Mise en service de l’EPR et dépollution du Parc Aux ajoncs sur le site Orano : deux consultations ASN sont en cours

Mise à jour du 31 Aout 2023

Comme souvent, c’est en été qu’ont lieu les consultations de l’ASN ( Autorité de sûreté Nucléaire) ou des exploitants sur des projets nucléaires…. Le grand public a la possibilité de donner son avis même si souvent les décisions sont prises avant.
Mais au moins on ne pourra pas dire qu’on a laissé faire les choses sans rien dire…

Compte tenu de l’enjeu de ces deux sujets pour notre région et notamment pour le Cotentin fortement nucléarisé, ces deux consultations sont l’occasion d’un point de situation et d’une invitation à y participer.

La consultation relative au démarrage de l’EPR se situe avant l’échéance prévue au printemps 2024.   
Opposé à ce projet depuis l’origine, le CRILAN demande depuis bientôt 2 ans une expertise indépendante sur l’EPR afin de vérifier l’aptitude de cet engin à fonctionner en toute sureté.
Le refus de la CLI de Flamanville en date du 25 mai a amené le CRILAN  à engager un second recours en excès de pouvoir près du TA de Caen en raison notamment de plusieurs  irrégularités.  
Pas d’expertise indépendante? pas de démarrage pour l’EPR!:
La consultation ASN est l’occasion pour les citoyens de donner leur avis sur le site internet de l’ASN avant le 15 septembre.  229 contributions au 31 Aout…

Le lien vers le site ASN/ EPR

lien internet court : http//vu.fr/BmTU

Ci dessous et pour information un flyer téléchargeable.

La dépollution  radioactive du Parc aux Ajoncs
Le projet d’implantation de 2 nouvelles piscines EDF pour l’entreposage de combustibles usés moxés sur le site Orano à la Hague s’ajoute à l’overdose atomique imposée au Cotentin depuis plusieurs années.
Même s’il ne s’agit pas encore de l’enquête publique, la consultation relative à la dépollution  radioactive du Parc aux Ajoncs, est l’occasion de resituer ce projet dans son contexte et de s’opposer aux nouvelles piscines. Le Crilan demande donc une remise à l’état naturel du lieu.
Là aussi la consultation ASN est l’occasion de donner son avis sur le site internet de l’ASN avant le 1 er septembre.  24 contributions au 31 Aout…

Le lien vers le site ASN/Parc Ajoncs

lien internet court : https://vu.fr/kBdFC

Ci dessous et pour information un flyer téléchargeable.

Après les marchés de Bricquebec, Valognes, Cherbourg , le CRILAN sera  présent sur des marchés et certains lieux publics jusqu’au 15 septembre pour des tractages et des échanges sur ces 2 sujets. 

samedi 2 Septembre: marché de Saint Vast la Hougue

samedi 2 Septembre: marché de Cherbourg-Centre ville

vendredi 8 Septembre: marché des Pieux

Dimanche 10 Septembre: marché de Cherbourg-Provinces

Orano La Hague : Consultation flash pour une dérogation à la réglementation environnementale.

Communiqué de presse 13 septembre 2022

Le CRILAN a découvert ce dimanche 11 septembre, dans la Presse de la Manche, qu’une consultation flash se déroule sur 2 semaines entre le 30 août et le 13 septembre à propos d’une demande de dérogation à la réglementation environnementale

Il s’agit d’une demande formulée par ORANO à la DREAL au regard de la protection stricte des espèces en vue du projet de construction d’une première piscine d’entreposage centralisé de combustibles nucléaires usés.

Membre de la CLI Orano, notre association  s’étonne que ce sujet ne le soit pas porté à l’attention de la Commission Locale d’Information Orano qui devrait en connaitre.

En effet, cette demande se rapporte au projet de piscine envisagé dans l’enceinte d’Orano qui a fait l’objet d’une consultation tronquée par EDF, d’une forte contestation et de nombreux doutes de la part des élus.

Il semble que sans attendre l’enquête publique, l’Etat s’empresse d’anticiper les travaux pour les rendre inéluctables face à l’embolie des déchets nucléaires… Adieu oiseaux, batraciens, plantes remarquables..  L’atome veut étendre son domaine.

En tant qu’association agréée pour la protection de l’environnement le CRILAN considère que les enjeux de la réalisation des deux nouvelles piscines envisagées à terme méritent plus qu’une consultation express qui discrédite les enquêtes publiques.

Le CRILAN s’oppose à toute dérogation à caractère environnemental dans la Hague déjà fortement concernée par les pollutions radioactives et chimiques dans l’air et la mer.

Notre association attend cependant que s’engagent les consultations pour la dépollution du Ru des Landes, sujet déjà ancien et qui ne bénéficie pas de la même diligence de la part d’Orano.

le lien vers la consultation

https://www.normandie.developpement-durable.gouv.fr/demande-de-derogation-orano-recyclage-50-projet-de-a4819.html

Selon ORANO « cette opération A UNE INCIDENCE SUR LES ESPECES PROTEGEES SUIVANTES « :

Peut être une image de texte qui dit ’Cette opération a une incidence sur les espéces protégées suivantes: Petite centaurée à fleurs de scille (Centaurium scilloides) Potentille anglaise (Potentilla anglica) Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula) •Linotte mélodieuse (Linaria cannabina) Pouillot fitis (Phylloscopus trochilus) Fauvette babillarde (Sylvia curruca) Triton alpestre (Iscthyosaura alpestris) •Crapaud épineux (Bufo spinosus) Alyte accoucheur (Alytes obstetricans) Rainette verte (Hyla arborea) Triton palmé (Lissotriton helveticus) Grenouille rousse (Rana temporaria) Triton marbré (Triturus marmoratus) Grenouille verte (Pelophylax kl. Esculentus) L'avis du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel est favorable avec réserves.’

Mayak en Cotentin, non Merci!

Jeudi 2 décembre, lors de la CLI Orano La Hague qui prenait connaissance du projet de construction d’une des deux piscines de combustibles usés pour EDF sur le site Orano, le CRILAN a distribué le flyer ( ci dessous) pour alerter les membres de la CLI sur les risques d’une concentration de matières radioactives unique au monde.

Le CRILAN a également annoncé qu’il ne participera pas au Groupe technique organisé dans le cadre de la « concertation » ni aux tables rondes officielles alors que les décisions semblent déjà prises .

