La fin de l’électronucléaire : récit anticipatif d’une histoire militaro-industrielle

Les découvertes de la fission nucléaire et de la réaction en
chaîne avaient trouvé une application terriblement efficace
avec le projet Manhattan : l’anéantissement de Hiroshima
et Nagasaki en août 1945 par deux « bombes atomiques »,
la première à uranium et la seconde au plutonium. Leur
mise au point avait nécessité un effort industriel considérable : usines d’enrichissement d’uranium, fabrication du
plutonium dans des réacteurs nucléaires, puis extraction
de celui-ci par « retraitement » des combustibles irradiés.
Allait suivre le développement de nouveaux réacteurs
pour la propulsion des sous-marins et des porte-avions.
Tout était donc prêt pour le basculement vers la production d’électricité en recourant aux mêmes techniques, favorisé par le discours « L’atome pour la paix » du président
Eisenhower aux Nations Unies en 1953 et le Price Anderson Act (1957) qui reportait sur l’État la responsabilité financière en cas d’accident grave. S’y ajoutait la création
en 1957 de l’Agence internationale pour l’énergie atomique
des Nations Unies, ayant en charge la promotion de l’énergie nucléaire civile, puis, en 1968, le contrôle de l’application du Traité de non-prolifération des armes nucléaires,
une double responsabilité non exempte d’ambiguïté (1).
L’atome pour la paix profitait d’emblée de l’existence d’un
système de R&D et de production industrielle et bénéficiait
de l’image rédemptrice d’un nucléaire au service du progrès et de la coopération internationale, à la fois sûr et bon
marché (2). Cette alliance de Prométhée et de Janus ouvrit, dès la fin des années 1950, une période de développement de la production d’électricité d’origine nucléaire
basée sur les techniques héritées du militaire : les réacteurs à eau et à uranium enrichi américains PWR et BWR
(3) et, à un degré moindre, les réacteurs à uranium naturel,
graphite, gaz (UNGG), au Royaume-Uni et en France (4). Le
poids de l’héritage militaro-industriel était tel à l’époque
que ni les considérations de sûreté des réacteurs ni la
nature des déchets radioactifs ne furent des critères pris
en compte pour asseoir les choix techniques concernant
tant les réacteurs que le combustible (5).
En partant du constat du caractère militaro-industriel du développement de la production d’électricité
d’origine nucléaire, nous présentons dans cet article l’évolution sur la période 1950-2018 de cette industrie, allant du succès au déclin, lequel est dû à la fois à l’occurrence des grands accidents nucléaires de
Three Mile Island, de Tchernobyl et de Fukushima et à la perte de sa compétitivité économique du fait de
l’augmentation de ses coûts de production et de la baisse spectaculaire (très rapide à partir des années
2010) du coût des productions concurrentes d’origine renouvelable – l’éolien et le photovoltaïque –, sans
que l’argument des faibles émissions de CO2
de l’électronucléaire puisse faire pencher la balance en sa
faveur. À partir de ce constat, nous présentons les évolutions conduisant à la sortie du nucléaire dans les
différents pays et régions du monde et tout particulièrement en France, à partir du « grand tournant » de la
décennie 2020-2030, qui verra l’instauration d’une politique énergétique basée sur la sobriété et l’efficacité
énergétiques au niveau de la demande et sur les énergies renouvelables au niveau de l’offre, pour aboutir,
pour ce qui concerne la production d’électricité, à la fin de l’électronucléaire dans le monde sur la période
2040-2050. Par Bernard LAPONCHE
Président de l’association Global Chance

Publié dans : LE NUCLÉAIRE CIVIL, ENJEUX ET DÉBATS – © Annales des Mines.

Nucléaire : 33 incidents à la centrale de Golfech en 2019, « trop » admet son directeur

La centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a vécu le jeudi 9 janvier 2020 son premier incident de l’année. L’an dernier, 33 incidents ont été signalés par la direction du site, qui mise sur son plan rigueur/sûreté pour en faire baisser le nombre. Lundi 13 janvier 2020 à 10:34 – Par Nina ValetteFrance Bleu Occitanie

Centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne
Centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne – PHOTOPQR/SUD OUEST/MAXPPP

Le jeudi 9 décembre, le réacteur numéro 2 de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) a connu son premier incident de l’année. Une pièce qui permet de réguler la température dans le réacteur n’était pas bien positionnée. L’incident a été signalé à l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Il s’agit probablement du premier incident d’une longue liste puisque la direction reconnait l’existence de « 33 événements significatifs de sûreté sur le site nucléaire pour l’année 2019″. 

LIRE AUSSI : Premier incident de l’année 2020 à la centrale de Golfech

Ce lundi 13 janvier, la cour d’appel de Toulouse rendra sa décision dans le dossier qui oppose EDF à plusieurs associations environnementales au sujet d’un rejet supérieur à la moyenne d’émanations radioactives survenu le 19 octobre 2016.

Trop d’incidents pour la direction 

« Ce n’est pas un résultat satisfaisant. C’est pour ça que nous avons mis en place un plan « rigueur/sûreté » en juillet dernier », reconnait Nicolas Brouzeng le directeur de la centrale EDF de Golfech. L’homme qui le reconnait lui-même, « une centrale nucléaire est une industrie à risques. L’un d’entre eux est le risque d’incendie. Nous avons plusieurs dispositifs pour limiter les incidents ». 

« 33 incidents significatifs sur le site de Golfch en 2019, ce n’est pas un résultat satisfaisant » – Nicolas Brouzeng, directeur du site 

Nicolas Brouzeng, le directeur de la centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne - Radio France
Nicolas Brouzeng, le directeur de la centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne © Radio France – Nina Valette

Alors le capitaine Michel Dominique est constamment sur le site avec ses équipes. Son rôle est de surveiller la centrale en permanence.  _ »Je n’interviens pas mais je suis un officier de liaison entre les SDIS (_Service départemental d’incendie et de secours) affectés à la centrale« , précise le pompier. 

« Pour l’année 2019, on est venu sept fois pour des débuts de combustion ou départs de feu. Et en secours à la personne (malaise, accident du travail), nous sommes venus 21 fois. C’est une activité très faible vu les risques », explique Michel Dominique. « Le risque incendie est le premier des risques mais il y a aussi le risque chimique, radiologique, de chute, effondrement échafaudage. Les chiffres des interventions ici sont très faibles, c’est grâce à la formation et aux règles mises en place ». 

A Golfech, tout le monde parle le même langage 

Afin d’homogénéiser les règles et le vocabulaire, le site de Golfech a fait appel à Sylvia Rouvière, GIE Atlantique (une Association Régionale de Prestataire de l’industrie nucléaire française présente sur les CNPE du Blayais, de Civaux et de Golfech). « Il faut mettre en application les règles ici parce que les conséquences peuvent être très graves. Il faut donc bien faire et du premier coup. Ouvrir une vanne, la bonne vanne, avec le bon repère et au bon moment dans la procédure. Il y a plusieurs vannes, elles ont des noms assez similaires, avec juste une lettre qui change. Il faut rester vigilant. » 

Des explications que la direction de la centrale de Golfech met volontiers en avant pour rassurer les « voisins » du site. « L’inquiétude qui existe, je la comprends, mais le fait qu’il n’y ait pas eu d’événements majeurs sur les centrales en France depuis des années et que nous communiquons sur les incidents, en étant transparent, ça permet de rassurer et de faire accepter notre industrie », conclut Nicolas Brouzeng, le directeur du site. 

Saisie par l’ACRO, la CADA demande plus de transparence à l’industrie nucléaire

Le caviardage des documents ne passe pas…

ACRO sur son site 18 décembre 2019

Les piscines de combustibles usés devraient arriver à saturation à l’horizon 2030, entraînant un arrêt forcé d’une partie du parc nucléaire si aucune solution n’est mise en œuvre d’ici là. Mais le rapport « impact cycle 2016 » d’EDF et Orano sur le sujet est secret. L’expertise qu’en a fait l’IRSN n’est que partiellement publique : 10% du rapport ont été noircis à la demande des exploitants. Il n’y a quasiment aucun chiffre.

L’ACRO a donc saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) qui vient de rendre son avis (n°20192568 du 28 novembre 2019) : plusieurs passages occultés devront être dévoilés. C’est le cas, en particulier, de toute la partie concernant l’étude des aléas.

Pour l’ACRO, l’industrie nucléaire abuse de la loi sur le secret des affaires. Heureusement, la CADA est venu rappeler que le code de l’environnement prime.

La place disponible dans les piscines de La Hague n’était plus que de 7,4% en 2016 (chiffre noirci dans le rapport IRSN, mais révélé par l’ACRO en octobre 2018) : en cas d’aléa sur une des étapes de la chaîne du combustible (retraitement, transport, MOx), la saturation interviendrait au bout d’un an et il faudra arrêter le parc nucléaire français pour cause d’occlusion intestinale ! Ce délai va se raccourcir à mesure que l’on s’approche de l’échéance de 2030. Il y a là une vulnérabilité majeure pour l’approvisionnement électrique français que l’industrie nucléaire voulait cacher.

L’ACRO a donc écrit à l’IRSN pour lui demander de se conformer à l’avis de la CADA. Pour l’Association, qui a eu le rapport non censuré entre les mains, rien ne justifie ces cachotteries. Elle milite pour une publication intégrale du rapport.

EDF arrivera-t-elle à construire sa piscine centralisée avant 2030 ? Le calendrier est tendu alors que l’emplacement envisagé est toujours secret.

L’ACRO regrette que toutes ces informations n’aient pas été disponibles pour les deux débats publics sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) et le Plan de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs (PNGMDR) organisés en 2018 et 2019. Une fois de plus, sans l’action d’associations citoyennes, le défaut de transparence aurait perduré.

Extrait sur les aléas du rapport IRSN qui devra être dévoilé :

2010-2019 De Fukushima à Flamanville, la décennie noire du nucléaire

LE BILAN DE LA DECENNIE L’accident de Fukushima a fait momentanément vaciller la filière nucléaire. Mais ses vraies difficultés sont avant tout économiques et industrielles.

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L’EPR de Flamanville coûtera entre trois et quatre fois plus que ce qui était initialement prévu.

Les Echos ABACAPar Hortense GOULARD Publié le 25 déc. 2019 à 9h00

On n’a pas fini d’entendre parler de Fukushima. Près de neuf ans après l’accident, qui a eu lieu le 11 mars 2011, le gouvernement japonais tente de convaincre les personnes qui habitaient jadis dans la zone contaminée d’y revenir. La décontamination de la zone, qui a déjà coûté 24 milliards d’euros, se poursuit. Le pays, qui disposait de 54 réacteurs nucléaires, les a tous arrêtés dans l’année qui a suivi l’accident. Il en a désormais redémarré sept, le sort des autres reste incertain.

L’accident de Fukushima a précipité la sortie du nucléaire en Allemagne, prévu avant 2022. Il a conduit à un gel, pendant plusieurs années, des autorisations pour la construction de nouvelles centrales en Chine. Et d’autres pays, dont la France, ont annoncé qu’ils mettraient en place de nouvelles mesures de sûreté. Dans l’Hexagone, celles-ci n’ont pas encore été toutes installées.

RETROUVEZ TOUS LES ARTICLES DE NOTRE BILAN DE LA DECENNIE 2010-2019

Un choix « très compliqué »

Quasiment partout, le renforcement des normes de sûreté a nécessité des investissements dans des centrales existantes, qui ont pu contribuer à renchérir le prix de l’électricité nucléaire, explique Peter Fraser de l’Agence internationale de l’énergie. Mais la catastrophe de Fukushima n’a fait que renforcer des tendances existantes. Et les années 2010 furent bien celle de la mise à mal du nucléaire.

« Le principal facteur est économique, avance-t-il. Dans des économies avancées, l’équation est devenue très compliquée ». Les énergies renouvelables constituent désormais « une façon plus économique de produire de l’électricité ». De surcroît, dans les pays occidentaux, « cela a été très difficile de construire à temps et en respectant les budgets », que ce soit en France, en Finlande ou aux Etats-Unis.

2010-2019 La décennie qui a tout changé pour l’éolien et le solaire

Construction lente et difficile

Les retards continuent en effet à s’accumuler pour la technologie franco-allemande de l’EPR. Le 19 décembre, la mise en service du réacteur Olkiluoto 3 en Finlande a de nouveau été retardée : ce dernier ne commencera à produire qu’en 2021. C’est le sixième retard pour le réacteur, dont la mise en service était initialement prévue pour 2009.

