Encore un accident nucléaire dans une Russie toujours aussi transparente…

COMMUNIQUE (22/11/17)

Encore un accident nucléaire dans une Russie toujours aussi transparente…

Du ruthénium, provenant d’une région située entre le sud de l’ Oural et la Volga s’est propagé par le sud de l’ Europe depuis presque deux mois.

Il s’agit probablement d’un accident, selon Nadezhda Kutepova, la responsable d’une ONG russe réfugiée politique en France depuis deux ans, après avoir fui la région de Mayak, menacée par le régime de Poutine. A Mayak se situe une usine de retraitement-extraction du plutonium à partir de combustibles irradiés des centrales nucléaires de ROSATOM. L’accident se serait produit lors d’une opération de vitrification des déchets nucléaires de haute activité à vie longue(HAVL) avant stockage en profondeur.(1)

Ce n’est pas un phénomène isolé.

Il faut se rappeler que des fuites de ruthénium, certes de bien moindre importance, provenant de l’usine de retraitement-extraction de plutonium de la Hague, ont été détectées jusqu’à Alençon, en Normandie , par l’ACRO en 2001; puis d’autres en 2016, autour de l’usine.(2)

On peut se rappeler également que déjà, à Kytchim-Tcheliasbink, en 1957, bien avant Tchernobyl, un accident majeur « s’était produit dans un centre de stockage de déchets nucléaires, contaminant plus d’un millier de Km2 et causant la mort de plusieurs centaines de personnes. Des milliers de gens avaient été évacués et hospitalisés ». Ce n’est que 20 ans plus tard, que Jaurès MEDVEDEV, scientifique russe exilé à Londres, au cours d’un colloque, «avait révélé la catastrophe, envers et contre tous les Etats nucléarisés de la Planète, les uns, à l’Est, pour étouffer l’imparable vérité, les autres, à l’Ouest, pour protéger leurs propres programmes nucléaires ».(3)

« Silence, on contamine » reste la même stratégie du pouvoir d’Etat russe, avec Poutine ( ancien colonel des services secrets) aujourd’hui qu’avec la nomenclature dite « soviétique », hier. L’Etat nucléaire russe reste aussi autoritaire, liberticide et policier.

1.témoignage de Nadezhda Kutepova
2.http://www.acro.eu.org/wp-content/uploads/2016/04/CP_160406_Ruthenium.pdf
3. En 1988, les éditions cherbourgeoises « ISOETES » ont publié un document de cet éminent scientifique russe, traduit notamment par Roger et Bella Belbeoch. « Désastre nucléaire en Oural » Jaurès Medvedev.

Didier ANGER , pour le CRILAN

A PROPOS DES DECHETS DITS  « HISTORIQUES » SOUS L’EPR de FLAMANVILLE

COMMUNIQUE (21/08/17)

Des déchets datant des années 80, provenant de l’après construction et du début d’exploitation des réacteurs 1&2 de Flamanville, dont des centaines de combinaisons légèrement contaminées au cobalt 60, ont été découverts, début août 2017, lors de la construction d’un parking destiné aux travailleurs de l’EPR…

Ce stockage de déchets par les exploitants du nucléaire ne devrait pas vraiment nous étonner : n’ a-t-on pas vu par le passé des terres contaminées sous une école maternelle dans la Région parisienne, ou utiliser des résidus contaminés dans les soubassements des routes et même dans un stade comme à Gueugnon ? Et en Cotentin-même, des tôles contaminées sur une décharge en bordure de Valognes ? Et Ici, maintenant, des déchets de l’industrie nucléaire et autres dans une décharge, au nord des marais du Cotentin, drainés par la rivière … « le Merderet ».

Plus ça change et moins ça change…

Ce n’est pas la première fois que le CRILAN s’est inquiété de la création et de l’extension de décharges dans cette zone.

A la fin des années 70, nous nous étions opposés avec succès au projet de stockage de déchets ménagers et industriels dans une carrière inondée à Fresville. Il était envisagé d’y déposer des déchets d’amiante en provenance d’une usine de Condé-sur-Noireau. Une partie de ceux-ci avait déjà été mise de nuit à la décharge de la Feuillie, près de Lessay.

Dans les années 80, la décharge dite du HAM a eu l’autorisation de recevoir, malgré notre opposition, sans succès cette fois-ci , des déchets dits « inertes » d’amiante.

Maintenant, nous apprenons qu’il y a sur le site même de Flamanville et possiblement au HAM des déchets dits de très faible activité radioactive, dont l’entrée est contrôlée par l’exploitant.
Il n’est pas tolérable qu’en démocratie, on soit juge et partie prenante.
Ce qui nous inquiète le plus, en l’état, c’est l’entreposage des tenues même légèrement contaminées au cobalt 60. Celui-ci, très toxique, a une période de plus de 5 ans et perd la totalité de sa radioactivité en 50 ans. Même si l’apport séparé de ces tenues restait d’une contamination éventuellement modérée, son accumulation répétée dans le temps peut induire des conséquences nuisibles à l’environnement et à la vie humaine.

Il est nécessaire d’interrompre une gestion secrète des déchets nucléaires parce qu’on ne sait qu’en faire.

