France : Flamanville : Des kilos de liquides de refroidissement dans l’environnement

Pour la seconde année de suite, le site nucléaire rejette plus que ce qui est autorisé. Réseau Sortir du Nucléaire 31 août 2022

Mi-août 2022, le site nucléaire de Flamanville (Normandie) a déclaré aux autorités avoir dépassé le seuil limite de 100 kg/an pour les fuites de liquides de refroidissement. Ces fuites, survenues sur pas moins de 11 équipements différents, ont occasionné des rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Les liquides de refroidissement, très utilisés dans les centrales nucléaires pour éviter la surchauffe de l’air et des équipements, sont des composés de différents types. Leurs effets sur l’environnement et leur durée de vie vont être différents selon le type de fluide utilisé. EDF ne précise pas quel fluide il utilise à Flamanville. 

Mais tous ces composés, à une pression atmosphérique normale, deviennent des gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement global (PRG) n’a rien de négligeable.

Par exemple, 1 kg de fluide de type HFC-134a vaut 3710 kgeqCO2 à l’horizon de 20 ans. Une fuite d’un kilo de ce type de liquide de refroidissement équivaut donc à avoir rejeté 3 710 kilos de CO2 [1]

Pour ce dépassement des 100 kilos annuels, EDF a déclaré un incident significatif [2] pour l’environnement le 16 août 2022. Et l’a annoncé au public dans un discret communiqué publié 2 semaines plus tard, tout en bas d’une liste d’incidents touchant à la sûreté [3] déclarés en août et classés au plus bas niveau de l’échelle des incidents nucléaires (niveau 0 de l’échelle INES [4] ). Les incidents ayant des conséquences pour l’environnement survenus dans les installations nucléaires ne sont pourtant pas classés sur cette échelle lorsqu’ils n’impliquent pas de radioactivité (comme les déversements de produits chimiques par exemple). Les faits ne méritaient-ils pas une communication à part, différenciée ?

Déjà en 2021, le site nucléaire avait très largement dépassé la limite fixée par les autorités : la centrale a laissé s’échapper plus de 400 kg de liquides de refroidissement dans l’environnement, plus de 4 fois ce qui lui été permis. La raison ? “Majoritairement” la conception des équipements d’après EDF. Des équipements qui n’ont pas été conçus pour éviter ces rejets délétères pour le climat. des équipements qu’EDF n’a toujours pas remplacés…
Ces fuites sont bien connues de l’industriel, mais apparemment, cela n’empêche pas leur survenue. Pourquoi avoir choisi une technologie qui implique des rejets de polluants ? Pourquoi ne pas avoir procédé à leur remplacement pour des systèmes plus “durables” écologiquement parlant ? Pourquoi ne pas surveiller de plus près les matériels qu’EDF sait susceptible de fuir ? 

À se demander si l’exploitant nucléaire se donne les moyens de limiter l’impact négatif de ses activités industrielles sur l’environnement.

Ce que dit EDF :

Evènements significatifs – août 2022

Publié le 31/08/2022

Environnement

16/08/2022

Depuis le début de l’année 2022, la centrale nucléaire de Flamanville 1&2 a comptabilisé 103.715 kg d’émission de fluide frigorigènes. Ces émissions ont été relevées sur 11 équipements de réfrigération ou de climatisation répartis sur le site et sont comprises entre quelques kilos et 29,98 kg. Ces pertes cumulées depuis le début de l’année 2022 représentent 1 % de la masse de fluide frigorigène exploitée sur le site. Ces pertes s’expliquent majoritairement par des pertes liées à la technologie du matériel.

Le dépassement du seuil de 100 kg/an a conduit la direction de Flamanville 1&2 à déclarer, à l’Autorité de sûreté nucléaire, un événement significatif environnement, le 16 août 2022.

https://www.edf.fr/la-centrale-nucleaire-de-flamanville-1-2/les-actualites-de-la-centrale-nucleaire-de-flamanville-1-2/evenements-significatifs-aout-2022


[1] Source : “Certains gaz à effet de serre des centrales nucléaires“, Bernard Laponche, octobre 2020, Global Chance.

