Voie de contournement Ouest de Cherbourg et EPR: l’indigne marchandage

Photo Crilan

Communiqué de Presse CRILAN du 25 février 2021

Les élus du Département et de la CAC s’engagent sur le financement de la voie de contournement ouest de Cherbourg.
Assortir cette réalisation à l’emploi de l’argent escompté sur le démarrage de l’EPR est un marchandage indigne sur le dos de la sécurité de la population.

Reconnu comme un désastre industriel, l’EPR ne saurait servir de monnaie d’échange pour acheter les consciences. Nous espérons plutôt qu’il ne démarrera jamais.

En finances publiques le principe vaut qu’il ne peut y avoir d’affectation d’une recette à une dépense particulière ; les hypothétiques recettes de l’EPR ne peuvent donc pas être pré-affectées. 

Dans le cadre des deux  PPI (Plans particuliers d’intervention) de La Hague et de Flamanville et afin d’anticiper l’évacuation de la population en cas d’accident nucléaire, il est particulièrement urgent de traiter les points noirs sur les routes de Flamanville et de Jobourg vers Délasse notamment sur le tronçon Virandeville-Delasse.

Il y a 4 ans une délégation des CLI de la Manche était reçue à Fukushima au moment du 6e anniversaire de la catastrophe. Un maire a insisté près de nos élus pour faire des routes « les plus larges possible » afin de pouvoir évacuer en cas d’accident nucléaire.

A la veille du 10e anniversaire de cette catastrophe toujours en cours, puisse ce conseil être entendu par nos élus et par l’Etat qui nous impose une quasi mono industrie nucléaire au mépris de notre sécurité.

Derrière la longue attente du passage des camions d’uranium pour l’EPR, le jeu de cache-cache d’EDF

Viendra , viendra pas, passera , passera pas, c’est l’arlésienne pour les camions chargés de combustible pour l’EPR en construction. Peut-etre qu’EDF attend l’heure du couvre feu pour lancer ses camions sur les routes et arriver à Flamanville à l’heure ou aucune protestation se a possible.

Ce matin à Virandeville une trentaine de personnes de Greenpeace , du CRILAN, d’EELV , de l’ACRO, du CREPAN, et des individuels sont venus camper leurs oriflammes et banderoles afin d’accueillir les camions du désastre nucléaire tant redouté.

Pour le CRILAN c’était la première sortie de la banderole: “FukushiManche non Merci”, sortie bien arrosée par la pluie fine du Cotentin.

La presse locale était là, la télé FR3 aussi, et même une Télé allemande ; un journaliste japonais avait fait le voyage de Paris.

Les militants se sont promis de se revoir prochainement sur le chemin du combustible…

Ci dessus, l’équipe du Crilan derrière la banderole;

en dessous , vue d’ensemble du rassemblement avec les banderoles , drapeaux et oriflammes

Ci dessous épilogue de la journée: Coucou les voila ! les camions A Benoistville le soir et en plein couvre feu Greenpeace était là par le plus grand de ses secrets et artifices !

Aucune description de photo disponible.

Second transport de combustible pour l’EPR: appel à manifestation le 2 février à Virandeville

La loi dite de « sécurité globale », une menace pour la liberté d’expression des associations antinucléaires et les autres.

Illustration de Meybeck avec l’autorisation de l’auteur pour le Crilan

Le mouvement écologiste et antinucléaire est depuis longtemps confronté à la répression policière et à l’acharnement judiciaire.

Assimilant les militants à des terroristes devant être fichés S, les pouvoirs politiques qui se sont succédé n’ont eu de cesse de réprimer les actions de contestation par la violence, le tout en absence de débat démocratique dans notre pays sur les choix énergétiques.

Résistances antinucléaires :

Depuis 1975 l’opposition aux centrales nucléaires s’est confrontée à la police, le slogan « Société nucléaire, société policière » est hélas toujours d’actualité.

En 1977 A Creys-Malville près de Lyon Vital Michalon est mort lors des confrontations avec la police lors des manifestations contre le surgénérateur nucléaire qui fut abandonné ensuite par Jospin. Pollué par la radioactivité, ce réacteur dangereux est en déconstruction pour un coût maximal après avoir très peu fonctionné.

En 1980, à Plogoff en Bretagne, une lutte historique et populaire contre un projet de centrale nucléaire s’est soldée par son abandon par François Mitterrand.

Face aux forces de police, c’étaient « des pierres contre des fusils » selon le titre du film qui a suivi.

A Montabot dans la Manche 25 jeunes ont été blessés en juin 2012 à l’occasion d’un rassemblement contre la ligne THT Cotentin Maine. Traversant la Manche et condamnant de nombreuses fermes, cette ligne est destinée à acheminer l’électricité produite par l’EPR de Flamanville. Le conflit opposa de nombreux paysans et élus contre l’Etat au prix d’un harcèlement qui verra un maire démissionner de ses fonctions.

Outre Notre Dame des Landes, une lutte environnementale en opposition au barrage de Sivens a vu la mort de Rémi Fraisse lors d’un engagement absurde des forces armées. Même la gauche s’est révélée incapable de gérer un tel conflit avant l’abandon du projet.

A Bure, le projet d’enfouissement à 500 m sous terre des déchets nucléaires à vie longue au CIGEO a vu naître une contestation. Le laboratoire d’études de la faisabilité du projet est devenu un laboratoire de la répression des antinucléaires.

Reporterre rapporte « que des dizaines de personnes ont été placées sur écoute, un millier de discussions retranscrites, plus de 85.000 conversations et messages interceptés, plus de 16 ans de temps cumulé de surveillance téléphonique.  L’information judiciaire ouverte en juillet 2017 est une machine démesurée de renseignement sur le mouvement antinucléaire de ce village de la Meuse, selon les documents qu’ont consultés Reporterre et Mediapart ». Selon Reporterre l’enquête pénale ouverte en juillet 2017 contre les opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo dans la Meuse, a coûté un million d’euros de frais de justice et de gendarmerie. Il faut y ajouter 700 millions environ de subventions pour les collectivités locales afin de favoriser l’acceptation du projet.

Durant cette enquête les militants mis en cause ont eu l’interdiction d’entrer en contact, de participer à des réunions, une véritable mise à l’isolement comme le montre Meybeck dans son illustration ci-dessus.

Et tandis que plusieurs études économiques et scientifiques montraient la fragilité du projet Cigéo, estimé à 35 milliards d’euros, une résistance populaire a repris vigueur dans la région. C’est cela que l’État a voulu casser avec des moyens que l’on ne mobilise nulle part ailleurs.

Avec cette répression policière et judiciaire démesurée, c’est en fait l’expression démocratique qui est empêchée, comme l’a montrée l’enquête approfondie menée par Marie Barbier, pour Reporterre, et Jade Lindgaard, pour Mediapart [1].

Ce mois de janvier 2021 Libération révèle les « incertitudes » de l’Autorité environnementale sur ce projetLes associations opposées au projet saluent un «avis explosif»…Le Gouvernement va-t-il s’entêter dans ce projet ?.

Au Tricastin des militants de Greenpeace attendent de passer en justice pour avoir voulu lancer l’alerte sur les réacteurs vieillissants et dangereux. L’Etat fait la sourde oreille.

40 ans de grand malentendu sur la question du nucléaire civil et militaire se sont donc installés en absence de débat démocratique dans notre pays. Cette situation nous vaut un retard phénoménal dans la transition énergétique mais aussi la situation de faillite d’EDF, d’AREVA et d’ORANO portés à bout de bras par les finances publiques. Le projet Hercule n’en est que l’illustration pour EDF.

Les décisions que l’ASN a prises au regard de l’EPR notamment sur sa cuve, ont validé la fuite en avant d’un chantier catastrophique avant que le Ministre de l’Industrie ne vienne à reconnaître ce fiasco qui perdure. Le tout dans un entêtement hors du commun au prix de 19 milliards d’euros et de la sécurité future des populations du Cotentin et au-delà.

Le nucléaire c’est un Etat dans l’Etat, les gouvernements ont toujours pris appui sur le Conseil d’État pour asseoir leurs choix et on le voit régulièrement en ce qui concerne l’EPR.

C’est ce même Conseil d’Etat qui vient d’« estimer que la loi sécurité globale ne porte pas une atteinte disproportionnée à la liberté d’opinion, de conscience et de religion ou à la liberté syndicale. »

Un Etat autoritaire ne ferait pas mieux.. Comment notre pays a-t-il pu en arriver là ?

A force de rivaliser avec les positions de l’extrême droite, le gouvernement est entré sur une voie sans issue au mépris des libertés publiques. La dérive engagée avec la loi dite de sécurité globale démontre jour après jour un projet inacceptable pour ceux qui ont placé la défense des droits de l’homme, du monde du travail et de l’environnement comme principes fondateurs du vivre ensemble.

En contact avec des militants des droits de l’homme de la région Cherbourgeoise, le CRILAN a pris sa place dans le Comité pour les libertés publiques de Cherbourg constitué dès 2018 au moment des violences policières contre les Gilets Jaunes. 

A ce moment, le Collectif s’est rapproché des parlementaires au sujet des lois liberticides en préparation.

Au Crilan, nos contacts avec les militants de Bure nous ont amenés à accueillir une délégation à Cherbourg en février 2019 afin de rendre visible l’acharnement dont ils étalent victimes :  militants interdits de se rencontrer, surveillés etc. Une soirée en présence de deux avocats caennais a permis de faire le lien entre la répression vécue à Montabot et celle vécue à Bure.


Avec la loi dite de « sécurité globale » nous savons qu’un nouveau pas serait franchi avec un gouvernement autoritaire rivalisant avec le Rassemblement National dans l’abjection totalitaire.

La loi d’urgence sanitaire liée à pandémie de Covid19 et son cortège de mesures sécuritaires ont fait entrer notre pays dans une réelle sidération. Des troubles psychologiques, des dépressions naissent du fait de la suspension des activités scolaires, universitaires, professionnelles et sociales habituelles qui favorisaient le lien social.

C’est ce moment que le gouvernement a choisi pour sortir un arsenal de mesures répressives contre les libertés publiques.

La loi dite de « sécurité globale » :

Déjà en 2008 le fameux fichier baptisé “Edvige”, qui prévoyait notamment de recenser des personnes exerçantes ou ayant exercé un mandat politique, syndical ou économique, avait suscité un tel tollé qu’il a été retiré. Avec la loi « sécurité globale » le gouvernement développe un arsenal répressif et autoritaire qui remet en cause les libertés fondamentales de toutes et tous. Il profite de l’état d’urgence sanitaire qui confie à l’Exécutif des pouvoirs exceptionnels pour faire passer des lois et promulguer des textes qui portent atteinte aux libertés et aux droits sociaux.
Cette loi crée un précédent dans l’histoire de notre pays. Elle représente un véritable tournant dans l’instauration d’une surveillance généralisée et dans l’atteinte à la liberté de la presse et la liberté d’observer.


Elle s’inscrit dans un continuum sécuritaire avec une succession de textes liberticides:

✓ Le Schéma national du maintien de l’ordre valide la stratégie du conflit et porte notamment atteinte à la liberté de la presse.

✓ Le projet de loi dite « confortant le respect des principes de la République » ou « séparatismes » s’en prend à la liberté d’association ; on pourra ainsi neutraliser les organisateurs avant même une manifestation sur la seule « intention » de manifester.

✓ Trois décrets du 2 décembre dernier, validés par le Conseil d’Etat, autorisent le fichage généralisé des personnes en fonction de leurs opinions, mais également de leur appartenance syndicale.

✓ Un amendement à la loi de programmation de la recherche criminalise le droit à manifester des étudiants qui heureusement vient d’être censuré par le Conseil d’Etat.

Les associations dans le viseur

Les décrets, publiés le 4 décembre après un avis favorable du Conseil d’État, autorisent policiers et gendarmes à faire mention des “opinions politiques”, des “convictions philosophiques et religieuses”, et de “l’appartenance syndicale” de leurs cibles, alors que les précédents textes se limitaient à recenser des “activités”. Identifiants, photos et commentaires postés sur les réseaux sociaux y seront aussi listés, tout comme les troubles psychologiques et psychiatriques “révélant une dangerosité particulière”. Outre les personnes physiques, les “personnes morales”, telles que les associations, sont également visées.De la prévention des atteintes à la sécurité publique au délit d’opinion, il n’y a qu’un pas. Déjà le Gouvernement souhaitait se libérer des « corps intermédiaires » que constituent des syndicats et associations. Le projet gouvernemental s’inscrit désormais dans une surveillance de masse qui ne dit pas son nom et dont rêverait un gouvernement autoritaire s’il venait aux affaires.

Mais une loi peut en cacher une autre..

Pour un collectif d’associations et de chercheurs, la loi Séparatismes, « qui a pour objectif d’encadrer, contrôler et sanctionner davantage l’action associative, constitue une menace grave pour l’ensemble de leurs actions[2]. Cette loi déstabiliserait l’ensemble des associations pourtant si essentielles face aux épreuves que nous traversons et pour notre démocratie ».Pour la défenseure des droits, ce projet de loi comporte : “des risques d’atteinte à la liberté d’expression”.

                               A nous de résister solidairement !


Quand ils sont venus me chercher….

« Quand la police est venue chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les anarchistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas anarchiste

Quand ils sont venus chercher les antinucléaires, je n’ai rien dit, je n’étais pas antinucléaire

Quand ils sont venus chercher les écologistes je n’ai rien dit, je n’étais pas écologiste

Quand ils sont venus chercher les avocats, je n’ai rien dit, je n’étais pas avocat

Quand ils sont venus chercher les militants des droits de l’homme, je n’ai rien dit, je n’étais pas militant

Quand ils sont venus chercher ceux qui aident les réfugiés, je n’ai rien dit, je n’aide pas les refugiés

Quand ils sont venus chercher les homosexuels, je n’ai rien dit, je n’étais pas homosexuel

Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »

Le texte ci-dessus est une adaptation de « Quand ils sont venus me chercher »… d’après le  pasteur Martin  Niemöller (1892–1984) sur la lâcheté des intellectuels allemands au moment de l’accession des nazis au pouvoir et des purges qui ont alors visé leurs ennemis, un groupe après l’autre.


[1] https://reporterre.net/A-Bure-l-agence-des-dechets-nucleaires-se-paie-des-gendarmes

[2] https://www.liberation.fr/debats/2021/01/21/loi-separatisme-une-grave-atteinte-aux-libertes-associatives_1818075

Le Sevmorput cargo à propulsion nucléaire et en avarie est passé en Manche vers Saint-Pétersbourg

Ecrit le 23 déc, modifié le 25 déc

Le dernier navire marchand à propulsion nucléaire encore en activité, le Sevmorput a cinnu une importante avarie ,Il s’agit d’un cargo russe dont le moteur principal est un réacteur nucléaire de 135 mégawatts. Il devait livrer une cargaison sur une base scientifique en antarctique.