Le CRILAN gardera donc sa libre parole tout au long de cette concertation qui se déroule jusqu’en Février 2022 et pour laquelle EDF et la CNDP prévoient le plan de communication ( voir plus bas)

Merci par avance pour vos commentaires ( ci après) sur les risques d’une concentration de matières radioactives unique au monde à la Hague.

Notre Flyer à partager::

Pour aller plus lion sur Mayak:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_nucl%C3%A9aire_de_Kychtym

Nouveaux combustibles usés, densification et nouvelles piscines à La Hague: Mayak en Cotentin non merci !

Le CRILAN s’oppose à l’overdose atomique de La Hague !

Ni densification des piscines existantes Ni nouvelle piscine !

Communique de Presse
du 13 novembre 2021

Une enquête publique pour l’autorisation de retraiter de nouveaux combustibles provenant notamment de réacteurs étrangers à l’eau lourde ou MOX est ouverte jusqu’au 17 novembre 2021.

Elle suit de près une autre enquête pour la densification des piscines C D E de la Hague pour d’accroitre de 30 % les capacités d’entreposage de combustibles usés. En appui sur des dossiers aux lignes noircies, celle-ci ne faisait que confirmer des décisions déjà prises.

Ces enquêtes ne visent qu’à conforter la filière inutile du retraitementqui se révèle une impasse technique et financièreavec son cortège de pollutions chimiques et radioactives dans l’air et dans le milieu marin.

Une telle concentration de matières radioactives les plus dangereuses sur un même site est scandaleuse d’autant qu’on nous annonce la construction de deux nouvelles piscines « centralisées » de 6500 tonnes chacune à la Hague. Déjà une concertation sur la première piscine va avoir lieu du 22 novembre 2021 au 18 février 2022.

Le CRILAN s’oppose à l’overdose atomique de La Hague qui passerait par la densification des piscines existantes, la création de nouvelles piscines et le traitement de combustibles hautement dangereux.

Pour ces raisons le CRILAN invite la population à boycotter l’enquête publique en cours et à s’opposer à ces projets dangereux pour notre région et au-delà.

L’usine de La Hague au défi de sa sécurité

Communiqué ACRO, CRILAN, Greenpeace et CREPAN FNE

organisations antinucléaires et critiques

membres de la CLI Orano La Hague

17 octobre 2021

Nous apprenons qu’un mur de 5 kms de long et 5m de hauteur va être construit autour de l’usine Orano pour des raisons de sécurité anti-intrusion. Ce mur ne risque t’il pas d’être perçu comme un repère pour les aéronefs afin de mieux cibler les bâtiments les plus sensibles dont les piscines ?

Ce mur anti-intrusion va coûter quelques dizaines de millions d’euros. On se demande quelles sont les priorités dans l’état actuel des moyens de sûreté et de sécurité ?

On peut lire dans un rapport d’inspection de l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) du 12 octobre 2020 concernant l’INB 117 (Installation Nucléaire de Base), où est situé l’atelier R7 dédié à la vitrification de produits de fission, et suite à la demande inopinée d’exercice d’incendie par l’ASN, qu’ Orano a considéré  « ne pas avoir les moyens nécessaires et prévus pour cet exercice ».

Dans ce même rapport, on peut lire que parmi les moyens d’interventions pour faire face à un incendie, il y a 3 surpresseurs prévus pour le balayage de l’air des locaux. Or ils sont tous les 3 dans le même local, alors qu’ils devraient être dans des locaux séparés sans communication pour éviter une perte simultanée des appareils au cours de l’incendie. La protection de ces surpresseurs n’est pas du tout aux normes.

Cette anomalie a été signalée lors d’un réexamen de sûreté en 2018, et les travaux de remise aux normes sont programmés pour 2026, voir 2027.

On apprend également que le 5 octobre 2021 un incendie s’est déclaré dans cet atelier R7 ; heureusement l’incendie a été maîtrisé rapidement.

Dans les conditions actuelles du matériel prévu contre un incendie, un incident peut basculer très vite en accident.

La situation actuelle est particulièrement préoccupante pour la population.

On peut craindre à la fois l’accident (incendie, entre autres) par défaut de moyens de sûreté, mais aussi le risque d’attentat dorénavant reconnu par les exploitants qui vont construire ce mur d’enceinte au nom de la sécurité.

Cherbourg: mobilisation autour d’un nouveau départ de Mox pour le Japon

Appel des associations Greenpeace, CRILAN, CREPAN-FNE, ACRO

Communiqué de presse du 6 septembre 2021

Orano prépare pour demain mardi un nouveau transport maritime de combustible MOX destiné aux réacteurs N° 3 et N°4 de la centrale nucléaire de Takahama au Japon.

Ce combustible MOX est composé d’un mélange d’uranium et de plutonium hautement radioactif extrait des combustibles usés.

Rappelons-nous, le réacteur 3 de Fukushima qui a explosé en 2011 contenait du MOX..

En soutien aux japonais qui s’opposent au redémarrage des réacteurs nucléaires et au déversement des eaux radioactives de Fukushima dans l’océan, les associations antinucléaires et critiques ci-dessus appellent à une mobilisation de protestation dans l’attente du passage du convoi :

Mardi 7 septembre à partir de 20 Heures au rond-point de la Pyrotechnie à Tourlaville.

La Hague vers l’overdose atomique ?

Un Cotentin fortement nucléarisé

On ne se souvient des pays oubliés que pour les exploiter. Le Cotentin a beaucoup donné pour le nucléaire et n’a jamais pu développer son potentiel énergétique en dehors de la filière nucléaire aujourd’hui à bout de souffle.

Nous connaissons le fiasco de l’EPR ajouté aux 2 réacteurs vieillissants de Flamanville, le tout dans une dérive financière et technique catastrophique qui nous impacte via EDF.

La Hague haut lieu de l’entreposage nucléaire sans retour pour les déchets nucléaires les plus dangereux

Suite à l’extension de la Hague dans les années 1980 on nous annonce une nouvelle extension vers Omonville pour une « piscine centralisée » construite par Orano pour EDF. Cette piscine doublerait les capacités d’entreposage de la Hague qui sont aujourd’hui saturées.

A la Hague on retraite les combustibles usés et on extrait le plutonium dans deux usines UP2 800 et UP 3. Ce « cycle du combustible » a déjà entrainé :

  • Le stockage d’environ 60 tonnes de Plutonium à la Hague , celui-ci servant à la fabrication du combustible MOX, hautement radioactif lorsqu’il est activé.
  • Le doublement des capacités d’entreposage HAVL sur 70 ans environ des déchets vitrifiés Haute Activité Vie Longue en attente d’un stockage définitif initialement prévu à Bure.