[2Événements significatifs : incidents ou accidents présentant une importance particulière en matière, notamment, de conséquences réelles ou potentielles sur les travailleurs, le public, les patients ou l’environnement. https://www.asn.fr/Lexique/E/Evenement-significatif

[3La sûreté nucléaire est l’ensemble des dispositions techniques et des mesures d’organisation relatives à la conception, à la construction, au fonctionnement, à l’arrêt et au démantèlement des installations nucléaires de base, ainsi qu’au transport des substances radioactives, prises en vue de prévenir les accidents ou d’en limiter les effetshttps://www.asn.fr/Lexique/S/Surete-nucleaire

[4INES : International nuclear and radiological event scale (Échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques) – Description et niveaux ici – https://www.asn.fr/Lexique/I/INES

Source:

https://www.sortirdunucleaire.org/France-Flamanville-Des-kilos-de-liquides-de-refroidissement-dans-l-environnement?var_mode=calcul&fbclid=IwAR1FnhS0XNjFHm1x1BC0aoEPsOGs7IxLRiU2Vvx-NqOmKjdpTA3h66JAKyI

EPR de Flamanville: au Conseil de la CAC un passage en force pour l’autorisation de mise en service

Mardi 7 décembre, les élus du Conseil de la Communauté d’agglomération du Cotentin ont voté majoritairement pour l’autorisation de démarrage de l’EPR de Flamanville. Mais près d’un tiers des élus n’ont pas voulu donner leur accord.

Photo Crilan

Informés la veille seulement de cet ajout à l’ordre du jour, les élus n’ont eu que peu de temps pour prendre connaissance du dossier. Une note et un simple document “non technique” étaient sensés apporter les éléments de décision sur les risques environnementaux des 3 réacteurs de Flamanville dont l’EPR supposé pouvoir démarrer.

Les associations CRILAN et CREPAN et EELV cotentin soutenus par deux élus de la coopérative citoyenne Barzin Bonadi ( génération.s) et Véronique Roger ( EELV et CRILAN ) ont informé les élus de la CAC sur l’importance de ce vote par un document distribué à l’extérieur de la salle, la séance n’étant pas publique. Ces propos ont été relayés en séance par les deux élus de la coopérative citoyenne.

Alors que nos associations demandaient de sursoir au vote en raison des problèmes connus sur ce réacteur et des risques environnementaux majorés par l’EPR en fonctionnement, le Président a invoqué l’obligation de délibérer imposée par le Ministère dans un délai contraint et il a maintenu le vote.

La CAC a fait fi des abstentions, ce qui lui permet d’arriver à 94 % de votes pour!. Or, si 8 élus ont voté contre, 50 se sont abstenus et ce sont au total31 % des élus sur 185 qui n’ont pas voulu autoriser la mise en service de l’EPR . Ce vote traduit un sérieux doute après la volonté du Pdt de la CAC de passer en force.

Ce vote est surréaliste alors que cet EPR est incapable de démarrer. C’est au mieux un vote politique pour se convaincre de la relance du nucléaire et de la manne financière escomptée sur l’EPR .

Un vote pour rien ?

Ironie de l’histoire, le lendemain 8 décembre, l’ASN ( Autorité de sûreté nucléaire) indiquait qu’elle attendait avant toute décision sur le démarrage de l’EPR de Flamanville de connaitre le retour d’expérience du réacteur EPR arrêté à Taishan ( Chine) en raison du combustible endommagé.

Ce même 8 décembre Greenpeace demandait un moratoire sur l’ EPR de Flamanville.

Dans ce contexte l’expertise indépendante sur l’EPR de Flamanville demandée par le CRILAN près de la CLI le 18 novembre devient plus que nécessaire.

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NB: Depuis plusieurs mois, les informations en provenance de l’EPR chinois (arrêté après de nombreux atermoiement chinois) indiquent un problème avec le combustible nucléaire de l’EPR et ont mis en alerte nombre d’autorités et associations indépendantes en France dont la CRIIRAD , Greenpeace, l’ACRO et le CRILAN…

http://www.criirad.org/Surete-nucleaire/Communique_de_presse_CRIIRAD_du_28_novembre_2021-Taishan_1.pdf

Derrière la longue attente du passage des camions d’uranium pour l’EPR, le jeu de cache-cache d’EDF

Viendra , viendra pas, passera , passera pas, c’est l’arlésienne pour les camions chargés de combustible pour l’EPR en construction. Peut-etre qu’EDF attend l’heure du couvre feu pour lancer ses camions sur les routes et arriver à Flamanville à l’heure ou aucune protestation se a possible.