Lancé en 2004, ce chantier devait constituer la vitrine du savoir-faire franco-allemand en matière de chantiers nucléaires, le premier d’une longue série de constructions pour cette technologie conçue pour améliorer la sûreté et la performance économique des centrales. Mais sur les cinq réacteurs de ce type en construction dans le monde, seuls les deux réacteurs de Taishan en Chine  ont commencé à produire de l’électricité  – après quatre années de retard. En France, le  réacteur de Flamanville  affiche dix ans de retard et un coût multiplié par trois ou quatre, tandis que la facture d’ Hinkley Point C au Royaume-Uni  est passée de 16 milliards de livres à 22 milliards environ.

Manque de compétitivité

Mais les difficultés de la filière ne se résument pas aux problèmes de l’EPR. Aux Etats-Unis par exemple, de nombreux réacteurs, peu efficaces, ont dû fermer, écrasés par les prix bas de l’électricité. Ces derniers s’expliquent par l’explosion de la production de gaz de schiste bon marché, ainsi que par l’essor des éoliennes, qui bénéficient d’un accès privilégié au réseau.

La même raison a conduit à  l’abandon du projet de construction de deux réacteurs en Caroline du Sud , finalement jugés trop chers. La situation est néanmoins différente en Europe, où des prix de l’électricité plus élevés et l’existence d’un marché du carbone rendent l’énergie nucléaire plus compétitive, note Peter Fraser.

10 % de la production d’électricité

Résultat de cette accumulation de problèmes ? Malgré la mise en service d’une soixante de nouvelles centrales pendant les dix dernières années, dont la majorité en Chine, la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité diminue. En 1996, celle-ci atteignait 17,6 %. Elle dépasse à peine les 10 % aujourd’hui.

« Qu’il s’agisse de la mise en construction ou de la mise en service de nouvelles centrales, la Chine domine tout », note l’expert Mycle Schneider, auteur d’un  rapport annuel sur l’industrie nucléaire . Malgré le raccordement d’une trentaine de centrales pendant les dix dernières années, le nucléaire n’y assure cependant que 4 % de la production d’électricité, moins que l’éolien.

Hortense Goulard

Nouveau retard pour l’EPR finlandais construit par le consortium Areva-Siemens

Et 6 mois de plus….On ne nous a pas tout dit en Finlande….

TVO, producteur finlandais d’électricité, a annoncé jeudi 19 décembre un nouveau retard de plusieurs mois sur le chantier du réacteur EPR. Les travaux, menés par Areva-Siemens, devaient être terminés en 2009. La mise en service est reportée à 2021.  L’usine nouvelle.  19/12/2019

Six mois de retard supplémentaires pour l’EPR finlandais construit par Areva.

Nouveau coup dur pour Siemens-Areva dans la construction de l’EPR finlandais troisième génération située dans le sud-ouest du pays. La mise en service du réacteur est reportée de six mois supplémentaires et ne sera effective qu’en mars 2021 après une première connexion au réseau en novembre 2020. « Ce calendrier a été actualisé avec le fournisseur de la centrale à qui la responsabilité de l’honorer incombe », a déclaré TVO dans un communiqué.

La lente progression des tests réalisés par les équipes d’Areva-Siemens et des problèmes dans la livraison de pièces sont responsables de ce nouveau délai.

Des retards qui coûtent cher à Areva

Des retards en cascade qui devraient coûter cher au géant du nucléaire français. « Les nombreux délais nous obligent à assurer la maintenance de l’équipement et des composants déjà installés », a déclaré Jouni Silvennoinen, directeur du projet OL3, cité dans le communiqué.

La mise en service était prévue initialement en 2009, mais le chantier débuté en 2005 a connu d’importants retards et surcoûts. En mars dernier, un accord pour mettre fin au contentieux entre TVO et ses fournisseurs a été signé. L’accord prévoit le versement de 450 millions d’euros par Areva à son client TVO « en compensation de sa responsabilité dans les retards ». Par ailleurs, un système de bonus-malus a été mis en place. Areva et ses partenaires devait recevoir 150 millions d’euros si le projet était achevé avant fin 2019, mais devraient payer jusqu’à 400 millions d’euros supplémentaires en cas de nouveau retard au-delà de cette échéance. Des pénalités qui devraient commencer à être versées à partir de fin 2019, à hauteur de 20 millions d’euros par mois de retard.

https://www.usinenouvelle.com/article/nouveau-retard-pour-l-epr-finlandais-construit-par-le-consortium-areva-siemens.N914814

Fukushima: L’évacuation durable des populations coûtait trop cher, selon les autorités

Urbaniste française parfaitement bilingue, Cécile Asanuma-Brice va coordonner au Japon un projet de recherche CNRS qui sera lancé en 2020.

« Encouragements à Cécile sociologue urbaniste dont l’intervention devant les Clis de la Manche au Japon en 2017 fut maltraitée par le Conseil départemental et boycottée par des élus et syndicats… AJ »

De fait, c’est la première fois au monde qu’une zone d’évacuation sera rouverte après un accident de cette envergure, et c’est la raison pour laquelle il est important d’y consacrer l’attention qu’il convient.

Cécile Asanuma Brice

LE FIGARO. – Qui a décidé de décontaminer les sols de Fukushima ?

Cécile ASANUMA-BRICE. – Le Japon n’est pas le seul impliqué. L’Agence internationale de l’énergie atomique, la Commission internationale de protection radiologique, le Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants et l’Organisation mondiale de la santé ont organisé de nombreuses conférences à Fukushima pour aboutir essentiellement au message suivant : « Le refuge des populations évacuées coûte trop cher. » La politique de décontamination a donc précédé celle du retour. Le gouvernement japonais a « proposé » aux habitants, de façon plus ou moins musclée, avec des incitations fortes comme la coupure des subventions au refuge et des avantages financiers pour ceux qui revenaient (comme la réfection des habitations), de retourner et d’apprendre à vivre dans un territoire encore inégalement contaminé.

Que peut-on dire du projet du CNRS pour étudier le retour des populations ?

L’Institut national des sciences de l’univers du CNRS lance, à partir de janvier 2020, pour une première période de cinq ans, le programme Mitate Lab. En japonais, mitate signifie « construire par le regard », et c’est l’acronyme français de « Mesure Irradiation Tolérance humaine viA Tolérance Environnementale ». Il s’agit d’une coopération bilatérale franco-japonaise que je codirigerai avec Olivier Évrard, du CEA, et Kôji Itonaga, professeur à la Nihon University de Tokyo.

En quoi consistera ce travail ?

La trentaine de chercheurs qui composent ce groupe aura pour but d’évaluer la situation environnementale et sociale dans les territoires de l’ancienne zone d’évacuation, rouverts à l’habitat autour de la centrale. Il permettra une approche pluridisciplinaire en sciences dures, en sciences humaines et sociales.

”Nous travaillerons sur les aspects physiques de la contamination et de la décontamination de l’environnement (évaluation des politiques, la répartition des nucléides et leurs déplacements dans les sols et les végétaux) et sur les conséquences du retour à la vie dans ces territoires, en proposant une évaluation quantitative démographique des mouvements de population, mais également qualitative avec un travail de suivi de terrain approfondi auprès des populations locales. D’autres chercheurs travailleront sur l’histoire environnementale de ces zones afin de mesurer le niveau d’évaluation de l’acceptabilité du risque à travers le temps.

https://www.lefigaro.fr/sciences/fukushima-l-evacuation-durable-des-populations-coutait-trop-cher-selon-les-autorites-20191217?fbclid=IwAR3pCj5pELxS_6xZX4DRJfEhkjkszcBtkmMlUriXtg9dfoRWEckfUxjFqVg

Le CRILAN porte plainte contre EDF pour manquements graves relatifs à la qualification de certains matériels installés sur l’EPR

Communiqué de Presse du 16 décembre 2019

EPR de Flamanville

Le 20 juillet 2018 et à la suite du Réseau « Sortir du nucléaire » et de Greenpeace France, le CRILAN engageait une plainte près du Procureur de la République de Cherbourg au sujet des soudures défectueuses, notamment celles relatives aux traversées de l’enceinte de confinement. 

Ce 16 décembre 2019, suite aux inspections de l’ASN et en lien avec la plainte de Réseau « Sortir du nucléaire » et de Greenpeace France, le CRILAN dépose plainte près du Procureur de la République de Paris pour manquements graves relatifs à la qualification de certains matériels installés sur l’EPR.

Il s’agit de matériels participant à la démonstration de sûreté :  matériels mécaniques (pompes, vannes) ou électriques (relais, disjoncteurs…). Cette qualification repose notamment sur des études et des essais. Elle doit faire l’objet d’une documentation et d’une traçabilité des réserves et des points « ouverts », ce qui n’a pas toujours été le cas.

EDF étant soumis à la réglementation sur les installations nucléaires de base, les violations commises peuvent être sanctionnées pénalement.

Hommage à André Guillemette

André Guillemette en 2017 lors d’un voyage des Clis de la Manche à Fukushima

Les associations antinucléaires et critiques membres des CLIs de la Manche s’associent à l’hommage rendu jeudi  dernier par  la CLI du CSM et notamment par ses amis de l’ACRO.

Comme beaucoup , nous n’oublierons pas son courage et sa persévérance pour contribuer à la découverte des nombreuses questions de sureté nucléaire dans le Cotentin.

Nous tenons aussi à souligner sa forte implication dans la  réalisation du Livre Blanc sur les Installations nucléaires du Cotentin.

Les hommes passent et les questions de sureté nucléaires restent. 

CRILAN, ACRO, CREPAN-FNE, GREENPEACE,

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/cotentin-andre-guillemette-militant-antinucleaire-n-est-plus-6647688

CLIs de la Manche en Finlande: nous n’avons pas fait le même voyage…

Après avoir voyagé comme les 26 autres participants et à la lecture des articles de presse ou à l’écoute des reportages radio, il ressort que nous n’avons pas fait le même voyage. AJ 3 dec 2019

Les 6 journalistes ont sélectionné leurs interlocuteurs, notamment des élus et travailleurs du nucléaire acquis à la cause du nucléaire … Association antinucléaire, le CRILAN pourtant bien active sur le Cotentin a été soigneusement écartée : ni cité ni interviewé le CRILAN n’a pu donner son avis sur l’EPR et la gestion finlandaise des déchets nucléaire. C’est pourtant le rôle des CLI que de favoriser la parole de tous et celui de la presse d’y contribuer.

En Finlande, toute la Presse embarquée s’est autocensurée afin d’en donner une image lénifiante : « L’EPR ça marche et la gestion des déchets n’est pas comparable à la notre »… fermez le ban.

Les lecteurs du site Crilan.fr ont pu bénéficier tout au long du voyage d’une information différente … Un petit rappel..

Sur le contentieux AREVA- TVO, relatif à l’EPR le montant de l’indemnité ne s’élève pas à 450 000 euros mais à 450 millions d’euros... comme indiqué par un journal local pressé de minimiser l’impact financier des aventures d’AREVA en Finlande.. Pas un mot des 400 millions de pénalités à venir puisque l’EPR ne démarrera pas au premier janvier 2020; total maxi prévisible : 850 millions d’euros.. Chut pas un mot…

Sur l’EPR lui-même: Présenté comme prêt a démarrer , il en est encore loin à cause d’un problème d’amortisseurs de vibrations de tuyauteries du circuit primaire en lien avec le pressuriseur. STUK ( ASN finlandaise) a annoncé qu’une solution était en cours de validation. .. On vient d’annoncer un mois et demi de retard sans pouvoir donner une date de démarrage. Or le compteur tourne…pour le contribuable français…

Qu’on se rassure, selon l’expression du Directeur de STUK  » il y a moins de dossiers ouverts sur l’EPR Finlandais que sur celui de Flamanville »

Il semble en effet que le problème des vibrations puisse affecter l’EPR de Flamanville. Celui-ci ne dispose pas de dispositifs « anti-fouettement  » pour ses tuyauteries du circuit primaire dont le critère  » d’exclusion de rupture » est mis à mal par des soudures défectueuses.