Après un périple hasardeux au large de l’Afrique ou aucun port n’a voulu le recevoir, le cargo est en route vers Saint-Pétersbourg. le 23 décembre, Il est entré en mer de la Manche après avoir passé au large de la Bretagne.

Il a perdu deux pales de sa seule hélice . C’est pourquoi sa vitesse est réduite de moitié. Pour rappel, l’hélice et l’arbre porte-hélice du navire ont été remplacés dans un chantier naval de Saint-Pétersbourg il y a quelques mois.

http://7seizh.info/2020/12/21/cargo-nucleaire-pour-robin-des-bois-le-sevmorput-devient-savemorput/#

http://7seizh.info/2020/12/15/un-navire-atomique-en-avarie-se-dirige-vers-la-bretagne/

Robin des bois souligne que l’Union européenne “est dans l’incapacité d’imposer et de coordonner un plan d’accompagnement ou de remorquage du navire tout au long de son périple retour. Les deux réponses de la Commission européenne à Robin des Bois montrent que les difficultés techniques auxquelles le Sevmorput est confronté sont banalisées . L’Union européenne se contente d’un rôle d’observateur.”

Au matin du 23 décembre ” les trois seuls endroits refuge pour le Sevmorput en cas de difficultés supplémentaires seraient la rade de Brest, la rade de Cherbourg ou la baie de Seine.”

Robin des Bois persiste à recommander l’option préventive d’un remorquage, préférable à l’option d’une intervention en situation d’urgence.

Le plan ORSEC maritime que le préfet de l’Atlantique évoque dans sa réponse à Robin des Bois comporte un volet NUCMAR.

Depuis le 23 décembre au matin et jusqu’a son passage vers la Mer du Nord, le Servmoput est accompagné de trois remorqueurs successifs selon Seiz Infos et la Presse de la Manche

L’Abeille Bourbon remorqueur de haute mer affrété par la marine nationale pour couvrir le golfe de Gascogne et le large de la Bretagne.

Le Polarstern  navire de recherches du gouvernement allemand, capable de faire des prélèvements et des analyses en mer de résidus chimiques ou radioactifs. Tiens tiens , on s’inquiète chez nos amis allemands….

L’abeille Liberté qui est en poste à Cherbourg a accompagné le navire de la pointe Bretagne à la baie de Seine avant que ne relais soit pris par un autre remoqueur accompagnant dans traffic de 250 navires par jours, l’Abeille Languedoc

Pour suivre le navire qui se trouve au large des PAYS BAS ce 25 décembre

https://www.vesselfinder.com/fr/?imo=8729810

Le cadre européen est lacunaire:

“Aucun dispositif coordonné entre les pays de l’Union Européenne n’est prévu pour parer à l’éventuelle dérive de cette centrale nucléaire flottante et pour désigner un éventuel port refuge. En cas de collision ou d’échouage provoqué par sa manœuvrabilité amputée, les pays riverains se perdront dans un vide technique et juridique. La Convention de Bruxelles relative à la responsabilité des exploitants de navires nucléaires signée en 1962 n’est jamais entrée en vigueur, faute d’un nombre suffisant de ratifications. Cependant, en France le Code des transports a fixé le montant de la responsabilité de l’armateur d’un navire nucléaire au maximum à 76 millions d’euros, une somme dérisoire au regard des dommages qui résulteraient d’un accident de mer du Sevmorput.”

Dans un article 18 décembre sur son blog Michèle Rivasi députée européenne déclare qu’avec ses collègues députés européens:

“Pas de pollution radioactive pour Noël”

Nous sommes alarmés par le fait qu’il n’existe pas de dispositif coordonné entre les pays de l’Union européenne, ni d’institution internationale pour faire face à la dérive possible de cette centrale nucléaire flottante. Aucune protestation officielle n’a été formulée à propos de ce porte-conteneurs à propulsion nucléaire endommagé dont le naufrage, l’incendie ou la collision avec un iceberg provoquerait une catastrophe sans précédent et démontrerait la myopie de la communauté internationale.

En tant que députés européens, nous demandons à la Commission européenne de coordonner avec les autorités russes, l’Organisation maritime internationale (IMO) et l‘Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour gérer que toute l’aide technique et logistique nécessaire pour empêcher la dérive de ce porte-conteneurs à propulsion nucléaire soit assurée.

Une décision doit être soigneusement étudiée et coordonnée afin de désigner un port de refuge sûr doit être rapidement choisi. Nous appelons à mettre à l’ordre du jour international la fin des navires à propulsion nucléaire dans nos mers”.

l’article de Michèle Rivasi

EELV Bretagne et Normandie- Cotentin sont les seules organisations à avoir réagi à cet évenement qui aurait pu transformer nos côtes en un Erika atomique …

Merci à Robin des bois:

https://robindesbois.org/

au site breton Seiz info :

http://7seizh.info/

et à l’association morglaz

WWW.MORGLAZ.ORG

pour leur vigilance..

Le communiqué EELV Bretagne

Mise en service partiel de l’EPR: protestation commune des associations CRILAN Greenpeace ACRO CREPAN et élu-es EELV membres de la CLI de Flamanville

ASN a délivré son autorisation   pour la  mise en service partiel de l’EPR,  l’entreposage du combustible et des essais avec des gaz radioactifs.  

Les associations antinucléaires  et critiques membres de la CLI de Flamanville et appartenant au  CREPAN , au CRILAN et à Greenpeace et les élu-es EELV protestent contre cette fuite en avant alors que Greenpeace et Mediapart viennent de révéler d’importantes  failles de sécurité sur le site de Flamanville.

Notre  communiqué (joint) souligne le contexte du chantier de l’EPR et  le recours exercé  le 7 décembre dernier près du  Conseil d’Etat contre cette autorisation par le CRILAN , Greenpeace,  le Réseau Sortir du Nucléaire et « Stop EPR ni à  Penly ni ailleurs »

Il s’agit d’un recours en référé-suspension et au fond. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés..

Communiqué des associations et élu-es antinucléaires

et critiques membres de la CLI de Flamanville

ACRO, CREPAN, CRILAN, EELV, GREENPEACE

8 décembre 2020

Protestation collective contre le démarrage partiel de l’EPR, le transport de combustible et les essais avec des gaz radioactifs.

Dans le cadre de l’autorisation de démarrage partiel de l’EPR donnée par l’ASN, et avant l’hypothétique deuxième transport de combustible destiné à charger le réacteur de l’EPR, les associations et les élus antinucléaires siégeant à la Commission Locale d’Information de Flamanville (CLI), protestent contre l’obstination d’EDF et donc de l’État à vouloir démarrer coûte que coûte ce réacteur calamiteux.

Rien ne justifie cette précipitation, alors que le réacteur ne pourra pas démarrer avant 2022 dans le meilleur des cas.

Des recours juridiques sont toujours en attente de décision. Ils concernent les nombreuses malfaçons et deux décrets dérogatoires à l’esprit de la loi, prolongeant l’autorisation de la construction qui aurait dû être achevée en 2017 au plus tard.

Pour rappel l’autorisation était limitée à 10 ans (de 2007 à 2017) afin de permettre une réévaluation du projet tant pour des raisons technologiques que financières, ce qui aurait pu changer les conditions pour obtenir ou non une nouvelle autorisation.

D’ailleurs c’est bien ce qui se serait passé, après les dérives constatées et le coût du kWh issu des énergies renouvelables à présent meilleur marché que le kWh provenant du nucléaire.

Pour EDF, l’une des justifications inavouables de ces transports est bien d’exercer une pression sur les autorités pour rendre le démarrage inéluctable une fois le réacteur chargé.

Or un nouvel évènement est intervenu dimanche 6 décembre avec la révélation par Greenpeace et Médiapart de documents confidentiels en circulation et relatifs à la sécurité du site. 

L’EPR est donc touché au cœur de sa sûreté et de sa sécurité.

Tout cela, nos organisations ne peuvent pas l’accepter.

C’est pourquoi certaines de nos associations viennent d’engager un référé auprès du Conseil d’Etat pour demander la suspension puis l’annulation de l’autorisation de démarrage partiel de l’EPR, de l’acheminement du transport du combustible et des essais avec des gaz radioactifs.

A défaut de décision favorable nous donnerons rendez-vous à la population sur le parcours du combustible pour exprimer notre refus face à cette dangereuse fuite en avant.

EPR de Flamanville : quatre organisations saisissent la justice pour suspendre son démarrage partiel, le transport de combustible et les essais radioactifs

Communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire”, Greenpeace France, CRILAN, Stop EPR Ni à Penly Ni Ailleurs 7 décembre 2020

Le Comité de Réflexion, d’Information et de Lutte Anti-Nucléaire (CRILAN), Greenpeace France, le Réseau “Sortir du nucléaire”, et le collectif “STOP EPR ni à Penly ni ailleurs” déposent aujourd’hui un recours devant le Conseil d’Etat contre l’autorisation de mise en service partielle de l’EPR de Flamanville délivrée par l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN).

Depuis deux mois, EDF est autorisée à livrer du combustible nucléaire sur le site de Flamanville et à mener des essais avec des gaz radioactifs sur les installations, alors que l’état du chantier ne le justifie absolument pas. Le 26 octobre dernier, un premier transport d’uranium enrichi a été effectué de Romans-sur-Isère à Flamanville. Dans l’attente du jugement du recours, un référé-suspension a également été introduit aujourd’hui pour empêcher toute nouvelle livraison et limiter au maximum la contamination d’installations qui n’entreront peut-être jamais en service.

Les nombreuses anomalies et failles de sécurité qui touchent le chantier de l’EPR rendent injustifiable une mise en service partielle. Greenpeace France et Mediapart révélaient dimanche 6 décembre que des milliers de pages de documents confidentiels touchant à la sécurité du site sont en circulation en dehors d’EDF et de ses sous-traitants. La mise en service partielle de l’EPR fait courir des risques inutiles aux travailleurs, à la population et à l’environnement.

Par ailleurs, la demande d’EDF de mise en service partielle de l’EPR date de 2015. L’ASN avait au maximum deux ans pour se prononcer sur cette demande, ce qu’elle n’a pas fait. Dans ce domaine, une absence de réponse de l’ASN vaut rejet et oblige EDF à déposer une nouvelle demande. Cela n’a pas été fait : c’est une nouvelle démonstration du laxisme de l’ASN à l’égard d’EDF.

Enfin, l’impact environnemental de cette mise en service partielle n’a pas été questionné. Le droit de l’Union européenne requiert pourtant, lorsqu’un projet a fait l’objet d’une étude d’impact lors de la délivrance d’une première autorisation, que la question de son actualisation soit posée à chacune des autorisations délivrées ultérieurement.

Mis bout à bout, les déboires de l’EPR démontrent l’incapacité industrielle d’EDF à mener ce chantier. A l’heure où le gouvernement français s’interroge sur la construction de nouveaux EPR, la preuve est faite que cette option serait une dangereuse et coûteuse impasse. Si Emmanuel Macron, qui doit visiter demain l’usine Framatome du Creusot, affirme avoir besoin du nucléaire, la planète, elle, n’en a pas besoin.

Contacts presse :

Marie Frachisse (juriste, Réseau “Sortir du nucléaire”) – 07 62 58 01 23

Cécile Génot (Greenpeace France) – 06 30 23 52 78

Guillaume BLAVETTE (STOP EPR) – 06 62 29 50 48

André Jacques (CRILAN) – 06 08 84 22 22

Retrouver le dossier juridique sur le site de Sortir du Nucléaire

Françafrique et nucléaire: VisioConférence samedi 21 novembre à 18h

Organisé par Festival des Solidarités Internationales à LilleSurvie 

Évènement en lignehttps://facebook.com/surviefrance/live

🇫🇷☢ L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire est un mythe. En effet, l’uranium qui alimente le nucléaire civil et militaire provient pour une large part du sous-sol africain. Dictatures, pollutions, conflits armés : la demande de ce minerai a des conséquences dramatiques dans les pays producteurs en Afrique !
☣☠️ Nous consommons toutes et tous de l’énergie et cela a un impact concret. L’extraction de l’uranium nuit à la bonne santé et au bien-être des populations locales : la pollution est invisible et s’infiltre jusque dans les nappes phréatiques.
📣 Le collectif de l’Astragale et l’association Survie invitent Raphaël Granvaud afin de présenter l’histoire de cette politique extractiviste de la France en Afrique. Cette rencontre abordera les conséquences politiques, environnementales, sanitaires et sociales de l’exploitation de l’uranium notamment au Niger🇳🇪, ou Orano (ex-Areva) est implanté depuis des décennies.
Évènement en ligne et en direct via l’adresse => https://facebook.com/surviefrance/live
Avec :
Raphaël Granvaud, auteur de :
– « Areva en Afrique – Une face cachée du nucléaire français », éditions Agone, 2012 (Nouvelle édition réactualisée en 2015).
=> https://boutique.survie.org/les…/56-areva-en-afrique.html– “Que fait l’armée française en Afrique ?”, éditions Agone, 2009
=> https://boutique.survie.org/…/55-que-fait-larmee…

Cet échange sera animé par Nicolas Charbonneau, membre de Survie Isère ainsi que du réseau sortir du nucléaire et de la CRIIRAD.

Cet événement était initialement prévu en présentiel à Lille dans le cadre du festival des solidarités internationales … merci au collectif de l’Astragale et à Survie Nord à l’origine de cette initiative soutenue par la mairie et de la fondation de Lille. Un grand MERCI aux différents partenaires bénévoles qui ont permis de maintenir cet événement en nous accompagnant pour son passage en format numérique !- – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –📢 ENSEMBLE CONTRE LA FRANCAFRIQUE !L’association @Survie s’oppose à toutes les formes d’intervention néocoloniale française en Afrique, et milite pour une refonte de notre politique étrangère sur le continent.Survie propose une analyse critique et des modalités d’actions pour exiger la fin de l’ingérence et un contrôle réel des choix politiques faits en notre nom. Elle rassemble les citoyennes et citoyens qui désirent s’informer, se mobiliser et agir au sein d’une vingtaine de groupes et de relais locaux.https://survie.org
Facebook.com/surviefrance
Twitter : @SurvieVoir moins

Autorisation de mise en service partielle de l’EPR de Flamanville : une décision incompréhensible qui conforte EDF dans le fait accompli

Communiqué Du Réseau Sortir du Nucléaire du 13 octobre 2020

https://www.sortirdunucleaire.org/Autorisation-de-mise-en-service-partielle-de-l

Le 8 octobre, l’Autorité de sûreté nucléaire a délivré à EDF une autorisation de mise en service partielle pour l’EPR de Flamanville. Celle-ci l’autorise à commencer certains tests nécessitant le recours à des gaz radioactifs, ainsi qu’à réceptionner et entreposer le combustible destiné au réacteur. Dans les prochaines semaines et pendant plusieurs mois, au moins 30 camions chargés de combustible nucléaire feront donc le chemin vers la centrale depuis l’usine Orano de Romans-sur-Isère (Drôme), au rythme de deux par semaine minimum.

