MERCI POUR CET EPR-PASSOIRE

MERCI POUR CET EPR-PASSOIRE retrace l’histoire de l’EPR, pur produit AREVA imposé à EDF. Tête de gondole de l’industrie nucléaire française, l’EPR se voulait pérenniser et vendre l’électronucléaire francais. Résultat: incapable d’en construire et d’en faire fonctionner un seul en France, EDF qui est en quasi faillite en voudrait 6,10,20 !?.

En empêchant le développement des énergies renouvelables, le lobby nucléaire condamne notre pays à l’impasse énergétique.

Politiquement nous observons une même stratégie éléctro-nucléaire chez Sarkozy, Hollande et Macron. Même obstination aussi pour ces 3 présidents pour vendre des EPR en Inde en zone sismique.

Au travers de l’actualité récente, l’ouvrage détaille les derniers déboires et scandales de l’EPR dont le coût va atteindre les 11 milliards:

  • Défauts relatifs aux bétons et ferraillages
  • Cuve du réacteur non conforme rendue apte au service par décret gouvernemental du 30/12/2015, publié le 3/1/2016, (oui..oui.!)
  • Couvercle non conforme mais autorisé …
  • Soudures défecteuses sur le circuit de vapeur dit secondaire principal…

Tout ceci dans un contexte aggravant de falsification de documents de production à l’usine AREVA du Creusot..

A l’occasion de de la visite de F Hollande et de B Cazeneuve dans la Manche il est utile de lire attentivement le chapitre juridique de l’EPR.

Le 18 avril 2017, le CRILAN et 7 autres associations ont déposé un recours gracieux auprès du Premier Ministre Cazeneuve contre la prolongation de 3 ans du chantier EPR. Mais celui-ci est resté sourd à cet appel, obligeant les plaignants à porter l’affaire en Conseil d’Etat.

Le dernier paragraphe ouvre le dossier de plainte au pénal déposé par Sortir du Nucléaire, Greenpeace et le CRILAN en juillet dernier près du Procureur de la République de Cherbourg. Cette plainte porte sur les soudures défectueuses du circuit de vapeur dit secondaire principal, élément de sûreté s’il en est. Elle porte aussi sur les responsabilités relatives aux infractions constatées.

Qu’on se rassure, dans notre pays où le nucléaire est devenu raison d’Etat depuis plus de 40 ans, les recours en Justice risquent peu de contrarier les plans du Lobby nucléaire… Mais qui sait ? Dans cette lutte du pot de terre contre le pot de fer, où la protection des populations passe au second plan, il reste à espérer que le pot de fer devenu passoire n’entraîne jamais un Fukushimanche et en soit donc empêché.

Le Flyer de cette Publi-Fiction est en dédicace près des militants du CRILAN dans l’esprit de convivialité habituel !

Consultation ASN sur l’EPR: Vers des essais précipités aux allures de fait accompli en dépit d’une plainte sur les soudures de l’EPR?.

COMMUNIQUE (18/07/2018)

En plein été, l’ASN nous joue la farce d’une consultation flash à propos de tests à chaud sur la partie non nucléaire de l’EPR avec de la vapeur au tritium issue des réacteurs 1 et 2.

Ce faisant, EDF veut imposer une mise en route de l’EPR alors même que celui-ci fait l’objet de nombreuses plaintes dont celle du CRILAN sur la cuve. Compte tenu des défauts récurrents observés notamment sur la cuve, le couvercle et les tuyauteries, le CRILAN demande à l’ASN de prendre ses responsabilités d’autorité de sûreté nucléaire en n’autorisant pas les essais de l’EPR, qui ne doit jamais démarrer.

Aujourd’hui c’est Greenpeace et SDN (Sortir du Nucléaire) qui portent plainte auprès du Procureur de la République de Cherbourg à propos des nombreuses soudures défectueuses du circuit secondaire qui compromettent son démarrage; certaines d’entre elles étant en autopsie.

En appui sur l’argumentaire de cette plainte, le CRILAN demande aux autorités administratives et judiciaires de mettre un terme au chantier de l’EPR afin de protéger les populations du Nord Cotentin et au-delà.

Programmation Pluriannuelle de l’Énergie-Nous sommes à un tournant!