L’impasse de la gestion des déchets nucléaires …

Il est plus difficile aujourd’hui de cacher les choses mais le scénario officiel de classement des types de déchets nucléaires et leur gestion ne correspondent pas à la réalité.

1° Pas de solution effective au stockage des déchets dits de haute activité à vie longue si ce n’est leur doublement en attente à la Hague.

2° Saturation des sites de stockage des déchets de faible et moyenne activité.

3° Pas de site autre que temporaire pour la gestion des déchets issus du démantèlement.

4° Tentative de réintégration de déchets dits de très faible activité dans des aciers et des bétons…

5° Abandon de mines d’uranium à l’air libre en Bretagne et dans le Massif Central et utilisation des trous laissés par les mines souterraines pour des stockage non avoués de déchets en provenance de l’armement nucléaire …

La meilleure solution reste … de ne pas en produire !

A propos de l’annonce de la fermeture progressive éventuelle de 17 réacteurs nucléaires : Questions au Ministre de la transition écologique…

COMMUNIQUE (10/07/17)

Le Ministre de la transition écologique et solidaire a repris les décisions déjà prises sous le quinquennat de François Hollande :

  • La réduction de 75 à 50 % du pourcentage de la production de l’électricité françaises par des installations nucléaires de base d’ici 2025.
  • Le maintien de cette même production au niveau actuel . ( En 2016, elle a même dépassé 80%).
  • La fermeture de Fessenheim conditionnée par la mise en marche de l’EPR de Flamanville, malgré ses malfaçons, en 2018. Durée de vie de ce réacteur prévue à l’origine : 60 ans.
  • «La transition énergétique pour une croissance verte» grâce au recours aux énergies renouvelables.

Flou non artistique ? Contradictions ? Incohérences ? ou même arnaque aux effets d’annonce ?…

Parmi les questions qui restent posées, citons :

  • Les projets de suppression progressive des voitures à essence ou diesel et la transition vers les véhicules électriques, d’une part, et d’autre part le développement des nouvelles technologies susciteront-elles une croissance d’électricité qui pourrait être fournie par les énergies renouvelables dont le développement est déjà très en retard par rapport aux engagements européens ?
  • La fermeture imprécise dans le temps de 17 réacteurs serait-elle compensée par le remplacement d’autres réacteurs nucléaires appelés EPR NM (nouveau modèle low cost), envisagée par le PDG d’EDF d’ici la fin des années 2020, et sans réserves financières ( plus de 37 milliards d’endettement officiel).

Apparemment, l’accord Gouvernement-EDF sur le maintien de la production globale nucléaire (et non en pourcentage) n’est pas à ce jour remis en cause. En l’état, le flou des annonces du Ministre n’empêche pas les risques majeurs du nucléaire vieillissant et nouveau, comme ceux liés à la cuve de l ’EPR que le pouvoir s’apprête à mettre en marche coûte que coûte… La première mesure significative serait de l’arrêter !

Résistivité de la cuve de l’EPR : l’Etat juge et partie … la démocratie à la française est en marche !

COMMUNIQUE (26/06/17)

Sans surprise, l’IRSN, partie prenante de l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) vient de remettre à cette dernière l’alibi technique qu’elle attendait pour justifier la validation de la cuve défectueuse du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, susceptible de ne pas résister à de fortes pressions et d’occasionner un accident majeur. Le contrôle des aciers rendus vulnérables par des excès de carbone a été effectué par… AREVA.
Récemment, la construction des installations nucléaires produisant de l’électricité en France a été transférée d’AREVA à EDF. Ceci ne signifie nullement qu’AREVA, à l’origine du projet EPR, a de ce fait obtenu la neutralité nécessaire pour contrôler la ténacité des aciers. Cependant, c’est AREVA qui a été chargée des expertises en cas de pression trop forte susceptible de créer un accident majeur, et ce, sur des pièces dites« sacrificielles » (1) autres que celles concernées.
Il n’est pas possible en démocratie et dans un Etat qui se dit de droit, dans lequel on prétend respecter la séparation des pouvoirs, que l’on admette que l’Etat industriel AREVA soit contrôlé par lui-même, que la validation de ce contrôle bénéficie à …l’Etat industriel (majoritaire à EDF), que l’avis de l’ Autorité sur la Sûreté nucléaire dont les directions sont nommées par le Gouvernement, le Président de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat soit transmise à … l’Etat , institution politique.
Une fois de plus, avec le nucléaire, l’Etat montre ses tentations totalisantes. Rappelons que le président Macron avait annoncé avant son élection que Fessenheim ne serait arrêté en 2018 qu’après la mise en marche de l’EPR de Flamanville. Après ces faux semblants de consultations diverses, en cas d’accident, qui sera responsable, qui sera coupable, les directions de l’IRSN ? de l’ASN ? d’AREVA ? d’EDF ? le ministre de l’Environnement ? Les divers présidents concernés y compris celui de la République ?  Le lampiste sous pression ou le « big chief » ?

Résistons et organisons-nous.

« Notre affaire tous » et le CRILAN ont déposé un recours devant le CONSEIL D’ETAT.