Cette décision est incompréhensible au vu de l’état du réacteur, criblé de malfaçons et qui doit déjà faire l’objet de lourdes réparations dont la faisabilité n’est d’ailleurs toujours pas confirmée. Alors que le réacteur ne démarrerait pas avant plusieurs années (s’il démarre un jour !), pourquoi autoriser à y acheminer dès maintenant le combustible nucléaire, et à l’entreposer sur un site où les incidents sont légion ? Rappelons que la centrale de Flamanville est toujours placée sous surveillance renforcée. En accordant cette autorisation absurde, l’ASN a accepté de conforter EDF dans sa démarche de fait accompli, et lui a permis de présenter cette mise en service comme irrévocable et irréversible.

Aux côtés des associations du Grand Ouest, nous réaffirmons que ce réacteur ne doit jamais entrer en service. Dangereux et inutile, il enfermerait la France dans l’impasse nucléaire pour des décennies supplémentaires, à rebours de toute transition digne de ce nom.

Nous appelons à arrêter de soutenir au plus vite une filière nucléaire dépassée qui, à l’image de l’EPR, constitue un gouffre financier et menace toute l’Europe.

L’EPR de Flamanville ne doit pas entrer en fonctionnement ! Nous saisissons le Conseil d’Etat suite à la seconde prorogation de son décret d’autorisation

Communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire”, Greenpeace France, France Nature Environnement, France Nature Environnement Normandie, CRILAN, Stop EPR Ni à Penly Ni Ailleurs

Communiqué du 25 septembre 2020

Le 25 mars 2020, en plein confinement, le gouvernement a publié un décret prorogeant à 2024 la validité du décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville, qui fixait auparavant à avril 2020 sa date limite de mise en service.

Nos associations dénoncent fermement cette obstination du gouvernement à tolérer la poursuite de ce chantier catastrophique, malgré les multiples malfaçons et scandales qui l’affectent et les sommes considérables déjà englouties. Dangereux et rafistolé avant même d’avoir démarré, ce réacteur ne devrait jamais entrer en service.

En outre, ce décret modificatif publié à la va-vite en plein confinement passe sous silence le fait que l’état actuel du réacteur, criblé de malfaçons, ne correspond plus à ce qui était exigé dans le décret initial, et qu’EDF ne dispose manifestement plus des capacités financières et techniques requises pour mener à bien le chantier. Au regard de la jurisprudence européenne, se contenter d’une simple modification des dates est donc manifestement illégal, et surtout profondément malhonnête.

Le 26 mai 2020, nos associations ont déposé deux recours gracieux auprès du Premier ministre demandant le retrait du décret modificatif et l’abrogation du décret initial d’autorisation de création. En l’absence de réponse, nous saisissons aujourd’hui le Conseil d’État. La complaisance envers EDF et ses projets calamiteux doit cesser !

Contacts presse :

Marie Frachisse (juriste, Réseau “Sortir du nucléaire”) – 07 62 58 01 23

Guillaume BLAVETTE ( FNE et FNE Normandie ) – 06 62 29 50 48

André Jacques (CRILAN) – 06 08 84 22 22

Avocat : Maître Samuel Delalande – 06 01 95 93 59

Retrouver le dossier juridique

Un décret modifié à la va-vite, alors que l’état du réacteur ne correspond plus aux exigences initiales

Le 25 mars 2020, en plein confinement, un décret prorogeant de quatre ans la validité du décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville a été publié. En quelques lignes, ce décret modificatif – déjà le deuxième de ce type [1] – fixe la date limite pour sa mise en service à 2024, contre 2020 auparavant [2]. Le gouvernement a procédé en catimini, sans procédure de participation du public, comme s’il s’agissait simplement d’actualiser formellement une date devenue obsolète en raison des retards successifs du chantier. Pourtant, l’état du réacteur n’a plus grand-chose à voir avec ce que décrit le décret d’autorisation de création initial.

Celui-ci prévoyait en effet que les exigences de conception et de fabrication devaient être telles qu’on puisse exclure la rupture de composants majeurs comme la cuve ou les tuyauteries des circuits primaires et secondaires. Entre-temps, d’importants défauts ont été découverts sur le couvercle et le fond de cuve, si bien que sa rupture ne peut être exclue [3]. Ce risque de rupture concerne également huit soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur, affectées de malfaçons [4], qui devront faire l’objet de réparation – sachant que l’Autorité de sûreté nucléaire n’a toujours pas validé le procédé proposé par EDF. Et ces problèmes ne représentent probablement que la partie émergée de l’iceberg, de nouvelles « non-conformités » étant régulièrement découvertes [5] !

Une prorogation du décret initial intenable au regard de la situation d’EDF

Le décret de création initial exigeait également qu’EDF dispose des capacités techniques et financières nécessaires pour construire le réacteur et s’assurer des charges futures.

13 ans après le début du chantier, EDF a apporté la démonstration flagrante de son incapacité à le mener à bien : litanie de malfaçons sur le site et dans les usines des fabricants, surveillance déficiente des prestataires, exigences de qualité non transmises aux fabricants… Comme le souligne l’Autorité de sûreté nucléaire, il ne s’agit pas d’une expérience qui se serait perdue faute de construire des réacteurs, mais d’un manque de rigueur et d’une perte de compétence professionnelle touchant l’ensemble de la filière. Le gouvernement nage donc en pleine contradiction, ayant accordé cette prorogation alors qu’il a lui-même reconnu publiquement cette perte de compétence et de rigueur lors de la remise du rapport Folz !

Quant à la situation financière d’EDF, elle s’avère tout aussi inquiétante. Plombée par une dette évaluée à 41 milliards d’euros fin 2019, l’entreprise aurait déjà disparu sans le soutien de l’État et l’argent des contribuables, ce qui fait peser un doute sérieux quant à sa capacité à assurer ses charges de long terme. Elle vient de lancer un vaste plan d’économies, prévoyant même d’économiser sur la maintenance des réacteurs ! L’endettement d’EDF est d’ailleurs en partie lié à l’explosion des coûts de l’EPR de Flamanville, la Cour des comptes évaluant désormais le montant total du projet à 19,1 milliards d’euros. Et la réforme du prix de revente de l’électricité nucléaire ne devrait pas permettre à EDF de rentrer dans ses frais. En effet, la Commission de Régulation de l’Électricité estime que le surcoût de l’EPR, résultant d’erreurs commises par EDF, n’a pas à être répercuté sur ce prix de revente [6].

Le gouvernement faisant la sourde oreille, nous agissons en justice !

Au regard de l’évolution de la situation, se contenter d’une simple actualisation de la date du décret initial est donc manifestement illégal (au regard de la jurisprudence européenne récente [7] , ces modifications auraient nécessité une nouvelle ou, a minima, une réactualisation de l’évaluation environnementale du projet), mais surtout profondément malhonnête.

Après deux recours gracieux déposés le 26 mai 2020, face à l’absence de réponse du gouvernement, nos associations viennent de saisir le Conseil d’État pour demander le retrait de ce décret et l’abrogation du décret d’autorisation de création initial.

Arrêtons de gaspiller des milliards dans les énergies du passé !

Au-delà de cette démarche, nos associations réaffirment avec force que le réacteur EPR ne doit jamais entrer en service. Il est inacceptable que des milliards soient encore gaspillés dans ce gouffre financier, alors que ce réacteur criblé de défauts, s’il fonctionne un jour, mettrait en danger toute l’Europe. Enfin, sa mise en service enfermerait la France pour de nouvelles décennies dans l’impasse nucléaire, à rebours de toute transition énergétique digne de ce nom, et irait de pair avec la production de nouveaux déchets ingérables. Au vu de ce désastre, la volonté du gouvernement et d’EDF de construire six nouveaux réacteurs dans les années à venir relève de l’irrationnel.

En 2007, une étude montrait que les besoins en énergie du Grand Ouest auraient pu être mieux assurés en consacrant le coût initial de l’EPR (3,3 milliards d’euros) aux économies d’énergie et énergies renouvelables locales. Treize ans après, le réacteur ne produit toujours pas d’électricité et le coût du chantier ne cesser d’augmenter, tandis que celui des énergies renouvelables continue de baisser. Continuer ce gâchis est une perte de temps face à l’urgence climatique. Plutôt que de se fourvoyer dans un tel projet, la France doit en finir avec le nucléaire.


Notes

[1] En 2017, le délai de 10 ans prévu pour la construction de l’EPR avait déjà été prorogé de 3 ans par décret.

[2] Le décret d’autorisation de création donne le feu vert au chantier et précise dans quel délai celui-ci doit s’achever. Il ne doit toutefois pas être confondu avec l’autorisation de mise en service. EDF a d’ailleurs déposé une demande d’autorisation de mise en service partielle pour l’arrivée du combustible de l’EPR, qui est actuellement en cours de consultation sur le site de l’Autorité de sûreté nucléaire.

[3Une action en justice avait été lancée à ce sujet par certaines de nos associations

[4] Plus d’informations sur ce dossier sur le site de l’ASN. Ce défaut fait également l’objet d’une plainte en justice.

[5https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Ecart-de-fabrication-chez-Framatome

[6Voir cet article de Contexte.com

[7] En vertu de la directive 2011/92 dans sa version modifiée par la directive 2014/52/UE, avant l’édiction d’une décision prorogeant les délais maximums de mise en service, la mise à jour de l’évaluation environnementale est requise au regard de l’apparition de faits et d’informations nouvelles depuis la délivrance de l’autorisation. L’exigence de réaliser une nouvelle évaluation environnementale a été également mise en exergue dans un arrêt du 29 juillet 2019 de la CJUE à propos d’une autorisation prolongeant la durée d’exploitation de 10 années d’une centrale nucléaire. Un autre arrêt de la CJUE du 9 septembre 2020 vient renforcer cette obligation.

Flamanville: 13 évènements significatifs de niveau 1 et plus depuis le début de l’année 2020.

Photo Crilan

Ce 17 septembre EDF Flamanville a déclaré , trois évènements significatifs sûreté de niveau 1 sur l’échelle INES. échelle internationale de classement des événements nucléaires qui en compte 7. ( ou plutôt 8 si on considère le niveau 0 très ( trop) fréquemment utilisé)

Déclaration d’un événement sûreté au niveau 1 (échelle INES) concernant le retard de maintenance préventive de matériels participant à la protection incendie et à la sûreté, sur les unités de production 1 et 2 de la centrale nucléaire de Flamanville

Déclaration de deux événements sûreté au niveau 1 de l’échelle INES, concernant le démarrage des protections du réacteur n°2 et le non-respect des spécifications techniques d’exploitation dans la conduite du réacteur

De l’écart à l’accident majeur, L’Agence internationale de l’Énergie Atomique a établi en 1990 une échelle pour renseigner sur la gravité des évènements nucléaires civils. Cette échelle nommée échelle INES est mise en place au plan international depuis 1991 et en France depuis 1994.Elle constitue non pas une échelle de mesure mais un outil de communication pour faciliter l’information du public après la catastrophe de Tchernobyl.

à suivre…

Nucléaire et Finance : Conférence et Ciné-débat à Cherbourg le 26 Septembre

Pour réserver ses places:
https://www.cgrcinemas.fr/cherbourg-odeon/

Nucléaire et finance: Conférence de Jean Rohel Président d’Attac Saint Malo-Jersey

Jean Rohel développera les liens et similitudes entre les secteurs du nucléaire et de la finance. Concernant le nucléaire, il mettra en exergue certains des scandales parmi les plus significatifs qui ont émaillé le parcours chaotique des entreprises françaises. En effet, les scandales semblent définir une culture commune entre le secteur du nucléaire et de la finance, ce qu’il illustre par des affaires emblématiques.

Outre que la France est l’un des pays ou la concentration et le pouvoir des banques sont des plus importants , Jean Rohel développera l’hyper concentration des entreprises du secteur énergétique et la place du nucléaire d’Etat.

La privatisation rampante d’EDF et d’Orano grâce à l’apport de fonds publics, la filialisation, le lobbying et l’optimisation fiscales sont entrés dans le mode de gouvernance de ceux qui sont sensés fournir les biens en électricité et en énergie nécessaires à nos sociétés.

Nucléaire et finance disposent de l’argent public et le gaspillent sur fond de mensonges, de fausses promesses, de couts cachés. Le discours sur l’excellence française commun au nucléaire et à la finance assure une domination idéologique et intellectuelle sur fond d’élites, de lobbying et de conflits d’intérêts…

Suite à ces constats, Jean Rohel esquissera les pistes à développer pour faire droit à l’intérêt général et garantir une transition énergétique en appui sur les ressources financières mises au service des besoins énergétiques maitrisés du pays.

Nucléaire l’impasse française: un Film de Patrick Benquet

Depuis cinquante ans, la France produit 75 % de son électricité grâce à la filière nucléaire. Un cas unique au monde. Une dépendance qui mène aujourd’hui l’entreprise publique EDF tout droit à la faillite.

Le nouveau réacteur français, l’EPR, accumule les retards de livraison en France, à Flamanville, et en Finlande. Les coûts continuent de grimper et c’est en dizaines de milliards que se chiffrent, aujourd’hui, les dépenses de la France pour tenter de maîtriser cette technologie trop complexe.

Alors pourquoi la France a-t-elle donné le feu vert à la construction de deux autres EPR en Grande-Bretagne, à Hinkley Point ? Et ce malgré de violentes oppositions au sein même d’EDF ?

Alors que de plus en plus de pays sortent du nucléaire, qu’on ne sait toujours pas comment démanteler les centrales en fin de vie et que le coût des énergies renouvelables ne cesse de baisser, la France est de plus en plus isolée dans ses choix pro-nucléaires.

Des choix qui pèsent très lourd sur le budget de l’Etat et qui font prendre à la France un retard colossal en termes de transition énergétique.

Qui paiera la facture du nucléaire ?

Consultation ASN sur l’EPR: Vers une autorisation de mise en service partiel en dépit des malfaçons, des recours et des plaintes ?

CP CRILAN 3 septembre 2020

EPR : ironie de l’histoire

Déjà en 2018, l’ASN avait entrepris une consultation pour des tests à chaud avec de la vapeur au tritium issue des réacteurs 1 et 2. Bien entendu l’ASN a accédé à la demande d’EDF .

Deux ans après EDF demande à l’ASN l’autorisation de mise en service partiel de l’EPR afin de recevoir le combustible neuf en attente d’utilisation au cœur du réacteur et afin de mener des essais avec du gaz radioactif.