Le 24 mai 2018, à l’initiative du Maire de Flamanville, commune d’implantation de la centrale nucléaire EDF, un débat public était organisé à la Salle du Rafiot.

Comme plusieurs associations environnementales, le CRILAN alerte constamment les autorités et la population sur la situation préoccupante de la politique énergétique française.

  • Soit nous prolongeons le système énergétique français tel qu’il existe actuellement, au risque de le mettre durablement sous perfusion, notamment avec l’argent du contribuable.
  • Soit nous actons un changement de modèle, qui s’appuie sur une baisse de la consommation d’énergie (tendance européenne actuelle) et le développement des énergies renouvelables.

La nouvelle Feuille de route énergétique de la France à 2023 et 2028 – la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) – actuellement en préparation, devrait aller clairement dans cette seconde voie.

Le débat public sur la PPE, organisé par la Commission nationale du débat public du 19 mars à fin juin 2018, devrait être l’occasion de mettre tous les sujets sur la table, qu’il s’agisse des risques et des déchets nucléaires, mais aussi des grands enjeux d’évolution de la mobilité ou encore de la massification de la rénovation performante des logements.

De même, l’implication des territoires et des acteurs locaux, la création de valeur et d’emplois, la lutte contre la précarité énergétique, la solidarité entre territoires, les transitions professionnelles ou la qualité de l’air sont des sujets qui ne devraient pas être mis de côté.

Pourtant, le Ministère de la Transition énergétique et solidaire, maître d’ouvrage du débat public sur la PPE, voudrait que ce débat soit circonscrit à seulement certains scénarios énergétiques.

Face aux résistances de l’ancien monde, les précurseurs d’un nouveau modèle énergétique pour la France montrent la voie : collectivités territoriales, entreprises, citoyens, associations ; leurs réalisations préfigurent notre futur paysage énergétique si nous le voulons.

Le gouvernement, dans le cadre de la PPE, fera un choix pour les 10 ans à venir, ce qui devrait nécessiter un débat public sans zone d’ombre.

C’est l’occasion pour le CRILAN de développer ses positions sur ce débat faussé et de rappeler quelques enjeux de cette PPE pour notre région.

En novembre 2017 RTE le gestionnaire de transport d’électricité, a publié cinq scénarios de prospective électrique. Seulement deux d’entre eux ont été retenus pour la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie en raison de leur plus faible impact supposé sur le climat.

La SFEN, association pro-nucléaire mise en avant dans le débat public, se réjouit donc que les 2 scénarios préférés par RTE soient ceux avec le moins de fermetures de réacteurs nucléaires :

  • Le Scénario Volt prévoit la fermeture de 9 réacteurs de 900 MW (hors Fessenheim) à l’horizon 2035.
  • Le Scénario Ampère prévoit la fermeture de 16 réacteurs.

Ces deux scénarios témoignent d’un manque d’ambition concernant la réduction de la part du nucléaire, sont trop conservateurs et frileux en matière d’efficacité énergétique, visent des niveaux d’exportation d’électricité irréalistes au regard des tendances actuelles de nos voisins. Ils ignorent volontairement :

  • Le scénario Watt qui prend comme hypothèse la fermeture de chaque réacteur après quarante ans de fonctionnement
  • Le scénario Hertz qui table sur la fermeture de vingt-cinq réacteurs nucléaires pour que l’atome ne représente plus que 50 % du mix énergétique d’ici 2025, conformément à l’objectif de la Loi de Transition Energétique.

Le débat sur la PPE est donc tronqué, la question climatique servant d’alibi à la promotion du nucléaire sous couvert d’un mix énergétique et d’une transition écologique de l’énergie en trompe l’œil.

Le ministre Hulot a rejeté la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique, sine die, reportant la transition énergétique à une portion congrue.

Chaque jour, de nouveaux incidents sont signalés sur nos installations nucléaires vieillissantes qu’un grand programme de « rafistolage » doit prolonger.
Nous sommes donc tous informés des risques industriels, sanitaires et sociaux du nucléaire qui pèsent sur les populations. N’aurions-nous rien vu ni à Mayak, ni à Tchernobyl, ni à Fukushima ?