N’obéissant pas aux mêmes règles de sureté, les matériels installés ne proviennent pas des mêmes fabricants et n’ont pas les mêmes défauts, ceux-ci expliquant les retards …

A part l’architecture intérieure, ces deux EPR n’ont rien en commun:

Ils ont donc des aptitudes différentes au service pour peu qu’on les autorise à démarrer un jour l’un et l’autre…

Or ce n’est pas parce que l’EPR de Finlande pourrait démarrer que celui de Flamanville en serait capable bien au contraire..

Onkalo ou la cachette aux déchets nucléaires

Cette cachette aux déchets nucléaires nous était bien cachée… A notre grande surprise nous avons découvert un lieu de stockage de déchets de faible activité en sub-surface, à 60 m de profondeur.

Cette visite fut riche d’ enseignements notamment pour le stockage des déchets vitrifiés français à condition de permettre la réversibilité du stockage à condition de ne pas les mettre à 500 m de profondeur ( et non 5 km comme le rapportait un quotidien régional) ni d’y interdire l’accès…

Enfin la perspective du stockage à sec envisagée à Onkalo en 2020 connait d’autres variantes comme celle vendue par Orano aux Etats Unis. Le stockage a sec est une solution soutenue en France notamment par Bernard Laponche

Plutôt que des crispations sur l’arrêt du retraitement à la Hague, rapportées par la presse, ce sujet aurait pu donner lieu a des échanges organisés prenant en compte les rejets gazeux et liquides de la Hague, les nouvelles réglementations internationales sur le sujet et enfin l’utilité réelle du retraitement. Le Crilan milite pour l’arrêt du retraitement-extraction du plutonium et l’immobilisation du plutonium déjà produit. Un voyage d’études ne se résume pas à des interventions choisies par la presse…

Confiance, transparence:

Il est de bon ton de vanter les mérites des pays nordiques pour ne s’intéresser qu’au coté facile des choses (1) . Ainsi la confiance évoquée par le Directeur de STUK ( ASN finlandaise) fait rêver les élites française .. mais elle se mérite…

Quelle confiance pouvons nous avoir en France dans l’ASN quand elle est obligée de valider la cuve de l’EPR ?

Quelle confiance pouvons nous avoir dans nos politiques qui ferment les yeux sur la réalité de notre EPR pour en retirer des avantages financiers pour les collectivités ?..

Enfin quelle confiance pouvons nous avoir dans la presse qui s’est adonnée au boycott et à l’isolement d’une association antinucléaire dont on redoutait l’expression.?..

Rien ne sert d’envier la Finlande , il faut la mériter…

(1) : l’exemple de la flexisécurité dans le domaine de l’emploi: quand les pays nordiques accompagnent la flexibilité de l’emploi par une sécurité dans les parcours professionnels, la France ne retient que la liberté pour l’employeur de se séparer des salariés. On voit ce qu’il en est avec la dernière réforme de l’indemnisation du chômage…

Retour à Helsinki pour les CLI de la Manche: la politique énergétique de la Finlande

Avec plus de 5 millions d’habitants, la Finlande possède deux sites nucléaires de production d’électricité équipés chacun de deux réacteurs et qui produisent environ 30 % de l’électricité nationale. Les réacteurs ont été mis en services en 77, 79, 81 et 82.
Le gouvernement finlandais a décidé en 2003 de lancer la construction d’un cinquième réacteur de type EPR. La rencontre du 27 novembre avec le ministre du travail et du commerce a permis d’en savoir plus. 1er décembre 2019.

A l’objectif 2030, la Finlande vise 50 % d’énergies renouvelables contre 27 % aujourd’hui. Elle souhaite a disposer de beaucoup d’énergie en même temps pour faire face aux enjeux du climat nordique.

Deux nouveaux réacteurs nucléaires sont envisagés dont un cinquième sur le site de Loviisa ( sud-est) , et un sixième de technologie russe à Pyhäjoki (nord-ouest).

La politique énergétique est votée par le parlement. Le gouvernement a un intérêt pour la participation du public aux niveaux local, régional et national et organisé un grand débat au regard des projets (exemple Onkalo). Le ministère est responsable des consultations. Le mouvement antinucléaire est quasi inexistant en Finlande ( ?) mais les élus ont un droit de veto pour s’opposer à de nouvelles installations.

Le choix des constructeurs relève de la concurrence entre trois compagnies: Fortum, TVO Teollisuuden Voima Oyj (TVO), Ferrovoima.

Retour à Helsinki pour les CLI de la Manche: Stuk et Sureté nucléaire.

Avec 325 collaborateurs STUK , autorité de sûreté nucléaire ( Cf ASN en France) veille sur les installations nucléaires de Finlande et en particulier sur l’EPR pour lequel il est amené à donner des avis et formuler des exigences. Elle n’est pas responsable de ses autorisations (contrairement à la France). La rencontre du 27 novembre a permis d’en savoir plus. 30 novembre 2019

Sur OL3 ( EPR) , Stuk fait les contrôles de sécurité avec 100 experts. En mars 2019 Stuk a transmis un avis favorable au démarrage en vue du permis que le gouvernement a accordé. C’est ainsi qu’en 2020 le chargement du réacteur pourrait s’opérer..

Sur Onkalo, ( la cachette aux déchets nucléaires), Stuk a détaillé les étapes du projet ainsi que les autorisations successives:

  • De 1978 à 1983 : définition du projet
  • De 1983 à 1999: sélection du site avec 100 possibilités pour arriver à 5 options.
  • 2000 et 2001: validation par le gouvernement et le parlement
  • 2004-2014: construction du site et gestion des déchets nucléaires de faible et moyenne activité
  • 2012 : dépôt de la demande de Site profond HAVL étudiée par Stuk
  • 2015: approbation
  • 2022: demande de permis possible par Possiva ( Cf Andra ) qui soit démontrer que le projet est solide.

Le représentant de Stuk a défini les principes de communication:

Pro-active

Confiance vis a vis des parties prenantes

Transparence: donner des informations pour l’action.

Pour Stuk chaque employé a le droit et le devoir de communiquer afin de répondre a chaque question posée.

Le moment des questions réponses a été l’occasion pour le CRILAN d’échanger sur deux sujets:

Sur l’EPR « L’ EPR de Finlande a connu des problèmes de vibrations sur les tuyauteries importantes , quel est votre point de vue sur les causes et les solutions ? » (1)

Réponse: Stuk a controlé la ligne du pressuriseur et a validé la solution des amortisseurs sur les dispositifs antifouettement proposée, elle semble satisfaisante.

Il n’y a pas des questions en cours aussi importantes qu’en France. Areva et TVO se concertent.

Sur les dispositions en cas d’accident nucléaire:

Concrètement il ne semble pas y avoir de mesures comme en France excepté le signalement aux autorités et la distribution d’iode stable dans un rayon de 5km.

(1)

https://www.usinenouvelle.com/article/un-probleme-de-vibration-dans-le-reacteur-nucleaire-finlandais-d-areva.N810145

Retour à Helsinki pour les Clis de la Manche: l’Ambassade de France

L’Ambassadeur de France en Finlande

Mercredi la réception à l’Ambassade de France a été l’occasion pour le CRILAN de revenir auprès de l’Ambassadeur sur la résolution du litige opposant Areva et TVO qui a fait construire le premier EPR en Finlande .

Dans sa réponse , l’Ambassadeur assisté du conseiller nucléaire pour Finlande et la Grande Bretagne a détaillé l’accord financier et le rôle de la diplomatie dans la résolution du conflit.

CF article précédent: http://crilan.fr/en-route-vers-la-finlande/

L’EPR finlandais accuse lui aussi un retard phénoménal de 10 ans et un coût de l’ordre de 10 milliard . Le retard a entraîné un dédommagement de 450 millions d euros de la part d’ Areva … et donc de la France…

« L’accord prévoit  aussi un système de bonus-malus : Areva et ses partenaires pouvaient recevoir jusqu’à 150 millions d’euros si le projet était achevé avant fin 2019, mais ils peuvent payer jusqu’à 400 millions d’euros ( maxi) supplémentaires en cas de nouveau retard au-delà de cette échéance. Ce système des bonus/malus devrait donc s’enclencher fin 2019. Areva avait précédemment évoqué un malus de 20 millions d’euros par mois de retard.« 

On croise les doigts ?!…

Voir aussi:

https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/areva-et-tvo-soldent-leur-litige-sur-l-epr-finlandais-1748354.php

TVO: consortium privé finlandais de production électrique, assis sur l’industrie di bois et du papier.

Onkako : des déchets nucléaires en sub-surface

A Onkalo , la délégation des CLIS de la Manche a pu visiter le site d’Onkalo qui reçoit actuellement des déchets de faible et moyenne activité à 60 mètres sous terre. Pour Yannick Rousselet cette solution devrait pouvoir s’appliquer aux combustibles usés des centrales nucléaires afin d’assurer surveillance et réversibilité. 27 novembre 2019

Les déchets faible et moyenne activité

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est IMG_6016-1024x768.jpg.
Le site en service pour les déchets nucléaires de faible et moyenne activité à 60 m sous terre.

Le projet Onkalo de stockage de déchets Haute Activité Vie Longue


Le projet Onkalo « caverne » en finnois à proximité des 3 réacteurs vise également à accueillir 5.500 tonnes de déchets radioactifs HAVL ( aux combustibles usés non retraités ) à 500 m sous terre.
Il sera fermé et non réversible sauf pendant les 100 premières années…
Les barres de combustible usé seront d’abord insérées dans des étuis en fonte. Ces étuis seront ensuite glissés dans 2.800 silos en cuivre qui, dûment scellés, doivent théoriquement rester hermétiques pendant 100.000 ans.
Ces silos qui seront insérés dans des cavités verticales seront condamnés par de gros bouchons de bentonite, de l’argile peu indurée, très peu perméable et souple.
Onkalo () sera le premier site au monde d’enfouissement permanent de déchets nucléaires à haute activité en couche géologique profonde.
A 3,5 milliards d’euros, il sera aussi le plus cher jamais conçu.

Ce projet de stockage profond interpelle a deux titres:
En moins: Il n’est pas réversible au delà de 100 ans, ce qui pose la question des accidents possibles lié à la stabilité des colis….Il ressemble a ce titre au projet contesté de Bure en France.

En plus: Il suppose l’abandon du retraitement des combustibles usés et de l’extraction du plutonium pour en faire du MOX, comme en France. Cette activité est fort productrice de déchets nucléaires et de rejets liquides et gazeux.
Depuis longtemps le CRILAN demande l’arrêt du retraitement et l’immobilisation du plutonium.

EPR finlandais: visite de chantier pour les CLI de la Manche

Hier 26 novembre l ‘après midi du voyage des CLI de la Manche a été consacré à la visite du chantier de l’EPR Finlandais, retour sur cette visite..

Après un rapide échange avec les élus de la région de l’EPR finlandais , qui a permis de comprendre que l’argent irrigue la région, la délégation de 27 personnes dont 6 journalistes a pu visiter le chantier qui n’en finit pas, même si un jalon semble fixé à début 2020 ( un de plus ?)

Deux choses sont à remarquer:

Areva est bien présent dans ce projet aux cotés de TVO le client, mais nous n’avons pas pu disposer d’un point global sur la situation de cet EPR: projet technique initial , problèmes rencontrés, planning, couts et questions financières… rien..

Si certains ont pu voir et poser leurs questions, d’autres n’ont pu accéder aux salles « où il se passe quelque chose », personne n’a eu accès au « coeur » à moins de 10m , ni voir le couvercle semble t il suspendu…

Certes si tout semble beau , propre et de peinture récente, il a été difficile d’ en savoir plus sur le dernier « incident » lié aux vibrations amorties par des dispositifs anti-fouettement des tuyaux du coeur..

Pour mémoire l’EPR de Flamanville ne dispose pas de dispositifs anti-fouettement mais les soudures  » en exclusion de rupture » seraient de qualité supérieure… Il serait par ailleurs impossible de rajouter de tels dispositifs à Flamanville ( sic) .. Sûr? Il va falloir faire un comparatif des deux EPR..