COMMUNIQUE (03/03/16)

Un décret compromet la sûreté des installations nucléaires et la santé des populations concernées . L’association « Notre affaire tous » et le CRILAN ont déposé un recours devant le CONSEIL D’ETAT.

Sorti le 30/12/2015, publié le 3/1/2016, en pleine trêve des confiseurs, un décret (1) autorise, en catimini, les fabricants d’équipements sous pression nucléaire à déroger à leurs obligations essentielles de sécurité, réglementaires et légales.

En même temps que sa direction reconnaît à nouveau la possibilité d’un accident  nucléaire majeur en Europe ( donc statistiquement en France, pays le plus nucléarisé), peu après avoir organisé une nouvelle distribution de pastilles d’iode dans un périmètre abstrait et ridiculement réduit, l’Autorité de Sûreté Nucléaire, elle-même sous pression, a validé ce décret.

Ce dernier est, certes, à vocation générale, mais sa sortie quelques semaines avant l’arrivée du couvercle défectueux de la cuve de l’EPR, sous protection policière à Diélette-Flamanville, laisse à  penser qu’elle n’est pas le fait du hasard.

Rappelons que les excès de carbone dans les aciers de la cuve, et du couvercle, fragilisent l’installation en cas de surpression. Le réacteur EPR pourrait ainsi bénéficier d’une dérogation au respect des nouvelles réglementations de 2005, mais aussi de celles de 1974. Avec de telles dérogations, le réacteur EPR serait le moins sûr de France, contrairement aux propos de propagande de ses promoteurs.
Le CRILAN, contacté par l’association nationale « Notre affaire à tous »(2) a décidé de déposer avec cette dernière, un recours en annulation devant le Conseil d’Etat, de ce décret scélérat, et ce, avant la limite réglementaire du 03/03/2016.
L’intérêt national et marchand ne peut être invoqué en l’occurrence, comme il nous est parfois objecté. Il en va , non seulement du respect de l’Etat de Droit qui s’impose à  tous, à l’Etat lui-même comme à chaque individu, mais aussi de la protection des travailleurs  et des populations aux effets des faibles ou fortes doses de radioactivité sur la santé.

1. https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2015/12/30/DEVP1429850A/jo/texte
Arrêté du 30 décembre 2015 relatif aux équipements sous pression nucléaires
2. Notre Affaire à Tous  http://www.notreaffaireatous.org

Arrivée du couvercle défectueux de la cuve de l’EPR

Parti de Châlons-sur-Saône, le 8 février, le lourd convoi transportant le couvercle jugé défectueux de la cuve de l’EPR et son  impressionnante escorte policière  devaient arriver à Flamanville le vendredi 12 entre 12 et 14 heuresC’était sans compter sur la détermination de Greenpeace qui entendait dénoncer l’absurdité de cette politique du fait accompli ; treize de ses militants, trompant la vigilance policière ont réussi à s’enchaîner aux essieux du camion, sur un parking, au sud de Caen, entraînant un retard de plus de six heures au convoi.

Celui-ci arrivait finalement à la nuit tombée vers 20H30 à Dielette, où l’attendaient une trentaine de militants.

L’actualité de ces derniers jours montre une fois encore l’incohérence de l’Etat en matière de sécurité nucléaire :

  • Les Préfectures renouvellent en ce moment des pilules d’iode aux habitants dans un périmètre restreint autour des centrales nucléaires pour saturer les thyroïdes en cas d’accident ou d’attentat.
  • En même temps, par décret du 3 janvier 2016, l’Etat permet qu’EDF ne respecte pas les normes de sécurité en vigueur depuis 2005, mais également celles de 1974 : Ainsi EDF amène -t- elle à travers la France , le couvercle de la cuve du réacteur EPR  de Flamanville dont les aciers défectueux , fragilisés par un excès de carbone,  accentuent les risques .

Questions : 
1° Ne vaut-il pas mieux prévenir l’accident , empêcher qu’il ne survienne, que d’intervenir après coup pour essayer d’en minimiser les  conséquences ?

2° L’insécurité n’est-elle pas entretenue par l’Etat nucléaire lui-même ?

3° Où en est donc l’indépendance de l’Autorité de Sûreté Nucléaire soumise aux pressions incessantes des Grands corps de l’Etat?

Pitoyable : C‘est le moment choisi par quelques « leaders » de l’écologie politique pour rentrer dans ce Gouvernement. Un comble !

Le combat continue. Le CRILAN était  présent à Dielette à l’arrivée du convoi.  Avec la Coordination Antinucléaire Ouest, il appelle plus que jamais à se rassembler les 1er et 2 octobre 2016 contre les risques inhérents au démarrage du réacteur EPR et à la prolongation de la durée de vie des réacteurs anciens.

Seuls les combats qu’on ne mène pas engendrent les échecs.

PARUTION: CRILAN, 40 ans de luttes antinucléaires et ce n’est pas fini !

Lors de son assemblée générale  du 26 avril 2015, le CRILAN a décidé d’éditer une brochure relatant ses 40 ans d’existence.

Mission accomplie. Cette dernière est sortie de l’imprimerie toute fin décembre 2015.