Pire, nous sommes témoins des malfaçons, voire des malversations relatives à la construction et à la fabrication des réacteurs nucléaires dont l’EPR. Allons-nous laisser faire quitte à modifier les règlements pour mieux nous en accommoder comme l’industrie du nucléaire l’a déjà fait en catimini de multiples fois sans aucun débat démocratique ?
L’EPR, inutile, coûteux, dangereux, finit longuement sa construction, Fessenheim (ce grand mourant) ne devant être arrêté qu’à la mise en marche de l’EPR au terme d’un contrat léonin au profit d’EDF.

Enfin la stratégie de gestion des déchets nucléaires atteint ses limites, elle est uniquement orientée vers le retraitement-extraction du plutonium pour la production du MOX et pouvant servir à la prolifération militaire. L’enfouissement des déchets à Bure, bien que retardé, reste programmé, la Hague doublant son entreposage pour satisfaire aux besoins. Pour le CRILAN, la gestion des déchets nucléaires doit être réorientée vers le stockage à sec des combustibles usés et vers la neutralisation du plutonium.

Pendant ce temps, les lanceurs d’alerte qui mettent en évidence les défauts de sûreté et de sécurité des installations nucléaires sont trainés en justice et sévèrement condamnés. Ils devraient plutôt être félicités pour service rendu.

Ici, dans le Cotentin nous sommes témoins de la valse-hésitation du Gouvernement sur la promotion des énergies renouvelables :

Où en sont les hydroliennes promises à Cherbourg ?

Où seront implantées les premières éoliennes en mer que l’on promet de construire à Cherbourg ?

Autant de questions qui interrogent sur la volonté des Pouvoirs Publics depuis trop longtemps soumis au lobby nucléaire … pour que rien ne change !

Fukushimanche, non merci !

Le CRILAN Boycotte l’Assemblée Générale de la CLI qui reçoit Tepco. 01/12/2017

 

Une dizaine de militants du CRILAN se sont donné rendez vous  ce matin devant la Mairie de la Hague pour protester contre la venue de Tepco à l’invitation du Conseil Départemental.

Communiqué CRILAN

« TEPCO, entreprise jugée responsable pour négligence au même titre que L’Etat Japonais dans l’accident nucléaire de FUKUSHIMA, est l’invitée de la CLI près du centre de stockage Manche (ANDRA) de déchets nucléaires, ce 1er décembre.

Il est probable que ce soit pour présenter au Japon comme à l’International, les CLIs françaises, comme un modèle pour gérer l’opinion en cas d’accident.

Le nucléaire français reste très présent au Japon : le réacteur accidenté à Fukushima contenait du MOX fabriqué à Marcoule à partir du plutonium extrait à la Hague.

Si Tepco cherche a savoir comment fonctionnent les CLIS c’est parce qu’il voudrait dupliquer le modèle français à la sauce japonaise pour mieux faire passer le concept de « revitalisation » des territoires décontaminés dont  » les ordres d’évacuation sont levés », au mépris de la santé des populations.

N’oublions pas que l’accident nucléaire de Fukushima n’est pas terminé..

Le Gouvernement japonais en prise avec les oppositions des populations locales vis à vis de la remise en marche des centrales nucléaires cherche le moyen de les intégrer aux processus de redémarrage ; le « modèle » des Clis en est l’occasion.

Pour le Conseil départemental comme pour certains collèges des CLIs qui nient les évidences au regard de l’EPR et du rafistolage des vieilles centrales, imposant le modèle étatique, la visite de Tepco sera l’occasion de vanter les CLIS au moment de l’actualisation du livre Blanc sur certains aspects « post Fukushima ».

Le CRILAN n’est pas dupe de la manœuvre du Conseil départemental qui veut
banaliser l’accident nucléaire menaçant pourtant les installations nucléaires
françaises. De nombreuses « initiatives » sont menées à Tchernobyl et Fukushima dans le but de faire vivre des populations dans un environnement contaminé (ETHOS,CORE, Dialogue…).

Est-ce l’avenir que l’Etat nucléaire nous prépare à FUKUSHIMANCHE?

Le CRILAN ne peut être caution d’une telle opération validée par la Conseil
départemental, en charge des CLIS du Cotentin.