Voyage des Clis de la Manche en Finlande: Onkalo ou la cachette aux déchets nucléaires

Le voyage des Clis de la Manche en Finlande prévoit une visite du site Onkalo. Ce site d’enfouissement profond fait penser à celui qui est envisagé en France à Bure et qui est fortement contesté. Retour sur le film Into Eternity. Helsinki 26 novembre 2019

La bande annonce d’Into Eternity:

Into Eternity est un film documentaire coproduit par le Danemark, la Finlande, la Suède et l’Italie, réalisé par le Danois Michael Madsen, sorti en 2010 au Danemark. Le film traite du stockage en couche géologique profonde de déchets radioactifs au complexe d’Onkalo, en Finlande. Wikipédia

Into Eternity : le docu radioactif

Sorti en 2011 en France, ce documentaire est éclairant. Réalisé par le Danois Michael Madsen, il nous offre une plongée dans l’univers d’Onkalo, en Finlande, où seront stockés les déchets radioactifs pour une durée d’au moins 100 000 ans. Une belle inspiration.

Il y a  5 000 ans, les Egyptiens construisaient des tombeaux pour l’éternité : les pyramides. Aujourd’hui, les hommes bâtissent un sanctuaire pour inhumer des reliques bien plus dangereuses que des pharaons : des déchets radioactifs. Cela se passe à Onkalo, au nord-est d’Helsinki, dans une steppe balayée par les vents glacés. Ou plutôt sous la steppe, à 500 mètres de profondeur. C’est là, enfermés dans une couche de granit, que l’Etat finlandais a décidé de faire reposer « pour l’éternité » les résidus radioactifs de son industrie nucléaire. Voilà l’objet de l’étonnant documentaire de Michael Madsen, jeune réalisateur danois qui s’est intéressé aux grandes questions métaphysiques que pose un tel dispositif.

Penser l’avenir à 100 000 ans

Madsen se débarrasse assez vite des questions pratiques. A peine se sert-il d’une animation 3D pour permettre au spectateur de visualiser les kilomètres de tunnels qui serviront à accueillir les déchets pour encore un siècle, avant qu’on ne ferme la porte pour toujours derrière soi. Sa curiosité tient de la métaphysique. Que signifie penser l’avenir à 100 000 ans ? Qu’est-ce que cette « chambre mortuaire » destinée à renfermer un « feu qui ne s’éteint jamais » ? Comment exhorter les générations futures à se « souvenir d’oublier » qu’un endroit pareil existe ? Faut-il les prévenir ? Et si oui, par quel truchement ? En quelle langue ? A l’aide de quels dessins (quels « marqueurs » ?).

En à peine plus d’une heure, Into Eternity pose des questions radicales qui ne trouvent pas vraiment de réponses. Nul ne sait à quoi ressembleront les hommes dans 100 000 ans, ni s’il faut leur faire confiance. Une seule chose est certaine : si la surface de la terre est instable par essence (les guerres, les catastrophes naturelles, les crises…), ses cavités offrent la stabilité. Le stockage profond est la solution pratique, immédiate, quoiqu’insatisfaisante, à un enjeu réel : à la surface, les déchets sont potentiellement dangereux à échéance de 10, 20, au mieux 100 ans. Sous leur armure géologique, ils seront protégés des caprices de la nature, et plus encore des hommes.

Domestiquer l’énergie

A travers des interviews d’experts, ingénieurs, théologiens, politiques, ce film à la voix lancinante, froid mais intelligent, est un appel bienvenu à l’humilité : à l’heure qu’il est, l’espèce humaine s’est crue maîtresse de l’univers en domestiquant l’énergie la plus formidable de tous les temps. Mais elle n’a pas songé à la suite. La voici désormais prise au piège de ses propres rêves d’omniscience. « De toute façon, conclut l’une des protagonistes, un jour ou l’autre nous arriverons à court d’uranium, il faudra trouver autre chose. » En attendant, la « cachette » d’Onkalo restera sans doute dans mille siècles l’unique vestige de notre civilisation disparue.

A Bure le stockage profond des déchets Haute Activité Vie Longue est contesté en raison de sa non réversibilité et des risques d’incendie comme aux USA.

https://www.arte.tv/fr/videos/086138-060-A/arte-regards-poubelle-nucleaire-le-village-de-bure-s-y-oppose/

http://www.journaldelenvironnement.net/article/incendie-dans-un-site-americain-de-stockage-de-dechets-nucleaires,42583

En route vers la Finlande

Résultat de recherche d'images pour "epr finlande olkiluoto""L’EPR à gauche des deux réacteurs au sud- ouest du pays.

La délégation des Clis de la Manche est en route vers la Finlande notamment pour visiter l’ EPR et Onkalo le site profond de stockage de déchets nucléaires « pour l éternité » . Deux sujets fortement contestés en France… Alors quel peut bien être le but officieux de ce voyage auquel le Crilan n était pas convié initialement? En effet je remplace un autre membre des associations et qui est décédé dernièrement André Guillemette de l’ACRO.

A défaut de buts affichés le programme laisse imaginer un voyage de promotion indirecte pour l’EPR de Flamanville et de Bure .

L’EPR finlandais accuse lui aussi un retard phénoménal de 10 ans et un coût de l’ordre de 10 milliard . Le retard a entraîné un dédommagement de 450 millions d euros de la part d’ Areva … et donc de la France…

L’accord prévoit  aussi un système de bonus-malus : Areva et ses partenaires pouvaient recevoir jusqu’à 150 millions d’euros si le projet était achevé avant fin 2019, mais ils peuvent payer jusqu’à 400 millions d’euros supplémentaires en cas de nouveau retard au-delà de cette échéance. Ce système des bonus/malus devrait donc s’enclencher fin 2019. Areva avait précédemment évoqué un malus de 20 millions d’euros par mois de retard.

Lancé en 2005 pour être mis en service en 2009 , le réacteur pressurisé EPR finlandais d’Olkiluoto 3 a pris plus de 10 ans de retard. Construit par le consortium Areva-Siemens, il  doit  commencer à produire de l’électricité à partir de juillet 2020 ( au lieu de Janvier 2020) , a déclaré le groupe finlandais Teollisuuden Voima Oyj (TVO), opérateur du site. (a)

A suivre ..

Pour Onkalo : cf le film « into eternity »

(a) https://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-nouveau-retard-pour-lepr-finlandais-191108

Centrale nucléaire de Cruas: l’interwiew du CRILAN

Le 11 novembre un tremblement de terre a touché la région autour de CRUAS en Ardèche. la Centrale Nucléaire n’aurait semble-t-il pas été touchée…

Ci dessous le fichier audio de l’interview du Crilan en direct par France Info le 12 novembre.

AUDIO-2019-11-12-22-14-18

Nouvelles-questions-surete-centrales-nucleaires, l’article de Mediapart en réference au rapport de Madame Kotting.

Soirée dédicace le jeudi 21 novembre à Cherbourg avec Michel Lebonnois auteur de la nouvelle «Coupés du Monde »

Une fiction bientôt rattrapée par la réalité: une carte de la montée des eaux pour 2050. Hypothèse + 3-4 degrés
( source: https://coastal.climatecentral.org/map/10/-1.5123/49.3105/?theme=sea_level_rise&map_type=coastal_dem_comparison&elevation_model=coastal_dem&forecast_year=2050&pathway=rcp85&percentile=p95&return_level=return_level_1&slr_model=kopp_2014
)
La Centrale de Flamanville et Dielette entourés par les eaux….

L’agenda du CRILAN pour Novembre 2019

Interview du CRILAN  samedi 2 novembre à  partir de 17 h 45 sur France 5 dans l’émission C’est dans l’air !

Un point suite au rapport Folz sur l’EPR

Ciné débat le  dimanche 10 novembre à 20 h au Cinema Odéon: « Tchernobyl le monde d’après «  avec la participation de Yves Lenoir

Flyer et dépliant disponibles dans l’article précédent

Deux rencontres vous sont également proposées en novembre

Une réunion  PPI  le 19  novembre  à 20 h à Saint Pierre Eglise ( information à suivre)

Une soirée dédicace  le 21 novembre à Cherbourg avec Michel Lebonnois auteur de la nouvelle  «Coupés du Monde » (Précisions à suivre)

EPR : toujours plus loin dans la fuite en avant..

   

Communiqué de Presse CRILAN du 10 Octobre 2019. Aujourdhui à l’occasion de l’Assemblée Générale de la CLI de Flamanville au cours de laquelle un point complet était fait sur le chantier de l’EPR, le CRILAN a demandé une nouvelle fois l’arrêt de ce chantier catastrophique.

Après le béton, la cuve, le fond, le couvercle, les soudures défectueuses, voici le pressuriseur et les 4 générateurs de vapeur qui s’invitent dans la longue liste des non-conformités de ce réacteur.

Tous ces éléments concernent le circuit primaire et le circuit secondaire principal: il en va de la sureté de l’installation et de la sécurité de la population.

Plus grave encore, alors que les solutions pour réparer les soudures et d’autres éléments sont encore à l’étude, on ose parler d’essais à chaud et de chargement du combustible.

Il n’est pas possible de prendre le Cotentin et le Nord-Ouest du Pays en otage avec cette bombe nucléaire en puissance, alors que tant de questions restent posées.

Le CRILAN demande expressément l’arrêt immédiat de ce chantier catastrophique dont le coût est désormais estimé à presque 13 milliards d’euros, (3,3 à l’origine).

EDF reconnait « des écarts » de fabrication sur les GV et le pressuriseur de l’EPR de Flamanville

Après la cuve, le couvercle, les soudures … voici les 4 générateurs de vapeur et le préssuriseur..

Point sur l’écart relatif au référentiel technique de fabrication de composants de réacteurs nucléaires par Framatome

https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/nucleaire/non-qualites-et-ecarts-de-fabrication/point-sur-l-ecart-relatif-au-referentiel-technique-de-fabrication-de-composants-de-reacteurs-nucleaires-par-framatome

« Ces pièces conçues par Framatome pourraient ne pas avoir été fabriquées correctement, les procédures prévues n’ont pas été respectées lors d’opérations réalisées sur certaines soudures de générateurs de vapeur.

Ce possible défaut de fabrication concerne des matériels en service ainsi que des matériels neufs qui ne sont pas encore en service ou installés sur un site. EDF n’a pas précisé quels sites étaient affectés. Mais cela ne concerne pas l’ensemble de son parc de 58 réacteurs, car l’électricien ne se fournit pas exclusivement chez Framatome pour ses générateurs de vapeur. Certains proviennent aussi de l’américain Westinghouse ou du japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI). 

Pour mémoire, le changement des générateurs de vapeur du CNPE de Flamanville ( 1 et 2) est prévu en 2021 et 2022. Vous avez 4 générateurs de vapeur par réacteur à Flamanville, soit au total 12 générateurs de vapeur ( 8 pour Flamanville 1&2 et 4 pour l’EPR).

Les générateurs de vapeur sont d’énormes pièces qui servent d’échangeur thermique entre l’eau du circuit primaire et l’eau du circuit secondaire, qui se transforme en vapeur et alimente la turbine qui produit l’électricité dans une centrale nucléaire.

Vous trouverez en pièces jointes quelques images et schémas de générateurs de vapeur. Un générateur de vapeur (GV) est un cylindre d’une vingtaine de mètres de hauteur, renfermant 3 000 à 6 000 tubes suivant les modelés, en forme de U inversé. Les tubes ont un diamètre de 2 cm environ, et montent dans le cylindre jusqu’à 10 m. »

Emmanuel Lunel, Clis de la Manche le 11 09 2019

Le document de l’IRSN:

L’agenda du CRILAN

Mardi 24 septembre 2019 (18h30) Salle des fêtes, place centrale à Cherbourg , réunion publique sur la distribution des comprimés d’iode. Cette réunion est liée à l’élargissement du PPI de la Centrale de Flamanville à 20 km, les associations demandant son extension à tout le Cotentin. Information : http://www.distribution-iode.com/

Bien sûr, cette pétition peut être signée par les personnes extérieures au Cotentin

Jeudi 26 septembre 2019 Réunion des associations antinucléaires et critiques CRILAN, ACRO, Greenpeace, CREPAN FNE sur les déchets nucléaires suite au débat public PNGMDR et à l’occasion des 50 ans du CSM. Salle Montecot Octeville ( Bourg) 20H

http://crilan.fr/wp-content/uploads/2019/09/conférence-50-ansCSMV3.pdf

La Hague ou les entreposages à perpétuité ?