Par ces autorisations successives EDF laisse penser à une mise en route future de l’EPR alors même que celui-ci connait de nombreux problèmes et a fait l’objet de nombreux recours en Justice.

Le CRILAN, plusieurs associations dont Greenpeace et le réseau Sortir du Nucléaire, ont mené des actions en justice à propos de la cuve et de ses dérogations, du couvercle, des soudures, prolongation abusive du décret d’autorisation. Ces recours ont tous été rejetés par le Conseil d’État au nom de l’État nucléaire alors que techniquement rien n’est réglé.

Trois plaintes pénales ont été déposées auprès du Procureur de la République de Cherbourg à propos de l’EPR : soudures défectueuses sur le circuit secondaire principal, qualification de matériels mécaniques et électriques, infractions à la réglementation environnementale. Ces plaintes sont toutes en attente de poursuites…

Rien ne semble ébranler les certitudes d’EDF alors que le 28 octobre 2019, le Ministre de l’économie déclarait que l’EPR est un « échec pour la filière ».  Le rapport Foltz est alors survenu afin de tenter de sauver le soldat EPR, symbole de la défaite de l’industrie électronucléaire française.

Gravité du temps présent

De 3 milliards, le coût de l’EPR frôle les 20 milliards. Suite aux nombreuses non-conformités de fortes incertitudes pèsent sur son éventuel fonctionnement sachant que s’il devait démarrer un jour, il ne devrait pas fonctionner à plein régime au risque d’un accident.

A ce jour on ne sait toujours pas si les 8 soudures pourront être reprises alors que le couvercle doit être changé en 2024. Tout dernièrement, de graves problèmes de soupapes en partie nucléaire à Flamanville comme en Finlande ont rappelé un problème connu depuis 2015….

Notre seule certitude avec la prétendue arrivée précipitée du combustible, c’est la fuite en avant et le fait accompli en dépit des aléas techniques récurrents.

Conclusion

Le CRILAN demande à l’ASN de refuser l’acheminement du combustible et la mise en service partiel de l’EPR en raison des trop grands problèmes rencontrés et non résolus sur ce site.

Face au risque d’accident nucléaire que représente ce réacteur, il demande aux autorités de prendre la mesure du fiasco du chantier de l’EPR afin de protéger les populations du Nord Cotentin et au-delà.

Enfin il invite la population et les élus à s’exprimer sur le site de l’ASN dans le cadre de la consultation.

Flamanville: le CRILAN et 4 associations portent plainte pour 36 infractions à la réglementation environnementale

Suite à l’inspection ASN de juin 2019 à la centrale de Flamanville , 36 infractions à la réglementation environnementale ont été mises à jour, ces faits étant susceptibles d’entrainer des pollutions graves et de mettre en danger les personnes travaillant sur le site.

Il s’agit donc d’un rapport alarmant sur les négligences environnementales constatées sur les réacteurs 1 et 2  ainsi qu’à l EPR. Elles traduisent le mépris d’EDF pour l’environnement et  la protection des personnes

Fait exceptionnel, le 4 juillet 2019 le Directeur de l’ASN à convoqué le Directeur de la Centrale de Flamanville en pointant les déficiences dans la maitrise des gestes techniques , des défauts de maintenance et de surveillance des prestataires.

Refusant que des problèmes aussi graves restent impunis, les associations Réseau Sortir du Nucléaire, CRILAN , FNE et FNE Normandie, Stop EPR ni à Penly ni ailleurs  ont déposé plainte cette semaine pour ces 36 infractions à la réglementation environnementale près du Procureur de la République de Cherbourg.

Voir:

https://www.facebook.com/Crilan-113882287016480

Voir aussi: Communiqué de presse, Rapport Inspection ASN et synthèse des principaux problèmes

http://www.sortirdunucleaire.org/Avalanche-d-infractions-a-la-reglementation

La dissuasion nucléaire face à la pandémie et à la relance de l’escalade mortifère

Communiqué du 27 juillet 2020

La France fait partie avec les USA, la Grande Bretagne, la Russie et la Chine des 5 pays disposant officiellement de l‘arme atomique. Quatre autres en seraient possesseurs : Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël.

Le mardi 31 mars 2020 en pleine période de confinement, alors que le pays tout entier évite la propagation de la contamination, que de nombreuses personnes sont privées de revenus, quand d’autres doivent travailler avec de faibles moyens de protection (activités indispensables), le gouvernement n’hésite pas à engager les forces aériennes stratégiques pour une simulation de frappe nucléaire, un exercice militaire comme si de rien n’était. Une dépense indispensable quand les hôpitaux manquent de tout ?.

C’est Macron qui parle de guerre au sujet du virus et pour cette soi-disant guerre, la dissuasion nucléaire se révèle bien inutile !

Le budget militaire et particulièrement celui consacré à la dissuasion nucléaire est plus encore que d’ordinaire sur doté et son maintien à son niveau actuel est moralement inacceptable.

La valse des milliards

Chaque année la France dépense près de 5 milliards d’euros pour la modernisation et le renouvellement des arsenaux nucléaires. Plus encore la loi de programmation militaire prévoit de doter les forces nucléaires françaises sur la période 2019-2025 de 37 milliards d’euros, soit 20 milliards de plus que sur la période 2003-2008, et 60% d’augmentation ; ce qui porterait la dépense annuelle à 6 milliards d’euros en 2023.

Avec les 4,7 milliard d’euros de la seule année 2019 il serait selon l’ICAN (International Campaign to Abolish Nucléar weapons , possible de financer:

  • 100 000 lits de soins intensifs,
  • + 10 000 ventilateurs
  • + 20 000 infirmières
  • + 10 000 médecins

Ces sommes ne tiennent pas compte d’autres dépenses de l’armée ou civiles comme la gestion des déchets nucléaires léguée aux générations futures.

Pourtant l’efficacité de cet argent englouti n’est pas démontrée tout comme la stratégie de dissuasion nucléaire (les dépenses militaires mondiales se seraient élevées à 1917 milliards en 2017 selon le Mouvement de la Paix).

En quoi la bombe nous protège-t-elle des actes terroristes, des pandémies, du dérèglement climatique, de la perte de biodiversité, qui sont pourtant aujourd’hui des menaces, bien réelles, à côté du risque de conflit armé généralisé bien peu probable ? La catastrophe sanitaire d’aujourd’hui qui touche le monde entier est bien peu de choses à comparer avec les effets d’une catastrophe nucléaire militaire.

La doctrine de la dissuasion nucléaire questionnée

Sur la scène internationale aussi, la tendance n’est plus au ralentissement du nucléaire militaire et c’est très inquiétant. Bien qu’ils aient été arrêtés depuis le 29 septembre 1992 les Etats Unis envisagent de reprendre des essais nucléaires afin de renforcer l’arsenal des armes nucléaires (selon le Washington post). L’administration Trump accuse en effet la Chine et la Russie de procéder à des essais nucléaires de faible puissance.

Dans ce contexte les américains n’excluent pas de reprendre des essais et équipement d’ogives de faible puissance (le tiers de la puissance de la bombe larguée sur Hiroshima) sur des sous-marins et pour une réponse rapide : on est donc loin de la dissuasion. L’administration Trump annonce en effet ne pas chercher à obtenir la ratification du traité d’interdiction des essais nucléaires, signé par les Etats Unis mais non ratifié par la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Corée du nord ; contrairement à la Russie, la France et la Grande Bretagne qui l’ont fait.

A cette volonté américaine de doper l’arsenal des armes nucléaires, s’ajoute le choix de s’affranchir des traités limitant la course aux armes nucléaires notamment l’accord « ciel ouvert » signé en 1992 et entré en vigueur seulement en 2002. En effet les américains se sont également retirés de l’accord sur le nucléaire Iranien en 2018 et de celui sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Il en est de même pour les autres traités sur les missiles terrestres signés avec les Russes. Qu’en sera-t-il des accords START de réduction des armes stratégiques qui doivent prendre fin en février 2021 Seront-ils reconduits?

Printemps tragique

Ce printemps se sont succédé des évènements qui mettent à mal la stratégie française de dissuasion nucléaire.

Comble de l’efficacité de cette stratégie de défense française, le porte avion Charles De Gaulle, pièce maîtresse de la stratégie nucléaire française, n’est plus opérationnel à cause … non pas d’un manque de moyens, mais du Covid 19….la bonne blague !!!

Au moment où le sous-marin SNA Suffren commence ses essais difficiles à la mer par un retour en cale sèche, le SNA Perle dernier de la série Rubis à propulsion nucléaire vient d’être victime d’un grave incendie. Intervenu pendant les travaux périodiques de la Perle à Toulon cet incendie rend son avenir incertain et fragilise le dispositif militaire.

Le jour d’après a de fortes chances de ressembler aux jours d’avant pour que rien ne change….

Ces difficultés n’empêchent pas la France d’envisager un deuxième porte avion de type Charles De Gaulle pour au moins 5 milliards d’euros et 220 millions par an de fonctionnement.  

Le 12 juin 2020 les essais du missile nucléaire M51 ont repris à partir du sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) Le Téméraire qui a tiré un missile balistique stratégique (sans charge nucléaire) à 120 millions d’euros depuis le large du sud-Finistère,

L’orientation du Livre Blanc de la Défense préconise de dépenser 100 milliards d’euros en 15 ans pour le renouvellement de la flotte des SNLE-NG en violation du traité de non-prolifération.

En consacrant autant d’argent au mépris des besoins de la population, la France s’entête dans une stratégie de défense remise en question par les autres pays. Pour preuve, en février dernier, Macron a considéré que la composante aéroportée pourrait mettre en œuvre à partir de 2035 un missile hypersonique emporté par un avion de combat, un porteur lourd ou un drone furtif.

En refusant d’adopter le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) alors que 122 pays l’ont fait, la France encourage la course mondiale aux armements.

Un mauvais signe pour la paix et l’avenir de l’humanité à la veille du 75ème anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki.

Patrick Lafon

Membre du CA du CRILAN

L’EPR de Flamanville estimé à 19,1 milliards

© CRILAN

Communiqué de presse du 9 juillet 2020

Alors que la CRILAN ne cesse de réclamer l’abandon de cet EPR qui s’avère toujours plus un véritable fiasco industriel et financier, on laisse la Cour des Comptes annoncer la douloureuse facture de l’EPR de Flamanville. 

S’il devait démarrer un jour, le prix de revient du mégawattheure serait entre 110 et 120 euros soit près du double des réacteurs en service alors que le mégawattheure éolien et solaire revient déjà à 40 euros.

Dans cette situation, le chantier finlandais a eu des conséquences importantes : il n’est pas achevé et Areva – donc la France- doit 850 millions d’indemnités. Le dossier n’est pas clos puisque des problèmes de soupapes se sont invités en Finlande comme à Flamanville.

Selon Le Monde, l’EPR Finlandais a provoqué le démantèlement d’Areva en 2015 et une restructuration particulièrement coûteuse de la filière nucléaire, qui a mobilisé 7,5 milliards d’euros d’argent public. En effet EDF a bénéficié d’un apport en capital de 3 milliards d’euros, plus 2 milliards pour Areva SA et 2,5 pour Orano.

Le groupe EDF endetté à plus de 75 % était déjà en situation critique avant la crise sanitaire.

On comprend mieux la démission du Directeur financier d’EDF à la veille de l’engagement par le groupe de la construction des 2 EPR anglais d’ Hinkley Point.

En 2019 la dette d’EDF s’élevait à 41 milliards d’euros, celle-ci pourrait atteindre les 50 milliards d’euros en 2020 ; et on prévoit 6 milliards de pertes d’excèdent brut pour 2020-2022.

Cette situation va entrainer un plan d’économies mais aussi des contraintes sur les investissements pourtant nécessaires pour l‘entretien du parc nucléaire français et le développement des ENR.

La réalité de l’EPR de Flamanville et d’EDF dépasse tout ce que l’on pouvait craindre. Il est donc urgent d’arrêter ce chantier catastrophique.

——————-

Articles de presse:

Le Monde : « Echec opérationnel » et « dérive des coûts » : la gestion de l’EPR, réacteur nucléaire de troisième génération, décriée par la Cour de comptes

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/07/09/nucleaire-la-cour-des-comptes-ereinte-l-epr_6045707_3234.html?fbclid=IwAR0KtUey7KwfS3WsxZ6ESRtKzXuYserFBkkAg9TSXRJmCB39E7B0SPeiyvU

Presse de la Manche: Nucléaire : le coût de l’EPR de Flamanville réévalué à 19 milliards par la Cour des comptes !

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-le-cout-de-l-epr-de-flamanville-reevalue-a-19-milliards-par-la-cour-des-comptes_34854444.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3trye8_n1Or5IAC32ckoG0hxu_k5XyyZcy404oJxeZWnRctNjfhYmXEjs#Echobox=1594292839

La Hague vers l’overdose atomique ?

Un Cotentin fortement nucléarisé

On ne se souvient des pays oubliés que pour les exploiter. Le Cotentin a beaucoup donné pour le nucléaire et n’a jamais pu développer son potentiel énergétique en dehors de la filière nucléaire aujourd’hui à bout de souffle.

Nous connaissons le fiasco de l’EPR ajouté aux 2 réacteurs vieillissants de Flamanville, le tout dans une dérive financière et technique catastrophique qui nous impacte via EDF.

La Hague haut lieu de l’entreposage nucléaire sans retour pour les déchets nucléaires les plus dangereux

Suite à l’extension de la Hague dans les années 1980 on nous annonce une nouvelle extension vers Omonville pour une « piscine centralisée » construite par Orano pour EDF. Cette piscine doublerait les capacités d’entreposage de la Hague qui sont aujourd’hui saturées.

A la Hague on retraite les combustibles usés et on extrait le plutonium dans deux usines UP2 800 et UP 3. Ce « cycle du combustible » a déjà entrainé :

  • Le stockage d’environ 60 tonnes de Plutonium à la Hague , celui-ci servant à la fabrication du combustible MOX, hautement radioactif lorsqu’il est activé.
  • Le doublement des capacités d’entreposage HAVL sur 70 ans environ des déchets vitrifiés Haute Activité Vie Longue en attente d’un stockage définitif initialement prévu à Bure.

Et maintenant ? le quasi doublement des capacités d’entreposage des combustibles usés

EDF suggère le quasi doublement des capacités d’entreposage des combustibles usés provenant notamment des centrales nucléaires françaises. De 13000 tonnes il pourrait passer à 23000 tonnes avec la nouvelle « piscine centralisée ». Dans cette piscine les combustibles moxés hautement radioactifs devront être refroidis pendant 100 ans environ avec tous les risques sociétaux, industriels et énergétiques que cela représente

Cette fuite en avant traduit l’absence de pilotage et de prévision de la filière nucléaire qui croule sous les déchets alors même que la filière du retraitement est remise en cause par l’usure des usines de la Hague et par les conventions internationales sur les rejets liquides et gazeux de ces usines (Convention OSPAR). N’oublions pas que la Hague ne respecte pas les termes de cette convention.