Rapporter en 48 pages les luttes qui ont émaillé l’histoire du CRILAN, depuis sa naissance en 1975, a été une gageure, tant elle a été riche en évènements. En s’appuyant sur des documents photographiques, elle rappelle ou fait connaître les moments les plus forts des luttes passées pour mieux affirmer la légitimité de celles à venir.

Nous vous invitons à la découvrir et à la faire connaître… On peut toujours l’offrir à ses amis.

On peut déjà  la trouver en librairie  au prix de 10 euros: à Cherbourg, à la librairie RYST , dans le rayon librairie de LECLERC à Tourlaville, mais aussi à la librairie Branlard, aux Pieux, à la maison de la Presse à Valognes, et bientôt dans d’autres villes.

Elle peut aussi être commandée au siège de l’association : 10 Route d’Etang-Val, 50340 Les PIEUX (chèque de 13 euros : 10 euros + 3 euros de port)

Que penser de l’efficacité du renouvellement des pastilles d’iode autour de Flamanville (et des autres centrales françaises…)?

COMMUNIQUE (11/01/16)

Les pilules d’iode vont être renouvelées dans un rayon de 12 Km autour des réacteurs nucléaires  de Flamanville, les précédentes étant périmées. Il s’agit de saturer les thyroïdes susceptibles de concentrer l’iode131 radioactif, des personnes et des enfants surtout, plus sensibles, exposées à un accident nucléaire.

Le meilleur moyen d’éviter les risques du nucléaire réside-t-il dans les soins à apporter après l’accident ou de  l’empêcher avant ?

L’empêcher, ce n’est pas rafistoler les anciens réacteurs, prévus à l’origine en 1986, pour durer 30 ans et prolonger ainsi leur durée de vie, mais  les arrêter.

L’empêcher, ce n’est pas pratiquer des essais sur le réacteur EPR , au couvercle et au fond de cuve non conformes, non seulement aux nouvelles réglementations de 2005, mais encore à celles de 1974, exigées pour les 2 anciens réacteurs (!).

Le meilleur moyen  pour la sûreté , c’est d’arrêter les frais pour l’EPR !


D’ailleurs, quelle serait l’efficacité de la mise en place du Plan Particulier d’Intervention ( PPI), l’accident s’étant produit ?
Depuis 1986, les limites du PPI n’ont pas changé.
Pourtant, à Tchernobyl, on a évacué les populations sur 30 km, à Fukushima, sur un rayon de 20km et ce, en augmentant de 20 fois les doses dites admissibles, et sans tenir compte des vents et  des pluies de la période.
Évacuer sur 5 km et confiner jusqu’à 10-12 km de Flamanville, c’est volontairement minimiser et cacher les risques pour les populations de toute la Région.
Qui plus est, même si l’on arrivait, grâce aux pastilles d’iode, à préserver l’état sanitaire des thyroïdes, ceci n’aurait aucune efficacité contre la contamination par inhalation de plutonium hautement toxique, l’ingestion de strontium cancérigène pour les os et le sang, de césium pour les muscles et les risques cardiaques, etc…
D’un côté, le pouvoir nucléaire reconnaît le risque de l’accident ( et de l’attentat, ne l’oublions pas), mais de l’autre, il le réduit pour tenter de le rendre un peu plus acceptable aux populations.
Ceux qui font pression pour mettre en place  le grand rafistolage des  vieilles installations  et pour mettre en marche un EPR, qui ne respecterait pas, pour des raisons marchandes, les règles de sécurité, seraient considérés comme co-responsables en cas d’accident majeur.

Le 2 avril 2016, au Rafiot de Flamanville,  le CRILAN, avec le collectif antinucléaire Ouest,  organisera une conférence grand public sur la question des effets  sanitaires des faibles doses radioactives lors de laquelle des scientifiques et des chercheurs indépendants,  des militants, présenteront des exemples concrets et signifiants des enjeux de la préservation de notre santé au regard du nucléaire civil et militaire.

Nouveaux retard et surcoût pour L’EPR de Flamanville . Le PDG d’EDF annonce le plus sérieusement du Monde…. l’optimisation du chantier.

Avec la morgue technocratique habituelle aux hauts dirigeants d’EDF, la nouvelle direction persiste dans son incurie et sur un ton très détaché  annonce aujourd’hui de nouveaux retards et surcoûts pour le réacteur EPR de Flamanville  !

Quoi que semble en penser le PDG d’EDF, les retards pour la mise en marche n’améliorent pas la situation de la “ vitrine commerciale” dont le pouvoir nucléaire et Sarkozy avaient autorisé travaux et essais par décret jusque la date limite du 10 avril 2017. Que  va-t-il  maintenant se produire sur le plan législatif si le chargement et la mise en marche de l’EPR ne deviennent effectives qu’à la fin 2018 ?
– Va-t-on passer outre à la légalité comme EDF l’a déjà fait à Flamanville lors de la construction des premiers réacteurs?
– Va-t-on promulguer un nouveau décret, en prolongation du premier, attaquable en justice?