Avis dans le cadre de l’Enquête publique sur la construction d’une nouvelle unité d’entreposage des déchets nucléaires ultimes de haute activité à vie longue sur l ‘INB 116 d’ Orano – La Hague. CRILAN, CREPAN-FNE, EELV Manche, EELV élus CAC et Région Normandie. Le 8 juillet 2019

Toujours plus d’espaces pour l’entreposage ?

La demande de construction d’une nouvelle unité d’entreposage des déchets nucléaires sur l ‘INB 116 d’ Orano- La Hague pose les questions suivantes :

1-Les capacités d’entreposage seraient atteintes en 2024, alors que l’option CIGEO à Bure ne serait au mieux opérationnelle qu ‘en 2030. Cela illustre l’impasse dans laquelle l’industrie nucléaire s’ est – elle même mise. Notons que tout est pensé comme si le stockage géologique profond était déjà décidé, alors qu’il fait l’objet d’une controverse et que le débat national sur les déchets et matières nucléaires n’est toujours pas clos

2- Le manque de capacités actuelles de la Hague résulte en grande partie du non-retour pour des raisons politiques des déchets étrangers ( HAVL) de l’Allemagne et du Japon. L’assurance donnée que ces déchets seront restitués, cache bien mal, un entreposage permanent qui s’apparente à du stockage.

Pour notre part, l’option du non retraitement avec stockage à sec en sub-surface sur les lieux de production est la meilleure solution en attendant mieux pour gérer les combustibles usés tout en constatant une accumulation démesurée de déchets nucléaires

Retraitement ou non des combustibles usés ?

Malgré le côté théoriquement satisfaisant de l’idée du retraitement, nous ne pouvons pas partager ce choix qui doit être resitué dans son contexte économique, écologique et politique.

Le retraitement isole le plutonium, dissémine des radioéléments dans l’air et la mer en contradiction avec la Convention OSPAR ; il fragilise la sécurité de tous dans un climat international tourmenté.

Le récent rapport de la Cour des comptes, rapporté par l’AFP le 4 juillet dernier insiste sur la nécessité d’« anticiper davantage les capacités de stockage », il relève également que les choix financiers actuels ne tiennent pas suffisamment compte des durées presque infinies des conséquences des choix nucléaires. Les provisions comptables indispensables à la sécurité de tous sont réputées insuffisantes.

Le nucléaire est devenu une activité ruineuse et dépassée.

Les déboires industriels de l’EPR sont malheureusement le signe indiscutable de l’aspect obsolète de la production d’électricité d’origine nucléaire. En aval la gestion des combustibles usés et l’accumulation des déchets nucléaires comme au CSM Andra démontrent une incapacité générale à assumer les responsabilités de la filière au-delà des entreposages à perpétuité.

Convaincus que la décision de l’arrêt du retraitement devait l’emporter suite au débat national PNGMDR qui s’achève le 25 septembre 2019, la construction d’une nouvelle unité d’entreposage à la Hague deviendra de facto inutile. C’est cette solution que nous préconisons.

En conclusion nous affirmons notre opposition au retraitement des déchets tel qu’il est proposé, la moins mauvaise solution étant d’abord d’entreposer les combustibles usés résultant de l’activité actuelle.

Nous émettons donc un avis négatif sur l’extension des capac ités d’entreposage HAVL de l’INB 116 à l’usine Orano de la Hague

La meilleure façon de gérer les déchets ultimes est d’éviter de les produire. Pour cette raison il faut sortir le plus vite possible du nucléaire :

• En ne démarrant plus aucun réacteur

. En cessant le retraitement qui dissémine des radioéléments, concentre les produits de fission et isole le plutonium dont on ne sait que faire.

Pour nous, associations antinucléaires membres des CLIs de la Manche, il est plus que temps de tourner le dos au nucléaire et de faire d’autres choix énergétiques pour la France.

Signé : CRILAN, CREPAN-FNE, EELV Manche, EELV Elus CAC et Région Normandie

PPI Cotentin: les associations antinucléaires s’adressent aux élus de la CAC

Jeudi 27 juin avant la séance du Conseil d’agglomération du Cotentin , le CRILAN , CREPAN FNE et Greenpeace ont distribué un document à l’attention des élus de la CAC afin de les sensibiliser sur une cohérence territoriale en matière de prévention du risque nucléaire.

Il s’agit de créer un seul et unique plan particulier d’intervention ( PPI ) pour les installations nucléaires du Cotentin .

Marie Francois Lebonnois élue écologiste à la CAC a présenté aux élus les grandes lignes de ce projet qui vise une cohérence territoriale des PPI .

Dans sa réponse le Président de la CAC s’est montré favorable à cette idée qu’il entend relayer près de la Préfecture.

Cette action coordonnée des associations est le fruit du travail engagé depuis novembre 2018 au regard des actions visant a sensibiliser les élus et les citoyens (pétition en ligne) vis à vis du risque nucléaire et de l’EPR en particulier.

Bernard Laponche, physicien nucléaire et l’EPR

Stéphane Dépinoy recevait Bernard Laponche, physicien nucléaire et ancien membre du Commissariat à l’énergie atomique. Suite au feuilleton de l’EPR de Flamanville, quelles sont les perspectives d’avenir? France Info 1 juillet 2019

3 juillet 2019 : Audience en Conseil d’Etat contre l’autorisation de la cuve de l’EPR

« Une autorisation que contestent toujours le Réseau « Sortir du nucléaire », Greenpeace France, le CRILAN et STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs qui ont déposé un recours devant le Conseil d’État pour faire annuler l’avis puis l’autorisation donnés par l’ASN ».

Le Conseil d’ Etat validera-t-il cette autorisation inconcevable , comme il a validé les autres éléments de ce réacteur dangereux et couteux. ? Affaire à suivre …

Pour mémoire notre CP du 28 novembre 2018

En Normandie, les déchets nucléaires en débat

Consultation. Le premier débat public sur les matières et déchets radioactifs débute mercredi dans notre région, une des plus nucléarisée. Joce HUEParis Normandie 20 04 2019

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Avec 58 réacteurs en activité et autant d’années de programme nucléaire au compteur, la France a produit – et continue de le faire – beaucoup de déchets nucléaires. La Normandie possède déjà trois sites de production et des installations majeures (un site de traitement-recyclage unique et un centre de stockage à La Hague et une usine de construction de sous-marins nucléaires à Cherbourg notamment). Elle pourrait bien devenir la région la plus nucléarisée de France – donc du monde – avec la possible construction de deux nouveaux réacteurs type EPR à Penly,en plus de celui de Flamanville toujours en construction. La gestion des déchets de la filière fait donc l’objet d’un débat au nom peu grand public : le « Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs », dit PNGMDR, se terminera en septembre prochain. Nelly Tocqueville, la sénatrice socialiste de Seine-Maritime membre de la Commission locale d’information nucléaire Paluel-PenlyClin76), pense que ce «débat doit permettre de se creuser la tête, poser les bases d’une réflexion sur une énergie alternative, anticiper des solutions, changer les comportements. Il portera notamment sur l’entreposage – couches profondes ou superficielles? Les avis divergent – de ces déchets radioactifs.»

Michel Badré, membre de la Commission nationale du débat public (CNDP) en charge de ce débat, voit, outre les impacts sur la santé, trois sujets majeurs qui devraient y être évoqués : «En premier lieu, l’orientation générale concernant le recyclage. C’est un gros sujet, surtout en Normandie. Faut-il continuer à faire du MOX ? Faire un pari sur l’avenir avec l’orientation «multirecyclage», sachant que pour l’instant on ne fait rien du MOX usé? Ou bien s’orienter vers autre chose? Et puis nous devrions parler de démantèlement des centrales, dont beaucoup sont en fin de vie, ce qui génère énormément de déchets.»

Le sujet des « seuil de libération » sera aussi un gros morceau. L’introduction de ces seuils pour certains types de déchets de très faible activité (TFA) au volume important permettrait de les soustraire du contrôle réglementaire.

Ces gravats et matériaux divers « déclassés » pourraient ainsi servir de remblais par exemple, évitant ainsi stockage complexe et coûteux. «Nous sommes à ma connaissance le seul pays à considérer qu’un déchet se caractérise par l’endroit d’où il vient. Il y a d’ailleurs une séance spéciale prévue sur ce qui caractérise un déchet ou une matière recyclable. Ce n’est pas qu’une question de vocabulaire et c’est un sujet sensible entre les industriels et les associations», détaille le polytechnicien.

Enfin, «le sujet ultrasensible concernera le stockage souterrain Cigéo à Bure (Meuse), pour lequel le débat de 2013 s’était très mal passé».Espérons que celui-ci sera plus productif.

Calendrier régional: «Déchets radioactifs: que léguerons-nous à nos enfants?»

à Caen mercredi 24 avril à 18h30 au Centre de Congrès.

Puis Cherbourg le 11juin

et Rouen le 4juillet.

Une « fuite en avant » 
ou une « filière maîtrisée » ?

Où en est-on de la gestion des déchets nucléaire et de leur stockage?

Guillaume Blavette: « Le credo, c’est toujours plus de nucléaire, et ce n’est qu’après qu’on demande à la collectivité de gérer les déchets. De plus, on se heurte au secret industriel et au secret-défense. On a actuellement plus d’un million et demi de m3 de déchets nucléaires sur les bras. On pourrait en faire un escalier de la terre à la lune ! Ces substances, pour certaines considérées comme « valorisables » en droit français, posent d’énormes problèmes radiologiques et chimiques. Quant au stockage, nous arrivons à saturation et tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faudra de nouveaux sites avant 2030. 

»Jean-Marc Ligney: « Rappelons que tout est relatif : un gramme de plutonium produit autant d’énergie qu’une tonne de pétrole. La filière du retraitement est maîtrisée en France. Traiter ces déchets est une responsabilité sociétale et environnementale. En plus, 10 % de l’électricité produite en France vient du recyclage. Nous pourrions même monter à 20 %. L’usine de La Hague, unique au monde, a traité 35 000 tonnes depuis sa création en 1964. Nous avons encore plus de dix ans de stockage devant nous. Orano est le premier site industriel de Normandie avec 4 000 employés et 1 500 sous-traitants. 

»Quelles sont les voies envisagées?G.B. : « EDF a deux projets inquiétants : le « moxage » des réacteurs de 1 300 W, c’est-à-dire intégrer le plutonium dans le combustible en espérant qu’il soit détruit. Cela permettrait seulement de réduire la radioactivité sur des volumes extrêmement faibles. On est très loin des 600 piscines olympiques à traiter. Et puis l’instauration d’un seuil de libération (des matériaux qui pourraient être injectés dans l’industrie classique). Certaines instances y sont favorables, d’autres pas, tout comme nous, car leur traçabilité ne serait alors plus assurée. Et puis l’État réfléchit aussi aujourd’hui à l’arrêt du retraitement. On se contenterait de stocker comme les Américains, ce qui mettrait notamment au chômage technique 4 000 employés dans le Cotentin. »

J-M. L. : « La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a maintenu le recyclage jusqu’en 2040. Nous sommes les seuls acteurs dans le traitement du combustible usé. EDF nous demande certes d’être de plus en plus compétitifs, mais l’accord qui nous lie à l’entreprise court aussi jusqu’à cette date. »

Quels vont être les principaux enjeux du débat qui s’ouvre?

G.B. : « Il faudra de la transparence. Par exemple, avoir toujours les mêmes mesures pour une bonne compréhension des enjeux pour tous de ce débat national. Et puis convaincre le plus grand nombre de l’absolue nécessité d’une décroissance de cette industrie aux nombreuses externalités négatives et où il n’y a plus de pilote dans l’avion. »

J-M. L. : « En premier lieu qu’on perpétue le recyclage, ce modèle français qui intéresse fortement la Chine. C’est pourquoi nous avons réalisé 300 millions d’euros d’investissements sur le site l’année dernière, sans compter les 700 millions d’euros pour remplacer les évaporateurs NCPF, une nouvelle unité qui sera prête d’ici deux à trois ans. Et notre futur est rose : on recrute 900 CDI cette année. »

Corinne Lepage et l’ EPR de Flamanville: d’un hors droit à un hors-jeu

Corinne Lepage revient sur les deux dernières décisions du Conseil d’Etat relatives au DAC de Flamanville, suite à deux recours engagés par le CRILAN et d’autres associations. Elle pointe les faiblesses de ces deux arrêts.

