolidarisée et avait détérioré le dôme du réacteur et l’Autorité de sûreté aurait trouvé 15 non-conformités!(1)
L’arrêt des travaux s’impose pour la sécurité des travailleurs du chantier et à terme pour celle des populations si l’on se contente, une fois de plus de rafistoler les défectuosités et les malfaçons. Trois recours sont toujours devant la justice : accidents du travail non déclarés, accident mortel d’un travailleur, et emplois des travailleurs déplacés.
EDF a fini par céder aux injonctions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et à la mise en  demeure du Ministère du travail.
Arrêtons les frais ! 
On le reconnaît aujourd’hui : ce réacteur n’a été mis en construction à Flamanville que pour servir de vitrine commerciale pour AREVA, son promoteur, afin de le vendre à l’étranger : Chine, Inde et maintenant Grande-Bretagne par l’intermédiaire de British Energy, acheté par… EDF.
Coût d’un réacteur EPR en Grande Bretagne: environ 10 milliards d’euros, alors qu’en 2006, celui de Flamanville était estimé à 3,3 milliards et fin 2011 à  8,5 milliards par EDF elle-même. Combien en 2016, date prévue de sa mise en service avec 4 ans de retard !
Avec un coût du kWh EPR doublé, la vitrine commerciale s’est retournée contre elle-même.

Arrêtons les frais et les risques à venir !

Le décret de création de l’EPR (2) qui  date du 10 avril 2007 ( quelques jours avant l’élection présidentielle de Sarkozy) donne … 10 ans  à EDF pour effectuer son premier chargement en combustible. Ce que l’on peut craindre aujourd’hui, c’est que coûte que coûte, cette dernière ne veuille donc le mettre en marche avant … le 11 avril 2017  !

COMMUNIQUÉ du 17  décembre 2013

(1) http://www.mediapart.fr/journal/international/161213/epr-flamanville-edf-se-voit-ordonner-darreter-le-chantier

http://observ.nucleaire.free.fr/epr-flam-couperet.htm