Ce matin à Virandeville une trentaine de personnes de Greenpeace , du CRILAN, d’EELV , de l’ACRO, du CREPAN, et des individuels sont venus camper leurs oriflammes et banderoles afin d’accueillir les camions du désastre nucléaire tant redouté.

Pour le CRILAN c’était la première sortie de la banderole: “FukushiManche non Merci”, sortie bien arrosée par la pluie fine du Cotentin.

La presse locale était là, la télé FR3 aussi, et même une Télé allemande ; un journaliste japonais avait fait le voyage de Paris.

Les militants se sont promis de se revoir prochainement sur le chemin du combustible…

Ci dessus, l’équipe du Crilan derrière la banderole;

en dessous , vue d’ensemble du rassemblement avec les banderoles , drapeaux et oriflammes

Ci dessous épilogue de la journée: Coucou les voila ! les camions A Benoistville le soir et en plein couvre feu Greenpeace était là par le plus grand de ses secrets et artifices !

Aucune description de photo disponible.

Nucléaire et Finance : Conférence et Ciné-débat à Cherbourg le 26 Septembre

Pour réserver ses places:
https://www.cgrcinemas.fr/cherbourg-odeon/

Nucléaire et finance: Conférence de Jean Rohel Président d’Attac Saint Malo-Jersey

Jean Rohel développera les liens et similitudes entre les secteurs du nucléaire et de la finance. Concernant le nucléaire, il mettra en exergue certains des scandales parmi les plus significatifs qui ont émaillé le parcours chaotique des entreprises françaises. En effet, les scandales semblent définir une culture commune entre le secteur du nucléaire et de la finance, ce qu’il illustre par des affaires emblématiques.

Outre que la France est l’un des pays ou la concentration et le pouvoir des banques sont des plus importants , Jean Rohel développera l’hyper concentration des entreprises du secteur énergétique et la place du nucléaire d’Etat.

La privatisation rampante d’EDF et d’Orano grâce à l’apport de fonds publics, la filialisation, le lobbying et l’optimisation fiscales sont entrés dans le mode de gouvernance de ceux qui sont sensés fournir les biens en électricité et en énergie nécessaires à nos sociétés.

Nucléaire et finance disposent de l’argent public et le gaspillent sur fond de mensonges, de fausses promesses, de couts cachés. Le discours sur l’excellence française commun au nucléaire et à la finance assure une domination idéologique et intellectuelle sur fond d’élites, de lobbying et de conflits d’intérêts…

Suite à ces constats, Jean Rohel esquissera les pistes à développer pour faire droit à l’intérêt général et garantir une transition énergétique en appui sur les ressources financières mises au service des besoins énergétiques maitrisés du pays.

Nucléaire l’impasse française: un Film de Patrick Benquet

Depuis cinquante ans, la France produit 75 % de son électricité grâce à la filière nucléaire. Un cas unique au monde. Une dépendance qui mène aujourd’hui l’entreprise publique EDF tout droit à la faillite.

Le nouveau réacteur français, l’EPR, accumule les retards de livraison en France, à Flamanville, et en Finlande. Les coûts continuent de grimper et c’est en dizaines de milliards que se chiffrent, aujourd’hui, les dépenses de la France pour tenter de maîtriser cette technologie trop complexe.

Alors pourquoi la France a-t-elle donné le feu vert à la construction de deux autres EPR en Grande-Bretagne, à Hinkley Point ? Et ce malgré de violentes oppositions au sein même d’EDF ?

Alors que de plus en plus de pays sortent du nucléaire, qu’on ne sait toujours pas comment démanteler les centrales en fin de vie et que le coût des énergies renouvelables ne cesse de baisser, la France est de plus en plus isolée dans ses choix pro-nucléaires.

Des choix qui pèsent très lourd sur le budget de l’Etat et qui font prendre à la France un retard colossal en termes de transition énergétique.

Qui paiera la facture du nucléaire ?