De 3 milliards en 2005, le coût estimé par EDF passe maintenant à 10, 5 milliards en 2015, soit 350 %  d’augmentation ! Ce qui n’est pas pour nous surprendre puisque cela fait trois ans que nous avions annoncé le même chiffre sur la foi d’informations internes à EDF. Et si les travaux continuent, le coût va encore s’alourdir. Quel sera son montant fin 2018?  Et en conséquence, quelle augmentation du coût de l’électricité nucléaire?

Arrêtons les frais et le totalitarisme nucléaire !


L’exemple du surgénérateur Super Phénix n’a pas à l’évidence servi de leçon : 6 fois plus coûteux qu’un réacteur classique, mis en marche, arrêté, puis remis en marche, plusieurs fois  pour une production d’électricité de 3 à 5 % de ses capacités théoriques, il ne fut  abandonné définitivement  qu’en 1997… Et si on s‘acheminait vers la même situation ?
Si le chantier devait être arrêté, ce n’est ni aux travailleurs, exécutants, ni aux consommateurs mais aux décideurs de payer leur incurie. Rappelons que dans les années 80, lorsque la construction des couloirs de lignes THT vers Rennes et Caen avait été interrompue par décision de justice, les lignards avaient continué à percevoir leur salaire.

Il est urgent d’arrêter le réacteur le moins sûr du monde et ses multiples avatars technologiques, le plus coûteux et le plus inutile, dont on veut exporter les surplus de production nucléaire vers la Grande Bretagne et British Energy…filiale d’EDF. Nous n’avons pas à prendre de tels risques pour des décideurs apprentis sorciers.

EPR : Et une « anomalie » de plus !

Les déboires ne cessent de s’accumuler pour EDF et AREVA à propos de l’EPR de Flamanville et on ne compte plus les problèmes techniques mis à jour depuis 2007 .

Hier, c’était le dôme du réacteur et les soudures du premier générateur de vapeur qui posaient problème,

Aujourd’hui, voilà l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui communique à propos d’une “anomalie”décelée  cette fois sur la cuve du réacteur en construction…

Rappelons que cette dernière est un élément primordial quant à la sûreté ; or le problème mis à jour concerne l’hétérogénéité de l’acier dans certaines zones du fond  et du couvercle mettant en cause la sûreté et accroissant les risques d’accident majeur.

Le CRILAN ne peut se satisfaire qu’AREVA , sous contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’IRSN, ses amis du Grand Corps des Mines, soit chargée d’entreprendre une nouvelle campagne d’essais. Une fois de plus, il est inadmissible qu’elle soit juge et partie pour sauver la vitrine commerciale internationale du nucléaire français.

Il est plus que temps d’arrêter les frais et les risques de ce chantier pharaonique, aux retards et aléas techniques à répétition, dont les coûts de construction se sont accrus de plus de 300 %.

Communiqué : ( mardi 7 avril 2015)

Intervention de Didier Anger

http://france3-regions.francetvinfo.fr/basse-normandie/2015/04/08/epr-les-verts-et-le-crilan-demandent-l-arret-du-chantier-epr-700503.html

Le temps de rire aux assassins

(…)
Les canons d’acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu’ils me laissent le temps

Une abeille de cuivre chaud
L’a foudroyé sur l’autre rive
Le sang et l’eau se sont mêlés
Il avait eu le temps de voir
(…)
Le temps de rire aux assassins
Il avait eu le temps de vivre.
Boris VIAN

L’impensable nous a d’abord laissés en état de sidération, submergés : certains assassinés pour avoir dessiné “Dieu” !..D’autres blessés grièvement. Insupportable…

Certains d’entre eux avaient croisé la route du CRILAN :  les souvenirs ont afflué.

  • CABU, venu à Flamanville, en avril 1975, pour soutenir la mobilisation contre le projet de centrale nucléaire et le CRILAN naissant : une bande dessinée était née, reprise ensuite dans “la France des Beaufs”; puis revu en 1978, au local de Charlie Hebdo, alors que j’étais invité par l’équipe lors de la sortie de mon premier bouquin “Chronique d’une lutte”, à la bouffe du mercredi midi : c’était la fête avec les Choron, Coluche, Wolinsky…
  • En 1980, le CRILAN de Saint-Lô avait pu publier “ 100 dessins contre le nucléaire” grâce aux dons des dessinateurs . Parmi les signataires : Cabu, Honoré et quelques autres dont Plantu…
  • Nous sommes restés en contact avec Fabrice Nicolino, responsable du numéro Hors série de Charlie “ L’escroquerie nucléaire”. Il est sorti blessé de ce traquenard d’un autre âge.

A l’appel des journalistes locaux, nous nous sommes retrouvés à Cherbourg, place de la République, dès le mercredi soir du 7 janvier. Autour de nous, beaucoup d’authentiques défenseurs de la liberté d’expression mais aussi quelques autres, qui dans un passé récent , dans ce Cotentin nucléaire, manifestaient leur volonté de nous empêcher de nous exprimer, nous menaçaient et molestaient même certains de nos amis… ” Je suis Charlie” ont-ils brandi…
Malaise de voir ce dernier être réduit à la seule dénonciation des sectarismes et fanatismes religieux. Sa rédaction était dans la lignée des Daumier, Steinlein, de l’Assiette au beurre d’avant 14, du Crapouillot d’origine, et du Canard enchaîné (parce que censuré) pendant la Grande guerre, des Ferjac, Siné, Escaro, Kerleroux…, dans la lignée de tous ceux, qui, ici et là dans le Monde, se sont engagés contre les totalitarismes durs ou apparemment doux des idées dominantes.