Trop c’est trop, ça déborde à la Hague :

Alors que les ruisseaux de la Hague témoignent de pollutions radioactives dites « conformes » aux valeurs limites, alors que les déchets nucléaires « historiques » abandonnés sur le site se rappellent à nous, l’heure n’est pas à l’accumulation des déchets entreposés à la Hague pour l’éternité faute de solution viable.

Ni à Belleville, ni à la Hague ni ailleurs !

Le CRILAN alerte la population et les élus car le Cotentin mérite un meilleur avenir. Le meilleur moyen de ne plus produire de déchets est de sortir du nucléaire avant la catastrophe nucléaire annoncée en France par les plus hautes autorités dont l’ASN.

Comme le Président de la région Centre Val de Loire le disait si bien à propos du projet de piscine envisagée à Belleville sur Loire, nous ne saurions imaginer notre beau Cotentin devenir davantage la poubelle atomique de la France.

Réunion en privé pour 3 associations membres des CLIs de la Manche

Des représentants  des associations CRILAN ACRO et FNE, membres des CLIs des installations nucléaires du Cotentin se sont rencontrés ce 18 juin . En raison de la situation sanitaire, c’est dans un lieu privé qu’ils ont dû faire le point suite à l’annulation des AG des CLIs de juin par le Conseil Départemental , . 

Circulez , il n’y a rien à voir…

Suite à la protestation exprimée par le CRILAN sous forme de lettre ouverte , Madame Nouvel Vice-Présidente du Conseil Départemental en charge des CLI et présidente de la CLI Flamanville a répondu le 10 juin qu’elle maintenait sa position de ne pas tenir les AG des CLI prévues en juin mais au mieux en septembre…

Informé de la situation, le Préfet apporte son soutien à la tenue des assemblées générales « le plus rapidement possible ».

Les associations attendent du Conseil Départemental une solution concrète susceptible de convenir à la situation actuelle et à d’autres situations pouvant se produire. 

Les associations feront prochainement des propositions afin que les CLI et la population  soient associées au plus près de l’actualité des sites nucléaires notamment en situation difficile.

Affaire à suivre…

Photo : Monique Dupuis, Patrick Lafon, Guy Vastel, Marie-Françoise  Lebonnois, André Jacques, Evelyne Louis, Anne-Marie Duchemin, Emile Constant

NB: La trop petite salle de réunion des CLI à Cherbourg ne pouvait actuellement être mise à disposition pour des rencontres des membres des CLIS…

AG des 3 CLI annulées: le Préfet de la Manche demande au Conseil Départemental de les organiser.

Alors que la Vice Présidente du Conseil Départemental maintenait sa position de ne pas tenir les AG des CLIS de Flamanville, d’Orano La Hague et du CSM avant septembre, le Préfet de la Manche saisi par le CRILAN, a demandé le 11 juin dernier au Président du Conseil départemental de tenir ces réunions “le plus rapidement possible”.

Ce 16 juin le CRILAN reçoit un courrier de soutien du Préfet de la Manche à qui la lettre ouverte était adressée en copie.

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-888771-cherbourg-en-cotentin-le-prefet-soutient-le-crilan-sur-le-maintien-des-commissions-locales

Daniel Bosquet nous a quittés

Daniel Bosquet devant le stand du CRILAN lors de la journée du Bénévolat de Cherbourg en février 2020 ( assis: Michel Lebonnois et Evelyne Louis)

Figure historique de l’écologie sur le Nord Cotentin, Daniel Bosquet est décédé ce mardi 9 juin à 79 ans.

“Daniel a adhéré aux verts dès 1984 après avoir dirigé les premières listes écologistes sur l’agglomération de Cherbourg, notamment à Equeurdreville-Hainneville où sa liste avait réalisé plus de 18% au 1er tour aux élections municipales en 1983. On ne compte plus depuis ses engagements dans les différents scrutins… On retiendra notamment son travail en qualité de Vice Président de la Communauté Urbaine qui a permis que la gestion du cycle de l’eau revienne en régie publique au bout de son troisième mandat. Il a aussi été Conseiller Régional pendant la mandature de la gestion de gauche”.
Patrick Lafon animateur EELV Cotentin

Daniel était aussi un adhérent du CRILAN; nous présentons nos sincères condoléances à son épouse , à sa famille et à ses proches.

Les soupapes de l’EPR: un sujet déjà connu en 2015

Nouvelles et graves anomalies au cœur du réacteur:  

Des anomalies dans les équipements de contrôle de la pression du réacteur : les soupapes de sûreté. Déjà en 2015 ce sujet était pointé par l’IRSN. Voir ci dessous l’interview de Yannick Rousselet en juin 2015.

La liste des dysfonctionnements établie par l’IRSN est longue : « Risques de fuites de fluide primaire », c’est-à-dire de l’eau qui doit refroidir le réacteur, « échec à l’ouverture observé »,« échec à la fermeture observé ».

Au regard de la gravité des faits, l’institut tient à surligner qu’« aucune fuite n’est acceptable » et que cette multitude de défaillances peut avoir des« conséquences graves ».

Ce sujet revient ces jours ci :

https://www.montelnews.com/fr/story/irsn-inquiet-dun-risque-de-fuite-sur-lepr-de-flamanville/1121111?fbclid=IwAR05C3Zfhbc9aCYPM99dxHOoPb5wNg5oF9XC67kxGhd6f2SaOSglGntRT_A

La semaine dernière, EDF a indiqué que ces contrôles, menés à la suite de la détection d’une fuite sur une soupape de sûreté de l’EPR Olkiluoto 3 (OL3) n’auraient pas d’impact sur la date de mise en service de l’EPR de Flamanville, prévue en 2023. 

Cependant, selon l’ingénieure de l’Institut de radioprotecion et de sûreté nucléaire (IRSN) Karine Herviou, ces soupapes sont des éléments « particulièrement sensibles » de la sûreté du réacteur.

https://journaldelenergie.com/nucleaire/defaillance-epr-nucleaire-finlande/

“Un nouveau dysfonctionnement pourrait fragiliser un peu plus les réacteurs nucléaires EPR, déjà décrédibilisés par des retards, malfaçons et surcoûts en série. La défaillance d’une soupape de sûreté du pressuriseur, équipement capital pour la sûreté du réacteur nucléaire, s’est produite lors d’un test sur le réacteur EPR en Finlande en mars dernier. Problème : la pièce défectueuse est aussi présente dans l’EPR en construction à Flamanville (France) et dans les deux EPR déjà mis en service à Taishan (Chine).”

Le lien vers l’article de Mediapart en 2015:

https://www.mediapart.fr/journal/economie/080615/epr-flamanville-de-nouvelles-et-graves-anomalies-au-coeur-du-reacteur?onglet=full

Annulation des AG des 3 CLIS de juin: le CRILAN demande au Conseil Départemental de revenir sur sa position.

Dans une lettre ouverte au Président du Conseil Départemental de la Manche le CRILAN a émis une protestation au regard de l’annulation des Assemblées Générales des 3 commissions d’information près des installations nucléaires du Cotentin et qui étaient prévues en juin.

Pour notre association il est surprenant de leur appliquer le critère de 10 personnes en réunion publique en vigueur dans le cadre du déconfinement quand les offices religieux et les conseils municipaux sont autorisés à recevoir des effectifs supérieurs.

L’actualité des installations nucléaires du Cotentin ne saurait être renvoyée à la fin septembre au moment où le président de l’ASN s’inquiète d’un « recul de la rigueur dans l’exploitation des centrales » et que la centrale nucléaire EDF de Flamanville est placée sous surveillance renforcée par l’ASN,

Passant en revue les incidents techniques et les non-conformités sur Flamanville ou aussi les sujets de la saturation des piscines de la Hague ou du silo 130, le CRILAN estime que l’actualité mérite une communication directe auprès des  assemblées de la part des exploitants comme des autorités de sureté.

C’est la raison pour laquelle le CRILAN a voulu associer le Préfet, l’ASN et l’ANCLII à sa démarche.

Le CRILAN demande donc au Conseil Départemental de prendre les dispositions nécessaires pour tenir les réunions prévues, même si le format de celles-ci doit s’adapter à la situation sanitaire.

La lettre ouverte adressée au Président du Conseil Départemental de la Manche:


34 ème anniversaire douloureux à Tchernobyl

Alors que le monde entier a les yeux rivés sur la pandémie de coronavirus, un incendie majeur a vu le jour le 4 avril dernier à Tchernobyl, ville ukrainienne où s’est déroulé en 1986 le pire accident nucléaire de l’histoire.

Pendant plus de dix jours, ce gigantesque incendie s’est propagé dans la zone d’exclusion de la ville, « le pire incendie jamais observé dans la région », selon Greenpeace.

Pas moins de 20 000 hectares de forêts ont brûlé ces deux dernières semaines. Une catastrophe qui a de quoi raviver de nombreuses inquiétudes, d’autant que plusieurs foyers de ces incendies concernent des secteurs très contaminés par les retombées radioactives liées à la fusion du réacteur n° 4 de la centrale en 1986.

Ces feux tout d’abord quasiment maîtrisés puis réactivés par le vent ont notamment provoqué un énorme nuage de fumée. A tel point que la capitale ukrainienne était vendredi 17 avril au premier rang des villes les plus polluées du monde !

Ces feux très actifs se sont développés notamment à 50 km autour de la centrale, puis d’autres au cœur de la zone de 30 km. D’autres encore se sont approchés à 3 km du réacteur accidenté.

Ils ont entrainé la remise en suspension dans l’atmosphère du Césium 137 accumulé dans la biomasse (mais possiblement du plutonium et du strontium 90) : une augmentation ponctuelle de plus de 700 fois de la concentration en césium137 dans l’air de la ville de Kiev située à plus de 100 kilomètres au sud de la centrale de Tchernobyl a été mesurée.

De nombreuses questions restent posées sur l’impact radiologique de ces incendies : pour les pompiers tout d’abord, les populations riveraines ensuite , pour la sureté des installations nucléaires et les entreposages des déchets dans la zone d’exclusion. Sont également interrogés les moyens de prévention et de gestion mis en œuvre pour limiter les rejets répétés de radioactivité.

Le 9 avril les autorités ukrainiennes ont d’ailleurs indiqué « les incendies à grande échelle peuvent menacer la sécurité environnementale dans la région ainsi que les installations situées dans la zone d’exclusion où sont situés les déchets radioactifs, le combustible nucléaire irradié et la centrale de Tchernobyl. »

Et en France ?

Le nuage radioactif ne s’est pas arrêté aux frontières, exactement comme lors de la catastrophe de 1986 finalement; Il a traversé toute l’ Europe , y compris la France.

Selon les estimations de de l’IRSN ces masses d’air ont atteint le territoire français aux alentours du 7 avril et sont restées 1 semaine au-dessus du territoire français avant de s’évacuer vers l’Est. Mais les niveaux de radioactivité observés seraient extrêmement faibles assure l’IRSN; ils devraient être « insignifiants et sans conséquence sur la santé ».

 Jour pour jour, 34 ans après la catastrophe de Tchernobyl, la contamination radioactive continue et les modèles de dispersion radioactive semblent les mêmes qu’en 1986.

En ce jour anniversaire, nous nous devons de rester plus que vigilants aux risques majeurs que nous fait courir le nucléaire car un accident nucléaire ne se répare pas.

Le CRILAN qui a accueilli à Cherbourg en novembre dernier Yves Lenoir Président de l’association « Enfants de Tchernobyl Belarus » pour la présentation de son  film « Tchernobyl, le jour d’après « est solidaire des  populations encore et à ce jour victimes de Tchernobyl.

En cette période de confinement le CRILAN propose la lecture du livre « La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse » deSvetlana Aleksievitch prix Nobel de littérature en 2015 pour cette œuvre de mémoire.

Monique Dupuis Membre du CA du CRILAN

34 ANS APRES L’INCENDIE DE LA FORÊT DE TCHERNOBYL RÉACTIVE LES CRAINTES ( Yves Lenoir sur Le Media)

https://www.LeMediaOfficiel/videos/230749998237917/

“Il y a énormément de radioactivité dans le sol. Chaque automne les feuilles tombent, et comme elles sont radioactives les micro-organismes du sol n’arrivent pas à les décomposer. Et cette matière végétale non décomposée est évidemment très inflammable. Et le césium qui se trouve dans les feuilles et dans l’aubier des arbres qui brûlent en partieou totalement est libérée. Et passe dans l’air, dans les fumées…”

Voir aussi:

34 ans après, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl n’est pas terminée

https://www.sortirdunucleaire.org/34-ans-apres-la-catastrophe-nucleaire-de

15 février: Rencontrez le CRILAN lors de la Journée du Bénévole de Cherbourg

Toute la journée, les membres du CA du CRILAN seront présents sur le stand mis à leur disposition par France bénévolat.

Michel Lebonnois dédicacera son livre “Coupés du monde ” dont les droits sont offerts au profit de l’association” Nos voisins lointains” qui vient en aide à des familles de Fukushima

Une occasion de venir échanger sur les activités du CRILAN et pourquoi pas de proposer un peu de son temps libre pour du bénévolat associatif.

Programmation Pluriannuelle de l’Énergie : la prolongation du risque nucléaire nous emmène droit dans le mur !

Communiqué du Réseau Sortir du Nucléaire du 21 janvier 2020

Le texte de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), censé définir les grandes lignes de la politique énergétique française pour les années à venir, vient d’être mis en consultation. Déjà un an de perdu dans cette pseudo-programmation [1], à laquelle cette courte consultation servira de caution. Avec le recul à 2035 de l’échéance pour atteindre 50% de nucléaire dans le mix électrique, il acte une dangereuse prolongation de la durée de fonctionnement du parc nucléaire… et prévoit déjà une relance absurde. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement cette fuite en avant.

Un recul irresponsable de la fermeture des plus anciens réacteurs

Face à la difficulté d’atteindre les 50% de nucléaire dans le mix électrique en 2025, le gouvernement a carrément repoussé cette échéance de 10 ans. L’argument climatique a bon dos, au vu du recul en ce domaine acté par ce texte [2]. Ce report ne relève pas du pragmatisme, mais d’attentisme pur et simple, et aura des conséquences lourdes sur la sûreté. 14 réacteurs seront fermés d’ici 2035, l’arrêt au moment de la 5ème visite décennale (soit plus de 50 ans de fonctionnement effectif !) devenant la norme [3] .