Et maintenant ? le quasi doublement des capacités d’entreposage des combustibles usés

EDF suggère le quasi doublement des capacités d’entreposage des combustibles usés provenant notamment des centrales nucléaires françaises. De 13000 tonnes il pourrait passer à 23000 tonnes avec la nouvelle « piscine centralisée ». Dans cette piscine les combustibles moxés hautement radioactifs devront être refroidis pendant 100 ans environ avec tous les risques sociétaux, industriels et énergétiques que cela représente

Cette fuite en avant traduit l’absence de pilotage et de prévision de la filière nucléaire qui croule sous les déchets alors même que la filière du retraitement est remise en cause par l’usure des usines de la Hague et par les conventions internationales sur les rejets liquides et gazeux de ces usines (Convention OSPAR). N’oublions pas que la Hague ne respecte pas les termes de cette convention.

Trop c’est trop, ça déborde à la Hague :

Alors que les ruisseaux de la Hague témoignent de pollutions radioactives dites « conformes » aux valeurs limites, alors que les déchets nucléaires « historiques » abandonnés sur le site se rappellent à nous, l’heure n’est pas à l’accumulation des déchets entreposés à la Hague pour l’éternité faute de solution viable.

Ni à Belleville, ni à la Hague ni ailleurs !

Le CRILAN alerte la population et les élus car le Cotentin mérite un meilleur avenir. Le meilleur moyen de ne plus produire de déchets est de sortir du nucléaire avant la catastrophe nucléaire annoncée en France par les plus hautes autorités dont l’ASN.

Comme le Président de la région Centre Val de Loire le disait si bien à propos du projet de piscine envisagée à Belleville sur Loire, nous ne saurions imaginer notre beau Cotentin devenir davantage la poubelle atomique de la France.

Annulation des AG des 3 CLIS de juin: le CRILAN demande au Conseil Départemental de revenir sur sa position.

Dans une lettre ouverte au Président du Conseil Départemental de la Manche le CRILAN a émis une protestation au regard de l’annulation des Assemblées Générales des 3 commissions d’information près des installations nucléaires du Cotentin et qui étaient prévues en juin.

Pour notre association il est surprenant de leur appliquer le critère de 10 personnes en réunion publique en vigueur dans le cadre du déconfinement quand les offices religieux et les conseils municipaux sont autorisés à recevoir des effectifs supérieurs.

L’actualité des installations nucléaires du Cotentin ne saurait être renvoyée à la fin septembre au moment où le président de l’ASN s’inquiète d’un « recul de la rigueur dans l’exploitation des centrales » et que la centrale nucléaire EDF de Flamanville est placée sous surveillance renforcée par l’ASN,

Passant en revue les incidents techniques et les non-conformités sur Flamanville ou aussi les sujets de la saturation des piscines de la Hague ou du silo 130, le CRILAN estime que l’actualité mérite une communication directe auprès des  assemblées de la part des exploitants comme des autorités de sureté.

C’est la raison pour laquelle le CRILAN a voulu associer le Préfet, l’ASN et l’ANCLII à sa démarche.

Le CRILAN demande donc au Conseil Départemental de prendre les dispositions nécessaires pour tenir les réunions prévues, même si le format de celles-ci doit s’adapter à la situation sanitaire.

La lettre ouverte adressée au Président du Conseil Départemental de la Manche:


Retour à Helsinki pour les Clis de la Manche: l’Ambassade de France

L’Ambassadeur de France en Finlande

Mercredi la réception à l’Ambassade de France a été l’occasion pour le CRILAN de revenir auprès de l’Ambassadeur sur la résolution du litige opposant Areva et TVO qui a fait construire le premier EPR en Finlande .

Dans sa réponse , l’Ambassadeur assisté du conseiller nucléaire pour Finlande et la Grande Bretagne a détaillé l’accord financier et le rôle de la diplomatie dans la résolution du conflit.

CF article précédent: http://crilan.fr/en-route-vers-la-finlande/

L’EPR finlandais accuse lui aussi un retard phénoménal de 10 ans et un coût de l’ordre de 10 milliard . Le retard a entraîné un dédommagement de 450 millions d euros de la part d’ Areva … et donc de la France…

« L’accord prévoit  aussi un système de bonus-malus : Areva et ses partenaires pouvaient recevoir jusqu’à 150 millions d’euros si le projet était achevé avant fin 2019, mais ils peuvent payer jusqu’à 400 millions d’euros ( maxi) supplémentaires en cas de nouveau retard au-delà de cette échéance. Ce système des bonus/malus devrait donc s’enclencher fin 2019. Areva avait précédemment évoqué un malus de 20 millions d’euros par mois de retard.« 

On croise les doigts ?!…

Voir aussi:

https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/areva-et-tvo-soldent-leur-litige-sur-l-epr-finlandais-1748354.php

TVO: consortium privé finlandais de production électrique, assis sur l’industrie di bois et du papier.

EPR, PPI, Livre Blanc – L’urgence de réponses claires

Ni nucléaire, ni effet de serre!

L’exposition ASN IRSN au Pavillon des Energies du Dézert est une initiative intéressante du Conseil Départemental pour informer le public. Elle n’en reste pas moins une opération de communication qui ne saurait dédouaner ses promoteurs de leurs autres responsabilités.

Au moment où le Gouvernement retarde à 2035 la part de l’énergie nucléaire au niveau de 50 %, au moment où il tue dans l’œuf la filière hydrolienne de Cherbourg, au moment où l’on s’apprête à araser le barrage hydroélectrique de Vezins, le prétendu mix énergétique a beau jeu de masquer les vraies questions que posent les centrales nucléaires vieillissantes et l’EPR.

Dans la Manche, où l’on observe une des plus fortes concentrations d’installations nucléaires au monde (La Hague, le CSM, Flamanville, l’Arsenal), la population et les associations comme la nôtre sont confrontées à de nombreuses questions sans réponses. Les CLIs qui relèvent du Conseil Départemental devraient être le cadre des réponses et de l’anticipation.

Les vieux réacteurs de Flamanville trentenaires et arrivés en bout de course doivent être rafistolés pour pouvoir durer 10 ans, 20 ans ? Certaines pièces sont pourtant réputées défectueuses comme les générateurs de vapeur. Qui s’en émeut ?