C’est la raison pour laquelle il ne siégera pas ce jour à la CLI de l’ANDRA.

Reportage de France 3









TOUS à FLAMANVILLE, LES 1 & 2 octobre 2016 !

Un collectif d’organisations s’est créé le 17 janvier 2015 à ST Lô, à l’appel du CRILAN et  du «Collectif STOP EPR  NI à PENLY, ni ailleurs» et s’est rapidement élargi sous l’appellation :«Collectif antinucléaire Ouest» désigné par l’acronyme «CANO»

Lors de cette assemblée constitutive, il a été  notamment décidé la création d’un collectif d’associations, d’organisations et de particuliers de l’Ouest (Bretagne, Pays de Loire et Normandie) ouvert à tous ceux et celles qui partagent les valeurs, les buts et les méthodes du mouvement antinucléaire pour garantir le succès d’une mobilisation en 2016 dans la Manche.

Ce collectif:

  • a vocation à rassembler tous ceux et celles qui se reconnaissent dans le slogan adopté précédemment et qui veulent contribuer au succès collectif du projet à savoir: ARRÊT DU NUCLÉAIRE, ENERGIE DE DESTRUCTION MASSIVE ! NON à l’EPR ! NON AU RAFISTOLAGE DES VIEILLES CENTRALES !
  • repose sur l’action et l’autonomie des associations et des particuliers qui le constituent, en aucun cas il ne saurait se substituer à eux
  • a vocation à agir de manière collégiale, transparente et démocratique. Des assemblées générales seront organisées, au moins une fois par trimestre, pour poursuivre le travail de mobilisation et prendre les décisions nécessaires à l’organisation du rassemblement et d’événements en amont. (…)

http://www.can-ouest.org/

Confirmation : l’EPR d’AREVA est bien le réacteur nucléaire le moins sûr du Monde !

  • De semaine en semaine, les révélations à son propos continuent d’effrayer et  de défrayer la chronique !
  • Le CRILAN demande une enquête à propos de la dissimulation de ces anomalies cachées  et exige l’arrêt de la construction de l’EPR.
  • Dans ce but,  il prépare, d’ores et déjà, avec la coordination antinucléaire Ouest (CANO) un rassemblement  les 1& 2 octobre 2016, à Flamanville avant son démarrage prévu .

En septembre 2010, Le CRILAN après ses révélations sur l’abandon du gainage M5  et du combustible à haut taux de combustion s’interrogeait publiquement quant à la “sûreté inégalée”de l’EPR de Flamanville, vantée et vendue par la com d’AREVA/EDF, et posait alors la question : l’EPR est-il le réacteur le moins sûr du monde?( 1)

Aujourd’hui, coup sur coup, ce sont les annonces de la non conformité des aciers du fond  et du couvercle de la cuve par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), et la révélation  de graves défaillances  sur les soupapes, pièces maîtresses de la sûreté, qui doivent s’ouvrir pour laisser partir la vapeur et faire ainsi baisser la pression pour éviter les fuites et l’explosion.(2)
Nous connaissons maintenant la réponse à notre question : l’EPR est bien le réacteur le moins sûr du monde, moins sûr que les 58 autres réacteurs français !

Un scandale : les problèmes et anomalies étaient  déjà connus mais cachés par son promoteur AREVA.
Rappelons-nous la demande de moratoire de l’ancien président de l’ASN, A.C.LACOSTE afin de faire un point quant à la construction de ce réacteur, demande “retoquée”par Nicolas SARKOZY, et non reprise depuis par François HOLLANDE qui vient de nommer l’un de ses amis à la tête d’EDF. L’A.S.N. et L’ IRSN confirment par leurs constats EXPLOSIFS, les manques multiples de sécurité de ce prototype, connus semble-t-il  de leur promoteur. Une enquête à ce sujet  s’avère plus que nécessaire.

Ne reproduisons pas les erreurs commises à propos de Super Phénix, voulu par le CEA, six fois plus coûteux qu’un réacteur classique,  improductif ( 3 à 5 % de ses capacités théoriques à force d’arrêts)  dangereux, pour en définitive devoir l’arrêter et le démanteler, avec les difficultés financières et technologiques que l’on sait.
Le CRILAN réitère son exigence d’arrêt de la construction de l’EPR avant le chargement du combustible, ce qui, en cas d’arrêt prévisible, augmenterait encore énormément les coûts déjà supérieurs de 300% aux prévisions.