Cela signifie qu’en 2035, 44 resteront en fonctionnement, sans que leur sort ultérieur n’ait été envisagé. Même en partant du principe que les plus anciens auront déjà été fermés, près de 20 auront alors atteint ou dépassé les 50 ans de fonctionnement effectifs.

Le gouvernement part ainsi du principe que ces réacteurs pourront continuer à fonctionner sans problème, une fermeture avant 50 ans étant considérée comme « anticipée » et ouvrant droit à compensation pour EDF. Ceci revient à ignorer totalement l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire, seule habilitée à décider de la poursuite ou non du fonctionnement d’un réacteur, ainsi que les enjeux liés au vieillissement. Rappelons pourtant que certaines pièces comme les cuves, ne sont ni réparables ni remplaçables. De nouveaux défauts de fabrication, résultant d’affaires de fraudes, sont régulièrement découverts sur des pièces équipant le parc nucléaire. Enfin, quid des doutes de l’ASN sur la capacité d’EDF à réaliser de gros travaux pour prolonger le fonctionnement de ses réacteurs ?

Le gouvernement a délibérément choisi d’ignorer cette question, au point de refuser, lors du vote de la loi énergie-climat, un amendement proposant que la PPE comporte des scénarios alternatifs si un ou plusieurs réacteurs devaient fermer pour raison de sûreté.

La relance du nucléaire à l’ordre du jour

On peut se réjouir qu’un scénario 100% renouvelable soit évoqué dans cette PPE. Toutefois, il ne s’agit que d’une option au milieu de nombreuses autres concourant à une fuite en avant dans le nucléaire. La construction de 6 nouveaux EPR, déjà évoquée dans une lettre du gouvernement à EDF, figure cette fois-ci noir sur blanc.

Des recherches sont également envisagées pour le développement de « Petits Réacteurs Modulaires » et pour accroître l’utilisation du combustible MOX. Les installations de fabrication du combustible, pourtant déjà atteintes par le vieillissement, verront leur fonctionnement prolongé jusqu’en 2040. Enfin, malgré l’abandon du prototype Astrid, est évoqué l’éventuel développement d’un parc de « réacteurs à neutrons rapides » dans la deuxième moitié du XXIème siècle.

Cette fuite en avant dans le nucléaire aura bien sûr des conséquences en termes de sûreté, mais aussi de production de déchets. Alors que le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs, imposé à la population du Grand Est, présente toujours des problèmes de sûreté importants, la PPE concède que « la question d’une extension ou de nouvelles capacités de stockage géologique pour accueillir les déchets générés par le nouveau parc se posera » !

Une politique énergétique court-termiste dictée par l’industrie nucléaire

Après de multiples étapes d’élaboration et “consultation” vaines, le constat reste le même : la PPE est dictée par EDF et ses choix court-termistes. L’application des décisions mises en œuvre aboutira à une situation absurde de surproduction, les énergies renouvelables venant s’ajouter au nucléaire au lieu de s’y substituer. Tous ces risques seront donc pris pour permettre à la France d’exporter une électricité nucléaire dont nos voisins ne voudront sûrement pas. Et quoi qu’en dise EDF, qui semble privilégier une approche low-cost au mépris de la sûreté et des personnes en charge des travaux [4], le vieillissement des réacteurs renchérira forcément le coût de production déjà élevé de cette électricité.

La consultation qui vient de commencer apparaît comme une étape de pure forme, qui vient confirmer le mépris pour l’avis des citoyennes et citoyens. Lors du débat public organisé en 2018 sur la PPE, les 400 personnes tirées au sort s’étaient exprimées massivement contre le report à 2035 des 50% de nucléaire, contre la prolongation de nombreux réacteurs à 50 ans et contre la construction de nombreux EPR. Dans ce document, il n’en reste aucune trace.

Que faut-il faire pour être enfin entendus ? Comme tant de citoyen.es le répètent, le nucléaire est une énergie du passé qu’il faut arrêter de toute urgence, plutôt que d’alourdir le fardeau pour les générations futures.

https://www.sortirdunucleaire.org/Programmation-Pluriannuelle-de-l-Energie-la-56011


Notes

[1] La PPE était censée être impérative sur la période déjà entamée de 2019-2023, puis révisable sur 2024-2028, et n’engage à rien du tout après

[2Comme le rappelle le Réseau Action Climat, la feuille de route proposée par le gouvernement, avec cette PPE couplée à la Stratégie Nationale Bas-Carbone, est insuffisante pour atteindre les objectifs de réduction d’émissions fixés par l’accord de Paris

[3] Outre Fessenheim, de 2 à 4 réacteurs pourraient faire l’objet d’une fermeture « anticipée », dont 2 à des conditions dépendant de facteurs internationaux. Autant dire que le gouvernement ne s’engage pas.

[4] EDF a en effet revu à la baisse le coût du « Grand Carénage » et conteste le chiffrage effectué par la Cour des Comptes. Cette baisse traduit-elle une volonté d’EDF d’économiser sur la sûreté en n’effectuant pas certains travaux et en accroissant encore plus le dumping social ?

Le Réseau Sortir du Nucléaire et ses actions juridiques.

Une video du réseau Sortir du Nucléaire sur ses actions juridiques. Le CRILAN partenaire de longue date pour ses recours et plaintes propose la video préparée par l’équipe juridique. A ce jour nous avons deux plaintes en commun avec RSDN . Un Grand merci à eux ! 27 Décembre 2019

“Nous vous savons attachés au combat juridique que mène le Réseau “Sortir du nucléaire“. Pour vous remercier de votre soutien nous vous proposons de découvrir plus en détail cet aspect de notre activité par cette petite vidéo :

En 8 ans d’activité juridique, nous avons obtenu 27 victoires face aux industriels du nucléaire ! Et nous avons 30 affaires en cours : pollution radioactive des eaux souterraines, fraude dans les usines, défauts sur le chantier de l’EPR…
Ces combats de longue haleine nous les menons grâce à votre soutien !Faites circuler le lien de la vidéo autour de vous pour continuer à nous aider ! 
Un grand merci à vous,”
L’équipe du Réseau “Sortir du nucléaire”

https://www.sortirdunucleaire.org/VIDEO-Decouvrez-notre-action-juridique

Le CRILAN porte plainte contre EDF pour manquements graves relatifs à la qualification de certains matériels installés sur l’EPR

Communiqué de Presse du 16 décembre 2019

EPR de Flamanville

Le 20 juillet 2018 et à la suite du Réseau “Sortir du nucléaire” et de Greenpeace France, le CRILAN engageait une plainte près du Procureur de la République de Cherbourg au sujet des soudures défectueuses, notamment celles relatives aux traversées de l’enceinte de confinement. 

Ce 16 décembre 2019, suite aux inspections de l’ASN et en lien avec la plainte de Réseau “Sortir du nucléaire” et de Greenpeace France, le CRILAN dépose plainte près du Procureur de la République de Paris pour manquements graves relatifs à la qualification de certains matériels installés sur l’EPR.

Il s’agit de matériels participant à la démonstration de sûreté :  matériels mécaniques (pompes, vannes) ou électriques (relais, disjoncteurs…). Cette qualification repose notamment sur des études et des essais. Elle doit faire l’objet d’une documentation et d’une traçabilité des réserves et des points « ouverts », ce qui n’a pas toujours été le cas.

EDF étant soumis à la réglementation sur les installations nucléaires de base, les violations commises peuvent être sanctionnées pénalement.

Pour s’inscrire aux nouveaux articles du site crilan.fr

Pour s’abonner aux derniers articles du site Crilan.fr et à partir de la page principale , dérouler les différents blocs qui montrent notamment sur la droite les derniers articles, la présentation de l’association et les liens utiles .

Sous le logo du Crilan, une case permet de renseigner son adresse mel afin de s’inscrire aux derniers articles.
Vous serez prévenu par votre messagerie mel de la mise a disposition d’un nouvel article par message avec un lien pour vous y rendre directement..

Hommage à André Guillemette

André Guillemette en 2017 lors d’un voyage des Clis de la Manche à Fukushima

Les associations antinucléaires et critiques membres des CLIs de la Manche s’associent à l’hommage rendu jeudi  dernier par  la CLI du CSM et notamment par ses amis de l’ACRO.

Comme beaucoup , nous n’oublierons pas son courage et sa persévérance pour contribuer à la découverte des nombreuses questions de sureté nucléaire dans le Cotentin.

Nous tenons aussi à souligner sa forte implication dans la  réalisation du Livre Blanc sur les Installations nucléaires du Cotentin.

Les hommes passent et les questions de sureté nucléaires restent. 

CRILAN, ACRO, CREPAN-FNE, GREENPEACE,

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/cotentin-andre-guillemette-militant-antinucleaire-n-est-plus-6647688

Soirée dédicace le jeudi 21 novembre à Cherbourg avec Michel Lebonnois auteur de la nouvelle «Coupés du Monde »

Une fiction bientôt rattrapée par la réalité: une carte de la montée des eaux pour 2050. Hypothèse + 3-4 degrés
( source: https://coastal.climatecentral.org/map/10/-1.5123/49.3105/?theme=sea_level_rise&map_type=coastal_dem_comparison&elevation_model=coastal_dem&forecast_year=2050&pathway=rcp85&percentile=p95&return_level=return_level_1&slr_model=kopp_2014
)
La Centrale de Flamanville et Dielette entourés par les eaux….

EPR : toujours plus loin dans la fuite en avant..

   

Communiqué de Presse CRILAN du 10 Octobre 2019. Aujourdhui à l’occasion de l’Assemblée Générale de la CLI de Flamanville au cours de laquelle un point complet était fait sur le chantier de l’EPR, le CRILAN a demandé une nouvelle fois l’arrêt de ce chantier catastrophique.

Après le béton, la cuve, le fond, le couvercle, les soudures défectueuses, voici le pressuriseur et les 4 générateurs de vapeur qui s’invitent dans la longue liste des non-conformités de ce réacteur.

Tous ces éléments concernent le circuit primaire et le circuit secondaire principal: il en va de la sureté de l’installation et de la sécurité de la population.

Plus grave encore, alors que les solutions pour réparer les soudures et d’autres éléments sont encore à l’étude, on ose parler d’essais à chaud et de chargement du combustible.

Il n’est pas possible de prendre le Cotentin et le Nord-Ouest du Pays en otage avec cette bombe nucléaire en puissance, alors que tant de questions restent posées.

Le CRILAN demande expressément l’arrêt immédiat de ce chantier catastrophique dont le coût est désormais estimé à presque 13 milliards d’euros, (3,3 à l’origine).

Assemblée générale du CRILAN du 19 mai 2019: un vote de dissolution illégal

Communiqué de presse

Dimanche 19 mai, lors de l’Assemblée Générale ordinaire du CRILAN, 19 adhérents sur 32 ont rejeté le rapport moral, déjugeant le CA dans sa gestion de « l’Affaire de l’Assurance Vie » et invoqué des divergences idéologiques sur la lutte antinucléaire.

Ils ont refusé d’intégrer le CA pour s’y trouver majoritaires.

Refusant la convocation d’une AG extraordinaire de dissolution éventuelle, ils ont alors décidé la tenue immédiate d’un vote au bout de 4 heures d’AG.

Le Président a alors procédé à la levée de séance de l’AG ordinaire afin de préserver l’intérêt des adhérents non consultés.

Le vote sur la dissolution n’est donc pas légal puisqu’il n’était pas à l’ordre du jour et que le président avait levé la séance.

Nous nous préparons à convoquer une Assemblée Générale pour donner la parole aux adhérents sur le devenir du CRILAN.

Atomik Tour – Cherbourg du 17 au 19 février

La caravane de l’Atomik Tour passe par Cherbourg du 17 au 19 février. Le Cotentin et son cortège d’installations nucléaires civiles et militaires était évidemment une étape obligée. Le CRILAN a coordonné le programme local. 

L’ATOMIK Tour, le CRILAN, l’ACRO et le CREPAN FNE s’associent pour offrir ainsi la possibilité aux habitants du Cotentin de discuter de la France nucléaire en rencontrant des militants de Bure victimes de la répression policière et de l’acharnement judiciaire. 

PPI de la Centrale de Flamanville: la préfecture présente son plan à la CLI de Flamanville

PPI de la Centrale de Flamanville: un plan lacunaire et une ligne de démarcation nucléaire qui interroge.
Photo avant la réunion avec la Prefecture organisée au Pieux à la demande des associations antinucléaires et critiques à l’attention des membres de la CLI de Flamanville. 
Cette réunion non ouverte à la Presse a été suivie par les associations et des des experts mais pas par les nombreux ELUS ( sauf 2) ..de la CLI …
Quatre réunions publiques seront organisées par la Prefecture dans le Nord Cotentin d’ici mars..
Comme quoi le CRILAN, Greenpeace et ACRO ont bien fait d’insister!! 
A la population de s’emparer de ces moments de réunion et de la consultation publique en cours des mairies du périmètre des 20km autour de Flamanville jusqu’au 21 décembre

Notre Communiqué de presse:

Communiqué de Presse

CRILAN- CLI Flamanville 10 Décembre 2018

Des travaux du Livre Blanc au nouveau PPI de la Centrale de Flamanville

Au vu de ce que nous avons appris au cours de plus de 20 réunions sur le Livre Blanc sur les Installations nucléaires du Cotentin, et à la lecture du document PPI, l’organisation préventive des secours en cas d’accident nucléaire est purement administrative, lacunaire et anxiogène.

  • Le système d’alerte par radio, TV, téléphonie portable est lacunaire
  • Les moyens de secours supposés reposent sur les maires et les enseignants : PCS (plans communaux de sauvegarde), PPMS (plans de prévention et de mise en sécurité des enfants des écoles),
  • La distribution des comprimés d’iode stable démontre une organisation incompréhensible et peu susceptible d’atteindre l’efficacité recherchée.
  • L’organisation de la chaîne de décision se révèle très administrative, probablement militaire et centralisée à Saint Lo.

Une ligne de démarcation nucléaire

A la lecture du projet de PPI de Flamanville l’impression d’être administré prévaut avec une ligne de démarcation qui coupe le Cotentin du reste de la Manche. De « ligne d’arrêt hermétique » cette ligne est devenue pudiquement une « ligne d’accueil et d’information » anxiogène.

Il a fallu l’insistance des associations environnementales antinucléaires et critiques pour que la Préfecture vienne détailler ce PPI devant la CLI de Flamanville.

Même si une consultation publique est organisée dans les mairies du périmètre de 20 Km et en sous-préfecture, aucun débat public n’est prévu contrairement à ce que nous pourrions attendre.

Nous le déplorons et continuons à exiger un large débat public large incluant l’ensemble des populations impactées, soit l’ensemble des habitants de la Manche.

Vraiment, rien ne justifie d’exposer la population du Cotentin aux risques potentiels des 3 réacteurs de Flamanville, qui plus est près d’un EPR dont on connaît les non conformités et censé fonctionner pendant 60 ans.