Consultation ASN sur l’EPR: Vers une autorisation de mise en service partiel en dépit des malfaçons, des recours et des plaintes ?

CP CRILAN 3 septembre 2020

EPR : ironie de l’histoire

Déjà en 2018, l’ASN avait entrepris une consultation pour des tests à chaud avec de la vapeur au tritium issue des réacteurs 1 et 2. Bien entendu l’ASN a accédé à la demande d’EDF .

Deux ans après EDF demande à l’ASN l’autorisation de mise en service partiel de l’EPR afin de recevoir le combustible neuf en attente d’utilisation au cœur du réacteur et afin de mener des essais avec du gaz radioactif.

Par ces autorisations successives EDF laisse penser à une mise en route future de l’EPR alors même que celui-ci connait de nombreux problèmes et a fait l’objet de nombreux recours en Justice.

Le CRILAN, plusieurs associations dont Greenpeace et le réseau Sortir du Nucléaire, ont mené des actions en justice à propos de la cuve et de ses dérogations, du couvercle, des soudures, prolongation abusive du décret d’autorisation. Ces recours ont tous été rejetés par le Conseil d’État au nom de l’État nucléaire alors que techniquement rien n’est réglé.

Trois plaintes pénales ont été déposées auprès du Procureur de la République de Cherbourg à propos de l’EPR : soudures défectueuses sur le circuit secondaire principal, qualification de matériels mécaniques et électriques, infractions à la réglementation environnementale. Ces plaintes sont toutes en attente de poursuites…

Rien ne semble ébranler les certitudes d’EDF alors que le 28 octobre 2019, le Ministre de l’économie déclarait que l’EPR est un « échec pour la filière ».  Le rapport Foltz est alors survenu afin de tenter de sauver le soldat EPR, symbole de la défaite de l’industrie électronucléaire française.

Gravité du temps présent

De 3 milliards, le coût de l’EPR frôle les 20 milliards. Suite aux nombreuses non-conformités de fortes incertitudes pèsent sur son éventuel fonctionnement sachant que s’il devait démarrer un jour, il ne devrait pas fonctionner à plein régime au risque d’un accident.

A ce jour on ne sait toujours pas si les 8 soudures pourront être reprises alors que le couvercle doit être changé en 2024. Tout dernièrement, de graves problèmes de soupapes en partie nucléaire à Flamanville comme en Finlande ont rappelé un problème connu depuis 2015….

Notre seule certitude avec la prétendue arrivée précipitée du combustible, c’est la fuite en avant et le fait accompli en dépit des aléas techniques récurrents.

Conclusion

Le CRILAN demande à l’ASN de refuser l’acheminement du combustible et la mise en service partiel de l’EPR en raison des trop grands problèmes rencontrés et non résolus sur ce site.

Face au risque d’accident nucléaire que représente ce réacteur, il demande aux autorités de prendre la mesure du fiasco du chantier de l’EPR afin de protéger les populations du Nord Cotentin et au-delà.

Enfin il invite la population et les élus à s’exprimer sur le site de l’ASN dans le cadre de la consultation.

Flamanville: le CRILAN et 4 associations portent plainte pour 36 infractions à la réglementation environnementale

Suite à l’inspection ASN de juin 2019 à la centrale de Flamanville , 36 infractions à la réglementation environnementale ont été mises à jour, ces faits étant susceptibles d’entrainer des pollutions graves et de mettre en danger les personnes travaillant sur le site.

Il s’agit donc d’un rapport alarmant sur les négligences environnementales constatées sur les réacteurs 1 et 2  ainsi qu’à l EPR. Elles traduisent le mépris d’EDF pour l’environnement et  la protection des personnes

Fait exceptionnel, le 4 juillet 2019 le Directeur de l’ASN à convoqué le Directeur de la Centrale de Flamanville en pointant les déficiences dans la maitrise des gestes techniques , des défauts de maintenance et de surveillance des prestataires.

Refusant que des problèmes aussi graves restent impunis, les associations Réseau Sortir du Nucléaire, CRILAN , FNE et FNE Normandie, Stop EPR ni à Penly ni ailleurs  ont déposé plainte cette semaine pour ces 36 infractions à la réglementation environnementale près du Procureur de la République de Cherbourg.