Il en va de l’indépendance de l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de la responsabilité, en cas de poursuite du projet EPR, des anciens Présidents et du Président actuel, véritables “Ponce-pilatomiques”, d’une République dépendante du Pouvoir nucléaire.

Article de Mediapart, www.mediapart.fr   EPR Flamanville: de nouvelles et graves anomalies au cœur du réacteur

Communiqué (9 juin 2015)

AREVA-La Hague, poubelle atomique, dans le lieu et dans le temps ! Nouvelle Enquête Publique pour l’extension de “l’entreposage” des déchets vitrifiés .

Une enquête publique a lieu en ce moment  (du 13 avril au 18 mai 2015) dans les mairies  de la Hague dans un rayon de …5 km autour de l’usine. AREVA NC y présente une demande de modification de l’INB 116 (UP3-A), visant à doubler la capacité  dite “d’entreposage”, mais en fait, de stockage des déchets vitrifiés produits par l’usine.
La capacité totale de “l’entreposage” existant ne peut couvrir les besoins que jusqu’en … 2017 et nécessite donc une extension rapide, prévue en deux temps . Dès 2016-2017, mise en service d’une seconde alvéole dans un atelier déjà existant puis dans un second temps, entre 2018 et 2022, construction d’un nouveau bâtiment.

  • Un “entreposage “de déchets qui ne veut pas avouer son nom : poubelle atomique

En France, les sites de stockage des déchets de faible activité de surface sont saturés. La recherche des sites pour les déchets Moyenne activité à vie longue (MAVL) n’a pas abouti. Le projet CIGEO, à BURE, dans la Meuse, pour le stockage profond des déchets haute activité à vie longue  (HAVL), qui devait être opérationnel pour 2015(1), ne l’est pas. Il ne le serait pas avant 2050 et pour les déchets HAVL, pas avant 2070 et plus !
Les documents de l’enquête affirment pudiquement qu’il faut donc continuer “l’entreposage” après 2017. La capacité actuelle “d’entreposage” est de 12348 conteneurs dans l’INB 116 et de 4500 dans l’INB 117.
AREVA NC demande une capacité supplémentaire de 12636 conteneurs et prévoit “ une durabilité des installations…. centenale” !!! Quand un entreposage est prévu d’emblée pour une si longue durée, il devient de fait un stockage qui refuse de dire son nom ! L’usine de la Hague est bien une poubelle atomique , comme nous le disions déjà dans les années 70 !

  • Une justification du retraitement-extraction du plutonium :

Il s’agit en réalité de la volonté de continuer le retraitement-extraction du plutonium et la gestion des déchets nucléaires selon la stratégie officielle, pourtant dans l’impasse, aujourd’hui.
Depuis 1945, ce choix a été politique et non technique. La France de l’alliance gaulliste-communiste de l’après guerre avait décidé de se procurer le plutonium pour se doter à terme de la bombe atomique. N’existant pas dans la nature, on l’extrayait des combustibles irradiés des centrales nucléaires à Marcoule, puis à la Hague. Dans les années 70, la filière surgénératrice supposait l’usage du plutonium comme combustible. Cette dernière ayant été abandonnée dans les années 90, EDF fut obligée d’utiliser le plutonium dans le mixte uranium-plutonium (MOX)  comme combustible des réacteurs 900 mégawatts. D’où une technologie qui a mis en place:

– Cisaillage et dissolution des combustibles (atelier T1)
– Séparation des produits de fission , de l’uranium et du plutonium (T2)
– Purification, entreposage et expédition de l’uranium et du plutonium (T4-BSI)
– Vitrification des résidus de haute activité et l’entreposage (E-EV)
– Compactage des déchets de structure et technologiques des opérations de retraitement (coques, embouts, boues etc…)

L’enquête, une fois de plus, prétend que ce processus réduit les volumes initiaux de combustibles usés à 4%. Cette profession de foi est pourtant démentie par les faits :

1° L’uranium issu du retraitement (95%) qui devait être recyclé n’est dit maintenant que “recyclable”, mais ne l’est pas réellement. (2)
2° Une partie du plutonium vieux de plus de 5 ans n’est pas “moxable”: des dizaines de tonnes de plutonium sont stockées en sous sol.
3° Du combustible  Mox non utilisé ou non retraité existe ainsi que du Mox anglais.
4° Restent les déchets MAVL, les résidus technologiques du “retraitement”.
5° Les résidus des premiers démantèlements en cours dans les premières installations.