A l’EPR dont le coût va atteindre les 11 milliards, ce sont la cuve, le couvercle et les soudures du circuit de vapeur dit secondaire principal qui sont impactés par des défauts alors que l’ASN émet régulièrement des réserves avant de devoir se satisfaire des réponses du Lobby Nucléaire. Et ce n’est pas le décret gouvernemental du 3 janvier 2016 qui autorise des dérogations sur l’aptitude au service d’un réacteur non conforme qui peut rassurer la population exposée à des risques incalculables, bien au contraire. L’affaire des soudures a amené le CRILAN à déposer plainte en juillet dernier à propos de ces soudures défectueuses du circuit de vapeur dit secondaire principal, élement de sûreté s’il en est. Cette plainte au pénal déposée près du Procureur de la République de Cherbourg en lien avec le Réseau Sortir du Nucléaire et Greenpeace porte aussi sur les responsabilités relatives aux infractions constatées. Cette affaire a rebondi mercedi 3 octobre sous la forme d’une information ASN sur la défaillance de la surveillance du chantier par EDF. Qui s’en emeut?

Au moment où le Préfet doit mettre en place un PPI de la Centrale de Flamanville élargi à 20 km, et face aux risques liés à un accident nucléaire, nous sommes en droit de nous demander quel sera le sort réservé aux populations dans ce périmètre et au-delà sous l’effet des vents : confinement ? évacuation ? exode sans retour ? Le besoin d’information du public est réel : quels rôles pour l’Etat, les collectivités locales et-ou l’Armée en cas d’accident ? Mais avant, quid de la distribution d’iode, des plans communaux de sauvegarde et des PPMS (propres aux écoles) potentiellement impactés par le PPI de Flamanville ?

Suite au voyage des CLIs à Fukushima en 2017 et au moment de la finalisation des compléments au Livre Blanc sur les installations nucléaires du Cotentin, le Conseil Départemental responsable des CLIs doit apporter et exiger des réponses aux questions des CLIs.

En conclusion, nous attendons une prise en compte sérieuse des sujets ci-dessus, des réponses claires et aussi des moyens humains à la hauteur des enjeux pour les CLIs.

Les représentants du CRILAN dans les CLIs de la Manche

Le CRILAN solidaire des «hiboux» de BURE qui ré-occupent aujourd’hui le bois Lejuc. Leur résistance et leur détermination sont légitimes.

COMMUNIQUE (23/02/2018)

Le secrétaire d’état auprès du Ministre de la transition énergétique, Sébastien Lecornu, arpentait hier 22 février, le Bois Lejuc, à Bure, protégé par 500 «robocops» qui pensaient en avoir fini avec les opposants au projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs.

Serait-il déjà chapeauté de son bicorne bonapartiste?

Il s’était déjà illustré en Cotentin, à la HAGUE comme à Flamanville en ce début de février où on avait pu voir son nez s’allonger à la mesure de ses mensonges:

  • A ORANO- la Hague, d’abord où il n’avait pas hésité à évoquer un recyclage quasi complet des combustibles irradiés des centrales nucléaires alors que 95% des déchets dits recyclables ne sont pas recyclés, et en oubliant les 60 tonnes de plutonium, matière ultra sensible, stockées en sous sol. L’enfouissement des déchets dits de haute activité à vie longue ne vise qu’à les cacher à la vue et non à les gérer sans accident majeur comme le prouvent ceux qui se sont produits à Tcheliasbink ou à Mayak dernièrement.
  • A Flamanville, ensuite, où il a récidivé en omettant de parler des nombreuses malfaçons de la cuve du réacteur EPR aux aciers vulnérables par excès de carbone.

Le bonapartisme nucléaire autoritaire et policier est en marche. Mais Il ne faut pas confondre la loi et le maintien de l’ordre établi avec le fonctionnement démocratique d’une société. Faut-il rappeler que la France a déjà connu des périodes historiques où la loi n’était pas la conséquence de pratiques démocratiques et où, par contre, la résistance populaire était nécessaire ?

Aussi le CRILAN dénonce-t-il des pratiques gouvernementales qui nous font retourner en arrière et se réjouit-il, ce 23 février 2018, de voir les arbres du bois de BURE à nouveau occupés par celles et ceux qui refusent ces pratiques mortifères.

Pour Le CRILAN, Didier Anger

A qui le « Pinocchio d’or » ? 

COMMUNIQUE (09/02/2018)

Qui ne connaît Pinocchio, ce personnage légendaire dont le nez s’allongeait  lorsqu’il mentait ?
Des personnalités étaient en marche en Cotentin en ce début de février 2018
A laquelle attribuer un « Pinocchio d’or »? 
 
Est-ce à Monsieur Sébastien LECORNU, secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la transition écologique, qui, par voie de presse a évoqué un recyclage quasi complet des combustibles irradiés des centrales nucléaires à ORANO-La Hague ( ex AREVA) ou à Madame Barbara POMPILI, ex EELV, députée et rapporteuse de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires qui l’accompagnait dans cette visite ?
 
1° Le premier a omis que la réalité des opérations du CEA, d’abord, d’AREVA NC ensuite, et maintenant d’ORANO, a été et reste l’extraction du plutonium à des fins  militaires et/ou civiles :
  • c’est à dire 1% des combustibles. 
  • 4% de ces combustibles usés dits de Haute activité à vie longue ( HAVL), vitrifiés, sont entreposés à la Hague, pour certains depuis des dizaines d’années et encore pour longtemps, avant d’être, éventuellement transférés à Bure ( scénario officiel );
  • Les 95% d’uranium issus du retraitement, dits « recyclables », ne sont pas « recyclés » ( malgré des essais à Cruas-Meysse );
  • Le combustible MOX n’est pas …retraité .
  • Une partie du plutonium (de 50 à 60 tonnes), vieux de plus de 5 ans, n’est pas moxable, « en magasin » sous terre et sous protection armée ;
  • Et les opérations des travaux de l’ex-AREVA produisent eux-mêmes des déchets. 

Au total, après « retraitement », il y a plus de déchets nucléaires que « sans retraitement »…
 
2°La seconde fait sienne la propagande nucléaire en déclarant :«Il y a avec l’EPR des progrès indéniables en matière de sûreté. C’est le premier réacteur doté d’un récupérateur de Corium. Il faut reconnaître les compétences rassemblées ici, dont ont peut être fiers. » .
Mais elle ment par omission : pas un mot sur les défections de la cuve dont on parle de changer le couvercle en 2024 et qui ont pourtant défrayé la chronique et pourraient occasionner un accident majeur, en atmosphère et en mer de la Manche. 
 