Après le temps des “Nous sommes tous des Charlie”, il faudra bien que vienne celui de savoir  comment notre société qui s’érige en modèle de la liberté  de conscience a-t-elle pu fabriquer de  pareils fanatiques en son sein et remonter aux causes…Alors viendra le temps où nous manqueront encore davantage la clairvoyance et l’impertinence de nos amis disparus.
Continuons de rire aux conformistes, aux liberticides et aux assassins.

Didier &  Paulette ANGER

Voir en ligne Reporterre

Arsenal de Cherbourg : information désinformation

Le vendredi 3 octobre 2014, la commission d’Information du Port militaire de Cherbourg a tenu sa réunion annuelle à la Sous-Préfecture.
Le fonctionnement de cette commission est encore moins démocratique que celui des CLIs du Nord Cotentin :


  1. Celle-ci est sous la direction de la Préfecture civile de la Manche et de la Préfecture maritime, non ouverte au Public et aux journalistes .
  2. Sa composition se réduit aux représentants de l’Etat, quelques élus et à 3 associations (ACRO, CREPAN-FNE et CRILAN).
  3. Les représentants de l’Etat contrôlent réflexion, information et… désinformation :
  • Les stress-tests, après FUKUSHIMA, en cas d’accident ou d’attentat, ont été envisagés,  sans discussion  au sein de la commission.
  • Le plan particulier ARSENAL (PPI), prévu en 1991 sur 5 Km (évacuation) et 10 Km (confinement) a été réduit à 2 Km, mais incohérence : l’évacuation pourrait se faire jusqu’à Carentan, Coutances etc… A mes questions, il a été répondu, que selon la météo du jour et l’ampleur des problèmes, c’est-à-dire selon les nécessités, le PPI pourrait être étendu. De même pour la mer, selon la dispersion due aux courants de marée et au Gulf-Stream en Mer de la Manche. Pourquoi alors ne pas alors dire toute la vérité aux populations?
  • Lors de la précédente réunion, il m’avait été affirmé que le projet FLEXBLUE (Petites centrales nucléaires sur fonds marins sur les bases d’un réacteur PWR de sous marin) était abandonné depuis l’accident de Fukushima. Or, selon des sources internes diverses, entre 150 et 200 personnes continuent d’étudier le projet. Si l’information n’est pas plurielle et contradictoire au sein de la Commission, la désinformation officielle peut viser, on le voit, la manipulation. Reconnaissant l’existence du projet, il a été dit que cela ne concernait pas la mer de la Manche pour des raisons évidentes de dispersion en cas d’accident sur côtes, mais des régions plus lointaines, sans que l’on sache exactement lesquelles : les îles que l’on dit françaises, les petits états riches du Golfe qui peuvent être intéressés par des techniques et matières nucléaires, dites civiles, pouvant servir, à terme, à des fins militaires? Espère-t-on les remerciements des populations lointaines concernées?

Le commerce de DCNS ne dépendant pas du port militaire de Cherbourg, n’est pas sans problèmes environnementaux, sanitaires et moraux.
Cohérence oblige : il est peu probable que le CRILAN continue de siéger dans cette commission, mais c’est la prochaine assemblée générale de 2015 qui en décidera.

Didier ANGER représentant le CRILAN

Le nucléaire dans l’IMPASSE…

Le réacteur nucléaire finlandais n’est pas le seul à voir sa mise en service retardée : c’est aussi le cas de l’EPR français en construction à Flamanville qui devait initialement fournir de l’électricité en 2012. 
Réseau de Transport d’électricité ( RTE) vient de préciser, 
comme nous l’avions prévu, qu’après une mise aux essais en 2016 ( pour  pouvoir entrer dans les limites d’autorisation du décret de construction-avril 2017), l’EPR aurait une disponibilité réduite pendant deux ans . Il  n’atteindrait son plein régime qu’en …2018, soit 11 ans après le début des travaux, et avec 6 ans de retard ! Coûts à la construction, 9 à 10 milliards  d’euros au lieu des 3 annoncés à l’enquête publique !
Sera-t-il vraiment opérationnel ou sera-t-on obligé de l’arrêter tel SuperPhénix, après avoir démontré, arrêt après arrêt qu’il ne produisait bon an, mal an que 3 à 5% de ses capacités théoriques ?

Dans le même temps, se poursuit sur le site d’AREVA la Hague, le stockage des déchets nucléaires et leur extension (construction d’un quatrième hall d’entreposage), en quantité et en surface. Pourquoi ?
Le pouvoir nucléaire ne trouve plus de nouveaux sites pour construire des installations nucléaires et utilise les places restantes sur les sites qu’il possède.
Ainsi en est-il pour l’EPR de Flamanville ou pour le stockage  des résidus du démantèlement au BUGEY et pour les déchets.
Le site de BURE pour l’enfouissement profond controversé des déchets de haute activité à vie longue est loin d’être prêt.