Malgré deux arrêts fort bienveillants (c’est un euphémisme) rendus par le Conseil d’État pour valider les décisions prises par l’Etat de prolonger, de toute force, la validité de l’autorisation initiale de la centrale de Flamanville, le droit pourrait bien rattraper enfin le fait et sanctionner un fiasco technique et financier inimaginable. Corinne Lepage, sur son blog 15 avril 2019

Le Conseil d’État aurait pu, à deux reprises, mettre un terme à une situation financièrement intenable, juridiquement très contestable et techniquement dangereuse.

La première occasion lui était fournie par la prorogation pour trois ans de la durée de validité du décret du 10 avril 2007 autorisant la création de l’EPR de Flamanville.

En effet, un décret en date du 23 mars 2017 avait porté de 10 à 13 ans le délai de mise en service de la centrale. Le recours porté devant le conseil d’État contre ce décret soutenait qu’une nouvelle autorisation était nécessaire compte tenu des modifications substantielles intervenues. L’article L. 593-14 du code de l’environnement précise en effet qu’une nouvelle autorisation est requise en cas de modification substantielle d’une iNB, de ses modalités d’exploitation autorisées ou des éléments ayant conduit à son autorisation. Dans cette première décision (Conseil d’État, 28 mars 2018, req n°410782), le conseil d’État, a jugé (dans sa plus petite formation–ce qui est une anomalie pour une affaire de cette importance) que les « les changements invoqués qui seraient intervenus  dans la conduite des travaux depuis l’autorisation de création de l’installation en cause s’agissant notamment du combustible qu’il est prévu d’utiliser, du coût du projet, de la demande énergétique et des conditions générales de sécurité ainsi que des anomalies découvertes dans la composition de l’acier utilisé pour certaines parties de la cuve du réacteur soient de nature à constituer une modification substantielle de l’installation. » Cette formulation appelle plus qu’à la réflexion quand on sait les malversations intervenues dans la fabrication de l’acier, les très grandes réserves de l’autorité de sûreté nucléaire, contrainte en octobre 2017 de ne pas bloquer le processus à la condition d’un changement de couvercle du réacteur en 2024, les nombreuses transformations intervenues sur un projet passé de 3 à 11 milliards, bloqué à plusieurs reprises notamment en raison des faiblesses du béton avant même que ne soit en cause le réacteur lui-même. Le Conseil d’État aurait pu a minima annuler le décret en ce qu’il ne prévoyait pas de de prescriptions particulières comme le permet l’alinéa 2 de l’article L. 593-14. Il ne l’a pas fait et a couvert cette prolongation sans condition, prenant ainsi une part de la responsabilité du fiasco inéluctable vers lequel nous allons.

Errare humanum est, perseverare diabolicum. 

Une seconde décision était rendue le 11 avril 2019, au moment même où par un hasard de calendrier plein d’humour, l’IRSN et le groupement d’experts conduisaient l’autorité de sûreté nucléaire à confirmer que huit soudures situées à l’intérieur du bâtiment réacteur entre deux enceintes de confinement n’étaient pas conformes aux exigences de sûreté. Dans cette seconde décision, rendue toujours en formation minimaliste, Le conseil d’État rejetait une requête tendant à voir abroger le décret du 10 avril 2007 (Conseil d’État, 11 avril 2019, req n°413548). Dans cette deuxième affaire, dans laquelle les associations demandaient au Conseil d’État d’abroger l’autorisation donnée par le décret du 10 avril 2007 au motif que les conditions fixées par l’article L. 593-7 du code de l’environnement n’étaient plus remplies tant en ce qui concerne les capacités techniques et financières de l’exploitant qu’en ce qui concerne la protection des intérêts en cause, le conseil d’État a rejeté la requête.

Une fois de plus, il a considéré que les anomalies techniques, liées notamment à la construction du radier, à la fabrication du liner de l’enceinte de confinement, les anomalies décelées dans la composition de l’acier ne remettaient pas en cause les conditions initiales de l’autorisation. On peut sans doute considérer que chacune des anomalies pourrait être insuffisantes mais c’est le cumul des anomalies qui remet en cause l’autorisation. Le conseil d’État ne l’a pas entendu ainsi et de surcroît a considéré « que la situation financière d’EDF dont l’endettement financier net est évaluée à 33 milliards d’euros 31 décembre 2017 de caractériser par une incapacité de l’exploitant mener à bien son projet ». Et pourtant, où sont les capacités financières d’un établissement endetté à ce point si ce n’est dans la subvention de l’État laquelle est désormais bloquée par l’union européenne au titre des aides d’État. Cette situation est également à l’origine de la hausse exponentielle du prix de l’électricité à laquelle l’État ne peut plus renoncer.

Malgré ces contorsions juridiques destinées à sauver une autorisation qui aurait dû être abrogée éventuellement totalement refaite, la cavalerie est en train de rattraper le soldat EPR.

En effet, et tout d’abord la prolongation de la validité de l’autorisation n’a été faite que jusqu’en mars 2020 c’est-à-dire dans 10 mois. Si, l’État voulait une fois encore prolonger cette validité, la situation juridique serait beaucoup plus délicate que la première fois et les dispositions de la directive 2014/87 Euratom du conseil du 8 juillet 2014 pourraient empêcher ce tour de passe-passe.

De plus et surtout, la question des huit soudures non conformes dont la réparation a été exigée à l’unanimité par le groupe permanent d’experts sur les équipements sous pression nucléaire, repoussera de 2 ans au moins la mise en service de Flamanville 3. Ce délai avancé par EDF paraît très optimiste aux spécialistes du secteur. Il renvoie de toute façon en 2021 la mise en service virtuelle du réacteur EPR

Or, ces huit soudures se trouvent dans une partie difficile d’accès qui, d’après Yves Marignac, directeur de Wise Paris, ouvre une alternative aussi catastrophique pour EDF dans l’une de ses branches que dans l’autre. La première est de casser les enceintes et de sortir l’élément traversant, de refaire les soudures et de replacer cet élément. On imagine les risques, les coûts et les exigences de sûreté correspondantes. La seconde est de faire les soudures sur place ce qui est extrêmement difficile sur le plan technique et nécessite « des études des qualifications de procéder des essais sur maquette grandeur nature parce qu’il ne faudra pas que les opérateurs se loupaient détaillant les éléments irremplaçables » (Y Marignac). En toute logique, il faudrait prendre acte aujourd’hui de cette situation et arrêter les frais qui s’élèvent déjà à 11 milliards d’euros. Continuer va avoir un coût astronomique pour un réacteur qui peut-être ne démarrera jamais.

Mais, il n’y a pas de rationalité dans la gestion du nucléaire français.

Pour mettre en place une solution technique, et partant juridique, Il faut bien comprendre que ce qui est en cause est le principe même de base de l’autorisation de création à savoir des tuyauteries, qu’il s’agisse des générateurs de vapeur des turbines et de manière générale de tout l’acier qui vise « l’exclusion de rupture ». Cela signifie que les pièces ne peuvent pas rompre mais, il semblerait que les sous-traitants n’aient pas été informés de ce principe d’exclusion de rupture. En 2017, l’ASN était informée par EDF que 66 soudures ne remplissaient pas les critères de « haute qualité » et parfois même les critères standards. Pour Monsieur Charles, directeur général adjoint de l’IRSN : « le niveau de qualité n’est pas là. On n’a pas un haut niveau de confiance dans ce qui a été fait. On parle de sûreté nucléaire il n’y a pas d’autre possibilité que de tout remettre en conformité ». (Voir Reporterre 12 avril 2019).

Ainsi, dans un cas comme dans l’autre, et en appliquant la jurisprudence très bienveillante du Conseil d’État sus rappelée, l’État ne pourra faire l’économie d’une nouvelle autorisation. Il y a bien en effet une modification substantielle de l’installation du fait de la modification des conditions générales de sûreté ou a minima des modifications notables au sens de l’article L. 593-15 justifiant une nouvelle autorisation. Or, une nouvelle autorisation serait soumise aux dispositions de l’article 8 bis de la directive 2014/87/Euratom du conseil du 8 juillet 2014 sur la sécurité nucléaire qui ne permet pas la délivrance d’une autorisation pour un réacteur ne permettant pas « d’éviter les rejets radioactifs de grande ampleur qui imposerait des mesures de protection qui ne pourrait pas être limitée dans l’espace et dans le temps. »

Il va de soi que la délivrance d’une nouvelle autorisation qui serait sollicitée sur la base d’un nouveau dossier, d’une procédure d’enquête publique remettrait une mise en service, à supposer qu’elle soit possible sur le plan technique, bien au-delà de 2021. Et c’est donc tout l’édifice qui est susceptible de s’effondrer puisque le lancement de nouveaux EPR est subordonné à la mise en service de Flamanville et devrait se faire, dans l’esprit de « nos grands stratèges », dinosaures du monde énergétique aujourd’hui converti au renouvelable, en 2021 après la mise en service de Flamanville.

Quant au Flamanville britannique, Hinckley Point, qui a déjà commencé à prendre du retard en se plaçant ainsi sur les pas de son grand frère, qui est déjà menacé en cas de Brexit en raison du départ la Grande-Bretagne d’Euratom, il ne survivrait sans doute pas à un retard supplémentaire de trois ou quatre ans d’une mise en service de Flamanville, en l’état hypothétique.

Cette histoire a une morale. On peut tordre le bras du droit… On peut contourner dans un pays comme la France, car ce n’est pas vrai partout dans le monde-des dysfonctionnements techniques graves… On peut multiplier par quatre le coût d’un investissement finalement payé par le contribuable… On peut même être dans le déni d’un fiasco technologique en essayant de le faire passer pour une prouesse industrielle.

Mais le jour où la machine se bloque, où le droit ne peut plus être contourné, ou l’accumulation des faiblesses techniques ne paraissent plus pouvoir être couvertes, c’est tout le système qui explose. Il n’y a pas de demi-mesure. C’est bien cela quoi nous pourrions assister pour le plus grand malheur des contribuables français dans les années qui viennent. Mais, à tout le moins, on peut préférer un Crédit Lyonnais à la puissance X, à un accident nucléaire majeur.

Corinne LEPAGE

Avocate à la Cour

Huglo Lepage Avocats

www.huglo-lepage.com/2019/04/15/flash-actu-hla-flamanville-dun-hors-droit-a-un-hors-jeu/

Opération « Chinon-Flamanville » et réunion publique « PPI Flamanville » à Valognes le 27/03

Dans le cadre de l’action CANO « Alerte aux transports de combustible » de Chinon à Flamanville, 2 actions sont organisées pour le 27/03:

  • (faux) blocage du (faux) convoi. RDV sur la place du château de Valognes à partir de 13h pour action vers 14h (fin prévue 15h)
  • réunion publique « PPI Flamanville » destinée à informer le public de Valognes et des environs sur les impacts que peuvent avoir un accident à Flamanville . Réunion organisée par le CRILAN, l’ACRO, le CREPAN-FNE, Greenpeace

« Dress code » (si possible) pour 14h : combinaison de peinture blanche (il y en aura sur place)

Voici les documents pour diffusion et mobilisation:

Atomik Tour – Cherbourg du 17 au 19 février

La caravane de l’Atomik Tour passe par Cherbourg du 17 au 19 février. Le Cotentin et son cortège d’installations nucléaires civiles et militaires était évidemment une étape obligée. Le CRILAN a coordonné le programme local. 

L’ATOMIK Tour, le CRILAN, l’ACRO et le CREPAN FNE s’associent pour offrir ainsi la possibilité aux habitants du Cotentin de discuter de la France nucléaire en rencontrant des militants de Bure victimes de la répression policière et de l’acharnement judiciaire. 

PPI de la Centrale de Flamanville: la préfecture présente son plan à la CLI de Flamanville

PPI de la Centrale de Flamanville: un plan lacunaire et une ligne de démarcation nucléaire qui interroge.
Photo avant la réunion avec la Prefecture organisée au Pieux à la demande des associations antinucléaires et critiques à l’attention des membres de la CLI de Flamanville. 
Cette réunion non ouverte à la Presse a été suivie par les associations et des des experts mais pas par les nombreux ELUS ( sauf 2) ..de la CLI …
Quatre réunions publiques seront organisées par la Prefecture dans le Nord Cotentin d’ici mars..
Comme quoi le CRILAN, Greenpeace et ACRO ont bien fait d’insister!! 
A la population de s’emparer de ces moments de réunion et de la consultation publique en cours des mairies du périmètre des 20km autour de Flamanville jusqu’au 21 décembre

Notre Communiqué de presse:

Communiqué de Presse

CRILAN- CLI Flamanville 10 Décembre 2018

Des travaux du Livre Blanc au nouveau PPI de la Centrale de Flamanville

Au vu de ce que nous avons appris au cours de plus de 20 réunions sur le Livre Blanc sur les Installations nucléaires du Cotentin, et à la lecture du document PPI, l’organisation préventive des secours en cas d’accident nucléaire est purement administrative, lacunaire et anxiogène.