La réalité est que la cuve  de l’EPR de Flamanville aurait dû être « retoquée » si l’Etat n’avait pas prévu de déroger à ses  propres lois et réglementations (décret du 30/12/2015) en ce qui concerne les installations nucléaires sous pression.
A vous de choisir qui  mérite  un « Pinocchio d’or ». Qui a le nez le plus long ?

Didier ANGER, pour le CRILAN

Encore un accident nucléaire dans une Russie toujours aussi transparente…

COMMUNIQUE (22/11/2017)

Encore un accident nucléaire dans une Russie toujours aussi transparente…

Du ruthénium, provenant d’une région située entre le sud de l’ Oural et la Volga s’est propagé par le sud de l’ Europe depuis presque deux mois.

Il s’agit probablement d’un accident, selon Nadezhda Kutepova, la responsable d’une ONG russe réfugiée politique en France depuis deux ans, après avoir fui la région de Mayak, menacée par le régime de Poutine. A Mayak se situe une usine de retraitement-extraction du plutonium à partir de combustibles irradiés des centrales nucléaires de ROSATOM. L’accident se serait produit lors d’une opération de vitrification des déchets nucléaires de haute activité à vie longue(HAVL) avant stockage en profondeur.(1)

Ce n’est pas un phénomène isolé.

Il faut se rappeler que des fuites de ruthénium, certes de bien moindre importance, provenant de l’usine de retraitement-extraction de plutonium de la Hague, ont été détectées jusqu’à Alençon, en Normandie , par l’ACRO en 2001; puis d’autres en 2016, autour de l’usine.(2)

On peut se rappeler également que déjà, à Kytchim-Tcheliasbink, en 1957, bien avant Tchernobyl, un accident majeur « s’était produit dans un centre de stockage de déchets nucléaires, contaminant plus d’un millier de Km2 et causant la mort de plusieurs centaines de personnes. Des milliers de gens avaient été évacués et hospitalisés ». Ce n’est que 20 ans plus tard, que Jaurès MEDVEDEV, scientifique russe exilé à Londres, au cours d’un colloque, «avait révélé la catastrophe, envers et contre tous les Etats nucléarisés de la Planète, les uns, à l’Est, pour étouffer l’imparable vérité, les autres, à l’Ouest, pour protéger leurs propres programmes nucléaires ».(3)

« Silence, on contamine » reste la même stratégie du pouvoir d’Etat russe, avec Poutine ( ancien colonel des services secrets) aujourd’hui qu’avec la nomenclature dite « soviétique », hier. L’Etat nucléaire russe reste aussi autoritaire, liberticide et policier.

1.témoignage de Nadezhda Kutepova
2.http://www.acro.eu.org/wp-content/uploads/2016/04/CP_160406_Ruthenium.pdf
3. En 1988, les éditions cherbourgeoises « ISOETES » ont publié un document de cet éminent scientifique russe, traduit notamment par Roger et Bella Belbeoch. « Désastre nucléaire en Oural » Jaurès Medvedev.

Didier ANGER , pour le CRILAN

Résistivité de la cuve de l’EPR : l’Etat juge et partie … la démocratie à la française est en marche !

COMMUNIQUE (26/06/2017)

Sans surprise, l’IRSN, partie prenante de l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) vient de remettre à cette dernière l’alibi technique qu’elle attendait pour justifier la validation de la cuve défectueuse du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, susceptible de ne pas résister à de fortes pressions et d’occasionner un accident majeur. Le contrôle des aciers rendus vulnérables par des excès de carbone a été effectué par… AREVA.
Récemment, la construction des installations nucléaires produisant de l’électricité en France a été transférée d’AREVA à EDF. Ceci ne signifie nullement qu’AREVA, à l’origine du projet EPR, a de ce fait obtenu la neutralité nécessaire pour contrôler la ténacité des aciers. Cependant, c’est AREVA qui a été chargée des expertises en cas de pression trop forte susceptible de créer un accident majeur, et ce, sur des pièces dites« sacrificielles » (1) autres que celles concernées.
Il n’est pas possible en démocratie et dans un Etat qui se dit de droit, dans lequel on prétend respecter la séparation des pouvoirs, que l’on admette que l’Etat industriel AREVA soit contrôlé par lui-même, que la validation de ce contrôle bénéficie à …l’Etat industriel (majoritaire à EDF), que l’avis de l’ Autorité sur la Sûreté nucléaire dont les directions sont nommées par le Gouvernement, le Président de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat soit transmise à … l’Etat , institution politique.
Une fois de plus, avec le nucléaire, l’Etat montre ses tentations totalisantes. Rappelons que le président Macron avait annoncé avant son élection que Fessenheim ne serait arrêté en 2018 qu’après la mise en marche de l’EPR de Flamanville. Après ces faux semblants de consultations diverses, en cas d’accident, qui sera responsable, qui sera coupable, les directions de l’IRSN ? de l’ASN ? d’AREVA ? d’EDF ? le ministre de l’Environnement ? Les divers présidents concernés y compris celui de la République ?  Le lampiste sous pression ou le « big chief » ?

Résistons et organisons-nous.

AREVA-La Hague, poubelle atomique, dans le lieu et dans le temps ! Nouvelle Enquête Publique pour l’extension de “l’entreposage” des déchets vitrifiés .

Une enquête publique a lieu en ce moment  (du 13 avril au 18 mai 2015) dans les mairies  de la Hague dans un rayon de …5 km autour de l’usine. AREVA NC y présente une demande de modification de l’INB 116 (UP3-A), visant à doubler la capacité  dite “d’entreposage”, mais en fait, de stockage des déchets vitrifiés produits par l’usine.
La capacité totale de “l’entreposage” existant ne peut couvrir les besoins que jusqu’en … 2017 et nécessite donc une extension rapide, prévue en deux temps . Dès 2016-2017, mise en service d’une seconde alvéole dans un atelier déjà existant puis dans un second temps, entre 2018 et 2022, construction d’un nouveau bâtiment.