Ainsi se trouve confirmé ce que nous affirmons depuis des dizaines d’années. L’usine dite de retraitement, pour lui donner une image plus écologiquement acceptable, n’est pas seulement le supermarché mondial du plutonium civil et militaire mais également une poubelle à risques. 
Et pendant ce temps, le pouvoir nucléaire s’apprête pour la première fois à organiser à la mi-octobre au Bourget un super marché nucléaire international au risque de la prolifération “Word Nuclear Exhibition” pour faire du “business” (sic), dans un monde redevenu instable.
L’acharnement français n’est pas thérapeutique …
Quand on n’a pas de solution raisonnable à la gestion du cycle, on arrête chez soi et l’on ne propose pas de commerce à risques.

Le problème posé n’est pas qu’environnemental, sanitaire, sociétal mais aussi moral : comment laisser un tel héritage aux jeunes générations actuelles et à venir !

COMMUNIQUÉ du 17 septembre 2014

Didier ANGER
http://www.reporterre.net/spip.php?article5981 
https://www.world-nuclear-exhibition.com/

La transition énergétique avec le nucléaire une escroquerie politique

COMMUNIQUE DU 21 JUIN 2014
L’annonce, le 18 juin, de Ségolène Royal, dans la présentation de la loi sur la transition énergétique, retouchée ensuite par l’Elysée(1), a confirmé sur la question du nucléaire :

  • La valse hésitation à propos de l’enfouissement des déchets nucléaires à BURE (projet CIGEO)(2)
  • L’arrêt de Fessenheim non acté dans la loi,
  • Le maintien de la production nucléaire à son niveau actuel.
  • Le comble, ce sont le cynisme et l’escroquerie d’Etat mis en place par l’équipe hollandaise : promettre que l’on passerait la production d’électricité nucléaire de 75 (80%) à 50 % en 2025 a pour but de laisser croire au bon peuple et aux écolos naïfs ou intéressés par postes et mandats qu’il s’agit à terme de la fermeture d’une vingtaine de réacteurs… En fait, il s’agirait avec…la croissance revenue (?!!) et notamment celle de la consommation d’électricité, de maintenir en place le nombre de réacteurs en fonctionnement avec les risques accrus de leur vieillissement et de leur rafistolage et même d’y ajouter un EPR, inutile, coûteux, dangereux ! Les économies d’énergie et les renouvelables permettant de subvenir aux besoins nouveaux internes de l’Hexagone ( voitures électriques notamment…) et de l’étranger ( lignes vers la Grande Bretagne, l’Italie, la Catalogne…) A nous les déchets et les plus gros risques, à ces régions de l’Europe, l’usage de la fée électricité!

Dans sa campagne présidentielle de 2007, l’actuelle Ministre de l’Ecologie avait  promis d’arrêter la construction de l’EPR de FLAMANVILLE. Promesse réitérée en 2011. 
A la fin des années 80, faut-il rappeler pourtant  que j’ai manifesté avec le mouvement antinucléaire à Neuvy-Bouin ( Deux Sèvres) à ses côtés. Portée par la lutte contre l’enfouissement des déchets nucléaires, elle avait alors été élue députée, pour la première fois.
A la même époque, je manifestais aux côtés de Roselyne Bachelot à Angers contre un projet de stockage  profond de déchets nucléaires à Segré.
Fin 1996, Corinne LEPAGE, ancienne avocate du CRILAN contre le stockage illégal de déchets nucléaires étrangers et les pollutions des rivières Ste Hélène et Grand Bel à la HAGUE, devenue Ministre, finissait par accepter qu’on n’ aille pas rechercher et reconditionner les sources de pollution . Stockage irréversible donc à quelques mètres sous terre. Au moins avait-elle eu l’honnêté de dénoncer par la suite son manque de pouvoir face au lobby nucléaire! (3)
Devenue Ministre en 1997, Dominique Voynet acceptait l’oukase de Lionel Jospin sur l’ouverture d’un laboratoire à BURE (Cela faisait plus propre qu’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires de haute activité à vie longue…) sous la condition qu’il soit “réversible”, malgré l’expérience du Centre de Stockage Manche de la Hague.
Quand les choses se répètent, il ne s’agit plus seulement du reniement des promesses de telle ou telle personnalité mais d’un système. Qui gouverne en FRANCE ? Les politiques élus par le peuple comme on tente de nous le faire croire ou les lobbies, en l’occurence , la caste des nucléocrates d’Etat d’une industrie encore en quasi totalité propriété de l’Etat ? En FRANCE, le nucléaire n’est pas un état dans l’état mais c’est l’ETAT lui-même sur lequel les politiques n’ont aucun pouvoir.  Quand donc comprendra-t-on que l’on ne peut pas plus compter sur la Gauche de Gouvernement que sur la Droite et qu’il nous faut reconstituer, en dehors d’elles, un autre rapport de forces  face à l’Etat nucléaire.
Didier ANGER, Président du CRILAN,
Ancien Parlementaire européen, vice Président de la commission Energie, Recherche et technologie et animateur de l’inter-groupe des énergies renouvelables et décentralisées.