Conférence de presse : un nouveau recours contre la mise en service de la cuve de l’EPR

Le 28 novembre 2018, le Réseau “Sortir du nucléaire“, Greenpeace France, le CRILAN et Stop EPR-Ni à Penly ni ailleurs ont déposé un recours devant le Conseil d’État pour faire annuler l’autorisation donnée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour mettre en service la cuve du réacteur EPR de Flamanville. Cette autorisation, ouvre la porte à un risque inacceptable pour les populations. Source RSDN 29 novembre 2018
Une autorisation qui n’aurait jamais dû être accordée

Dès 2005, l’ASN a alerté Areva NP (maintenant Framatome) et EDF des mauvaises pratiques qui régnaient à l’usine de Creusot Forges. Ignorant ces avertissements, Areva NP y a quand même fait fabriquer des éléments importants de la cuve destinée à l’EPR de Flamanville. Comme l’atteste la correspondance entre Areva et l’ASN, l’industriel a passé outre les remarques de cette dernière sur les processus de fabrication de cet équipement. Or, une fois la cuve irréversiblement installée dans le réacteur, Areva a averti l’ASN qu’elle comportait un défaut remettant en question sa solidité !

Après avoir qualifié cette anomalie de « très sérieuse », l’ASN a pourtant proposé à Areva d’introduire une demande de dérogation. Malgré les protestations de nombreux citoyens, l’Autorité de sûreté a finalement rendu un avis favorable à l’utilisation de cette cuve, puis, le 10 octobre 2018, délivré une autorisation sous réserve du changement du couvercle et de mesures de surveillance.

Pour nos associations, cette autorisation n’aurait jamais dû être délivrée. Du fait des mauvais procédés de fabrication, cette cuve ne remplit pas les caractéristiques de sûreté initialement exigées. La rupture de la cuve, qui aurait dû être « exclue », ne peut plus qu’être « prévenue » par des mesures de surveillance qui ne compenseront jamais ses défauts. Les marges de sûreté nécessaires pour faire face aux imprévus et au vieillissement d’un réacteur censé fonctionner 60 ans sont irrémédiablement entamées. Comment ne pas être inquiétés par les propos de Pierre-Franck Chevet (ancien Président de l’AN), qui affirmait le 30 novembre 2017 devant le Sénat : « Quand on fait les calculs, ça passe encore, pour faire simple, mais de manière relativement limite » ?

Une inquiétante logique dérogatoire au profit d’industriels délinquants

Sur le principe même, l’octroi de ce feu vert apparaît tout aussi inacceptable, alors même que l’ASN a été mise devant le fait accompli des mauvaises pratiques d’Areva, qui n’a pas tenu compte de ses avertissements. Il est scandaleux qu’un industriel puisse obtenir une dérogation à des règles auxquelles il a délibérément cherché à se soustraire – qui plus est sur la base de textes qui ne devraient pas s’appliquer ici.

L’ASN a-t-elle agi par complaisance envers EDF ? A-t-elle subi des pressions des milieux industriels, afin de ne pas menacer le sauvetage de la filière nucléaire ni la mise en service d’un réacteur présenté comme la clé de voûte de la relance du nucléaire français ? Bénéficiait-elle de moyens insuffisants pour pouvoir rester intransigeante et indépendante ?

Quoi qu’il en soit, cette autorisation n’aurait jamais dû être délivrée, dans la mesure où elle ouvre la voie à une dangereuse logique dérogatoire où l’ASN finira toujours par céder devant des exploitants qui la mettront devant le fait accompli. 

Téléchargez notre recours

PDF - 4.4 Mo
Autorisation cuve – Recours 28/11/18

CP recours autorisation cuve EPR_OK

Notre Communiqué de presse

https://www.sortirdunucleaire.org/Flamanville-recours-autorisation-cuve

Voir aussi: 

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/les-anti-nucleaires-lancent-une-nouvelle-procedure-judiciaire-contre-l-epr-de-flamanville-1543425966

EPR, PPI, Livre Blanc – L’urgence de réponses claires

Ni nucléaire, ni effet de serre!

L’exposition ASN IRSN au Pavillon des Energies du Dézert est une initiative intéressante du Conseil Départemental pour informer le public. Elle n’en reste pas moins une opération de communication qui ne saurait dédouaner ses promoteurs de leurs autres responsabilités.

Au moment où le Gouvernement retarde à 2035 la part de l’énergie nucléaire au niveau de 50 %, au moment où il tue dans l’œuf la filière hydrolienne de Cherbourg, au moment où l’on s’apprête à araser le barrage hydroélectrique de Vezins, le prétendu mix énergétique a beau jeu de masquer les vraies questions que posent les centrales nucléaires vieillissantes et l’EPR.

Dans la Manche, où l’on observe une des plus fortes concentrations d’installations nucléaires au monde (La Hague, le CSM, Flamanville, l’Arsenal), la population et les associations comme la nôtre sont confrontées à de nombreuses questions sans réponses. Les CLIs qui relèvent du Conseil Départemental devraient être le cadre des réponses et de l’anticipation.

Les vieux réacteurs de Flamanville trentenaires et arrivés en bout de course doivent être rafistolés pour pouvoir durer 10 ans, 20 ans ? Certaines pièces sont pourtant réputées défectueuses comme les générateurs de vapeur. Qui s’en émeut ?

A l’EPR dont le coût va atteindre les 11 milliards, ce sont la cuve, le couvercle et les soudures du circuit de vapeur dit secondaire principal qui sont impactés par des défauts alors que l’ASN émet régulièrement des réserves avant de devoir se satisfaire des réponses du Lobby Nucléaire. Et ce n’est pas le décret gouvernemental du 3 janvier 2016 qui autorise des dérogations sur l’aptitude au service d’un réacteur non conforme qui peut rassurer la population exposée à des risques incalculables, bien au contraire. L’affaire des soudures a amené le CRILAN à déposer plainte en juillet dernier à propos de ces soudures défectueuses du circuit de vapeur dit secondaire principal, élement de sûreté s’il en est. Cette plainte au pénal déposée près du Procureur de la République de Cherbourg en lien avec le Réseau Sortir du Nucléaire et Greenpeace porte aussi sur les responsabilités relatives aux infractions constatées. Cette affaire a rebondi mercedi 3 octobre sous la forme d’une information ASN sur la défaillance de la surveillance du chantier par EDF. Qui s’en emeut?

Au moment où le Préfet doit mettre en place un PPI de la Centrale de Flamanville élargi à 20 km, et face aux risques liés à un accident nucléaire, nous sommes en droit de nous demander quel sera le sort réservé aux populations dans ce périmètre et au-delà sous l’effet des vents : confinement ? évacuation ? exode sans retour ? Le besoin d’information du public est réel : quels rôles pour l’Etat, les collectivités locales et-ou l’Armée en cas d’accident ? Mais avant, quid de la distribution d’iode, des plans communaux de sauvegarde et des PPMS (propres aux écoles) potentiellement impactés par le PPI de Flamanville ?

Suite au voyage des CLIs à Fukushima en 2017 et au moment de la finalisation des compléments au Livre Blanc sur les installations nucléaires du Cotentin, le Conseil Départemental responsable des CLIs doit apporter et exiger des réponses aux questions des CLIs.

En conclusion, nous attendons une prise en compte sérieuse des sujets ci-dessus, des réponses claires et aussi des moyens humains à la hauteur des enjeux pour les CLIs.

Les représentants du CRILAN dans les CLIs de la Manche

MERCI POUR CET EPR-PASSOIRE

MERCI POUR CET EPR-PASSOIRE retrace l’histoire de l’EPR, pur produit AREVA imposé à EDF. Tête de gondole de l’industrie nucléaire française, l’EPR se voulait pérenniser et vendre l’électronucléaire francais. Résultat: incapable d’en construire et d’en faire fonctionner un seul en France, EDF qui est en quasi faillite en voudrait 6,10,20 !?.

En empêchant le développement des énergies renouvelables, le lobby nucléaire condamne notre pays à l’impasse énergétique.

Politiquement nous observons une même stratégie éléctro-nucléaire chez Sarkozy, Hollande et Macron. Même obstination aussi pour ces 3 présidents pour vendre des EPR en Inde en zone sismique.

Au travers de l’actualité récente, l’ouvrage détaille les derniers déboires et scandales de l’EPR dont le coût va atteindre les 11 milliards:

  • Défauts relatifs aux bétons et ferraillages
  • Cuve du réacteur non conforme rendue apte au service par décret gouvernemental du 30/12/2015, publié le 3/1/2016, (oui..oui.!)
  • Couvercle non conforme mais autorisé …
  • Soudures défecteuses sur le circuit de vapeur dit secondaire principal…

Tout ceci dans un contexte aggravant de falsification de documents de production à l’usine AREVA du Creusot..

A l’occasion de de la visite de F Hollande et de B Cazeneuve dans la Manche il est utile de lire attentivement le chapitre juridique de l’EPR.

Le 18 avril 2017, le CRILAN et 7 autres associations ont déposé un recours gracieux auprès du Premier Ministre Cazeneuve contre la prolongation de 3 ans du chantier EPR. Mais celui-ci est resté sourd à cet appel, obligeant les plaignants à porter l’affaire en Conseil d’Etat.

Le dernier paragraphe ouvre le dossier de plainte au pénal déposé par Sortir du Nucléaire, Greenpeace et le CRILAN en juillet dernier près du Procureur de la République de Cherbourg. Cette plainte porte sur les soudures défectueuses du circuit de vapeur dit secondaire principal, élément de sûreté s’il en est. Elle porte aussi sur les responsabilités relatives aux infractions constatées.

Qu’on se rassure, dans notre pays où le nucléaire est devenu raison d’Etat depuis plus de 40 ans, les recours en Justice risquent peu de contrarier les plans du Lobby nucléaire… Mais qui sait ? Dans cette lutte du pot de terre contre le pot de fer, où la protection des populations passe au second plan, il reste à espérer que le pot de fer devenu passoire n’entraîne jamais un Fukushimanche et en soit donc empêché.

Le Flyer de cette Publi-Fiction est en dédicace près des militants du CRILAN dans l’esprit de convivialité habituel !

Soudures défectueuses de l’EPR: Le CRILAN porte plainte près du Procureur de la République de Cherbourg

COMMUNIQUE (20/07/2018)

Après Greenpeace et Sortir du Nucléaire, le CRILAN porte plainte auprès du Procureur de la République de Cherbourg à propos des soudures défectueuses du circuit secondaire de l’EPR.

Il s’agit d’une plainte au pénal contre EDF, Framatome et contre X en raison de graves manquements à la sûreté nucléaire.

Cette plainte prend un relief particulier après la récente consultation flash de l’ASN en vue d’autoriser des tests à chaud avec de la vapeur polluée au tritium issue des réacteurs 1 et 2 sur ce circuit secondaire situé en zone « non nucléaire » de l’EPR.

Consultation ASN sur l’EPR: Vers des essais précipités aux allures de fait accompli en dépit d’une plainte sur les soudures de l’EPR?.

COMMUNIQUE (18/07/2018)

En plein été, l’ASN nous joue la farce d’une consultation flash à propos de tests à chaud sur la partie non nucléaire de l’EPR avec de la vapeur au tritium issue des réacteurs 1 et 2.

Ce faisant, EDF veut imposer une mise en route de l’EPR alors même que celui-ci fait l’objet de nombreuses plaintes dont celle du CRILAN sur la cuve. Compte tenu des défauts récurrents observés notamment sur la cuve, le couvercle et les tuyauteries, le CRILAN demande à l’ASN de prendre ses responsabilités d’autorité de sûreté nucléaire en n’autorisant pas les essais de l’EPR, qui ne doit jamais démarrer.

Aujourd’hui c’est Greenpeace et SDN (Sortir du Nucléaire) qui portent plainte auprès du Procureur de la République de Cherbourg à propos des nombreuses soudures défectueuses du circuit secondaire qui compromettent son démarrage; certaines d’entre elles étant en autopsie.

En appui sur l’argumentaire de cette plainte, le CRILAN demande aux autorités administratives et judiciaires de mettre un terme au chantier de l’EPR afin de protéger les populations du Nord Cotentin et au-delà.

Programmation Pluriannuelle de l’Énergie-Nous sommes à un tournant!

Le 24 mai 2018, à l’initiative du Maire de Flamanville, commune d’implantation de la centrale nucléaire EDF, un débat public était organisé à la Salle du Rafiot.

Comme plusieurs associations environnementales, le CRILAN alerte constamment les autorités et la population sur la situation préoccupante de la politique énergétique française.

  • Soit nous prolongeons le système énergétique français tel qu’il existe actuellement, au risque de le mettre durablement sous perfusion, notamment avec l’argent du contribuable.
  • Soit nous actons un changement de modèle, qui s’appuie sur une baisse de la consommation d’énergie (tendance européenne actuelle) et le développement des énergies renouvelables.

La nouvelle Feuille de route énergétique de la France à 2023 et 2028 – la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) – actuellement en préparation, devrait aller clairement dans cette seconde voie.

Le débat public sur la PPE, organisé par la Commission nationale du débat public du 19 mars à fin juin 2018, devrait être l’occasion de mettre tous les sujets sur la table, qu’il s’agisse des risques et des déchets nucléaires, mais aussi des grands enjeux d’évolution de la mobilité ou encore de la massification de la rénovation performante des logements.

De même, l’implication des territoires et des acteurs locaux, la création de valeur et d’emplois, la lutte contre la précarité énergétique, la solidarité entre territoires, les transitions professionnelles ou la qualité de l’air sont des sujets qui ne devraient pas être mis de côté.

Pourtant, le Ministère de la Transition énergétique et solidaire, maître d’ouvrage du débat public sur la PPE, voudrait que ce débat soit circonscrit à seulement certains scénarios énergétiques.

Face aux résistances de l’ancien monde, les précurseurs d’un nouveau modèle énergétique pour la France montrent la voie : collectivités territoriales, entreprises, citoyens, associations ; leurs réalisations préfigurent notre futur paysage énergétique si nous le voulons.

Le gouvernement, dans le cadre de la PPE, fera un choix pour les 10 ans à venir, ce qui devrait nécessiter un débat public sans zone d’ombre.

C’est l’occasion pour le CRILAN de développer ses positions sur ce débat faussé et de rappeler quelques enjeux de cette PPE pour notre région.

En novembre 2017 RTE le gestionnaire de transport d’électricité, a publié cinq scénarios de prospective électrique. Seulement deux d’entre eux ont été retenus pour la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie en raison de leur plus faible impact supposé sur le climat.