  • Un “entreposage “de déchets qui ne veut pas avouer son nom : poubelle atomique

En France, les sites de stockage des déchets de faible activité de surface sont saturés. La recherche des sites pour les déchets Moyenne activité à vie longue (MAVL) n’a pas abouti. Le projet CIGEO, à BURE, dans la Meuse, pour le stockage profond des déchets haute activité à vie longue  (HAVL), qui devait être opérationnel pour 2015(1), ne l’est pas. Il ne le serait pas avant 2050 et pour les déchets HAVL, pas avant 2070 et plus !
Les documents de l’enquête affirment pudiquement qu’il faut donc continuer “l’entreposage” après 2017. La capacité actuelle “d’entreposage” est de 12348 conteneurs dans l’INB 116 et de 4500 dans l’INB 117.
AREVA NC demande une capacité supplémentaire de 12636 conteneurs et prévoit “ une durabilité des installations…. centenale” !!! Quand un entreposage est prévu d’emblée pour une si longue durée, il devient de fait un stockage qui refuse de dire son nom ! L’usine de la Hague est bien une poubelle atomique , comme nous le disions déjà dans les années 70 !

  • Une justification du retraitement-extraction du plutonium :

Il s’agit en réalité de la volonté de continuer le retraitement-extraction du plutonium et la gestion des déchets nucléaires selon la stratégie officielle, pourtant dans l’impasse, aujourd’hui.
Depuis 1945, ce choix a été politique et non technique. La France de l’alliance gaulliste-communiste de l’après guerre avait décidé de se procurer le plutonium pour se doter à terme de la bombe atomique. N’existant pas dans la nature, on l’extrayait des combustibles irradiés des centrales nucléaires à Marcoule, puis à la Hague. Dans les années 70, la filière surgénératrice supposait l’usage du plutonium comme combustible. Cette dernière ayant été abandonnée dans les années 90, EDF fut obligée d’utiliser le plutonium dans le mixte uranium-plutonium (MOX)  comme combustible des réacteurs 900 mégawatts. D’où une technologie qui a mis en place:

– Cisaillage et dissolution des combustibles (atelier T1)
– Séparation des produits de fission , de l’uranium et du plutonium (T2)
– Purification, entreposage et expédition de l’uranium et du plutonium (T4-BSI)
– Vitrification des résidus de haute activité et l’entreposage (E-EV)
– Compactage des déchets de structure et technologiques des opérations de retraitement (coques, embouts, boues etc…)

L’enquête, une fois de plus, prétend que ce processus réduit les volumes initiaux de combustibles usés à 4%. Cette profession de foi est pourtant démentie par les faits :

1° L’uranium issu du retraitement (95%) qui devait être recyclé n’est dit maintenant que “recyclable”, mais ne l’est pas réellement. (2)
2° Une partie du plutonium vieux de plus de 5 ans n’est pas “moxable”: des dizaines de tonnes de plutonium sont stockées en sous sol.
3° Du combustible  Mox non utilisé ou non retraité existe ainsi que du Mox anglais.
4° Restent les déchets MAVL, les résidus technologiques du “retraitement”.
5° Les résidus des premiers démantèlements en cours dans les premières installations.

  • Des risques sous estimés :

L’enquête affirme, dans une autre profession de foi, et donc sans en apporter la preuve que les déchets de haute activité à vie longue en matrice de verre, coulés en acier inoxydable sont sans risques de dispersion de substances radioactives. N’est-ce pas surestimer leur durabilité à l’épreuve des temps géologiques comme le sont les risques liés à l’ensemble du processus qui conduit à cette volonté d’extension du stockage :
– Si on considère la réduction des activités de l’usine depuis  les années 2000, les risques des rejets gazeux n’ont pas vraiment baissé depuis les années 80 , notamment en ce qui concerne le krypton, le tritium et le carbone 14 à la durée de vie très longue et qui ne peut que s’accumuler au gré des vents. Même chose pour le tritium et le carbone 14  en milieu marin.
– Quand cessera-t-on de comparer les faibles doses de radioactivité artificielle rejetées par AREVA NC avec celles, sans pour autant les minimiser, reçues naturellement ? Il ne s’agit pas des mêmes éléments et on ne peut confondre ingestion, inhalation avec l’irradiation.
– Quand prendra-t-on en compte l’additionnalité et/ou la synergie des rejets chimiques, nitrates, tributyl phosphate avec les rejets radioactifs?
– Quand admettra-t-on la dangerosité des effets des faibles doses et l’inégalité des résistances des êtres vivants à leur exposition?

L’étude de maîtrise des risques ( pièce 8 de l’enquête) fait l’inventaire en les sous-estimant, des différents risques nucléaires et non nucléaires d’origine interne et externe, pour ne citer autre autres que :
– La perte du refroidissement des piscines d’entreposage des combustibles usés,
– La perte du refroidissement des cuves d’entreposage des solutions actives à fort dégagement thermique dans les ateliers T2 et T7,
– La perte de refroidissement des entreposages de plutonium oxyde (atelier BSI),
– Les risques d’incendie, d’accident critique, notamment avec le plutonium,
– Les risques chimiques avec l’acide nitrique et la soude dont on connaît la violente réaction à l’eau,
– Mais aussi les risques sismiques, les conditions climatiques extrêmes(3) mises en évidence lors des réflexions post-Fukushima du groupe interCLI du Nord Cotentin.
– Quant à ceux liés à la chute accidentelle d’avions qui circulent régulièrement entre la France et les USA ou entre la Grande Bretagne et la Péninsule Ibérique, ils sont minimisés tout comme ceux d’attentats par voie aérienne: drones, avions lourdement chargés en kérosène pour lesquels avaient été évoqués des changements des couloirs aériens trop proches du site ou la “bunkerisation” des piscines etc..

Comment expliquer que s’il existe bien un Plan d’Urgence Interne( PUI) à l’usine et un Plan Particulier d’Intervention (PPI) destiné à la protection des populations en cas d’accident, sous la responsabilité de l’Etat, ce dernier soit ridiculement réduit à un périmètre de 2km autour de l’usine et à 5 Km pour le confinement, quand on a la connaissance des plans sur un rayon de 30km pour Tchernobyl, 20 km  pour Fukushima (et ce, en augmentant de 20 fois les normes maximales admissibles à la radioactivité)?
Certes, d’après l’Autorité de Sûreté (ASN), l’accident serait moins envisageable que sur une centrale. Mais s’il devait se produire, ses conséquences seraient énormément plus  considérables et c’est sur celles-ci qu’il convient de se baser pour définir les plans de secours.
A l’évidence, l’enquête publique vise à normaliser l’anormalité.