1  http://www.reporterre.net/spip.php?article6034
 http://www.romandie.com/news/Transition-energetique-retrait-de-larticle-autorisant-les-decrets/489952.rom
3 On ne peut rien faire, madame le Ministre, Éditions Albin Michel 1998

POSE DU DÔME DE L’EPR de FLAMANVILLE : le CRILAN NE CAUTIONNERA PAS L’OPERATION de COM D’EDF !

Le CRILAN vient de recevoir ce lundi 15 juillet une invitation d’EDF Flamanville à la pose du dôme de l’EPR  programmée le 16 juillet à partir de 7 heures. EDF a soigneusement  préparé  pour cet événement, à grands frais, une opération de communication d’envergure qui ne saurait masquer les réalités.


L’EPR n’a été engagé,  que pour servir de vitrine commerciale à AREVA NC et à EDF pour le vendre à l’étranger avec le peu de succès que l’on sait: jusqu’à aujourd’hui plus d’effets d’annonce que d’engagements tangibles !

  • Coûteux :  1,8 milliard en 1998 quand EDF envisageait d’installer un EPR près de Nantes, chez Ayrault.

Aujourd’hui, 8,5 milliards ! Un énorme surcoût  dû notamment aux diverses malfaçons et erreurs techniques (de la canalisation de rejets à l’affaire des consoles, acier “low cost” acheté en Russie, en passant par les ferraillages , soudures,  bétons défectueux et le système Bouygues de sous-traitance en cascades) largement évoquées par la presse.

Combien en 2016? Combien devra-t-on payer le kWh produit par ce réacteur?

  • Dangereux : les risques sont les mêmes que pour les autres réacteurs de même type : accidents dus à un manque de refroidissement, explosion d’hydrogène, chute d’avion, attentats etc.

Le 17 janvier 2013, Hervé Machenaud, Directeur exécutif d’EDF déclarait à Flamanville :
“L’EPR est en passe d’être un succès industriel. Le risque d’un nouveau dérapage des coûts ou des délais est désormais « infiniment faible (..) »  L’EPR entrera en service en 2016 et le budget sera tenu.” (1)
Fermez le ban et félicitations  pour une parfaite maîtrise de la langue de bois.

OUBLIÉS tous les aléas techniques, le retard de quatre ans sur le planning prévu, la dérive colossale des coûts, les conditions de travail plus que contestables (sous-traitance, conditions salariales douteuses, entorses au Droit du travail  notamment pour les travailleurs polonais et roumains).

Que cachent ces déclarations ? Sûrement un gros mensonge par omission. 
On sait que tout sera fait pour que l’ EPR entre en service coûte que coûte en 2016 et au plus tard dans les 3 premiers mois de 2017.
En effet, le décret de création du réacteur EPR de Flamanville(2), date du 10 avril 2007 et précise  dans son article 3, “Le délai pour réaliser le premier chargement en combustible nucléaire du réacteur est fixé à dix ans à compter de la publication du présent décret au Journal officiel de la République française. Ce délai constitue le délai de mise en service”.
En clair, au moment de la publication du décret, EDF pensait qu’un délai de 10 ans pour construire et mettre en service le réacteur serait plus que suffisant. Mais si la date du 11 avril 2017 venait à être dépassée, le décret de création ne serait plus valable et il faudrait sans doute refaire toute la procédure administrative ( Débat public, enquête publique etc,  avec toutes les conséquences que l’on imagine en terme de coûts et de retards) (3).
Prenons le pari : en bon état de marche ou non, le réacteur démarrera avant la date butoir du 11 avril 2017, quitte à l’arrêter quelques jours après.
Avec quel combustible ? On ne le sait toujours pas clairement :
À l’origine était prévu du MOX à plus forte teneur de plutonium ( 11 à 13 % au lieu de 7%) et, qui plus est, pour 100% du combustible au lieu  de 30% dans 21 réacteurs de 900 MW.
Or EDF, toujours aussi peu favorable à la filière plutonium a étudié un uranium  plus enrichi avec un renforcement des gainages “dopés” au chrome, peu probant aux essais. EDF aurait donc choisi,pour le moment, un démarrage à l’uranium enrichi classique, comme en Finlande à OLKILUOTO.

Fukushima aurait dû provoquer une révision de la politique énergétique française . Malheureusement, le gouvernement socialiste perpétue la politique nucléaire de Sarkozy même s’il a déclaré qu’il réduirait la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 À 50 % d’ici 2025. Actuellement, aucun signe n’est donné dans ce sens.

En 2006 à Cherbourg, 25 à 30 000 opposants estimaient eux, cet EPR, inutile, dangereux et coûteux. Les faits leur donnent raison. C’est pourquoi, le CRILAN ne saurait cautionner l’opération de COM programmée par EDF, ce mardi 16 juillet. 

Pour le CRILAN, Didier ANGER

1 cf articles Presse de la Manche, Ouest France, les échos du 17 janvier 2013
2 http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=20070411&numTexte=6
http://www.observatoire-du-nucleaire.org/