  • Le système d’alerte par radio, TV, téléphonie portable est lacunaire
  • Les moyens de secours supposés reposent sur les maires et les enseignants : PCS (plans communaux de sauvegarde), PPMS (plans de prévention et de mise en sécurité des enfants des écoles),
  • La distribution des comprimés d’iode stable démontre une organisation incompréhensible et peu susceptible d’atteindre l’efficacité recherchée.
  • L’organisation de la chaîne de décision se révèle très administrative, probablement militaire et centralisée à Saint Lo.

Une ligne de démarcation nucléaire

A la lecture du projet de PPI de Flamanville l’impression d’être administré prévaut avec une ligne de démarcation qui coupe le Cotentin du reste de la Manche. De « ligne d’arrêt hermétique » cette ligne est devenue pudiquement une « ligne d’accueil et d’information » anxiogène.

Il a fallu l’insistance des associations environnementales antinucléaires et critiques pour que la Préfecture vienne détailler ce PPI devant la CLI de Flamanville.

Même si une consultation publique est organisée dans les mairies du périmètre de 20 Km et en sous-préfecture, aucun débat public n’est prévu contrairement à ce que nous pourrions attendre.

Nous le déplorons et continuons à exiger un large débat public large incluant l’ensemble des populations impactées, soit l’ensemble des habitants de la Manche.

Vraiment, rien ne justifie d’exposer la population du Cotentin aux risques potentiels des 3 réacteurs de Flamanville, qui plus est près d’un EPR dont on connaît les non conformités et censé fonctionner pendant 60 ans.

Conférence de presse : un nouveau recours contre la mise en service de la cuve de l’EPR

Maire Frachisse du RSDN, André Jacques du Crilan et Laura Monnier de Greenpeace

Marie Frachisse du RSDN, André Jacques du Crilan et Laura Monnier de Greenpeace © Radio France – Frédérick Thiébot

Le 28 novembre 2018, le Réseau “Sortir du nucléaire“, Greenpeace France, le CRILAN et Stop EPR-Ni à Penly ni ailleurs ont déposé un recours devant le Conseil d’État pour faire annuler l’autorisation donnée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour mettre en service la cuve du réacteur EPR de Flamanville. Cette autorisation, ouvre la porte à un risque inacceptable pour les populations. Source RSDN 29 novembre 2018
Une autorisation qui n’aurait jamais dû être accordée

Dès 2005, l’ASN a alerté Areva NP (maintenant Framatome) et EDF des mauvaises pratiques qui régnaient à l’usine de Creusot Forges. Ignorant ces avertissements, Areva NP y a quand même fait fabriquer des éléments importants de la cuve destinée à l’EPR de Flamanville. Comme l’atteste la correspondance entre Areva et l’ASN, l’industriel a passé outre les remarques de cette dernière sur les processus de fabrication de cet équipement. Or, une fois la cuve irréversiblement installée dans le réacteur, Areva a averti l’ASN qu’elle comportait un défaut remettant en question sa solidité !

Après avoir qualifié cette anomalie de « très sérieuse », l’ASN a pourtant proposé à Areva d’introduire une demande de dérogation. Malgré les protestations de nombreux citoyens, l’Autorité de sûreté a finalement rendu un avis favorable à l’utilisation de cette cuve, puis, le 10 octobre 2018, délivré une autorisation sous réserve du changement du couvercle et de mesures de surveillance.

Pour nos associations, cette autorisation n’aurait jamais dû être délivrée. Du fait des mauvais procédés de fabrication, cette cuve ne remplit pas les caractéristiques de sûreté initialement exigées. La rupture de la cuve, qui aurait dû être « exclue », ne peut plus qu’être « prévenue » par des mesures de surveillance qui ne compenseront jamais ses défauts. Les marges de sûreté nécessaires pour faire face aux imprévus et au vieillissement d’un réacteur censé fonctionner 60 ans sont irrémédiablement entamées. Comment ne pas être inquiétés par les propos de Pierre-Franck Chevet (ancien Président de l’AN), qui affirmait le 30 novembre 2017 devant le Sénat : « Quand on fait les calculs, ça passe encore, pour faire simple, mais de manière relativement limite » ?

Une inquiétante logique dérogatoire au profit d’industriels délinquants

Sur le principe même, l’octroi de ce feu vert apparaît tout aussi inacceptable, alors même que l’ASN a été mise devant le fait accompli des mauvaises pratiques d’Areva, qui n’a pas tenu compte de ses avertissements. Il est scandaleux qu’un industriel puisse obtenir une dérogation à des règles auxquelles il a délibérément cherché à se soustraire – qui plus est sur la base de textes qui ne devraient pas s’appliquer ici.

L’ASN a-t-elle agi par complaisance envers EDF ? A-t-elle subi des pressions des milieux industriels, afin de ne pas menacer le sauvetage de la filière nucléaire ni la mise en service d’un réacteur présenté comme la clé de voûte de la relance du nucléaire français ? Bénéficiait-elle de moyens insuffisants pour pouvoir rester intransigeante et indépendante ?

Quoi qu’il en soit, cette autorisation n’aurait jamais dû être délivrée, dans la mesure où elle ouvre la voie à une dangereuse logique dérogatoire où l’ASN finira toujours par céder devant des exploitants qui la mettront devant le fait accompli. 

 

 

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Autorisation cuve – Recours 28/11/18

CP recours autorisation cuve EPR_OK

Notre Communiqué de presse

https://www.sortirdunucleaire.org/Flamanville-recours-autorisation-cuve

Voir aussi: 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/les-anti-nucleaires-lancent-une-nouvelle-procedure-judiciaire-contre-l-epr-de-flamanville-1543425966

PPI de la centrale nucléaire de Flamanville: vers un Cotentin isolé?

La consultation publique sur le PPI de Flamanville a débuté le 26 novembre et va se poursuivre dans les mairies et sous-préfecture jusqu’au 21 décembre.  Le rayon du PPI va etre porté de 10 à 20 km. 

Le  CRILAN s’inquiète d’une carte de gendarmerie qui apparaît dans la consultation publique sur le futur PPI, plan particulier d’intervention, de la centrale nucléaire de Flamanville. On y voit un trait bleu qui traverse le Cotentin de Carentan au Havre de Saint-Germain-sur-Ay. Il s’agit d’une ligne dite « d’arrêt hermétique ». le CRILAN voudrait savoir à quoi cela correspond et se demande s’il s’agit d’une frontière destinée à isoler la population de la presqu’île du Cotentin en cas d’accident nucléaire.  Tout en déplorant l’absence de réunion publique, le CRILAN posera la question le 10 décembre lors de la réunion spéciale de la CLI qui recevra la Préfecture pour un exposé du PPI.

Quand la ligne d’arrêt hermétique devient « ligne d’accueil et d’information »

Un tour de passe passe pour ne pas désigner la ligne de démarcation nucléaire du Cotentin…

Source La Presse de la Manche du 4 12 18

Cliquer sur le lien ci dessous pour agrandir la carte

CartePrefEvacuationPM

 

EPR, PPI, Livre Blanc – L’urgence de réponses claires

Ni nucléaire, ni effet de serre!

L’exposition ASN IRSN au Pavillon des Energies du Dézert est une initiative intéressante du Conseil Départemental pour informer le public. Elle n’en reste pas moins une opération de communication qui ne saurait dédouaner ses promoteurs de leurs autres responsabilités.

Au moment où le Gouvernement retarde à 2035 la part de l’énergie nucléaire au niveau de 50 %, au moment où il tue dans l’œuf la filière hydrolienne de Cherbourg, au moment où l’on s’apprête à araser le barrage hydroélectrique de Vezins, le prétendu mix énergétique a beau jeu de masquer les vraies questions que posent les centrales nucléaires vieillissantes et l’EPR.

Dans la Manche, où l’on observe une des plus fortes concentrations d’installations nucléaires au monde (La Hague, le CSM, Flamanville, l’Arsenal), la population et les associations comme la nôtre sont confrontées à de nombreuses questions sans réponses. Les CLIs qui relèvent du Conseil Départemental devraient être le cadre des réponses et de l’anticipation.

Les vieux réacteurs de Flamanville trentenaires et arrivés en bout de course doivent être rafistolés pour pouvoir durer 10 ans, 20 ans ? Certaines pièces sont pourtant réputées défectueuses comme les générateurs de vapeur. Qui s’en émeut ?

A l’EPR dont le coût va atteindre les 11 milliards, ce sont la cuve, le couvercle et les soudures du circuit de vapeur dit secondaire principal qui sont impactés par des défauts alors que l’ASN émet régulièrement des réserves avant de devoir se satisfaire des réponses du Lobby Nucléaire. Et ce n’est pas le décret gouvernemental du 3 janvier 2016 qui autorise des dérogations sur l’aptitude au service d’un réacteur non conforme qui peut rassurer la population exposée à des risques incalculables, bien au contraire. L’affaire des soudures a amené le CRILAN à déposer plainte en juillet dernier à propos de ces soudures défectueuses du circuit de vapeur dit secondaire principal, élement de sûreté s’il en est. Cette plainte au pénal déposée près du Procureur de la République de Cherbourg en lien avec le Réseau Sortir du Nucléaire et Greenpeace porte aussi sur les responsabilités relatives aux infractions constatées. Cette affaire a rebondi mercedi 3 octobre sous la forme d’une information ASN sur la défaillance de la surveillance du chantier par EDF. Qui s’en emeut?

Au moment où le Préfet doit mettre en place un PPI de la Centrale de Flamanville élargi à 20 km, et face aux risques liés à un accident nucléaire, nous sommes en droit de nous demander quel sera le sort réservé aux populations dans ce périmètre et au-delà sous l’effet des vents : confinement ? évacuation ? exode sans retour ? Le besoin d’information du public est réel : quels rôles pour l’Etat, les collectivités locales et-ou l’Armée en cas d’accident ? Mais avant, quid de la distribution d’iode, des plans communaux de sauvegarde et des PPMS (propres aux écoles) potentiellement impactés par le PPI de Flamanville ?

Suite au voyage des CLIs à Fukushima en 2017 et au moment de la finalisation des compléments au Livre Blanc sur les installations nucléaires du Cotentin, le Conseil Départemental responsable des CLIs doit apporter et exiger des réponses aux questions des CLIs.

En conclusion, nous attendons une prise en compte sérieuse des sujets ci-dessus, des réponses claires et aussi des moyens humains à la hauteur des enjeux pour les CLIs.

Les représentants du CRILAN dans les CLIs de la Manche

MERCI POUR CET EPR-PASSOIRE

MERCI POUR CET EPR-PASSOIRE retrace l’histoire de l’EPR, pur produit AREVA imposé à EDF. Tête de gondole de l’industrie nucléaire française, l’EPR se voulait pérenniser et vendre l’électronucléaire francais. Résultat: incapable d’en construire et d’en faire fonctionner un seul en France, EDF qui est en quasi faillite en voudrait 6,10,20 !?.

En empêchant le développement des énergies renouvelables, le lobby nucléaire condamne notre pays à l’impasse énergétique.

Politiquement nous observons une même stratégie éléctro-nucléaire chez Sarkozy, Hollande et Macron. Même obstination aussi pour ces 3 présidents pour vendre des EPR en Inde en zone sismique.

Au travers de l’actualité récente, l’ouvrage détaille les derniers déboires et scandales de l’EPR dont le coût va atteindre les 11 milliards:

  • Défauts relatifs aux bétons et ferraillages
  • Cuve du réacteur non conforme rendue apte au service par décret gouvernemental du 30/12/2015, publié le 3/1/2016, (oui..oui.!)
  • Couvercle non conforme mais autorisé …
  • Soudures défecteuses sur le circuit de vapeur dit secondaire principal…

Tout ceci dans un contexte aggravant de falsification de documents de production à l’usine AREVA du Creusot..