  • Des risques sous estimés :

L’enquête affirme, dans une autre profession de foi, et donc sans en apporter la preuve que les déchets de haute activité à vie longue en matrice de verre, coulés en acier inoxydable sont sans risques de dispersion de substances radioactives. N’est-ce pas surestimer leur durabilité à l’épreuve des temps géologiques comme le sont les risques liés à l’ensemble du processus qui conduit à cette volonté d’extension du stockage :
– Si on considère la réduction des activités de l’usine depuis  les années 2000, les risques des rejets gazeux n’ont pas vraiment baissé depuis les années 80 , notamment en ce qui concerne le krypton, le tritium et le carbone 14 à la durée de vie très longue et qui ne peut que s’accumuler au gré des vents. Même chose pour le tritium et le carbone 14  en milieu marin.
– Quand cessera-t-on de comparer les faibles doses de radioactivité artificielle rejetées par AREVA NC avec celles, sans pour autant les minimiser, reçues naturellement ? Il ne s’agit pas des mêmes éléments et on ne peut confondre ingestion, inhalation avec l’irradiation.
– Quand prendra-t-on en compte l’additionnalité et/ou la synergie des rejets chimiques, nitrates, tributyl phosphate avec les rejets radioactifs?
– Quand admettra-t-on la dangerosité des effets des faibles doses et l’inégalité des résistances des êtres vivants à leur exposition?

L’étude de maîtrise des risques ( pièce 8 de l’enquête) fait l’inventaire en les sous-estimant, des différents risques nucléaires et non nucléaires d’origine interne et externe, pour ne citer autre autres que :
– La perte du refroidissement des piscines d’entreposage des combustibles usés,
– La perte du refroidissement des cuves d’entreposage des solutions actives à fort dégagement thermique dans les ateliers T2 et T7,
– La perte de refroidissement des entreposages de plutonium oxyde (atelier BSI),
– Les risques d’incendie, d’accident critique, notamment avec le plutonium,
– Les risques chimiques avec l’acide nitrique et la soude dont on connaît la violente réaction à l’eau,
– Mais aussi les risques sismiques, les conditions climatiques extrêmes(3) mises en évidence lors des réflexions post-Fukushima du groupe interCLI du Nord Cotentin.
– Quant à ceux liés à la chute accidentelle d’avions qui circulent régulièrement entre la France et les USA ou entre la Grande Bretagne et la Péninsule Ibérique, ils sont minimisés tout comme ceux d’attentats par voie aérienne: drones, avions lourdement chargés en kérosène pour lesquels avaient été évoqués des changements des couloirs aériens trop proches du site ou la “bunkerisation” des piscines etc..

Comment expliquer que s’il existe bien un Plan d’Urgence Interne( PUI) à l’usine et un Plan Particulier d’Intervention (PPI) destiné à la protection des populations en cas d’accident, sous la responsabilité de l’Etat, ce dernier soit ridiculement réduit à un périmètre de 2km autour de l’usine et à 5 Km pour le confinement, quand on a la connaissance des plans sur un rayon de 30km pour Tchernobyl, 20 km  pour Fukushima (et ce, en augmentant de 20 fois les normes maximales admissibles à la radioactivité)?
Certes, d’après l’Autorité de Sûreté (ASN), l’accident serait moins envisageable que sur une centrale. Mais s’il devait se produire, ses conséquences seraient énormément plus  considérables et c’est sur celles-ci qu’il convient de se baser pour définir les plans de secours.
A l’évidence, l’enquête publique vise à normaliser l’anormalité.