Des alternatives existent pourtant à l’impasse de la stratégie française :

La quasi totalité des pays nucléarisés ont refusé l’extraction du plutonium et ses conséquences ou l’ont abandonné. Le stockage direct a été choisi sans retraitement-extraction du plutonium, matière sensible : il reste dans sa gangue de combustible usé, en attente, soit de stockage définitif, en surface, pour rendre ce dernier réversible et possible à reconditionner en cas de problème, soit de stockage en subsurface, moins sensible aux attaques extérieures. Où? Sur les sites EDF de production de ces déchets ou à leur proximité pour la responsabiliser, limiter les risques des transports et diminuer la concentration sur un seul site vulnérable.(4)

Aucune région de la Planète ne mérite une telle concentration de risques inhérents à ce stockage.
La meilleure façon de réduire la quantité de déchets est de programmer l’arrêt de leur production, c’est à dire celle des centrales nucléaires et de développer économies d’énergie et énergies renouvelables.
Pour ce qui existe, le plutonium déjà extrait et stocké pourrait être réintroduit dans les déchets FAVL pour le rendre le plus inutilisable à  des fins terroristes ou militaires et les déchets existants multiples, retournés, sous contrôle permanent sur les sites de l’origine de leur production, ou à proximité. 

Un changement radical s‘impose dans la politique énergétique de la France, fourvoyée dans l’impasse dans laquelle elle se trouve. Il s’agit d’un enjeu environnemental, sanitaire, démocratique et moral pour des milliers de générations à venir. Comment peut-on prétendre que les Français ont adopté le nucléaire, quand on ne trouve plus de nouveaux sites pour les INB et tout particulièrement en ce qui concerne la gestion des déchets?
L’enquête publique, alibi démocratique, ne les intéresse plus. Ils savent qu’elle n’est qu’une simple formalité administrative légale et que les décisions sont déjà prises.

“Indignez-vous ! “ disait Stéphane HESSEL …

1 Voir à ce sujet tous les efforts de G.Longuet pour faire adopter au Sénat l’ouverture de CIGEO , dans la loi Macron, dans la nuit du 17/18 avril 2015
http://www.reporterre.net/La-loi-Macron-impose-en-catimini-l

Article: “Les déchets nucléaires, recyclables ou recyclés?

http://leblogdejeudi.fr/neige-42-000-foyers-prives-delectricite-dans-la-manche-et-le-cotentin-region-la-plus-nuclearisee-de-france-avec-la-hague-flamanville-et-larsenal/

4 Actuellement, plus d’une centaine de coeurs de réacteurs dans les piscines de la Hague…

Les aciers de l’EPR de Flamanville : Démocratie à la française ou “ Démocrasseuse”?

Le ministère chinois de l’Environnement (NNSA), sur son site (1), se permet d’éclairer notre lanterne à propos des aciers de la cuve ( couvercle et fond ) de l’EPR de Flamanville (2) :
“ Les pièces forgées sous pression ont été forgées par Creusot Loire, filiale d’AREVA  (…)Ces pièces ont été fabriquées entre fin 2006 et le début 2007”

En démocratie, les lois s’appliquent-paraît-il- à tous, de la même façon. En réalité, pas aux industriels du nucléaire d’Etat puisque les fabrications de ces dites pièces ont été entreprises avant même la fin des procédures légales (Décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville  11 avril 2007) !  “Certains sont plus égaux que d’autres” aurait  dit Coluche reprenant Georges Orwell et sa “République des animaux”.
Ces fabrications de cuves se sont poursuivies en série dans les années suivantes ( Et de 2 pour les Chinois,à Taishan, et de 1 pour les USA (3), et de 1 au moins pour Hinkley Point en Angleterre ...et ce, avant toute certitude de la faisabilité de ces projets !)

  • Une fois de plus l’Etat nucléaire et AREVA se sont précipités, dans une politique du fait accompli  et ont anticipé, trop sûrs d’eux-mêmes !

En décembre 2005, conformément à la législation de l’Union européenne, l’ASN française a publié un décret relatif aux équipement nucléaires sous pression. En 2008, l’ASN a défini les exigences spécifiques relatives à l’évolution des pièces forgées”
De 2010 à 2014, en conformité avec ces dernières un examen rétrospectif des pièces forgées des calottes du couvercle, du fond de cuve a été entrepris. Il a fallu attendre la fin de 2014 pour que les résultats des essais mettent en évidence une teneur en carbone supérieure à celle attendue  et des valeurs de résilience inférieures à la limite réglementaire.”
 expliquent les Chinois.

Le problème , bien que connu partiellement depuis 2011(4) n’a été révélé publiquement  qu’en ce début d’avril 2015 ! Cela n’a pas empêché l’arrivée de la cuve sur le site de Flamanville, le 8 octobre 2013, à grand renfort de gendarmerie et son introduction dans le réacteur en janvier 2014 !!!

  • JUGES ET PARTIES ?

Qui va devoir décider ou non de la conformité et de la résistance aux accidents de ces pièces ultra sensibles? AREVA ET L’ASN , issus du même Grand Corps des Mines y travaillent  et les résultats seront connus à l’automne 2015. Mais où se situe réellement l’indépendance de ces expertises ? 
Madame ROYAL, Ministre de l’environnement ne vient-elle pas de déclarer ce 19 avril ”Que l’EPR n’est pas condamné, qu’il s’agit de simples ajustements de travaux et que selon EDF, l’ouverture serait sans doute retardée d’une année.”
Faut-il rappeler à la Ministre qu’elle fut jadis plus critique, en 1987 lorsqu’elle était solidaire des opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires en granit à Neuvy-Bouin (Deux Sèvres) où surfant sur la vague antinucléaire locale elle avait été élue, pour la première fois, députée. Ou encore en 2007, alors que candidate à la Présidence de la République, elle avait déclaré publiquement son opposition à la construction de l’EPR?
Aujourd’hui, elle est Ministre. Mais que décident réellement les ministres de Gauche comme de Droite, dans une France qui se donne en modèle démocratique au Monde entier ?
La démocratie à la française ne serait-elle  pas devenue “Démocrasseuse” ?

1 http://www.zhb.gov.cn
2 http://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve
3 Projet abandonné depuis…
4 http://observ.nucleaire.free.fr/cuve-epr-depuis-aout-2011.htm?hc_location=ufi

AREVA : La Hague dans la tourmente ; il n’est jamais trop tard pour bien faire !

4, 9 milliards de déficit ! L’onde de choc atteint le Cotentin nucléaire !
Licenciements prévus et avantage sociaux remis en cause : on ne peut que comprendre  les inquiétudes des personnels et des sous traitants en difficulté.

Mais, faut-il rappeler que la situation était prévisible?