Voir:

https://www.facebook.com/Crilan-113882287016480

Voir aussi: Communiqué de presse, Rapport Inspection ASN et synthèse des principaux problèmes

http://www.sortirdunucleaire.org/Avalanche-d-infractions-a-la-reglementation

L’EPR de Flamanville estimé à 19,1 milliards

© CRILAN

Communiqué de presse du 9 juillet 2020

Alors que la CRILAN ne cesse de réclamer l’abandon de cet EPR qui s’avère toujours plus un véritable fiasco industriel et financier, on laisse la Cour des Comptes annoncer la douloureuse facture de l’EPR de Flamanville. 

S’il devait démarrer un jour, le prix de revient du mégawattheure serait entre 110 et 120 euros soit près du double des réacteurs en service alors que le mégawattheure éolien et solaire revient déjà à 40 euros.

Dans cette situation, le chantier finlandais a eu des conséquences importantes : il n’est pas achevé et Areva – donc la France- doit 850 millions d’indemnités. Le dossier n’est pas clos puisque des problèmes de soupapes se sont invités en Finlande comme à Flamanville.

Selon Le Monde, l’EPR Finlandais a provoqué le démantèlement d’Areva en 2015 et une restructuration particulièrement coûteuse de la filière nucléaire, qui a mobilisé 7,5 milliards d’euros d’argent public. En effet EDF a bénéficié d’un apport en capital de 3 milliards d’euros, plus 2 milliards pour Areva SA et 2,5 pour Orano.

Le groupe EDF endetté à plus de 75 % était déjà en situation critique avant la crise sanitaire.

On comprend mieux la démission du Directeur financier d’EDF à la veille de l’engagement par le groupe de la construction des 2 EPR anglais d’ Hinkley Point.

En 2019 la dette d’EDF s’élevait à 41 milliards d’euros, celle-ci pourrait atteindre les 50 milliards d’euros en 2020 ; et on prévoit 6 milliards de pertes d’excèdent brut pour 2020-2022.

Cette situation va entrainer un plan d’économies mais aussi des contraintes sur les investissements pourtant nécessaires pour l‘entretien du parc nucléaire français et le développement des ENR.

La réalité de l’EPR de Flamanville et d’EDF dépasse tout ce que l’on pouvait craindre. Il est donc urgent d’arrêter ce chantier catastrophique.

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Articles de presse:

Le Monde : « Echec opérationnel » et « dérive des coûts » : la gestion de l’EPR, réacteur nucléaire de troisième génération, décriée par la Cour de comptes

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/07/09/nucleaire-la-cour-des-comptes-ereinte-l-epr_6045707_3234.html?fbclid=IwAR0KtUey7KwfS3WsxZ6ESRtKzXuYserFBkkAg9TSXRJmCB39E7B0SPeiyvU

Presse de la Manche: Nucléaire : le coût de l’EPR de Flamanville réévalué à 19 milliards par la Cour des comptes !

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-le-cout-de-l-epr-de-flamanville-reevalue-a-19-milliards-par-la-cour-des-comptes_34854444.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3trye8_n1Or5IAC32ckoG0hxu_k5XyyZcy404oJxeZWnRctNjfhYmXEjs#Echobox=1594292839

La Hague vers l’overdose atomique ?

Un Cotentin fortement nucléarisé

On ne se souvient des pays oubliés que pour les exploiter. Le Cotentin a beaucoup donné pour le nucléaire et n’a jamais pu développer son potentiel énergétique en dehors de la filière nucléaire aujourd’hui à bout de souffle.

Nous connaissons le fiasco de l’EPR ajouté aux 2 réacteurs vieillissants de Flamanville, le tout dans une dérive financière et technique catastrophique qui nous impacte via EDF.

La Hague haut lieu de l’entreposage nucléaire sans retour pour les déchets nucléaires les plus dangereux

Suite à l’extension de la Hague dans les années 1980 on nous annonce une nouvelle extension vers Omonville pour une « piscine centralisée » construite par Orano pour EDF. Cette piscine doublerait les capacités d’entreposage de la Hague qui sont aujourd’hui saturées.