Des alternatives existent pourtant à l’impasse de la stratégie française :

La quasi totalité des pays nucléarisés ont refusé l’extraction du plutonium et ses conséquences ou l’ont abandonné. Le stockage direct a été choisi sans retraitement-extraction du plutonium, matière sensible : il reste dans sa gangue de combustible usé, en attente, soit de stockage définitif, en surface, pour rendre ce dernier réversible et possible à reconditionner en cas de problème, soit de stockage en subsurface, moins sensible aux attaques extérieures. Où? Sur les sites EDF de production de ces déchets ou à leur proximité pour la responsabiliser, limiter les risques des transports et diminuer la concentration sur un seul site vulnérable.(4)

Aucune région de la Planète ne mérite une telle concentration de risques inhérents à ce stockage.
La meilleure façon de réduire la quantité de déchets est de programmer l’arrêt de leur production, c’est à dire celle des centrales nucléaires et de développer économies d’énergie et énergies renouvelables.
Pour ce qui existe, le plutonium déjà extrait et stocké pourrait être réintroduit dans les déchets FAVL pour le rendre le plus inutilisable à  des fins terroristes ou militaires et les déchets existants multiples, retournés, sous contrôle permanent sur les sites de l’origine de leur production, ou à proximité. 

Un changement radical s‘impose dans la politique énergétique de la France, fourvoyée dans l’impasse dans laquelle elle se trouve. Il s’agit d’un enjeu environnemental, sanitaire, démocratique et moral pour des milliers de générations à venir. Comment peut-on prétendre que les Français ont adopté le nucléaire, quand on ne trouve plus de nouveaux sites pour les INB et tout particulièrement en ce qui concerne la gestion des déchets?
L’enquête publique, alibi démocratique, ne les intéresse plus. Ils savent qu’elle n’est qu’une simple formalité administrative légale et que les décisions sont déjà prises.

“Indignez-vous ! “ disait Stéphane HESSEL …

1 Voir à ce sujet tous les efforts de G.Longuet pour faire adopter au Sénat l’ouverture de CIGEO , dans la loi Macron, dans la nuit du 17/18 avril 2015
http://www.reporterre.net/La-loi-Macron-impose-en-catimini-l

Article: “Les déchets nucléaires, recyclables ou recyclés?

http://leblogdejeudi.fr/neige-42-000-foyers-prives-delectricite-dans-la-manche-et-le-cotentin-region-la-plus-nuclearisee-de-france-avec-la-hague-flamanville-et-larsenal/

4 Actuellement, plus d’une centaine de coeurs de réacteurs dans les piscines de la Hague…

Les aciers de l’EPR de Flamanville : Démocratie à la française ou “ Démocrasseuse”?

Le ministère chinois de l’Environnement (NNSA), sur son site (1), se permet d’éclairer notre lanterne à propos des aciers de la cuve ( couvercle et fond ) de l’EPR de Flamanville (2) :
“ Les pièces forgées sous pression ont été forgées par Creusot Loire, filiale d’AREVA  (…)Ces pièces ont été fabriquées entre fin 2006 et le début 2007”

En démocratie, les lois s’appliquent-paraît-il- à tous, de la même façon. En réalité, pas aux industriels du nucléaire d’Etat puisque les fabrications de ces dites pièces ont été entreprises avant même la fin des procédures légales (Décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville  11 avril 2007) !  “Certains sont plus égaux que d’autres” aurait  dit Coluche reprenant Georges Orwell et sa “République des animaux”.
Ces fabrications de cuves se sont poursuivies en série dans les années suivantes ( Et de 2 pour les Chinois,à Taishan, et de 1 pour les USA (3), et de 1 au moins pour Hinkley Point en Angleterre ...et ce, avant toute certitude de la faisabilité de ces projets !)

  • Une fois de plus l’Etat nucléaire et AREVA se sont précipités, dans une politique du fait accompli  et ont anticipé, trop sûrs d’eux-mêmes !

En décembre 2005, conformément à la législation de l’Union européenne, l’ASN française a publié un décret relatif aux équipement nucléaires sous pression. En 2008, l’ASN a défini les exigences spécifiques relatives à l’évolution des pièces forgées”
De 2010 à 2014, en conformité avec ces dernières un examen rétrospectif des pièces forgées des calottes du couvercle, du fond de cuve a été entrepris. Il a fallu attendre la fin de 2014 pour que les résultats des essais mettent en évidence une teneur en carbone supérieure à celle attendue  et des valeurs de résilience inférieures à la limite réglementaire.”
 expliquent les Chinois.