Depuis les années 70, le CRILAN a attiré l’attention sur les risques inhérents à la mono-industrie, nucléaire ou autre car toute industrie a une vie limitée : les crises successives des Régions d’extraction du charbon, puis de la métallurgie, dans le Nord, l’Est et en Normandie-même auraient dû alerter le Cotentin.
Depuis les années 2000, l’industrie du retraitement ne se porte pas bien : l’arrêt du retraitement des combustibles étrangers a réduit l’activité sur le site à une usine sur deux.


  • Et ce n’est pas en obligeant EDF, elle-même très endettée, à augmenter ses tonnages de retraitement, à utiliser davantage de combustible MOX, plus coûteux et plus dangereux que le combustible à uranium enrichi classique que les problèmes vont trouver une solution: passer la patate chaude au voisin n’a jamais résolu les choses.
  • Diminuer le coût du retraitement de 25 %, comme l’évoque le PDG et comme le demandait EDF ne se ferait-il pas au détriment de la sécurité des travailleurs et des populations voisines?
  • Demander à l’Etat de recapitaliser, dans sa propre situation d’endettement et d’un recours à l’impôt de plus en plus contesté n’est pas non plus acceptable.

L’arrêt du retraitement-extraction du plutonium et la reconversion vers d’autres activités dans l’énergie et sur le site- même, offrent des pistes pour les décennies à venir :

  • Démantèlement dans d’autres conditions qu’actuelles .
  • Détraitement – immobilisation des dizaines de tonnes de plutonium stockées actuellement sous le site.
  • Développement des énergies renouvelables décentralisées et aux pouvoirs déconcentrés.


Ces pistes de réflexion ont été proposées depuis 1999, malheureusement sans suite  positive. Il n’est cependant jamais trop tard pour bien faire..
.

Le nucléaire dans l’IMPASSE…

Le réacteur nucléaire finlandais n’est pas le seul à voir sa mise en service retardée : c’est aussi le cas de l’EPR français en construction à Flamanville qui devait initialement fournir de l’électricité en 2012. 
Réseau de Transport d’électricité ( RTE) vient de préciser, 
comme nous l’avions prévu, qu’après une mise aux essais en 2016 ( pour  pouvoir entrer dans les limites d’autorisation du décret de construction-avril 2017), l’EPR aurait une disponibilité réduite pendant deux ans . Il  n’atteindrait son plein régime qu’en …2018, soit 11 ans après le début des travaux, et avec 6 ans de retard ! Coûts à la construction, 9 à 10 milliards  d’euros au lieu des 3 annoncés à l’enquête publique !
Sera-t-il vraiment opérationnel ou sera-t-on obligé de l’arrêter tel SuperPhénix, après avoir démontré, arrêt après arrêt qu’il ne produisait bon an, mal an que 3 à 5% de ses capacités théoriques ?

Dans le même temps, se poursuit sur le site d’AREVA la Hague, le stockage des déchets nucléaires et leur extension (construction d’un quatrième hall d’entreposage), en quantité et en surface. Pourquoi ?
Le pouvoir nucléaire ne trouve plus de nouveaux sites pour construire des installations nucléaires et utilise les places restantes sur les sites qu’il possède.
Ainsi en est-il pour l’EPR de Flamanville ou pour le stockage  des résidus du démantèlement au BUGEY et pour les déchets.
Le site de BURE pour l’enfouissement profond controversé des déchets de haute activité à vie longue est loin d’être prêt.

Ainsi se trouve confirmé ce que nous affirmons depuis des dizaines d’années. L’usine dite de retraitement, pour lui donner une image plus écologiquement acceptable, n’est pas seulement le supermarché mondial du plutonium civil et militaire mais également une poubelle à risques. 
Et pendant ce temps, le pouvoir nucléaire s’apprête pour la première fois à organiser à la mi-octobre au Bourget un super marché nucléaire international au risque de la prolifération “Word Nuclear Exhibition” pour faire du “business” (sic), dans un monde redevenu instable.
L’acharnement français n’est pas thérapeutique …
Quand on n’a pas de solution raisonnable à la gestion du cycle, on arrête chez soi et l’on ne propose pas de commerce à risques.

Le problème posé n’est pas qu’environnemental, sanitaire, sociétal mais aussi moral : comment laisser un tel héritage aux jeunes générations actuelles et à venir !

COMMUNIQUÉ du 17 septembre 2014

Didier ANGER
http://www.reporterre.net/spip.php?article5981 
https://www.world-nuclear-exhibition.com/

Les déchets nucléaires : recyclables ou recyclés?

Après le documentaire d’ARTE, “Déchets: le cauchemar du nucléaire”, le “recyclage” des déchets nucléaires, si peu “recyclés” a été au coeur de la réunion de la CLI d’AREVA-La HAGUE du 17 décembre 2009. Pourquoi AREVA est-elle prudemment passée de l’expression : déchets “recyclés” à déchets “recyclables?”

Ce changement de vocable peut s’expliquer:

  1. Le terme « recyclé » aurait pu induire des plaintes pour publicité mensongère
  2. “Recyclable” de toute façon entretient l’idée dans la tête d’un public superficiellement informé que les déchets nucléaires sont … recyclés. C’est l’image fausse, savamment entretenue, de la grande “ blanchisserie” de la Hague…
  3. “Recyclable” permet de se conformer à la nouvelle loi TSN, de 2006, sur les déchets qui interdit le stockage, en France, de déchets nucléaires étrangers, sauf pour les valoriser.

Ceci a permis d’accepter les déchets des centrales nucléaires italiennes,  arrêtées depuis plus de 20 ans.

AREVA et le lobby nucléaire savent jouer avec les mots: ainsi renvoie-t-on des “colis” (et non des fûts de déchets) aux clients.
Les déchets de Vandellos, issus d’un contrat du CEA à Marcoule et la Hague avec l’Espagne de FRANCO (qu’est devenu le plutonium?) seraient retournés… 50 ans après.
Pour AREVA, il s’agit d’…“entreposage” et non pas du stockage.

Pour la première fois, des déchets technologiques, provenant du retraitement des combustibles étrangers sont repartis vers les Pays-Bas. Quant aux résidus du démantèlement de HAO (atelier plutonium) dont l’enquête publique a été rondement menée, on ne sait où ils seront stockés. L’atelier est à l’arrêt définitif. Deux travailleurs y ont été contaminés ( cf Crilan info N°42). Ces discussions en commission ont fait suite à la conférence de presse du collectif Régional “L’EPR, non Merci” du 21 octobre 2009 à Cherbourg et à un communiqué du CRILAN , repris par la Presse de la Manche.

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