A la Hague on retraite les combustibles usés et on extrait le plutonium dans deux usines UP2 800 et UP 3. Ce « cycle du combustible » a déjà entrainé :

  • Le stockage d’environ 60 tonnes de Plutonium à la Hague , celui-ci servant à la fabrication du combustible MOX, hautement radioactif lorsqu’il est activé.
  • Le doublement des capacités d’entreposage HAVL sur 70 ans environ des déchets vitrifiés Haute Activité Vie Longue en attente d’un stockage définitif initialement prévu à Bure.

Et maintenant ? le quasi doublement des capacités d’entreposage des combustibles usés

EDF suggère le quasi doublement des capacités d’entreposage des combustibles usés provenant notamment des centrales nucléaires françaises. De 13000 tonnes il pourrait passer à 23000 tonnes avec la nouvelle « piscine centralisée ». Dans cette piscine les combustibles moxés hautement radioactifs devront être refroidis pendant 100 ans environ avec tous les risques sociétaux, industriels et énergétiques que cela représente

Cette fuite en avant traduit l’absence de pilotage et de prévision de la filière nucléaire qui croule sous les déchets alors même que la filière du retraitement est remise en cause par l’usure des usines de la Hague et par les conventions internationales sur les rejets liquides et gazeux de ces usines (Convention OSPAR). N’oublions pas que la Hague ne respecte pas les termes de cette convention.

Trop c’est trop, ça déborde à la Hague :

Alors que les ruisseaux de la Hague témoignent de pollutions radioactives dites « conformes » aux valeurs limites, alors que les déchets nucléaires « historiques » abandonnés sur le site se rappellent à nous, l’heure n’est pas à l’accumulation des déchets entreposés à la Hague pour l’éternité faute de solution viable.

Ni à Belleville, ni à la Hague ni ailleurs !

Le CRILAN alerte la population et les élus car le Cotentin mérite un meilleur avenir. Le meilleur moyen de ne plus produire de déchets est de sortir du nucléaire avant la catastrophe nucléaire annoncée en France par les plus hautes autorités dont l’ASN.

Comme le Président de la région Centre Val de Loire le disait si bien à propos du projet de piscine envisagée à Belleville sur Loire, nous ne saurions imaginer notre beau Cotentin devenir davantage la poubelle atomique de la France.

Résistivité de la cuve de l’EPR : l’Etat juge et partie … la démocratie à la française est en marche !

COMMUNIQUE (26/06/2017)

Sans surprise, l’IRSN, partie prenante de l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) vient de remettre à cette dernière l’alibi technique qu’elle attendait pour justifier la validation de la cuve défectueuse du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, susceptible de ne pas résister à de fortes pressions et d’occasionner un accident majeur. Le contrôle des aciers rendus vulnérables par des excès de carbone a été effectué par… AREVA.
Récemment, la construction des installations nucléaires produisant de l’électricité en France a été transférée d’AREVA à EDF. Ceci ne signifie nullement qu’AREVA, à l’origine du projet EPR, a de ce fait obtenu la neutralité nécessaire pour contrôler la ténacité des aciers. Cependant, c’est AREVA qui a été chargée des expertises en cas de pression trop forte susceptible de créer un accident majeur, et ce, sur des pièces dites« sacrificielles » (1) autres que celles concernées.
Il n’est pas possible en démocratie et dans un Etat qui se dit de droit, dans lequel on prétend respecter la séparation des pouvoirs, que l’on admette que l’Etat industriel AREVA soit contrôlé par lui-même, que la validation de ce contrôle bénéficie à …l’Etat industriel (majoritaire à EDF), que l’avis de l’ Autorité sur la Sûreté nucléaire dont les directions sont nommées par le Gouvernement, le Président de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat soit transmise à … l’Etat , institution politique.
Une fois de plus, avec le nucléaire, l’Etat montre ses tentations totalisantes. Rappelons que le président Macron avait annoncé avant son élection que Fessenheim ne serait arrêté en 2018 qu’après la mise en marche de l’EPR de Flamanville. Après ces faux semblants de consultations diverses, en cas d’accident, qui sera responsable, qui sera coupable, les directions de l’IRSN ? de l’ASN ? d’AREVA ? d’EDF ? le ministre de l’Environnement ? Les divers présidents concernés y compris celui de la République ?  Le lampiste sous pression ou le « big chief » ?

Résistons et organisons-nous.