Le problème , bien que connu partiellement depuis 2011(4) n’a été révélé publiquement  qu’en ce début d’avril 2015 ! Cela n’a pas empêché l’arrivée de la cuve sur le site de Flamanville, le 8 octobre 2013, à grand renfort de gendarmerie et son introduction dans le réacteur en janvier 2014 !!!

  • JUGES ET PARTIES ?

Qui va devoir décider ou non de la conformité et de la résistance aux accidents de ces pièces ultra sensibles? AREVA ET L’ASN , issus du même Grand Corps des Mines y travaillent  et les résultats seront connus à l’automne 2015. Mais où se situe réellement l’indépendance de ces expertises ? 
Madame ROYAL, Ministre de l’environnement ne vient-elle pas de déclarer ce 19 avril ”Que l’EPR n’est pas condamné, qu’il s’agit de simples ajustements de travaux et que selon EDF, l’ouverture serait sans doute retardée d’une année.”
Faut-il rappeler à la Ministre qu’elle fut jadis plus critique, en 1987 lorsqu’elle était solidaire des opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires en granit à Neuvy-Bouin (Deux Sèvres) où surfant sur la vague antinucléaire locale elle avait été élue, pour la première fois, députée. Ou encore en 2007, alors que candidate à la Présidence de la République, elle avait déclaré publiquement son opposition à la construction de l’EPR?
Aujourd’hui, elle est Ministre. Mais que décident réellement les ministres de Gauche comme de Droite, dans une France qui se donne en modèle démocratique au Monde entier ?
La démocratie à la française ne serait-elle  pas devenue “Démocrasseuse” ?

1 http://www.zhb.gov.cn
2 http://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve
3 Projet abandonné depuis…
4 http://observ.nucleaire.free.fr/cuve-epr-depuis-aout-2011.htm?hc_location=ufi

AREVA : La Hague dans la tourmente ; il n’est jamais trop tard pour bien faire !

4, 9 milliards de déficit ! L’onde de choc atteint le Cotentin nucléaire !
Licenciements prévus et avantage sociaux remis en cause : on ne peut que comprendre  les inquiétudes des personnels et des sous traitants en difficulté.

Mais, faut-il rappeler que la situation était prévisible?

Depuis les années 70, le CRILAN a attiré l’attention sur les risques inhérents à la mono-industrie, nucléaire ou autre car toute industrie a une vie limitée : les crises successives des Régions d’extraction du charbon, puis de la métallurgie, dans le Nord, l’Est et en Normandie-même auraient dû alerter le Cotentin.
Depuis les années 2000, l’industrie du retraitement ne se porte pas bien : l’arrêt du retraitement des combustibles étrangers a réduit l’activité sur le site à une usine sur deux.


  • Et ce n’est pas en obligeant EDF, elle-même très endettée, à augmenter ses tonnages de retraitement, à utiliser davantage de combustible MOX, plus coûteux et plus dangereux que le combustible à uranium enrichi classique que les problèmes vont trouver une solution: passer la patate chaude au voisin n’a jamais résolu les choses.
  • Diminuer le coût du retraitement de 25 %, comme l’évoque le PDG et comme le demandait EDF ne se ferait-il pas au détriment de la sécurité des travailleurs et des populations voisines?
  • Demander à l’Etat de recapitaliser, dans sa propre situation d’endettement et d’un recours à l’impôt de plus en plus contesté n’est pas non plus acceptable.

L’arrêt du retraitement-extraction du plutonium et la reconversion vers d’autres activités dans l’énergie et sur le site- même, offrent des pistes pour les décennies à venir :

  • Démantèlement dans d’autres conditions qu’actuelles .
  • Détraitement – immobilisation des dizaines de tonnes de plutonium stockées actuellement sous le site.
  • Développement des énergies renouvelables décentralisées et aux pouvoirs déconcentrés.


Ces pistes de réflexion ont été proposées depuis 1999, malheureusement sans suite  positive. Il n’est cependant jamais trop tard pour bien faire..
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