Extension des capacités d’entreposage des déchets nucléaires les plus dangereux à La Hague:

Une enquête publique cruciale.

Du 3 février au 6 mars 2026, une enquête publique est organisée en vue de l’extension de l’installation nucléaire de base « INB 116 » ou UP3 sur le site Orano La Hague.

Un projet d’ampleur
L’objectif du projet est d’augmenter la capacité d’entreposage des déchets nucléaires les plus dangereux :

  • Déchets métalliques compactés (CSD-C, Moyenne Activité Vie Longue) : +24 968 conteneurs
  • Déchets vitrifiés (CSD-V, Haute Activité Vie Longue) : +8 424 conteneurs.

Au total, plus de 33 000 nouveaux conteneurs viendraient s’ajouter aux 40 000 déjà produits et entreposés depuis la création des usines de retraitement à La Hague. À terme, ces déchets sont destinés au centre d’enfouissement géologique profond (CIGEO) de Bure, si ce projet voit le jour.

Des risques majeurs pour la région
Avec cette extension et les projets futurs, la Hague risque de devenir un site saturé de déchets nucléaires hautement radioactifs. La France est aujourd’hui le seul pays d’Europe à recycler les combustibles usés, mais ce procédé ne valorise qu’1 % de la matière, principalement du plutonium. La poursuite du retraitement à La Hague apparaît donc comme un choix politique qui expose le Cotentin :

  • À une dépendance à la mono-industrie nucléaire, avec les risques économiques associés
  • Au stockage et à l’entreposage de déchets civils et militaires, avec des risques environnementaux importants sans compter ceux liés à la production des déchets dont les rejets gazeux et liquides.

En cas d’incident nucléaire sur l’un des trois sites actifs de la Manche (Flamanville, Orano La Hague, Arsenal militaire et nucléaire de Cherbourg), le risque d’un « effet domino » serait réel, mettant en danger la population locale.

Des réserves officielles
L’Autorité Environnementale, dans son avis du 18 décembre 2025, souligne plusieurs insuffisances du projet :

  • L’étude ne caractérise pas assez les conséquences d’un entreposage prolongé sur la durabilité et le vieillissement des installations, ni les marges de sûreté.
  • Les risques liés aux rejets et aux interactions entre substances ne sont pas suffisamment pris en compte.
  • La vulnérabilité du projet face au changement climatique (élévation des températures, vagues de chaleur, durée d’entreposage) doit être mieux évaluée, notamment pour les fosses accueillant les déchets vitrifiés.


La position du CRILAN
Face à ces constats, le CRILAN s’oppose fermement à l’extension des capacités d’entreposage des déchets nucléaires à La Hague. L’association milite pour l’arrêt du retraitement des combustibles nucléaires usés, leur stockage à secet l’immobilisation du plutonium produit.Votre avis compte pour défendre l’avenir de la presqu’île et la sécurité de ses habitants.

Exprimez-vous en participant à l’enquête publique avant le 6 mars 2026 !
Le dossier est accessible à la mairie de La Hague et en ligne : https://lnkd.in/e36WMYTM

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