Quand la sûreté nucléaire entre en carénage… (Ou “Quand les mouettes ont pied, il est temps de virer “-Dicton marin breton)

Les réacteurs 1&2 de Flamanville , autorisés à fonctionner en 1986-1987 pour 30 ans, pourraient voir leur fonctionnement prolongé jusqu’à 60 ans!


EDF reste dans deux logiques :

  • Celle du capitalisme qu’il soit privé ou d’État, en l’occurrence. Quand l’endettement atteint environ 50 milliards d’euros, on réduit les investissements nouveaux “a minima” en se satisfaisant de “mettre des cautères sur des jambes de bois” ( Changement des générateurs de vapeur et de leurs réseaux tubulaires par exemple, prévus à Flamanville en 2017) et en reportant les coûts du démantèlement et de la gestion des déchets et résidus sur les générations à venir.
  • Celle du centralisme et de la mono-industrie  nucléaire malgré les risques mis en évidence par les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima     ( coût maximal, selon l’IRSN d’une catastrophe nucléaire en France: 5800 milliards d’euros!)

Au même moment, le Gouvernement a lancé  la réflexion à propos de la transition énergétique. Alors, transition ou continuité? 

Ses amis du Conseil Régional de Basse Normandie contribuent à la continuité en soutenant politiquement et financièrement “Nucléopolis” qui s’associe à l’opération “ Grand Carénage“ d’EDF à L’Espace Culturel des PIEUX ce 28 mars 2013.
Pendant qu’on cause, ailleurs, de transition énergétique, ici, aux Pieux, on “s’affaire” à préparer la continuité de toutes les centrales françaises jusqu’à 60 ans !

“ Le Grand Carénage est une opération de maintenance nationale et décennale sur toutes les centrales françaises. Il consiste d’une part à remplacer les composants clés dans la perspective du fonctionnement de toutes les centrales françaises à 60 ans, d’autre part à apporter des améliorations pour renforcer la prévention et le robustesse face aux accidents graves et aux agressions externes…Le Grand Carénage arrivera à Flamanville à l’horizon 2017.” (http://www.nucleopolis.fr)

ON SE FOUT DE NOUS !

Il y quelques jours se tenait dans cette même salle, à l’invitation du CRILAN, l’excellent spectacle de Nicolas LAMBERT “Avenir Radieux, une fission française”, une fresque sur la manière dont a été imposé le nucléaire au pays. On voudrait nous faire croire que les choses ont changé, on nous parle de “transparence” mais…
Qui gouverne en France? Qui  détient le pouvoir? Qui est sous la tutelle de l’autre? Les élus ou la pieuvre nucléaire et ses séides sous traitants?
Sortir de la mono-industrie tentaculaire et aux tentations totalitaires est pourtant un impératif pour la presqu’île au nucléaire, comme pour le Pays , sa survie économique et sociale. Prenons des initiatives pour les alternatives.

POUR FAIRE CONNAÎTRE CE NOUVEAU DÉNI DÉMOCRATIQUE ET DÉNONCER DES PRATIQUES INDUSTRIELLES ET POLITIQUES QUI CONDAMNENT L’AVENIR, LE CRILAN ÉTAIT PRÉSENT DEVANT L’ESPACE CULTUREL DES PIEUX (Chef lieu da canton de Flamanville),  JEUDI 28   MARS .

Dossier de presse : 
carénage

DANS LE VENT ET DANS LE COURANT… ÉOLIENNES ET HYDROLIENNES EN MER.

Construction annoncée  d’éoliennes et d’hydroliennes à Cherbourg ; ENFIN!
Et tous les politiques  de la Manche, de la Droite à la Gauche, de s’en féliciter…

Et pourtant, il n’y a pas si longtemps …
Le Président du Département ne s’est -il pas opposé, avec d’autres élus locaux, à un parc éolien entre les côtes anglo-Normandes et le Cotentin, lui préférant le passage en sous-marin de lignes de 90000 volts depuis St Rémy des Landes ? Et l’encore député de Valognes ne déclarait-il pas ne vouloir aucune éolienne dans sa circonscription?.. Quant aux communistes du Cotentin,  ils refusaient les “forêts d’éoliennes”…

Les fabriquer, c’est bien, y compris pour les installer en COTENTIN, pas seulement pour …les autres.
Faut-il rappeler que le CRILAN, dès la fin des années 70 , proposait la construction d’éoliennes dans le Nord Cotentin plutôt que des réacteurs nucléaires à Flamanville?
Participant à Rennes, il y a plus de 10 ans à une réunion aux côtés d’Hydrolix qui proposait l’installation d’hydroliennes dans les forts courants du Finistère et du Cotentin, on enregistrait le refus méprisant des principaux politiques et des grands donneurs d’ordre.
Aujourd’hui, quels retards pris pour :

  • Une production d’électricité sans risques d’accidents majeurs, sans problèmes ingérables de démantèlement et de déchets ;
  • Des emplois industriels sur un bassin d’emploi victime depuis 30 ans d’un dérapage vers la mono-industrie du nucléaire
  • Une véritable décentralisation.

Le CRILAN rappelle que ses propositions incluent un autre mode de gestion de l’énergie basé sur la déconcentration des pouvoirs de ceux des technocrates et capitalistes d’État ou privés vers les producteurs, les usagers-consommateurs et les éventuelles victimes de nuisances, hors de tout gigantisme.

Les déchets nucléaires : recyclables ou recyclés?

Après le documentaire d’ARTE, “Déchets: le cauchemar du nucléaire”, le “recyclage” des déchets nucléaires, si peu “recyclés” a été au coeur de la réunion de la CLI d’AREVA-La HAGUE du 17 décembre 2009. Pourquoi AREVA est-elle prudemment passée de l’expression : déchets “recyclés” à déchets “recyclables?”

Ce changement de vocable peut s’expliquer:

  1. Le terme “recyclé” aurait pu induire des plaintes pour publicité mensongère
  2. “Recyclable” de toute façon entretient l’idée dans la tête d’un public superficiellement informé que les déchets nucléaires sont … recyclés. C’est l’image fausse, savamment entretenue, de la grande “ blanchisserie” de la Hague…
  3. “Recyclable” permet de se conformer à la nouvelle loi TSN, de 2006, sur les déchets qui interdit le stockage, en France, de déchets nucléaires étrangers, sauf pour les valoriser.

Ceci a permis d’accepter les déchets des centrales nucléaires italiennes,  arrêtées depuis plus de 20 ans.

AREVA et le lobby nucléaire savent jouer avec les mots: ainsi renvoie-t-on des “colis” (et non des fûts de déchets) aux clients.
Les déchets de Vandellos, issus d’un contrat du CEA à Marcoule et la Hague avec l’Espagne de FRANCO (qu’est devenu le plutonium?) seraient retournés… 50 ans après.
Pour AREVA, il s’agit d’…“entreposage” et non pas du stockage.

Pour la première fois, des déchets technologiques, provenant du retraitement des combustibles étrangers sont repartis vers les Pays-Bas. Quant aux résidus du démantèlement de HAO (atelier plutonium) dont l’enquête publique a été rondement menée, on ne sait où ils seront stockés. L’atelier est à l’arrêt définitif. Deux travailleurs y ont été contaminés ( cf Crilan info N°42). Ces discussions en commission ont fait suite à la conférence de presse du collectif Régional “L’EPR, non Merci” du 21 octobre 2009 à Cherbourg et à un communiqué du CRILAN , repris par la Presse de la Manche.