La SFEN, association pro-nucléaire mise en avant dans le débat public, se réjouit donc que les 2 scénarios préférés par RTE soient ceux avec le moins de fermetures de réacteurs nucléaires :

  • Le Scénario Volt prévoit la fermeture de 9 réacteurs de 900 MW (hors Fessenheim) à l’horizon 2035.
  • Le Scénario Ampère prévoit la fermeture de 16 réacteurs.

Ces deux scénarios témoignent d’un manque d’ambition concernant la réduction de la part du nucléaire, sont trop conservateurs et frileux en matière d’efficacité énergétique, visent des niveaux d’exportation d’électricité irréalistes au regard des tendances actuelles de nos voisins. Ils ignorent volontairement :

  • Le scénario Watt qui prend comme hypothèse la fermeture de chaque réacteur après quarante ans de fonctionnement
  • Le scénario Hertz qui table sur la fermeture de vingt-cinq réacteurs nucléaires pour que l’atome ne représente plus que 50 % du mix énergétique d’ici 2025, conformément à l’objectif de la Loi de Transition Energétique.

Le débat sur la PPE est donc tronqué, la question climatique servant d’alibi à la promotion du nucléaire sous couvert d’un mix énergétique et d’une transition écologique de l’énergie en trompe l’œil.

Le ministre Hulot a rejeté la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique, sine die, reportant la transition énergétique à une portion congrue.

Chaque jour, de nouveaux incidents sont signalés sur nos installations nucléaires vieillissantes qu’un grand programme de « rafistolage » doit prolonger.
Nous sommes donc tous informés des risques industriels, sanitaires et sociaux du nucléaire qui pèsent sur les populations. N’aurions-nous rien vu ni à Mayak, ni à Tchernobyl, ni à Fukushima ?

Pire, nous sommes témoins des malfaçons, voire des malversations relatives à la construction et à la fabrication des réacteurs nucléaires dont l’EPR. Allons-nous laisser faire quitte à modifier les règlements pour mieux nous en accommoder comme l’industrie du nucléaire l’a déjà fait en catimini de multiples fois sans aucun débat démocratique ?
L’EPR, inutile, coûteux, dangereux, finit longuement sa construction, Fessenheim (ce grand mourant) ne devant être arrêté qu’à la mise en marche de l’EPR au terme d’un contrat léonin au profit d’EDF.

Enfin la stratégie de gestion des déchets nucléaires atteint ses limites, elle est uniquement orientée vers le retraitement-extraction du plutonium pour la production du MOX et pouvant servir à la prolifération militaire. L’enfouissement des déchets à Bure, bien que retardé, reste programmé, la Hague doublant son entreposage pour satisfaire aux besoins. Pour le CRILAN, la gestion des déchets nucléaires doit être réorientée vers le stockage à sec des combustibles usés et vers la neutralisation du plutonium.

Pendant ce temps, les lanceurs d’alerte qui mettent en évidence les défauts de sûreté et de sécurité des installations nucléaires sont trainés en justice et sévèrement condamnés. Ils devraient plutôt être félicités pour service rendu.

Ici, dans le Cotentin nous sommes témoins de la valse-hésitation du Gouvernement sur la promotion des énergies renouvelables :

Où en sont les hydroliennes promises à Cherbourg ?

Où seront implantées les premières éoliennes en mer que l’on promet de construire à Cherbourg ?

Autant de questions qui interrogent sur la volonté des Pouvoirs Publics depuis trop longtemps soumis au lobby nucléaire … pour que rien ne change !

32ème anniversaire de Tchernobyl, le CRILAN se souvient et alerte

A l’occasion du 32ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, le CRILAN se souvient et alerte sur les dangers de l ‘industrie éléctro-nucléaire.
Malgré les apparences trompeuses, la catastrophe de Tchernobyl n’est pas finie: aux morts et malades, aux évacuations et au désastre écologique s’ajoutent des coûts colossaux.
Cette catastrophe démontre que des scientifiques ont cédé face à l’orgueil du pouvoir électronucléaire jusqu’auboutiste, comme en France…
Pour le CRILAN, c’est une leçon à la veille d’un hypothétique démarrage de l’EPR. Vu les nombreux défauts et malfaçons couverts par des dérogations scandaleuses, notre région et notre pays ne pourraient se relever d’un tel accident nucléaire.

Continuer la lecture de « 32ème anniversaire de Tchernobyl, le CRILAN se souvient et alerte »

Pourquoi parle-t-on à nouveau des autorisations de rejets radioactifs et chimiques de Flamanville et plus particulièrement de l’EPR…

I. Pour comprendre : Un rapide historique

Le 17 octobre 2014, le recours du CRILAN contre le décret autorisant les rejets des réacteurs nucléaires 1&2 et de l’EPR de Flamanville était rejeté par le Conseil d’Etat (Frais de justice : 3000 euros à donner à EDF).

Comment en est-on arrivé là ou comment les autorisations de rejets radioactifs et chimiques ont-elles été données plus rapidement que ne se construit un réacteur nucléaire EPR ?

  • En 2006, depuis plusieurs années, en difficulté pour respecter ses autorisations de rejets liquides de tritium en mer pour sa centrale de Flamanville, EDF demande leur presque doublement ( De 60 000 Gbq à 110 000) pour les réacteurs 1 et 2 et leur triplement ( De 60 000 à 180 000 Gbq avec le réacteur EPR ). Quatre associations de défense de l’environnement, siégeant alors à la commission locale d’Information( CLI) avaient lancé un appel à s’opposer à l’augmentation de ces rejets.
  • Septembre 2010 : Trois ans et demi après l’enquête publique, alors que bien des incertitudes à propos de la sûreté du réacteur EPR ont été relevées, le décret sort, décret que le CRILAN attaque en mars 2011 devant le Tribunal administratif de CAEN, après avoir vainement attendu une réponse au recours gracieux envoyé au Ministère de l’Industrie…
  • En juillet 2012, le Tribunal administratif de Caen passe finalement « la patate chaude » au Conseil d’Etat…
  • Septembre 2014 : jugement du Conseil d’Etat rejetant le recours du CRILAN.

Ces autorisations posaient pourtant beaucoup d’interrogations

  • elles ouvraient la porte à deux gestions possibles de combustible : On ne connaissait toujours pas officiellement à ce moment le combustible utilisé dans L’EPR, dont la mise en service devait être opérationnelle primitivement en 2012, puis en 2014, repoussée en 2016 ( essais, puis montée en puissance jusqu’en fin 2018 (!) : soit à l’uranium enrichi ou soit à l’uranium enrichi “dopé” (HTC) sur lequel continuait de peser beaucoup d’incertitudes alors que le MOX était annoncé à l’enquête publique pour la création de l’EPR. Aujourd’hui, finalement, au moins dans un premier temps, le choix s’est porté sur le premier.
  • les augmentations de rejets, notamment en tritium et en carbone 14, que ce soit pour les réacteurs 1&2 de 1300 mégawatts ou pour l’EPR, ne peuvent être justifiées par leur fonctionnement réel, actuel, pour les deux premiers, si ce n’est pour autoriser des droits à polluer dans la prévision d’une situation accidentelle.

Ainsi pour les réacteurs 1&2, pour les rejets de carbone 14, ne figurait-il aucun justificatif de demande d’autorisations 3 à 6 fois supérieures aux rejets maximaux envisageables. A propos du tritium, le droit à polluer était 2 (rejets liquides) à 18 fois (rejets gazeux) supérieur aux rejets 2010 et 1,4 (rejets liquides) à 2,4 fois (rejets gazeux) supérieur au plus fort rejet historique enregistré sur le parc des réacteurs 1300 MW. Des droits à polluer que n‘expliquaient donc pas des retours d’expérience… Quant aux autorisations accordées au futur réacteur EPR, les droits à polluer accordés par l’ASN en 2010 en comparaison des rejets potentiels de ce réacteur, calculés à partir des rejets des réacteurs 1&2 du CNPE Flamanville étaient respectivement multipliés par 2,9 pour le tritium liquide, par 11,5 pour les rejets de tritium gazeux, plus de 8 pour les iodes gazeux, près de 3 pour les iodes liquides, entre 5,9 et 7,5 pour le carbone 14 et entre 2,5 fois et 5,4 pour les autres éléments beta, gamma.

Pourtant:

  • La toxicité du tritium radioactif est l’objet de controverses : selon des scientifiques indépendants, il faudrait réduire l’exposition au tritium de plusieurs centaines de fois. L’importance de l’augmentation de ces rejets n’a pas échappé aux commissaires enquêteurs lors de l’enquête publique: ils recommandaient la mise en place de réservoirs de stockage du tritium, sur le site de la centrale, pendant au moins une période (presque 12 ans) avant tout rejet en mer, recommandation non suivie d’effet…
  • Les rejets envisagés font l’impasse de leur ajout, à ceux, énormes, de l’usine de la Hague, située à proximité ;
  • La convention OSPAR, signée par la France, et visant à réduire vers zéro les rejets chimiques et radioactifs dans les mers de l’Atlantique nord, dont la Manche, d’ici 2018, n’est pas respectée en ce qui concerne ces deux éléments.

La valeur des autorisations de rejets tient davantage compte du type d’installations Nucléaires de Base et de leur nombre sur un même site que de la protection de l’environnement et du vivant. L’astuce est simple : les normes sont fixées, non en fonction d’un retour d’expérience ( REX dans le verbiage officiel), mais multipliées par 3, 4, parfois 10 ( cela peut toujours servir en situation accidentelle). Les rejets réels apparaissent donc toujours en comparaison très faibles et rassurants…

On croyait en avoir fini avec ces autorisations de rejets de 2014 : Que nenni ! On est en démocratie que diable!

II. Nouvelle étape réglementaire, deuxième semestre 2017

EDF a alors besoin d’une autorisation de modification, principalement pour fixer les autorisation de rejets radioactifs liquides et gazeux et les rejets chimiques, mais aussi en ce qui concerne les métaux pendant la phase des essais en inactif , à froid, puis à chaud et les gaz traceurs.

Les étapes réglementaires se succèdent :

  • Le 30 mai 2017, lors de la CLI FLAMANVILLE, le dossier de modification est présenté.
  • du 1er septembre au 1er octobre 2017, l’ASN annonce une mise à disposition du public dans ses locaux, à Hérouville StClair, et sur son site, d’un dossier de modification avec un registre d’observations dont elle fera la synthèse (les rares observations faisant état de l’inquiétude du public vis à vis… de la cuve, la synthèse va être rapide; juste « hors sujet » à écrire en marge).
  • Le dossier est transmis pour avis :
    • au CODERST (Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques où siègent notamment, le CREPAN-FNE, et « Que Choisir » et où les représentants associatifs sont très minoritaires.
    • à la CLI Flamanville

Le CODERST et la CLI disposent de 3 mois pour émettre leurs avis respectifs qui sont transmis à l’ASN. qui transmet ensuite, pour homologation, aux ministres chargés de la sûreté nucléaire, le projet de décision fixant les limites de rejets, accompagné du rapport de présentation et des avis recueillis.

Bien évidemment, on ne voit pas comment ce projet ne deviendrait pas…décision. Dormez en paix, bonnes gens : c’est écrit dans le dossier :

« En conclusion, les rejets radioactifs et chimiques, liquides et gazeux du site dus à la phase essais de l’EPR sont inférieurs aux limites autorisées pour la phase d’exploitation et la mise en exploitation de l’EPR FLA3 n’aura pas d’impact significatif sur les intérêts protégés mentionnés à l’Article L.593-1 du code de l’environnement. »

Même formule consacrée pour les métaux, aluminium, chrome, cuivre, fer, manganèse, plomb, nickel etc.

Nous comprenons mieux maintenant pourquoi EDF a communiqué très rapidement sur le rejet du recours déposé par le CRILAN et « Notre affaire à tous » devant le Conseil d’Etat début avril 2017, contre le décret permettant de prolonger les travaux de l’EPR de 3 ans jugement en moins d’un an, rapide pour le Conseil dEtat.

Parce que le CRILAN refuse de s’associer à ces simulacres successifs de démocratie et ces dérogations à propos des lois et réglementations concernant la sécurité des installations nucléaires de base sous pression ( en l’occurrence la cuve de l’EPR), je n’assisterai pas au groupe de travail de la CLI de Flamanville, considérée comme une simple chambre d’enregistrement des décisions prises déjà par l’Etat.

Le 9 avril 2018,

Didier ANGER, Représentant du CRILAN à la CLI de Flamanville

JUSTICE D’ETAT …ET SENS DES MOTS

COMMUNIQUE (07/04/2018)

 

Le CRILAN et « Notre Affaire à tous » (1) avaient déposé une requête au CONSEIL D’ETAT demandant l’annulation du décret du 23 mars 2017, portant à 13 ans le délai de construction du réacteur EPR de Flamanville, et ce, sans procédure nouvelle.
Par jugement du 28 mars 2018, les requêtes des 2 associations ont été rejetées. Elles  sont condamnées à verser chacune à EDF une somme de 2000 euros au titre des frais d’avocat de cette dernière.
 
La loi exigeait pourtant que lors de modifications substantielles d’un projet de cette nature, les procédures d’autorisation ( Débat public, enquête publique,…) soient recommencées, en cas de nouveau décret.

Le Conseil d’Etat a considéré  que n’étaient substantielles, notamment, ni les modifications de la conduite de rejets, ni l’abandon prévu à l’origine du combustible MOX au plutonium au profit de l’uranium enrichi, ni la validation d’une cuve aux fond et couvercle fragilisés par des aciers aux excès de carbone, non conformes aux lois et règlements en vigueur quant à la sécurité des installations. 
« Il n’est pas impossible que ces anomalies ne soient surmontées au cours des trois prochaines années » (2)  a estimé pour sa part le rapporteur public, lors de l’audience du 8 mars. Argument imparable et qui laisse sans voix…
 
Ainsi le Conseil d’Etat s’appuie-t-il sur des nouvelles définitions, « légales », pour modifier le vocabulaire commun. Le Monde du nucléaire nous avait déjà habitué au sien, en rebaptisant les conteneurs de déchets en colis, des cadeaux en quelque sorte pour l’immédiat  et les nombreux siècles à venir, et l’accident majeur, en « excursion nucléaire »: le grand voyage.
Grand héritier Napoléonien, il vous l’affirme : Dangerosité potentielle ou avérée du couvercle du  réacteur EPR , prototype relevant déjà d’un archaïque passé,   qui ne fonctionne toujours pas en dépit d’une addition de dépenses qui s’accroît honteusement : à dégager et SILENCE ! Gardons-foi en l’ASN!… Réjouissons-nous! l’EPR finira bien par fonctionner un jour : 
C’est la fable de l’Etat , de l’argent , de l’atome et  du juge!
Didier ANGER ( Pour le CRILAN)
1 « Notre affaire à tous »https://notreaffaireatous.org
2 Ouest-France- site internet 8/4/2018, modifié le 12 mars