A l’occasion de de la visite de F Hollande et de B Cazeneuve dans la Manche il est utile de lire attentivement le chapitre juridique de l’EPR.

Le 18 avril 2017, le CRILAN et 7 autres associations ont déposé un recours gracieux auprès du Premier Ministre Cazeneuve contre la prolongation de 3 ans du chantier EPR. Mais celui-ci est resté sourd à cet appel, obligeant les plaignants à porter l’affaire en Conseil d’Etat.

Le dernier paragraphe ouvre le dossier de plainte au pénal déposé par Sortir du Nucléaire, Greenpeace et le CRILAN en juillet dernier près du Procureur de la République de Cherbourg. Cette plainte porte sur les soudures défectueuses du circuit de vapeur dit secondaire principal, élément de sûreté s’il en est. Elle porte aussi sur les responsabilités relatives aux infractions constatées.

Qu’on se rassure, dans notre pays où le nucléaire est devenu raison d’Etat depuis plus de 40 ans, les recours en Justice risquent peu de contrarier les plans du Lobby nucléaire… Mais qui sait ? Dans cette lutte du pot de terre contre le pot de fer, où la protection des populations passe au second plan, il reste à espérer que le pot de fer devenu passoire n’entraîne jamais un Fukushimanche et en soit donc empêché.

Le Flyer de cette Publi-Fiction est en dédicace près des militants du CRILAN dans l’esprit de convivialité habituel !

Soudures défectueuses de l’EPR: Le CRILAN porte plainte près du Procureur de la République de Cherbourg

COMMUNIQUE (20/07/2018)

Après Greenpeace et Sortir du Nucléaire, le CRILAN porte plainte auprès du Procureur de la République de Cherbourg à propos des soudures défectueuses du circuit secondaire de l’EPR.

Il s’agit d’une plainte au pénal contre EDF, Framatome et contre X en raison de graves manquements à la sûreté nucléaire.

Cette plainte prend un relief particulier après la récente consultation flash de l’ASN en vue d’autoriser des tests à chaud avec de la vapeur polluée au tritium issue des réacteurs 1 et 2 sur ce circuit secondaire situé en zone « non nucléaire » de l’EPR.

Consultation ASN sur l’EPR: Vers des essais précipités aux allures de fait accompli en dépit d’une plainte sur les soudures de l’EPR?.

COMMUNIQUE (18/07/2018)

En plein été, l’ASN nous joue la farce d’une consultation flash à propos de tests à chaud sur la partie non nucléaire de l’EPR avec de la vapeur au tritium issue des réacteurs 1 et 2.

Ce faisant, EDF veut imposer une mise en route de l’EPR alors même que celui-ci fait l’objet de nombreuses plaintes dont celle du CRILAN sur la cuve. Compte tenu des défauts récurrents observés notamment sur la cuve, le couvercle et les tuyauteries, le CRILAN demande à l’ASN de prendre ses responsabilités d’autorité de sûreté nucléaire en n’autorisant pas les essais de l’EPR, qui ne doit jamais démarrer.

Aujourd’hui c’est Greenpeace et SDN (Sortir du Nucléaire) qui portent plainte auprès du Procureur de la République de Cherbourg à propos des nombreuses soudures défectueuses du circuit secondaire qui compromettent son démarrage; certaines d’entre elles étant en autopsie.

En appui sur l’argumentaire de cette plainte, le CRILAN demande aux autorités administratives et judiciaires de mettre un terme au chantier de l’EPR afin de protéger les populations du Nord Cotentin et au-delà.

Les rendez-vous d’été du CRILAN

L’ Echappée Belle Normandie du 13 au 15 juillet à Cherbourg

Le CRILAN soutient cette échappée belle qui se dirige vers Bure

Vendredi 13 juillet 18h30 vélorution au départ de l’espace René Lebas (ici l’événement facebook).

N’hésitez pas à le partager plus nombreux on est mieux c’est 🙂
Le parcours est en pièce jointe. Il y aura ensuite un repas partagé au jardin des incroyables comestibles (chacun apporte un bon petit plat à partager)

Samedi 14 juillet

-samedi matin: marché des alternatives avec des petits stands de toutes les assos alternatives, Evelyne, Martine et Patrick seront présentes pour le CRILAN , vous pouvez donc venir nous voir dans la matinée à partir de 9h!
-samedi 15h-18h discussion sur le nucléaire avec l’association CRILAN au « club dinette » (Rue Tour Carrée)
-samedi soir: proposition de sortie au groupe de cyclistes au bal gratuit des pêcheurs à Omonville-la -Rogue

Dimanche 15 juillet au  matin: départ vers la ferme du Vastel

Du 13 au 15 juillet : Festival musical et éco citoyen « Chauffer dans la Noirceur » Plage de Montmartin sur Mer.

Le CRILAN tiendra un stand d’information pendant le festival avec Aliette, Evelyne, Anne-Marie et Jean-Marc

https://www.chaufferdanslanoirceur.org/

Du 27 juillet au 27 Aout. Nucléaire en questions : La grande Marche, de Beaumont Hague à Paris

Voir le site internet : http://lagrandemarche.org/

Des étapes, une occasion d’accompagner les marcheurs et des conférences avec chaque soir un thème différent

Le 27 juillet au Centre Thomas Hélye à Biville –  19h00
André Guillemette – Représentant de l’ACRO dans les CLI Orano La Hague et CSM
Emmanuel André – Agriculteur à Vauville
Agriculture et nucléaire peuvent-ils cohabiter?

Le 28 juillet au Siou à Siouville – 18h30
Didier Anger
L’EPR de Flamanville : des risques d’accident ?

Le 29 juillet au Sciotot aux Pieux – 18h30
Pierre Barbey –  ACRO
Les effets biologiques des radiations ionisantes : où en est-on sur la question des faibles doses?

Le 30 juillet au camping des Ormaux à Bricquebec – 18h30
Didier Anger
La Hague : retraitement ou extraction du plutonium?

Le 31 juillet à la salle des fêtes de Saint Sauveur le Vicomte – 18h30
Yannick Rousselet – Chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France
Où en est-on de la sécurité et de la sûreté nucléaire aujourd’hui?

Le 1 août à Cherbourg en Cotentin, salle des mariages, mairie de Cherbourg – 20h30
Johann Charvel
Comment convaincre son tonton d’arrêter le nucléaire un jour de repas de famille ? (Conférence gesticulée)

Le 3 août à Isigny – 18h30
Didier Anger
Le nucléaire est-il compatible avec la démocratie?

Programmation Pluriannuelle de l’Énergie-Nous sommes à un tournant!

Le 24 mai 2018, à l’initiative du Maire de Flamanville, commune d’implantation de la centrale nucléaire EDF, un débat public était organisé à la Salle du Rafiot.

Comme plusieurs associations environnementales, le CRILAN alerte constamment les autorités et la population sur la situation préoccupante de la politique énergétique française.

  • Soit nous prolongeons le système énergétique français tel qu’il existe actuellement, au risque de le mettre durablement sous perfusion, notamment avec l’argent du contribuable.
  • Soit nous actons un changement de modèle, qui s’appuie sur une baisse de la consommation d’énergie (tendance européenne actuelle) et le développement des énergies renouvelables.

La nouvelle Feuille de route énergétique de la France à 2023 et 2028 – la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) – actuellement en préparation, devrait aller clairement dans cette seconde voie.

Le débat public sur la PPE, organisé par la Commission nationale du débat public du 19 mars à fin juin 2018, devrait être l’occasion de mettre tous les sujets sur la table, qu’il s’agisse des risques et des déchets nucléaires, mais aussi des grands enjeux d’évolution de la mobilité ou encore de la massification de la rénovation performante des logements.

De même, l’implication des territoires et des acteurs locaux, la création de valeur et d’emplois, la lutte contre la précarité énergétique, la solidarité entre territoires, les transitions professionnelles ou la qualité de l’air sont des sujets qui ne devraient pas être mis de côté.

Pourtant, le Ministère de la Transition énergétique et solidaire, maître d’ouvrage du débat public sur la PPE, voudrait que ce débat soit circonscrit à seulement certains scénarios énergétiques.

Face aux résistances de l’ancien monde, les précurseurs d’un nouveau modèle énergétique pour la France montrent la voie : collectivités territoriales, entreprises, citoyens, associations ; leurs réalisations préfigurent notre futur paysage énergétique si nous le voulons.

Le gouvernement, dans le cadre de la PPE, fera un choix pour les 10 ans à venir, ce qui devrait nécessiter un débat public sans zone d’ombre.

C’est l’occasion pour le CRILAN de développer ses positions sur ce débat faussé et de rappeler quelques enjeux de cette PPE pour notre région.

En novembre 2017 RTE le gestionnaire de transport d’électricité, a publié cinq scénarios de prospective électrique. Seulement deux d’entre eux ont été retenus pour la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie en raison de leur plus faible impact supposé sur le climat.

La SFEN, association pro-nucléaire mise en avant dans le débat public, se réjouit donc que les 2 scénarios préférés par RTE soient ceux avec le moins de fermetures de réacteurs nucléaires :

  • Le Scénario Volt prévoit la fermeture de 9 réacteurs de 900 MW (hors Fessenheim) à l’horizon 2035.
  • Le Scénario Ampère prévoit la fermeture de 16 réacteurs.

Ces deux scénarios témoignent d’un manque d’ambition concernant la réduction de la part du nucléaire, sont trop conservateurs et frileux en matière d’efficacité énergétique, visent des niveaux d’exportation d’électricité irréalistes au regard des tendances actuelles de nos voisins. Ils ignorent volontairement :

  • Le scénario Watt qui prend comme hypothèse la fermeture de chaque réacteur après quarante ans de fonctionnement
  • Le scénario Hertz qui table sur la fermeture de vingt-cinq réacteurs nucléaires pour que l’atome ne représente plus que 50 % du mix énergétique d’ici 2025, conformément à l’objectif de la Loi de Transition Energétique.

Le débat sur la PPE est donc tronqué, la question climatique servant d’alibi à la promotion du nucléaire sous couvert d’un mix énergétique et d’une transition écologique de l’énergie en trompe l’œil.

Le ministre Hulot a rejeté la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique, sine die, reportant la transition énergétique à une portion congrue.

Chaque jour, de nouveaux incidents sont signalés sur nos installations nucléaires vieillissantes qu’un grand programme de « rafistolage » doit prolonger.
Nous sommes donc tous informés des risques industriels, sanitaires et sociaux du nucléaire qui pèsent sur les populations. N’aurions-nous rien vu ni à Mayak, ni à Tchernobyl, ni à Fukushima ?

Pire, nous sommes témoins des malfaçons, voire des malversations relatives à la construction et à la fabrication des réacteurs nucléaires dont l’EPR. Allons-nous laisser faire quitte à modifier les règlements pour mieux nous en accommoder comme l’industrie du nucléaire l’a déjà fait en catimini de multiples fois sans aucun débat démocratique ?
L’EPR, inutile, coûteux, dangereux, finit longuement sa construction, Fessenheim (ce grand mourant) ne devant être arrêté qu’à la mise en marche de l’EPR au terme d’un contrat léonin au profit d’EDF.

Enfin la stratégie de gestion des déchets nucléaires atteint ses limites, elle est uniquement orientée vers le retraitement-extraction du plutonium pour la production du MOX et pouvant servir à la prolifération militaire. L’enfouissement des déchets à Bure, bien que retardé, reste programmé, la Hague doublant son entreposage pour satisfaire aux besoins. Pour le CRILAN, la gestion des déchets nucléaires doit être réorientée vers le stockage à sec des combustibles usés et vers la neutralisation du plutonium.

Pendant ce temps, les lanceurs d’alerte qui mettent en évidence les défauts de sûreté et de sécurité des installations nucléaires sont trainés en justice et sévèrement condamnés. Ils devraient plutôt être félicités pour service rendu.

Ici, dans le Cotentin nous sommes témoins de la valse-hésitation du Gouvernement sur la promotion des énergies renouvelables :

Où en sont les hydroliennes promises à Cherbourg ?

Où seront implantées les premières éoliennes en mer que l’on promet de construire à Cherbourg ?

Autant de questions qui interrogent sur la volonté des Pouvoirs Publics depuis trop longtemps soumis au lobby nucléaire … pour que rien ne change !